12/11/2013

Noeud de contradictions: je suis responsable de mon regard

Décroissance_pour_notre_salut.jpgLa semaine passé, le petit texte au sujet des conditions de travail chez Amazon (inspiré d’un article au Monde Diplomatique de novembre) a permis (pour moi) une prise de conscience de la culture « du bon marché et du superflu » ! Et de l’infrastructure nécessaire pour satisfaire les clients en attente. La réalité est complexe pour les « ouvriers-esclaves » car il y va de leur travail et du pain quotidien.

La complexité reste le nœud de la réflexion au sujet de « la Décroissance » et de freiner l’envie de choses vite faites, bon marchés et jetables comme nous pouvons le lire dans le Numéro de novembre 2013 « MOINS » le Journal romand d’écologie politique ». L’excellent bi-mestriel veut simplement nous aider à prendre conscience que notre survie et celle de la planète dépend d’un système nouveau de partage et de justice. Comment ? En revenant à l’essentiel : notre dignité d’hommes et de femmes !

Le nœud est que, consommant moins, le surplus de « choses - junk »  crée le superflu des choses devient l’équivalent de la force de travail, donc le chômage, et ses séquelles, la faim, les maladies, la mort prématurée.

Cela paraît un cercle vicieux. Mais la crise (au sein du système d'acier) est comme une pandémie et les premières victimes sont justement les plus pauvres qui perdent encore le peu qu’ils ont pour vivre. On le voit en Europe et on s’étonne parfois ( !) et on oublie les gens tiers-monde et du quart-monde qui subsistent avec les miettes qui tombent de la table des riches frileux de voir leur richesses diminuer !

Comment accepter l’état de « transition » ? Nombreuses sont les réflexions à ce sujet… mais le système capitaliste reste enraciné en Occident, mais pas seulement. Alors nous pouvons, comme le dit Alexandre Jardin : «  Nous restons responsables de notre regard… Mûrir, c’est accepter de vivre dans l’étau de nos contradictions » ( Des gens très bien, Grasset, pg 29 et 30)

Dans cet « étau de contradictions », le peuple est invité à « choisir » certaines propositions : cher nous par exemple l’initiative de 1 à 12 et d’autres ce 24 Penser_un_autre_monde.jpgnovembre 2013. Les avis du Conseil fédéral diffèrent des initiants alors que les deux ont du vrai et du moins vrai ! Mon choix est fait entre ces apparentes contradictions : j’ai voté oui à l’initiative 1 à 12. Pour la simple raison que « nous sommes responsables de notre regard » : L’énergie nécessaire à un balayeur de rue est-elle moindre que celle nécessaire à un fonctionnaire de haut niveau ? Le coût du morceau de pain est le même pour les deux. Poursuivre la comparaison est ridicule, cependant la valeur essentielle reste : la vie, la dignité dans l’honnêteté. Des différences de styles de vie selon les fonctions sont inévitables mais pas jusqu’à la différence grotesque que l’espérance de vie de l’un riche dépasse de beaucoup celle d’un mineurs de charbon ou d’or.

Et je reviens à ma première question : comment consommer moins et éviter des pertes de travail, comment promouvoir la décroissance et éviter le chômage ? 

images.jpgNous nous débattons ainsi dans l’étau de contradictions en tenant compte de la responsabilité de notre regard, qui ne peut être bien différent de celui de Jésus, le Pain partagé lequel ne peut être systématisé. Là est le défi de notre liberté.

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21/10/2013

La Foire de Zoug

 

La Foire de Zoug, c’est comme le Comptoir à Lausanne : des exposants, des offres anciennes et nouvelles, un rabais sur les choses achetées à cette occasion, des visiteurs, des rencontres, des variétés et divertissements, du stress, les finances, mais aussi toute l’énergie, l’imagination de commerçants, de marchands, d’artistes qui espèrent, en plus de gagner leur vie, de rencontrer des personnes intéressées.

 Actuellement nous sommes en pleine Foire de et à Zoug, ou "Zuger Messe" du 19 au 27 octobre. Cette fête a 40 d’existence et je suis sûre qu’elle rivalise avec le Comptoir en ce qui concerne exposant et visiteurs. On anticipe quelques 88'000 visiteurs et 500 exposants sont inscrits.

L’invité d’honneur le Canton de Vaud : la rencontre des zougois et des vaudois et de leurs autorités respectives: la langue n’est pas un problème, on passe de l’allemand au français et je parie que l’anglais n’est pas absent. L’important: c’est qu’on ait des choses importantes et constructives à se dire, au sujet des finances et de l’économie bien sûr, mais il y a plus : c’est le partage de ce qui nous est commun : le paysage, le lac, tous les aspects de ce qui est multiculturel : l’art culinaire, l’agriculture, la musique et la peinture…

...Et ce qui n’a pas été rapporté dans la presse me semble-t-il, et c’est dommage : c'est la présence à la Foire de Zoug de l'invitée d'honneur également: l’Eglise réformée du canton de Zoug qui fête cette année son 150ème anniversaire : la Présidente, Monika Hirz a dit lors de la cérémonie d’ouverture : « la Bible reste le cœur et l’âme de l’Église Réformée ». « Des textes bibliques seront lus durant la semaine et l’on est impatient d’entendre les passage que le maire (ou Syndic) Dolfi Müller choisira de lire ».

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Dommage qu’on ait fait si peu de cas de cette belle initiative biblique dans les journaux. Mais les rencontres ne sont-elles pas empreintes d’un certain « au-delà » ? Même sans le mentionner ?

 

Oh ! mais je ne veux surtout pas oublier ce qui réjouit le cœur et fait chanter : le vin des vignes des côtes lacustres et c’est Guy-Louis Chappuis qui a offert une bonne bouteille de sa cave à Zoug. (Aus dem UNESCO Weingebiet) !!! Santé à tout le monde !

 

 L’amitié est bien présente: un chêne offert par le canton de Vaud, est planté dans le parc de Siehbach, à l'intérieur de Cercle de l'Europe, à Zoug, près du lac et qui scelle cette poignée de mains au-delà de toutes barrières et de toutes frontières fussent-elles invisibles



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17/10/2013

Eliminer la pauvreté

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Il y a bien des années, je prenais part à un colloque à Genève dont le but était de discuter l'élimination de la pauvreté de moitié en l’année 2015. Des experts en économie-sociale et politique, des responsables d’ONG, des spécialistes de plusieurs disciplines sont intervenus, ils ont exposé le fait de la pauvreté dans le monde, les statistiques, les causes, les conséquences, les actions à envisager, afin d’arriver au résultat : éliminer la pauvreté de moitié d’ici à 2015. C'était honnête, intense, laborieux et très théorique.

 Je ne suis pas intervenue, sauf au dernier forum où, gênée, j’ai posé la question qui me tourmentait durant la session : « Pourquoi n’a-t-on pas invité des pauvres à venir nous raconter ce qu’est, pour eux, la pauvreté ? » J’étais encore plus embarrassée après avoir dit cela… d’autant plus qu’on attendait une personnalité de la hiérarchie catholique qui viendrait nous saluer et nous remercier. Il est venu, enveloppé dans son costume noir et violet, il a dit merci et nous avons partagé des snacks et le verre de l’amitié avant de s’en aller.

Les pauvres parlent différemment de la pauvreté que les experts les mieux intentionnés et il se peut que leur mot ne soit qu’un cri : j’ai faim. Un avertissement peut-être. Comme les esclaves sous le joug des Égyptiens et Dieu les a écoutés… mais quelle épopée jusqu’à la terre promise où coulent le lait et le miel et la liberté… et ensuite ? Et aujourd’hui ?

Que de fois cette aventure, l’exode, l’exil ne s’est-elle pas répétée. Ce qu’il y a d’étrange dans l’histoire humaine c’est que nous sommes incapables d'apprendre par expérience ! De plus, de nos jours, Dieu est hors concours. Dieu Mammon alias bombes à fragmentations, drones et al, règnent et remplissent les journaux et les écrans et répandent le sang des pauvres et riches se trouvant sur leur chemin.

Nous avons cependant connu des années ou des communautés de bases prenaient conscience de leur pauvreté sans haine, sans armées, sans médias, sans autre but que de retrouver leur primale dignité avec Jésus libérateur. Ce fut le temps de la théologie de la libération en Amérique latine, aussi nommée théologie contextuelle en Afrique du Sud. La peur de la force des pauvres debout et en chemin fut un défi que deux papes de l’Église catholique ne purent ni comprendre, ni envisager. Je veux croire que l’esprit libérateur de notre créateur permettra à Jésus-ressuscité d’actualiser dans notre société, aujourd’hui, sa sortie du tombeau ! Il est temps d'actualiser la résurrection !

 François, évêque de Rome et pape est, je crois, le porte-parole de  celles et de ceux trop pauvres pour que nous les écoutions avec attention et un cœur ouvert. Et si nous avons encore peur de les inviter à notre table, nous pouvons accepter de partager leur pauvreté, de dialoguer, de se mettre ensemble debout pour un nouvel exode, une nouvelle terre promise : la nôtre  et il n’y aura plus ni pauvres, ni riches quand nous aurons appris à partager la terre, le travail et le pain. Ce ne sera pas facile.

images.jpg Simplement contempler l’idée, même si cela paraît utopique, peut nous rapprocher les uns des autres, riches et pauvres et chanter ensemble, à cappella peut-être, que l’élimination de pauvreté structurée est possible et et la « pauvreté » partagée sera notre richesse. Et notre survie.

 « Que ma prière s'élève comme l'encens devant toi et l'élévation de mes mains comme l'offrande du soir. » (Psaume 141, 2)

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11/05/2013

Beauté de la maternité

 

images (8).jpgNous tous, jeunes ou âgés/ées, avons avons vu le jour par « la courroie de transmission » : la maman.

 La maman nous a mis au monde dans une réalité de vie circonstancielle. Avec un peu de chance notre première nourriture fut son lait et elle nous bénit de son premier baiser.

 La fête des mères, comme celle des pères, est une joie pour beaucoup, je le souhaite. Mais pour beaucoup aussi, c'est un jour nuageux, orageux peut-être triste : pour la mère, pour le père, pour les enfants et une pensée pleine de solidarité les rejoint, avec toute l'affection possible !

 En tant que « Sœur » je n'ai pas conçu ni enfanté et c'est peut-être une expérience qui manque à ma maturité, à mon expérience de vie. Dans une conversation amicale, j'ai eu l'audace de dire : « Moi aussi, j'ai enfanté des « choses » de temps à autre. » La réponse absolument juste fut : « As-tu fait l'expérience de devenir maman pour de vrai ? » Le silence fut mon assentiment.

 N'empêche qu'en Afrique du Sud, oui, j'ai aidé une maman se rendant au travail et qui s'est simplement couchée au bord du chemin pour enfanter ! Elle a elle-même coupé le cordon ombilicale. J'ai eu en classe Andréa, une jolie étudiante absente un beau matin et je l'ai trouvée avec son bébé à la maternité.

 Comme la Maternité faisait partie du complexe de la Mission, j'avais la permission, le samedi et le dimanche après-midi d'aider les « sages-femmes » : de la nursery, j'apportais aux mamans les bébés respectifs pour l'allaitement ; parfois les pères étaient présents, parfois pas. J'ai appris à les laver, les poudrer, les langer, les embrasser et les remettre sur leur couche. Tula Baba ! Pleure pas mon bébé, disais-je en le caressant.

 Bientôt, ces adorables enfants allaient grandir dans l'horrible système de l'apartheid ! Dans la pauvreté, élevés par des grands-mamans, avant qu'ils ne reviennent à la crèche de la Mission puis à l'école. Tel était ce cycle de vie dans ce township-là à 7 miles au nord de Prétoria. Et c'est un beau souvenir d'il y a longtemps: les mamans, les papas parfois et les enfants, des adultes aujourd'hui, des personnes âgées!

C'était la vie palpable dans toute son épaisseur africaine sur notre mère la terre ! Dieu notre créateur est aussi palpable. Abba. Je me permets d'offrir ce petit souvenir de vie.

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03/04/2013

Tunis: Forum social mondial 2013

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Sous le signe de la dignité

« Les signes de temps meilleurs sont nombreux si l’on accepte de les voir et de les analyser. » http://clairemarie.blog.24heures.ch/ =1.04 2013

J’essaie de discerner des signes des temps et mon approche est nécessairement subjective, mais si j’arrive à communiquer avec d’autres personnes intéressées nous serons ensemble face à l’objectivité des signes.  Il est donc nécessaire de « perdre du temps ensemble » à contempler la météo de notre société !

 Par exemple notre époque postmoderne est clairement marquée par un désir de spiritualité nouvelle, ce qui paraît particulier et individuel est, en fait général et communautaire ! C’est comme la mouvance d’un réseau de relations solidaires qui visent à la transformation d’une réalité déficiente, là où nous sommes et au-delà, avec les partenaires sociaux de partout pour construire un monde meilleur. Il faut nous connecter les uns aux autres  et nous agirons ensemble, mais différemment selon les réalités du plus grand nombre.

C’est ainsi que, en colère contre au spectacle annuel des fastes davosiennes du Forum économique mondial (1971),  le Forum social mondial (2001) a émergé et rassemblé à Porto Alegre, Brésil, des milliers de participants réunis en associations : ATTAC, le Mouvement des sans-terre, des Commissions justice et Paix, des travailleurs, des non-décideurs, celles et ceux qui font l’expérience que les décideurs du prix du pain quotidien ne sont pas celles et ceux qui ont faim.

 «La mobilisation de la société civile mondiale doit se faire pour promouvoir un monde plus juste et pacifique.»

 « C’est quoi ce rassemblement, tous les deux ans, au Brésil, en Afrique, en Inde, au Moyen Orient et qui sont les participants et d’où viennent-ils ?

 Le forum est espace ouvert  sans propriétaires, sans sectarismes, sans dirigeants et  l'autonomie des participants est protégée pour prévenir leur instrumentalisation. Ils peuvent venir de partout…

 La « non-directivité » est essentielle : les organisateurs sont des facilitateurs, des animateurs…

 Les ateliers sont auto-organisés et autogérés ; cela permet une grande souplesse et c’est un terrain fertile pour des idées peut-être jamais encore exprimées… Il n’y a pas de document final

 Le 12e Forum social mondial s’est tenu du 26 au 30 mars 2013 en Tunisie, et ce fut «une injection d'énergie».   «Chacun repart dans son pays plus fort de l'expérience des autres et transforme ses pratiques quotidiennes personnelles pour respecter les valeurs des forums, alors le combat est gagné. »

Chico-300x225 (1).jpgChico Whitaker: « On ne peut pas s’arrêter, rester chez soi à se reposer. Dès l’instant où l’on prend conscience des injustices, des inégalités sociales, des problématiques que rencontrent les gens au quotidien, on ne peut pas dormir l’esprit tranquille. Dès l’instant où l’on a encore des forces physiques ou ne serait-ce que mentales, il faut continuer la lutte, on en a l’obligation. Pour ma part, seule la mort m’arrêtera… ou la perte de raison. »

 J’ai regretté que nos médias aient si peu parlé du 12 Forum social mondial et je me demande qu’elles sont les priorités de notre Radio Télévision Suisse francophone ?

 Le Forum social mondial est un signe des temps, la météo annonce un temps meilleurs je me réjouis et remercie Dieu du souffle nouveau qui monte de la base et avance bravement dans la foulée des prophètes. Le printemps arrive.

 C’est un signe prophétique : non seulement, un autre monde est possible mais les bases sont données et les travailleurs en pleine action. L’urgence de dénoncer les structures d’injustice et d’annoncer la construction, ne serait-ce qu’en embryon, de structures nouvelles, c’est le sens de la vie. Les chrétiens ne célèbrent pas la Résurrection « pour des prunes », non l’énergie pascale fortifie la volonté…

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05/03/2013

Les Ouvriers de la onzième heure, l’initiative Minder et Economie suisse.

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C’était après mon retour en Suisse. Un conférencier théologien « enseignait » les évangiles aux sœurs, en l’occurrence il s’agissait des « Ouvriers de la onzième heure » selon  l’Evangile de Matthieu (chapitre 20, versets 1 à 16) .

Celles et ceux qui ont travaillé toute la journée ont reçu UN denarius et ceux qui n’ont travaillé qu’une heure ont reçu UN denarius. Or si ma recherche est juste, un denarius vaut 20 dollars. Le conférencier laissa du temps pour les question et j'ai demandé (étant toujours revenue d'Afrique où l'évangile éclairait notre action) : « Que pensez-vous de ce salaire ? de l’attitude du patron et de celle des salariés mécontents ? »  Sa réponse : « On ne fait pas de politique pendant une retraite ! » J'avais compris. Pas de politique. Ni à l’église, ni aux rencontres ecclésiales … Et il me semblait qu’on amputait sciemment le message de Jésus de sa relevance qui consiste à transformer notre réalité, nos cœurs afin qu’advienne le « royaume de Dieu » c’est-à-dire, un monde petit à petit plus juste et paisible.

Des années ont passé durant lesquelles j’ai appris que ce qui fait flamber les conversations est pourtant la politique des sous, du fric, des salaires, ces dernières années de crise, des salaires des cadres itou ! De la boursicoterie, de la croissance, de la consommation à tout prix et encore … des BONUS et des parachutes dorés!   Ad nauseam !

Pourtant "THE TIMES THEY ARE A-CHANGING" !!! Quelle lenteur! Et c’est comme si des signes avant-coureur faisaient tomber les écailles des yeux et qu’on perçoive, et qu'on s'étonne de voir approcher un point de non-retour. Ou comme le dit la Conseillère Fédérale, Simonetta Sommaruga « Il y a un malaise profond dans la population… la cohésion sociale est en danger… » Et, à Infrarouge , tout en défendant le contre-projet à l’initiative Minder « salaires abusifs »  elle remercie d’amblée ce dernier d’avoir soulevé, en 2007 déjà,  le dysfonctionnement du monde des finances suisses.

 Dimanche le 3 mars 2013, la majorité des suisses a donné son opinion comme l’écho de ce « malaise profond ». Ce malaise doit être pris en compte par les organes dirigeants !

 Pascal Gentinetta directeur dit que « économiesuisse essuie les plâtres parce qu'elle s'est retrouvée en première ligne sans l'avoir cherché. » Et une campagne de 8 millions de francs contre l’initiative Minder n’y aura rien fait.

 Au fait, quel rapport entre le oui du peuple suisse à l’initiative Minder, et le salaire des ouvriers de la onzième heure ?  Le propriétaire du domaine emploie des « chômeurs » à des heures différentes ; ceux-ci travaillent et sont rémunérés selon une entente de personne à personne et selon l’esprit du maître : or comme dans beaucoup de pays, l’allocation chômage n’existe pas pour ces personnes redondantes et le propriétaire, selon Jésus, paie UN seul Denarii aux deniers, et UN seul aux premiers ? On pourrait dire que ceux qui n’ont travaillé qu’une heure ont trop reçu ! Je crois que moi, vous, nous aurions aussi « ronchonné ». Le maître est-il juste ? … Notre Abba n’est rien d’autre que l’Amour qui donne et qui se donne, aux plus pauvres d’abord et puis, à tous ! Tous ont faim et soif. Surtout à la fin du jour !

L’interdiction des salaires abusifs et les Bonus sont (et peut-être bientôt étaitent) une perversion de notre système lorsqu’il s’agit du salaire des chefs.  Ne sont-ils pas engagés pour servir et non pas être servis ? L’eau, le pain coûte la même chose pour tous. C’est le salaire quotidien pour le pain quotidien.

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29/08/2012

Les sans-noms

 

« Derrière chaque chiffre se cache un homme »

 

Les grévistes tués à bout portant : 34 en plus de 10 hommes dont 2 policiers ; 78 blessés mis en état d’arrestation (à l’hôpital ? ce n’est pas précisé) ; et de 260 grévistes arrêtés après la fusillade. 8% des mineurs ont repris le travail.

 

15000 tués en Syrie, des 100taines des milliers dans des conflits à basse intensité, des milliers tués sur les places de travail partout... dans tous les pays du monde. Des chiffres innombrables, anonymes… des chiffres seulement !

 

Pour le grand public, les médias, la presse, des « inconnus ». C'est plus confortable. A la longue va-t-on peut-être ériger une statue à la mémoire des massacrés inconnus ?

 

Derrière chaque chiffre se cache un homme, une femme, un enfant, une famille, une parenté, un village, une famille humaine.

 

Les grévistes tués : pleurés par des veuves et des orphelins, des affamés, eux aussi sont des chiffres, des innombrables chiffres. Pas à Marikana seulement, mais à travers le monde, dans les sous-sols d’humanité ! Là où les pauvres sont innommables du fait qu’ils ne sont qu'une masse !

 

Le Créateur, Dieu amour est loin de cette crasse comptabilité : Il proclame spécifiquement par la bouche du Prophète Isaïe : « Je t’appelle  par ton nom, tu es à moi. » 

 

Dieu aujourd’hui est trahi : les systèmes qui doivent protéger la totalité, tuent sans vergogne l’individu sans nom car leur nombre est tel qu’ils forment une autre « totalité », celle des sans-noms !

 

S’il y a un jour un jugement quelconque  pour une justice mise à jour : Les sans-noms ne seront-ils pas les juges de celles et ceux aux noms prestigieux assis sur des trônes, ou dans les bureaux protégés des patrons.

 

 

 

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14/10/2010

Haut les coeurs, camarades!

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Ils se sont trouvés là, comme un seul homme!

Dans un espace restreint, sans frontière ni paroi, rien que leur peau pour les séparer les uns des autres.

Ils allaient mourir comme un seul homme

Ils ont espéré comme un seul homme

Ils ont vécu et survécu avec le reste d’oxygène, de liquide, de « pain », comme un seul homme !

Ils ont sans doute pleuré, désespéré, espéré comme un seul homme !

Par la force des circonstances ? Pas nécessairement, il eut pu en être autrement.

Le dessous et le dessus de la terre, soudé par un vase communiquant en un seul homme! Un seul. Une seule Nation, une seule espérance.

Je peux citer les mots du chef de l'État chilien :

“Ce pays, qui s’est forgé dans l’adversité, a démontré une fois de plus avec cette tragédie – qui j’espère finira bien – que quand nous sommes frappés par l’adversité surgit le meilleur des Chiliens, la véritable âme de notre pays, le véritable caractère de notre peuple. Nous espérons également qu’avec l’aide de Dieu nous pourrons finir cette épopée de façon heureuse”.

C’est « le miracle du siècle », oui, et c’est un symbole de partage pratique dans le dénuement le plus complet.

« Tel un seul homme, ils avançaient de minute en minute, les 33 mineurs

de respiration en expiration…et d'expiration en inspiration

ils avançaient dans ces ténèbres avec leur seule foi,  leur espérance et le mystère insondable de la vie qui dépasse l’homme et tous les hommes. Jusqu'à la Lumière promise mais incertaine!

Comme un seul homme en état de transformation irréversible, ils avançaient vers la même lumière, la lumière obscure de la foi et la lumière invincible, fruit de la solidarité, ou de la fraternité, et, ou de l’Amour et nul ne peut dire que Dieu est absent de cet Amour-là !

C’est un symbole dont notre société doit s’inspirer. Nous sommes toutes et tous au fond d’un trou de plus en plus opaque. Arriverons-nous à accepter que c’est dans nos efforts à devenir UN SEUL HOMME que notre espèce humaine subsistera si elle le doit ?

Je vous épargne les pensées sur l’actualité politique : diviser pour régner ; sur l’actualité économique : « tirer la couverture à soi »… Sur : chacun sa langue, sa religion, son dieu, son arme à feu, son compte en banque, sa cuirasse quelconque pour protéger sa peau, son prestige, son avenir à lui, à elle ?

Seule ? Seul ?

Non, c’est un SEUL HOMME que Jésus attire à Lui. Et quand « J’aurai été élevé de terre, j’attirai tous les hommes à moi. » Jean 12 : 32.

 

 

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10/06/2009

FETE-DIEU

 

 

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La fête-Dieu et la rue du marché à Bulle

 

L'année, j'avais écrit un petit billet inséré dans mon blog à l'adresse suivante

http://katutura.blog.tdg.ch/archive/2008/05/index.html

 

Fête-Dieu, le 11 juin 2009 à Bulle/Savièze

 

C'est demain

 

Depuis 1 mois, Bulle et la rue du marché sont en ébullition: des ouvriers vêtus d'orange, casques oranges pour travailleurs et casques blancs pour chef de chantiers, bossent dur! Une fois les arbres fauchés sans avertissement et sans pitié, les excavatrices, immenses camions, chenilles à bras mobile, bulldozers, décapeuses, vibrofonceurs, rouleaux compresseurs, creusent, chargent, déchargent, broient, nivellent, compressent dans un tonnerre de bruit dont les vibrations se répercutent jusque dans le clavier de l'ordinateur! Les Sœurs de notre Foyer Sainte-Croix y compris l'héroïque centenaire et sa suite, titubent bras-dessus bras dessous, se tordant les chevilles frêles et menaçant à tout moment de se casser la figure en plus de la charpente osseuse sur la trentaine de mètres qui mène à Notre-dame de Compassion, pour la Messe! Je suis sûre que cette vierge gruyérienne compatit. Dans tous les cas, les ouvriers aux couvre-chefs orange et blanc compatissent, eux, et ils le montrent! Ils interrompent leur travail, coupent même les gaz, offrent leurs bras musclés pour soutenir ces petites gens chancelantes que Dieu aime! Justement, demain c'est la Fête-dieu et c'est férié dans ce canton catholique. La messe de ce jour sera dite à l'ombre d'un grand tilleul! Les machines et les ouvriers observeront le silence. Les sœurs âgées, dont moi, sortiront par la porte arrière du foyer afin de fêter Dieu dans une où l'autre petites chapelles qui abondent dans cette belle région.Telle est la mise en situation. J'ai lu, dans le Nouvelliste, ce que pense Micheline Calmy-Rey qui, elle, ira prier à Savièze. Cette fête, a-t-elle dit, est un facteur d'intégration, Dieu est au cœur du peuple. Mais lisez plutôt:

http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/suisse/la-fete-dieu-e...

Et voyez plutôt

http://www.saviese.ch/admin/evenement_fete-dieu.htm

 

A certains endroits, le curé ou l'évêque promène la sainte hostie dans les rues, bien protégée dans une monstrance dorée. Les dignitaires sont accompagnés d'enfants de chœur, de petits garçons-encenseurs, de petites filles jetant des pétales de fleurs, de divers groupes paroissiaux, de fanfares, parfois d'anciens « soldats du Vatican », de soldats suisses et, à Fribourg, de quelques coups de canon itou. Wikipedia dit que cette fête remonte au XIIè siècle. A ma connaissance, c'est une fête occidentale, dans tous les cas en Afrique australe, les catholiques et les anglicans célébraient « Corpus Christi » en octobre, mais il n'y avait pas de procession en juin hivernal.

Nous respectons bien sûr ces solennités qui manifestent une religiosité populaire rassemblant les petits et les grands dans la fraternité et la joie. Pour reprendre leurs labeurs quotidiens vendredi matin, y compris les ouvriers à la rue du marché sous les fenêtres de notre foyer. Je me réjouis, c'est bientôt fini. Quelle sera accueillante cette rue du marché et, qui sait, peut-être que les arbres fauchés renaîtront à la vie pour la prochaine Fête-dieu et notre plus grand bonheur!

 

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(du diocèse de Sault Sainte-Marie avec ma reconnaissance, cm)

 

 

 

 

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23/02/2009

Rita Levi-Montalcini

 

 

Anne-Marie, que vous rencontrez souvent dans mon blog, toujours pour l'enrichir, m'a permis de transmettre l'interview qui suit. Je l'insère quel avec toute ma reconnaissance, juste un jour après l'anniversaire du grand ami de notre mouvement anti-apartheid: Hans Erni!

 

« "Il vaut mieux ajouter de la vie à ses jours que des jours à sa vie »

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Voici une petite interview de Rita Levi-Montalcini 100 ans.

 

Née le 22 avril 1909 à Turin Piémont.

 

- Comment célébrer vos 100 ans ?

Ah, je ne sais pas si je vivrais jusque là et de plus les célébrations ne me plaisent pas.

Ce qui m'intéresse et me plait, c'est ce que je fais chaque jour.

 

- Et que faites-vous ?

Je travaille à obtenir des bourses d'étude pour des fillettes africaines afin qu'elles étudient et se préparent à travailler pour l'avancement de leur pays.

Je continue ma réflexion.

 

- Vous n'êtes pas à votre retraite ?

Jamais !  La retraite détruit le cerveau.  Plusieurs personnes à la retraite abandonne, cela tue le cerveau et rend malade.

 

- Comment fonctionne votre cerveau ?

Exactement comme à mes 20 ans.  Je ne note aucune différence dans mes désirs ni dans mes capacités.  Demain je participerai à un congrès médical.

 

- Mais n'y aurait-il pas quelque limite génétique ?

Non, mon cerveau aura bientôt un siècle ...., la mais il ne connaît pas la sénilité.  Mon corps se ride, c'est inévitable, mais pas le cerveau.

 

- Comment cela se fait ?

Nous jouissons d'une grande plasticité neuronale : même si des neurones meurent, celles qui restent se réorganisent afin de maintenir les mêmes fonctions, mais

encore faut-il les stimuler.

 

- Aidez-moi à le faire.

Maintient des désirs, active ton cerveau, fais-le fonctionner, ainsi il ne dégénérera jamais.

 

- Et je vivrai plus longtemps ?

Vous vivrez mieux les années que vous aurez à vivre, et c'est cela qui est intéressant.  Le secret c'est demeurer curieux, engagé et avoir des passions.

 

- La vôtre fut la recherche scientifique.

Oui, et je continue aussi passionnée.

 

- Vous avez découvert comment croissent et se renouvellent les cellules du système nerveux.

Oui, en 1942.  J'ai appelé cette découverte : "nerve growth factor NGF" (facteur de croissance nerveuse), et pendant presqu'un demi-siècle je fus interdite,

jusqu'à ce que soit reconnue la validité de ma découverte.  En 1986 je reçu pour cette découverte la prix Nobel.

 

- Comment une jeune fille italienne des années 20 a-t-elle pu parvenir à être neuroscientifique ?

Depuis mon enfance je me suis dédiée à étudier.  Mon père voulait que je fasse un bon mariage, que je sois une bonne épouse et une bonne mère...

Mais j'ai refusé.  Je me suis tenue devant lui et je lui ai dit que je voulais étudier.

 

- Quelle contrariété pour papa non ?

Oui, c'est que je ne me sentais pas heureuse enfant.  Je me sentais un vilain petit canard, sotte et très peu de chose.  Mes frères ainés étaient brillants et je me

sentais tellement inférieure.

 

- Je vois que vous avez fait de cela un stimulant.

Oui, mais l'exemple du docteur Albert Schweitzer, qui était en Afrique pour pallier à la lèpre, m'a qussi stimulée.  J'ai désiré aider ceux qui souffraient, c'était

mon grand rêve.

 

- Vous l'avez réalisé..., au moyen de la science.  Et aujourd'hui aider les fillettes d'Afrique afin qu'elles étudient.

Nous luttons contre la maladie, qui, mais tout peut s'améliorer si nous arrêtons l'oppression de la femme dans ces pays islamiques.

 

- La religion freine-t-elle le développement cognitif ?  Le développement de la connaissance ?

Oui le religion marginalise la femme face à l'homme, elle la met de côté quant au développement des connaissances.

 

- Existe-t-il une différence entre le cerveau d'un homme et celui d'une femme ?

Seulement dans les fonctions cérébrales qui sont en relation aux émotions liées au système endocrinien.  Mais quant aux fonctions cognitives, il n'y a aucune

différence .

 

- Pourquoi n'y a-t-il encore que très peu de femmes scientifiques ?

Non, ce n'est pas ainsi !  Plusieurs découvertes scientifiques attribuées à des hommes furent en vérité l'œuvre de leur sœurs, épouses ou filles.

 

- C'est vrai ?

On n'admettait pas l'intelligence féminine, on la laissait dans l'ombre.  Heureusement aujourd'hui il y a plus de femmes que d'hommes dans l'investigation scientifique :

les héritières d'Hypatia.

 

- La sage Alexandrine du IV siècle.

 

Maintenant nous ne terminerons plus assassinées dans la rue par les moines misogines chrétiens, telle qu'elle le fut.  Certainement quelque chose s'est amélioré

dans le monde.

 

-  Personne n'a essayé de vous assassiner ....

Durant le fachisme, Mussolini voulu imiter Hitler dans la persécution juive ... je dus me cacher un temps.  Mais je n'ai pas cessé mes recherches  :

j'ai monté mon laboratoire dans ma chambre à coucher ... et c'est en ce temps que j'ai découvert l'apoptosis, c'est à-dire la mort programmée des cellules.

 

- Pourquoi y a-t-il un pourcentage si élevé chez les juifs de scientifiques et d'intellectuels ?

L'exclusion a provoqué chez les juifs le travail intellectuel : on peut tout prohiber, mais non ce que tu penses. C'est certains qu'il y a plusieurs prix Nobel parmi

le juifs.

 

-  Comment vous expliquez-vous la follie nazie ?

Hitler & Mussolini surent parler aux foules, là c'est le cerveau émotionnel qui prédomine toujours sur la cerveau néo - cortical, l'intellectuel.  Ils manipulèrent

les émotions, non la raison.

 

- Est-ce encore ainsi aujourd'hui ?

Pourquoi croyez-vous que dans plusieurs écoles des états-unis on enseigne le créationnisme au lieu de l'évolutionnisme ?

 

- L'idéologie est émotion, elle est sans raison.

La raison est fille de l'imperfection.  Chez les invertébrés tout est programmé, ils sont parfaits.  Nous non !

Étant imparfaits, nous avons recours à la raison, aux valeurs étiques : discerner entre le bien et le mal c'est le plus haut grade de l'évolution darwinienne'

 

- Vous ne vous êtes jamais mariée, vous n'avez pas eu d'enfant ?

Non, je suis entrée dans la jungle du système nerveux.  Je suis demeurée fascinée de sa beauté et j'ai décidé de lui dédier tout mon temps, toute ma vie.

 

 

Ce que dit Rita Montalcini peut être débattu, discuté, nuancé. Il y a de nombreux éléments qui déterminent l'état de santé d'une personne. L'approche holistique nous aide à mieux comprendre les causes, souvent économiques et sociales, qui influent sur le développement d'une personne.

Claire-Marie

 

21:49 Publié dans Société - People | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : la vie | |  Facebook | | | |