25/01/2010

LE PAIN ET LE CAPITAL

 

PAIN ET CAPITAL
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Il faut des journées d’étude, d’écoute, de partage, de réflexion, de prière pour arriver à saisir un peu la valeur du pain. La constante préoccupation de Jésus fut le pain, jusqu’à dire : « Je suis le pain de VIE » (Jean 6 : 35) et « Je suis la Vie » (Jean 11.25)

http://pagesperso-orange.fr/erfauxerre/050529jesuislepaindevie.htm

L’antithèse du Capital !

Le mot Capital me fait penser à une montagne de sous, de billets, d’or. Un peu comme le veau d’or au Mont Sinaï, qui a mis Moïse en furie ! Aujourd’hui, cette accumulation de sous, de billets, d’or est soigneusement sécurisée dans d’immenses palais qu’on nomme des banques. Avant de partir pour l’Afrique en 1947, je n’avais jamais mis les pieds dans une banque. Dans les townships, ou dans la brousse zambienne, il n’y avait pas trace de banque. Les supérieures nommées pour l’économat, s’occupaient de nos besoins personnels et de ceux de la Mission. La population et les ouvriers/ouvrières des townships et/ou des Missions recevaient leur maigre salaire cash et inventaient toutes sortes d’astuces pour ne pas se le faire voler !  Pas d’accumulation possible !

 

Comme mes parents jurassiens qui gardaient le prix d’une vache bien réduit dans un tiroir d'un meuble à clé, le secrétaire.  Ils n’avaient pas de compte en banque. Rien à faire avec une banque jusqu’au jour où, le grand cœur de papa l’amena à signer une caution, une dizaine de millier de francs qu’il dut payer pour celui qui lui avait demandé sa signature. C’est la première fois que nos parents durent se rendre dans une banque pour emprunter l’argent à débourser pour celui qui avait été naïvement cautionné. Payer la dette et rembourser la banque prit une dizaine d’années. Là j’ai commencé à comprendre que l’argent peut être accumulé, usurpé, volé. Et que cela fait beaucoup souffrir.

C’est en Afrique du sud, dans les années soixante que j’ai pris conscience, grâce à mes étudiants, de la perversité des systèmes qui accumulent un immense Capital avec l’argent des ouvriers exploités, la plupart des Noirs. Le Capital était sécurisé dans des temples nommés Nedbank, Barclays Bank, Lisbon Bank, Standard Bank, et d’autres encore.

Enfin des exercices d’analyses socio économiques ardus, à l’école du soir,  nous firent comprendre, à ma consœur et à moi, que la pauvreté ne résulte pas de la paresse, que ce n’est ni accidentel, ni évitable, mais que c’est pensé, structuré, verrouillé par des architectes sans visage, en vue de la construction d’un pouvoir, en l’occurrence de la race blanche.

Mandela est venu. Le verrouillage, quasi immuable du système, aujourd’hui mondialisé fait que les banques dûment gonflées se fissurent de toutes parts, que ses fonctionnaires paniquent, que le chômage « accumule » les « sans travail » (Arbeitslos), donc les « sans pain ». « La vie de l’idole est la mort du pauvre » (E.D). Est-il possible que si l’idole s’effondre, les pauvres ressuscitent à une solidarité nouvelle ?

Et naturellement ceci m’amène à ce mystère de Jésus (mais est-ce un mystère ?) qui « rompit et partagea le Pain et dit : "Prenez et mangez !" Comme il avait sommé ses disciples à « partager eux-mêmes le pain à ceux qui avaient faim : les pauvres. »

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Révolte en Egypte lors de la hausse du prix du Pain!

22:44 Publié dans Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : capital | |  Facebook | | | |