03/03/2012

comme des agneaux parmi les loups

 

Une Parole sur le chemin (Luc 10,3)

3909062-belle-fleur-rose-sauvage-avec-pines.jpgLa Bonne Nouvelle et la pratique de Jésus se heurtaient constamment à la résistance des gens pieux et des puissants. Ils ne pouvaient pas admettre que Jésus présente un chômeur, avec lui, au milieu d’une liturgie. Ils ne pouvaient pas admettre que Jésus s’invite à la table des pécheurs, des larrons, des prostitués et qu’il mange avec eux. Ils ne pouvaient pas admettre que Jésus rejette la lapidation de la femme prise en adultère. Ils ne pouvaient pas admettre que la compassion est plus importante que le sacrifice…

Aimer, c’est bien, disaient-ils, mais aimer ne doit pas défier l’ordre et la loi ; aimer ne doit pas jeter par-dessus bord nos représentations du bien et du mal, du pur et de l’impur, de ce qui est important et de ce qui n’est pas important, de ce qui est en haut et de ce qui est en bas !

Et pourtant ce que Jésus annonce, ce qu'il pratique est exactement ce que sera le Royaume de Dieu. Il n’y aura ni haut ni bas, il n’y aura pas de personnes importantes et de personnes moins importantes, il n’y aura plus celles et ceux qui font partie de notre groupe exclusif et de ceux et celles qui en sont exclus. Au royaume de Dieu le dernier des hommes a sa dignité propre et la pécheresse a sa réussite.

Il n’est pas étonnant que Jésus ait donné à ses disciples cette Parole sur le chemin : « Allez; voici que Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. »

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction : claire-marie

Avec l’aimable permission de l’auteur

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22/04/2011

Vendredi Saint 2011

 

 

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Vendredi Saint 2011

Il n’est pas étonnant que Jésus ait été épié, soupçonné, menacé, puis arrêté, jugé, condamné et exécuté selon la méthode de l’époque, la crucifixion.

Il n’était pas un malfaiteur de droit commun, c’était un amant des gens les lus méprisés, les enfants, les femmes. Agitateur politique, il influençait, soulevait les masses, il était donc un dissident, souverainement libre dans son attitude, sa parole, ses actions,  (A. Nolan) il dérangeait l’Institution, les trônes, les dominations ! Sa motivation ? L’empathie pour les gens, pour celles et ceux qui souffrent. Il s’identifie à eux. Ceux de son temps et ceux de notre temps. Donc ce Vendredi Saint 2011 n’est pas anodin. Ce n’est pas une liturgie à part de l’intolérable agonie de notre prochain, proche et lointain. Il ne faut pas que, ce que la liturgie montre de Notre Seigneur, cache qui Il est : « Incarnée dans l’espèce humaine d’aujourd’hui. »

Jean-Baptiste Metz se demande si « Dans l’abîme insondable des souffrances de l’Histoire humaine, nous n’avons pas relégué le cri des hommes, à la légère hors de la Passion et de la mort de Jésus ? N’avons-nous pas relégué les souffrances intolérables infligées aux vulnérables dans le domaine du « séculier » ? Alors que c’est justement "en partant de la réalité de cette Histoire « séculière » de la souffrance que le Fils de l’Homme vient à nous" et vérifie la pratique d’un Credo trop facile à réciter ?

Ce Vendredi, mémoire de la souffrance de Jésus, est prégnant de la souffrance des victimes de  l’Inquisition, d’Auschwitz, des anonymes dans les sous-sols de nos cités,  du Moyen Orient, des hommes de l’ombre, des reclus, des immigrés, des clandestins, des mendiants ! Ces « chiffres » additionnés des statistiques de l’Histoire contemporaine ? Il ne faut pas, dans notre liturgie du Vendredi Saint, vider l’Homme du Golgotha, de son contenu : Les victimes  de l’injustice de tous les temps ! Dieu vraiment fait Homme « Dans cette union scellée mystiquement entre la Passion du Christ et les passions souffertes par les hommes ! » (Mat., XXV)

L’empathie globalisée, l’accueil de la souffrance de l’autre change notre regard, cela implique « L’engagement concret face à cette souffrance étrangère… et  nous invite à nous situer nous-mêmes et à adopter les critères de jugement de ceux qui souffrent … et à supporter ce regard et ce jugement un peu plus longtemps que nous le permettent les réflexes spontanés que nous impose le souci de nous affirmer nous-mêmes…dans cette compassion intervient la « mort du Moi » exclusif ».

Et ce n’est pas facile, on se révolte, on crie comme Jésus « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15 :34) ou comme la vieille africaine déportée de force et jetée dans la déchetterie d’un dumping ground avec les siens alias surplus people : « Oui, dit-elle, le Seigneur s’en est allé.»

« Regarde le monde et tu comprendras »

Je suis infiniment reconnaissante à Jean-Baptiste Metz et à toutes celles et ceux qui m’aident à approfondir le sens de la Vie en ce Vendredi Saint 2011. « Memoria passionis », Ed. Du Cerf 2009, J.B. Metz; « A la place du Mort » Ed. Bernard Campiche 1997, Gilbert Salem)

 

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27/03/2010

JESUS AUJOURD'HUI COMME HIER

 

 

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Semaine de la Passion

Saint Luc 22,14-71.23,1-56 et http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR

Comme chaque année, ce que rapporte Luc sera lu dans les églises demain. Le message éclaire le vécu des "gens de tous les jours".

 

Je me souviens qu'en 1999 à Botshabelo, Afrique du Sud, nous avions dramatisé ce récit et, Seigneur, que c'était vivant et actuel! Les horreurs de l'apartheid se confondaient avec le drame qu'a vécu Jésus. J'y repense ce soir.

 

  • Le repas

     

Jésus pressentait, comme Oscar Romero il y a trente ans au El Salvador, que le système voulait se débarrasser de lui une fois pour toutes! Il eut l'idée d'inviter ses amis au repas pascal et leur offrit du pain et du vin. Jésus était triste et ses paroles en témoignent. Il rompit le pain, il leur versa le vin dans des bols et ils mangèrent ensemble. Jésus pensait à l'avenir et désirait que ces apôtres frustres ne l'oublient pas. Qu'il partage entre eux la nourriture. Car sans nourriture partagée, il n'y a pas de vie.

 

  • Les apôtres se chamaillaient

 

Lequel d'entre eux, à leur avis, était le plus grand? Qui serait le patron, le chef?

J'entends Jésus dire:

«
Mais il leur dit : « Le plus grand d'entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert. » Voilà le type de hiérarchie qu'il a voulu pour son mouvement dans la société et Il le dit clairement! Il explique: « Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N'est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert...et je prie pour vous! » Mais ce premier pape marié et père sans doute d'une grande famille hausse la voix et dit

« Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. » Mais Jésus avait vécu avec ces hommes et Il les aimait tels qu'ils étaient, des faibles et des trouillards. Il dit à Pierre: « Le coq ne chantera pas aujourd'hui avant que, par trois fois, tu aies affirmé que tu ne me connais pas... » Jésus avait peur et leur conseilla de prendre conscience du sérieux du moment présent!

 

Jésus est angoissé

 

Jésus quitte la table et s'en va au jardin des Oliviers. Il ne leur dit même pas d'aller avec Lui mais ils le suivent. Jésus cherche un arbre, un Olivier au pied duquel il s'assied. Il pleure, il sanglote, il est angoissé comme les condamnés à mort aux Texas.

 

Les apôtres ne savaient pas trop ce qui se passait, la nuit avait été longue et ils s'endormirent pendant que Jésus gémissait et priait comme chacun de nous, parfois, quand nous sommes seuls, au fond de quelque trou et que l'espérance nous abandonne!

 

Mais il se reprend, il faut aller jusqu'au bout même dans une sueur de sang! Le courage lui revient, mais ses amis dorment lourdement et il les somme de se mettre debout! Les policiers armés arrivent et un des siens montre Jésus du doigt. J'imagine le choc de Jésus et son regard sans reproche mais immensément déçu! Pierre sort son épée et coupe l'oreille d'un policier. Pierre avait donc visé la tête! Il n'y a pas d'échauffourée, Jésus touche l'oreille blessée, il l'a guérit et demande la paix! Le policier blessé était le serviteur du « Grand Prêtre »!

 

  • Les chefs des prêtres, officiers de la garde du Temple et anciens sont donc face à Jésus.

Deux mondes: L'institution et ses fonctionnaires armées d'épées et de bâtons face au fils du charpentier de Nazareth qu'ils craignent et haïssent! Jésus leur dit: « On s'est quand même rencontré au Temple? Vous avez oublié? Mais je sens que « c'est la domination des ténèbres » (comme Steve Biko à le 12 septembre 1977 à Prétoria).

 

  • Le coq chante

 

Les apôtres suivent de loin et le pauvre Pierre entre même au Prétoire où Jésus subissait la torture type Abou Ghraib. Des gens reconnaissent Pierre, et lui les assure par trois fois qu'il « ne connaît pas cet homme ». Pire: il leur dit : « Je ne vois pas ce vous voulez dire... » Ce langage étrange se retrouve quasiment dans certaines déclarations de l'Osservatore Romano ces temps-ci. D'accusations, de contre-accusations. Non, nous ne sommes pas meilleurs aujourd'hui que ces premiers apôtres! Le coq a de quoi chanter au cours de l'Histoire de l'Église institution. Aujourd'hui: ça tombe à pic!

 

  • Le Fils de Dieu?

  • Le Roi des Juifs?

 

La première question vient du Chef des Prêtres, et la deuxième est posée par Pilate:

 

La réponse de Jésus est: « C'est vous qui le dites ».

Pour les Prêtres, ça suffit à exécuter Jésus alors que Pilate essayait d'y voir plus clair. Mais lui aussi avait peur et renvoie Jésus qui le renvoie à Hérode ce renard. Devant ce renard, Jésus se tait. Il est renvoyé à Pilate qui aura le dernier mot. Un dernier essai au crédit du païen romain: « Je le ferai châtier et je le relâcherai. » C'est la clameur: Tollé! » Pilate marchande leur en proposant de choisir entre le plus dangereux des criminels Barabbas, dit-on, et Jésus. Leur choix est immédiat. L'autorité politique « livre le Nazaréen au bon plaisir des autorités religieuses ».

 

  • Exécuté pour avoir dit la vérité!

 

Ses apôtres fuirent. Seules, les femmes restèrent auprès de lui! Cette histoire est vraiment très actuelle, mondialisée. Je me demande parfois où je me situe dans notre contexte postmoderne face à ce défi de la vérité?

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29/08/2009

MEDITATION

Méditation

 

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« Il n’y rien entre Dieu et l’homme »

There’s nothing between Allah and man”

L’empathie vient avant la compassion »

« Empathy precedes compassion »

Il me dit cela avec la simplicité d’un enfant. Lui, un grand et bel homme, un regard oriental qui faisait penser à Yeshuah, fidèle au jeûne du Ramadan depuis 40 ans, assis face à moi qui buvais du thé citron rafraîchissant. Il  était environ 11h00 du matin, et le soleil plongeait dans les vagues tranquilles, pas de brise mais un vent léger l’empêchait de nous dessécher complètement. Sourire de bonheur naturel, aussi naturel que le frémissement des vaguelettes du sable fin. Je savais que, dans quelques heures, ce serait le vol vers la Suisse après un mois en compagnie de gens qui, en famille, bébés compris, s’amusaient dans le sable, jouaient à la balle dans l’eau, s'aspergeaient, se poursuivaient, jouaient au surfing, aux pirouettes pour « échouer » comme un cerf-volant sur la modeste plage. Des torses masculins reluisants, cuivrés, des femmes ravissantes en maillots de bain modestes, en shorts et jupes comme chez nous et j’ai même contemplé l’une d’entre elle dans la mer à l'aise dans l'eau, enveloppée de rose argenté qu'elle était de la tête aux pieds comme une particule d'astronaute reflétée de là-haut. Puis j'en ai vu deux, trois, quatre.

Mon bienfaiteur et moi, échangions quelques impressions sur ce lieu, cette région, la réalité humaine des rives de la mer Marmara, précisément au point de rencontre de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique. Ce point qui semble distiller le souffle d'un devenir « inter-être » possible! Nous avons parlé des gens, des coutumes, de l’histoire et, tout naturellement du sens de la vie et du moment présent. C'est alors qu'il a dit:

« Il n’y rien entre Dieu et l’homme »

« There’s nothing between Allah and man…”

Il dit cela comme un enfant qui prend ta main pour avancer. Je n'ai rien dit. Un seul mot serait superflu.

Je venais de relire deux livres durant mes vacances : « Suivre Jésus » et j’avais souligné à la page 181 : « Les mystiques soufis ou musulmans disent : Dieu est plus proche de moi que ma veine jugulaire ». Et de citer Maître Eckhart qui affirme « que le fondement de notre être est le même que le fondement de l’être de Dieu. Au plus profond nous sommes UN » (Saint Paul, Actes 17,28).

Le deuxième livre relu, « L’art du Pouvoir », j’avais souligné à la page 138 « Le grand réveil se produit quand nous reconnaissons que ce que nous cherchons est en nous. » Du même auteur in « L’énergie de la prière », page 45

« Celui qui s’incline et celui devant lequel il s’incline

ont tous deux la nature du vide

la communication entre eux

est donc sublimement parfaite ».

Pas besoin de long débat face au mystère: « Il n’y a rien entre Dieu et l’homme » c'est notre être: un mystère.

 

Puis, la deuxième remarque tranquille de mon bienfaiteur :

L’empathie vient avant la compassion »

« Empathy precedes compassion ».

Du même coup, cela fait tilt et la phrase soulignée dans « Suivre Jésus aujourd'hui » : « L’empathie est plus large que la compassion…,  mais l’empathie s’étend aux personnes même quand elles ne souffrent pas. »

La phrase soulignée dans « L'art du Pouvoir » à la page 129 « La souffrance de l’autre est notre propre souffrance et le bonheur de l’autre est notre propre bonheur. Sous la lumière de la non-discrimination, le bonheur et la souffrance sont collectifs et non individuels. »

Toute parole devenait superflue, voire déformante. Ce mystère - être UN – c'est simplement silence et émerveillement.

 

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« Suivre Jésus aujourd'hui » traduction française de « Jesus Today » Ed. du Cerf, 2009.

« L'art du Pouvoir », Thich Nhat Hanh, moine bouddhiste vietnamien, Guy Trédaniel éditeur, 2009.

Méditer dans la réalité humaine, douloureuse, violente, merveilleuse, belle comme le « Mystère que nous sommes! » Et dire Merci!

 

 

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15/07/2009

TOUT NOUVEAU

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Suivre Jésus aujourd’hui

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre_imp.as...

Le vécu de mon maître à penser et ami, Albert Nolan est tout entier résumé dans « Suivre Jésus aujourd’hui » qui vient de sortir en français aux éditions Novalis Cerf (2 juillet 2009). Depuis sa sortie en anglais en octobre 2006, je m’en suis nourrie et, bien souvent, des pensées d’Albert se sont glissées comme par effraction dans mes blogs. On peut obtenir cet ouvrage dans toutes les librairies. J’aimerais tant l’offrir en cadeau à tous ! Je ne peux pas ! La traduction le rend un peu cher. Mais c’est un joyau. Pourquoi ? Parce que, selon moi, c’est (pas encore) l’aboutissement de la vie de lutte d’Albert pour la justice en notre pays, l’Afrique du sud et bien au-delà. C’est notre lutte à tous, c’est la liberté de chercher, de réfléchir que Dieu à mise en nous. C’est une libération radicale.

Albert dit : « Je propose que nous apprenions à prendre Jésus au sérieux et j’estime que c’est très précisément à notre époque que nous devons le faire. »

Son confrère Timothy Radcliffe écrit dans la préface : « Dans Jésus avant le christianisme » qui est désormais un classique, Albert Nolan a mis l’accent sur le contexte poltique dans lequel s’est déployé la mission de Jésus. Dans cet ouvrage qui prolonge le premier, il se concentre sur la spiritualité de Jésus et son actualité. Après avoir passé en revue les signes des temps, Nolan esquisse à grand traits les éléments de la spiritualité de Jésus et montre comment ses enseignements sont de nature à favoriser une plus grande communion avec Dieu et avec toute sa création,

Autant les personnes en recherche que les croyants convaincus trouveront dans ce livre une parole de sagesse pour notre temps, fruit de la vie mystique et prophétique de l’auteur.

Dominicain sud-africain, Albert Nolan a joué un rôle important dans le combat de l’Eglise contre l’apartheid. Son livre précédent, Jésus avant le Christianisme s’est vendu à plus de 150 000 exemplaires (et il est bien sûr traduit en français) (T. Radcliffe, o.p.) http://www.culture-et-foi.com/coupsdecoeur/livres/albert_...

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