15/12/2010

Berlusconi, le Vatican et la politique

 

 

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Berlusconi, le Vatican et la politique

« Au moins le peuple sera bien gouverné » appréciation, ironique ou pas, d’une personne, une seule, à une tablée muette. Hier soir ! La nouvelle venait de tomber à la RSR. Première réaction, sans réflexion. Qu’en est-il ? Qu’en sera-t-il ? Pour le Peuple, pour les étrangers en Italie, pour les régions du Sud par rapport à celles du Nord de ce beau pays ? Bonne gouvernance ? Au « fruits de cette gouvernance vous connaîtrez le gouverneur » (Mt 7 :16)

"Quelle confiance !" titre le quotidien « Il Manifesto » à propos du rejet, le 14 décembre au Parlement, de la motion de censure contre le gouvernement Berlusconi par une majorité de trois voix.

Gianfranco Fini est à l'origine de la motion. En fin juillet 2010 il avait appelé à une moralisation de la vie politique et à des positions plus mesurées sur l'immigration.

Qu’en est-il donc et qu’en sera-t-il si le cavaliere homme obtient aujourd’hui le soutien du Parlement et du Sénat ? Car ce magnat des télévisions tend une main « au peuple modéré l’autre sur le porte-feuille ». M. Fini prônait une gouvernement « plus moral ». Que signifie  être « moral et honnête » pour Berlusconi ? Etrange mentalité de Ying Yiang !

J’ai pu passer du temps en Italie, l’été écoulée juste à l’heure où M. Fini montait au créneau pour dénoncer cette « dictature irresponsable » et plaider pour davantage de « moralité » dans la gouvernance. Les gens que je rencontrais et qui discutent volontiers politique et du Bon Dieu, m’ont appris que, en Italie, « On a tous la foi en Dieu. Les curés ont un « pouvoir » politico spirituel », (je l’ai vu) et les Sœurs exercent une influence spirituelle/culturelle avec une étonnante facilité d’adaptation dans la pratique ! J’ai entendu quelqu’un d’adorable me dire : « On gardera le gouvernement qui défendra le mieux nos intérêts. » Cela se comprend, je n’étais pas loin de Vérone.

Mais où se situe l’Eglise institutionnelle et l’Etat du Vatican en cette Italie fascinante ?

Le journaliste Fréféric Mounier, (Rome), dans les pages du Journal catholique La Croix (http://www.la-croix.com/Les-affaires-/article/2448609/55351) nous dit ce qu’il en est et c’est précieux. Je me permets de citer quelques extraits tirés de l’adresse ci-dessus :

http://www.la-croix.com/recherche/resultatCLE.jsp

Le soutien du Vaticanau Cavaliere contesté

13/12/2010 15:13

· Pragmatique, le Vatican, qui s’est substitué à la Conférence épiscopale italienne pour les relations avec le gouvernement, s’est assuré de la bonne volonté de Berlusconi sur les dossiers sensibles.

· A Rome, le souvenir des États pontificaux, lorsque le pape gouvernait le tiers du territoire italien, est encore frais. Et aujourd’hui, alors que ce pays fragile, à l’unité incertaine, où la laïcité est une notion incongrue, traverse une crise politique sans précédents, le soutien apporté par le Vatican au Cavaliere est l’objet de toutes les passions.

· Tout s’est joué en deux temps. Lors du sommet de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) au Kazakhstan, début décembre, Silvio Berlusconi a confirmé au cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone, numéro deux du Vatican, son soutien sur les dossiers « sensibles» : financement de l’école catholique, mise en œuvre prochaine d’une politique familiale (l’Italie connaît le plus faible taux de natalité des pays de l’OCDE), opposition à l’euthanasie. Le secrétaire d’État, qui assure en direct depuis deux ans, au détriment de la puissante Conférence épiscopale italienne (254 évêques), les relations avec l’État italien, en a pris acte.

 

· Le pays a reçu confirmation de cette « entente cordiale », jeudi 9 décembre, lors du déjeuner offert à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège aux dix nouveaux cardinaux italiens, en présence de la moitié du gouvernement (hors ministres de la Ligue du Nord), mais en l’absence remarquée du cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de l’épiscopat.

· « Jamais mon gouvernement n’agira contre l’Église », a alors affirmé Silvio Berlusconi. Ce climat de confiance est confirmé prudemment par Marco Tarquinio, directeur d’Avvenire, le quotidien de l’épiscopat : « Une course aux urnes désordonnée serait risquée. »
Les évêques sentent cependant leur peuple catholique exaspéré par les frasques sexuelles répétées du Cavaliere. Exaspération dont se fait l’écho régulièrement l’hebdomadaire catholique Famiglia Cristiana (un million d’exemplaires), qui fustige la dureté de la politique d’immigration. Et qui vient de dénoncer très vigoureusement la vénalité du personnel politique, évoquant les voix achetées (« pire que les trente deniers de Judas ») par le Cavaliere pour obtenir un vote de soutien.

En réalité, l’actuel chef de gouvernement, qui vient d’attribuer 66 millions d’euros à la rénovation des biens immobiliers de l’Église, joue sur l’absence d’alternative crédible aux yeux de l’Église. Celle-ci craint, outre l’instabilité politique, le « laïcisme » de Gianfranco Fini, pivot fragile de l’actuelle coalition, et favorable au contrat d’union civile et à une loi plus souple sur l’euthanasie.
Frédéric MOUNIER, à ROME
http://www.la-croix.com/Les-affaires-/article/2448609/55351

Et voici, de source vaticane, l’acte d’allegeance de Berlusconi au Pape.

060608_berlusconi.jpg« Avant de se rendre "Oltretevere" (ndlr : au delà du Tibre, c'est ainsi que l'on nomme le Vatican, en Italie), Berlusconi s'était exprimé à la télévision, affirmant : "Je remercie le Pape d'avoir témoigné son appréciation pour le nouveau climat qui s'est installé en Italie avec notre arrivée au pouvoir. ... Nous sommes du côté de l'Eglise: nous croyons dans les valeurs de la tradition chrétienne, dans la valeur de la vie, à laquelle on ne peut renoncer, dans le rôle et dans la valeur de la famille, dans la défense des droits humains et de la solidarité, de la justice, de la tolérance. Nous respectons les plus faibles: malades, enfants, personnes âgées, les exclus. Nous sommes sur la même longueur d’ondes que l'Eglise".
Silvio Berlusconi avait de même souligné : "nous retenons qu'avec l'Eglise, tout dialogue est possible. L'Eglise et ses organisations sont libres d'exprimer leurs pensées sur tous les sujets, l'Etat laïc a le droit de suivre sa propre ligne dans l'action du gouvernement. Mon gouvernement ne peut donc que complaire au Pontife et à l'Eglise". » Sources
: www.vatican.va - E.S.M.

 

Ma réflexion sous le regard de Jésus. Je n’en dirai rien ce soir !

J'ajoute ce suivi ce dimanche.

Suite, ce 23 janvier 2011 avec un article du Journal La Croix

Tristesse, écœurement, honte, sont les mots qui reviennent le plus souvent dans la bouche des catholiques italiens, pour lesquels le « Rubygate » marque un point de non retour

Fait sans précédent, Don Aldo Antonelli, prêtre d’Antrosano, un village des Abruzzes, était prêt à lancer « une grève de la messe » pour « dénoncer une Église trop silencieuse face au Rubygate », ce scandale impliquant Silvio Berlusconi, soupçonné par le parquet de Milan d’incitation à la prostitution pour avoir rémunéré les services de dizaines de jeunes femmes, dont une mineure à l’époque des faits, Karima El Mahroug, allias Ruby.

Le prêtre y a finalement renoncé, « parce qu’il n’est pas juste que le peuple de Dieu soit privé de messe ». Mais pas question d’ôter l’avis mortuaire, collé sur la porte de son église : « Deuil pour le pays humilié par un premier ministre immonde (…). Deuil pour une Église complice. »

Connu pour son art de la provocation, Don Antonelli pourrait facilement passer pour un curé extrémiste, anti-berlusconien. Mais au regard des graves soupçons pesant aujourd’hui sur le chef de gouvernement, sa colère trouve un large écho au sein des communautés chrétiennes.

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2453061&a...

Et puis encore, la Parole de Benoît XVI "Sans faire référence au scandale"....Mais pourquoi pas?

Sans faire référence au scandale, le pape Benoît XVI n’a pas manqué vendredi, lors d’une audience accordée aux dirigeants de la préfecture de police de Rome, de solliciter « les responsables publics à redécouvrir les racines spirituelles et la morale ».

 

21:55 Publié dans Église(s) | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : vatican | |  Facebook | | | |