23/10/2010

AFRIQUE FRANCOPHONE

 

L’Afrique francophone

 

 

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J’ai vécu 34 ans en Afrique australe. Deux langues, l’anglais, l’afrikaans, étaient obligatoires dans l’enseignement. En plus, les langues des différentes ethnies, regroupées aujourd’hui en sept langues officielles. J’ai toujours regretté de n’avoir appris et parlé que quelques bribes de xhosa, de sepedi, de shona de sesutho, et de lozi, selon les régions où j’étais assignée. Je pense qu’on apprend les langues afin de communiquer et, c’est d’abord en communiquant que j’ai pris plaisir à apprendre la langue de l’autre. Mais les langues officielles restaient celles des Églises, des écoles de Missions, de l’administration, du Gouvernement blanc du pays.

De retour en Suisse française, les gens ne se comprenaient guère entre eux me semblait-il et en plus, ils ne comprenaient quasiment pas les francophones venant de l’étranger, par exemple « politique » concernait les politiciens alors que chez nous « politique » signifiait l’engagement de  chacun; église concernait un bâtiment, des messes, des curés, un pape, puis seulement des gens et chez nous, c'était les pauvres d'abord, souvent "hors les murs"!; Dieu concernait un "Tout-puissant, un secours, un recours, un juge" un Très-haut, et chez nous, Dieu en Jésus, était le LIBERATEUR des systèmes: argent signifiait accumulation, Capital et chez nous,  dans notre utopie du moins, argent signifiait partage! Imaginez ce que signifie le français énonomique, social, culturel, religieux dans la vaste région de Franceafrique?

Lorsque j’ai pu revenir en Afrique du Sud en 1999, des Congolais de la RDC déferlaient dans notre pays. Ils parlaient français et j’ai bientôt appris qu’ils n’étaient pas des réfugiés mais des « riches » (ex fidèles de Mobutu) venant chercher des filons dans notre nouvelle Afrique du Sud. La population sud africaine n’avait pas d’affinité avec cette langue fourchue et pour cause! 

En République démocratique du Congo, plus de 200 langues, dites langues véhiculaires dont le kikongo et le swahili permettent la communication. Le français est la langue officielle, écrite, celle des jkk_drapelet_montre.jpgétudes et de l’administration quand celle-ci existe. Le taux de scolarisation est de 52 % et le taux général d’analphabétisme est de 33,2 %, et atteint 43,3 % chez les femmes

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_d%C3%A9mocratique_du_Congo

Les conflits à basse intensité, les « Warlords », les enfants soldats, le viol des femmes comme arme de frappe militaire, ne sont que le sommet de l'iceberg!

Au sujet de la Liberté de la Presse de langue francophone, le site de Reporters sans frontières en dit long:

http://fr.rsf.org/republique-democratique-du-congo.html

Le chef de l'État, J. Kabila, a fait le déplacement de Montreux en Suisse. Espérant que la RDC accueillera le sommet de la Francophonie dans son pays en 2012. On ne saurait  un grand enthousiasme sur son visage.

Les chefs d'État le saluent d'une poignée de mains chaleureuse et d'un sourire de bienvenue. Mais peut-on dire que Kabila représente la voix du peuple congolais ? Les fantômes de Florifère Chebeya, le fondateur de la Voix des sans-voix et d’Armand Tungulu le suivent de près.

http://www.afriqueactu.com/francophonie-joseph-kabila-et-les-fant-ocirc-mes-de-floribert-chebeya-armand-tungulu-hellip-agrave-montreux-347890.html

La Voix des sans-voix (VSV), une organisation de Droits de l’homme congolaise mondialement reconnue pour son sérieux et son intégrité. Assassiné le 2 juin 2010 à Kinshasa, Florifère  Chebeya était un habitué de l’ONU à Genève en Suisse où il venait chaque année assister à la Commission puis au Conseil des Droits de l’homme. Ayant appris son assassinat, Éric Bottas, président de l’Organisation mondiale contre la torture, déclarait : « Nous sommes sous le choc. Florifère est un ami, je le connais depuis quinze ans. Nous étions en contact sur une base quasi quotidienne. C’était un homme très discret et modeste, dévoué aux Droits de l’homme, respecté et reconnu partout dans le monde et en Afrique. La dernière fois que je l’ai rencontré, c’était ce printemps lors de notre mission de solidarité en RDC avec Dyck Mary et Dimitri. » La délégation avait, à son retour, dénoncé les viols massifs à l’encontre des femmes et des enfants en RDC, ainsi que les dangers qui pèsent sur les défenseurs des libertés. »

A Montreux, Doris Leuthard affirme que les "coups d'Etat et la francophonie étaient devenus incompatibles". Quelle chance ! Sans nuance, « par le seul fait que nous sommes ici! » Elle ose dire ça face à Blaise Campaore son homologue burkinabais ? De qui se moque-t-elle? Qui, lui, traîne après lui le fantôme de son « frère » Thomas Sankara depuis ce 15 octobre 1987 ? » Combien sont celles et ceux qui, à Montreux se « lavent les mains » ?

Ma réflexion : il s’agit de millions de plébéiennes et de plébéiens africains que les chaînes de télévisions, en Afrique francophone, en Suisse, face à nos demandeurs d’Asile et réfugiés africains, nous humilient et nous ne pouvons réagir! Pourquoi, au lieu d'une rangée d'enfants pour accueillir ces "dignitaires", ne pas mettre une rangée de réfugiés africains? Ce serait actuel, certainement!

Autant de gifles à la dignité humaine de chacun ! Mais il y a pire et c’est le pouvoir de l’image qui trompe celles et ceux qui n’ont peut-être pas l’écoute ni le regard critique pour discerner le vrai du faux.

Le medium est le message

Exemples :

a) En Afrique du Sud : Jean-Paul II en photo avec Pik Botha (le chantre de l’apartheid) à Johannesburg, en septembre 1988! Message de la photo : Jean-Paul II, chef de l'Église universelle, paraît d'accord avec létat des lieux et humilie les chrétiens africains qui ressentent ce fait comme une trahison en plus d'une hypocrisie.

b) Idem avec Pinochet au Chili en 1987!

c) Benoît XVI et Bush à la Maison blanche en 2008 alors que la guerre de Bush/Blair en Afghanistan et Irak tue de milliers d’innocents.

d) Les photos, poignées de mains et accolades à Montreux vont faire trembler de colère les petits peuples prisonniers des systèmes ! Se révolter face à la sécurité déployée? Jusqu'entre les vagues du beau Léman?

Les médias dans tout ça?

Herbert Marshall McLuhan, un des fondateurs des études contemporaines sur les médias a écrit :  «Le médium est le message ». Et nous sommes lessivés d’images trompeuses, particulièrement honteuses lorsqu’il s’agit de ce sommet mousseux qui ressemble à un théâtre de marionettes. (j'écris ceci après le « show télévisé » de 19h30 à la tsr)

« Non seulement les « mass » médias actuels s'arrangent pour casser les véritables héros de l'humanité autrement dits les justes, mais elles parviennent à transformer de véritables malfaiteurs en héros »  http://mecaniqueuniverselle.net/medias/journaliste-soumis.php

De Vigousse, page 2:

« C’est très bien de réunir des chefs d'États pour parler culture. Tant qu’ils discutent de l’avenir d’une langue, ils ne travaillent pas à exploiter le Tiers Monde, à perfectionner l’art du carnage guerrier ou à détruire la planète… Un sommet de la francophonie n’est sans doute pas inutile. Mais la défense du français est d’abord une question d’attachement populaire. »



Ajout après le télé journal de ce soir:

  • que penser de la manière d'accueillir le délégué de Madagascar à Montreux?

  • Que penser qu'à part l'interview avec Diouf, Rochebin n'a approché aucun délégué africain?

  • Signes des temps?

http://www.madagascar-tribune.com/Et-si-Madagascar-n-avait-pas-eu-de,14943.html

(je m'excuse, les couleurs posent problèmes!) Bon dimanche et à demain. claire marie

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23/03/2009

VISITE EN AFRIQUE TERMINEE

 


Des analyses objectives de cette semaine du Pape en Afrique seront certainement publiées par des personnes compétentes. Pour ce qui me concerne je transmets simplement ce texte de Frédéric Lenoir que vous pouvez trouver soit sur son site, soit dans le journal Le Monde.

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Point de vue

Adresse: http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/19/il-faut...=

 

Il faut excommunier Jésus, par Frédéric Lenoir

 

LE MONDE | 19.03.09 | 17h34  •  Mis à jour le 19.03.09 | 19h30

 

L'Eglise catholique traverse une crise d'une ampleur inédite depuis plusieurs décennies. Cette crise est d'autant plus profonde que sa crédibilité est atteinte dans tous les cercles : chez les non-catholiques, chez les catholiques culturels et chez les fidèles pratiquants.

L'Eglise n'est pas victime d'une agression extérieure : les causes de ses maux actuels ne sont pas le fait des "ennemis de la foi" ou des anticléricaux. Deux graves affaires, qui relèvent de la responsabilité de sa hiérarchie, ont brutalement mis au jour ses contradictions : la levée de l'excommunication de quatre évêques intégristes, dont un tenant des propos négationnistes, et l'excommunication, quasi concomitante, par l'archevêque de Recife, d'une mère et d'une équipe médicale ayant pratiqué un avortement sur une fillette âgée de 9 ans enceinte de jumeaux, victime de viols, et dont la vie était en danger.

A cela vient de s'ajouter les propos de Benoît XVI dans l'avion le menant en Afrique, continent le plus touché par la pandémie du sida : "On ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs ; au contraire leur utilisation aggrave le problème."

La première affaire a surtout scandalisé par les propos négationnistes odieux de Mgr Williamson et la triple faute du Vatican, qui n'a pas informé le pape de paroles connues des milieux avertis depuis novembre 2008 ; qui a promulgué le décret le 24 janvier alors que ces propos faisaient la "une" des médias du monde entier depuis le 22 janvier ; et enfin par la lenteur de leur condamnation.

Mais cette levée d'excommunication "sans conditions", préambule à un processus de réintégration dans l'Eglise, a aussi profondément troublé de nombreux catholiques attachés au concile Vatican II (1962-1965) et à ses valeurs de liberté religieuse et de dialogue avec les autres religions, constamment niées par les intégristes. Dans la lettre aux évêques rendue publique le 12 mars, le pape reconnaît des erreurs dans la gestion de l'affaire Williamson et tente de se justifier sur la levée d'excommunication en utilisant l'argument de la miséricorde : "Qui annonce Dieu comme amour poussé "jusqu'au bout" doit donner le témoignage de l'amour : se consacrer avec amour à ceux qui souffrent."

On peut entendre, qu'au nom du message évangélique, le pape veuille pardonner et donner une nouvelle chance à des brebis égarées qui tiennent pourtant des paroles extrémistes et intolérantes depuis des années. Mais alors pourquoi l'Eglise continue-t-elle d'interdire la communion aux divorcés remariés ? Pourquoi condamne-t-elle avec une telle dureté les proches d'une fillette violée qui lui ont sauvé la vie en la faisant avorter ? La miséricorde ne doit-elle s'appliquer qu'aux intégristes ? Et comment peut-on considérer le viol d'une enfant comme moins grave qu'un avortement, qui plus est effectué à des fins vitales ?

Le scandale est tel que plusieurs évêques français sont montés au créneau pour condamner une décision inique qui contredit non seulement la morale commune, mais aussi le message évangélique. Qu'il suffise de citer l'épisode où Jésus refuse de condamner une femme adultère, qui, selon la loi, doit être lapidée, et lance aux ultralégalistes de l'époque : "Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre" (Jean, 8). Lui-même a plusieurs fois transgressé la loi religieuse. Dostoïevski avait imaginé que si Jésus était revenu dans l'Espagne de Torquemada, il aurait été condamné au bûcher pour avoir prêché la liberté de conscience. On se demande, dans l'Eglise de Benoît XVI, s'il ne serait pas excommunié pour avoir prôné le dépassement de la loi par l'amour ?

Nul ne demande à l'Eglise de renoncer à affirmer ses convictions. Mais ce qui ne passe pas, c'est la manière théorique et parfois brutale utilisée par la hiérarchie pour réaffirmer la norme, alors qu'il n'existe que des situations concrètes, singulières et complexes. Comme le soulignait Mgr Yves Patenôtre, évêque de la mission de France, la décision d'excommunication prononcée par l'archevêque de Recife, confirmée par Rome, "fait fi de la pratique pastorale traditionnelle de l'Eglise catholique qui est d'écouter les personnes en difficulté, de les accompagner et, en matière de morale, de tenir compte du "moindre mal"". On peut dire la même chose pour la lutte contre le sida. L'usage du préservatif n'est sans doute pas la solution idéale, il n'en demeure pas moins, de fait, le meilleur rempart contre la propagation de l'épidémie pour tous ceux qui ont du mal à vivre l'abstinence et la fidélité prônées par l'Eglise. Les prêtres africains en savent quelque chose.

L'histoire de l'Eglise est marquée par cette tension permanente entre la fidélité au message de compassion envers chaque personne de son fondateur et l'attitude de ses dirigeants qui finissent souvent par perdre de vue ce message pour privilégier l'intérêt de l'institution - devenue une fin en soi - ou s'enfermer dans un juridisme pointilleux, absurde et déshumanisant.

Le pontificat de Jean Paul II a été marqué du sceau d'une profonde ambiguïté : intransigeant et traditionaliste sur le plan moral et doctrinal, il a été aussi un homme de dialogue et de coeur, multipliant les gestes forts envers les humbles et les autres religions. Benoît XVI n'est l'héritier que du versant conservateur de son prédécesseur. Et il n'y a plus dans l'Eglise d'Abbé Pierre ni de Soeur Emmanuelle, ces "croyants croyables", pour pousser un coup de gueule face à des décisions dogmatiques déshumanisantes, jouant ainsi un rôle cathartique et servant de précieux médiateurs entre les fidèles et l'institution.

Un schisme silencieux menace l'Eglise sur sa gauche, autrement plus grave que celui des traditionalistes. Benoît XVI entendait réévangéliser l'Europe. Il n'aura peut-être réussi qu'à reconquérir une poignée d'intégristes, au détriment de la perte de nombreux fidèles attachés aux valeurs évangéliques et d'individus en quête de sens à qui Rome semble ne plus savoir offrir que du dogme et de la norme.


Frédéric Lenoir est philosophe et écrivain, auteur de "Le Christ philosophe" (Plon, 2007).

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