22/05/2015

J'ai nonante deux ans aujourd'hui

 

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C'est mon anniversaire

 

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Il y a 92 ans ce matin que je maman me donnait le jour. Avec papa et la famille réjouie !

 

Et je l'en remercie de tout mon coeur avant que j'ai le bonheur de venir la revoir dans le gand amour de Dieu. Très bientôt !

 

Comme je remercie papa et mes frères et soeurs et toutes les personnes rencontrées sur mon chemin vers LUI, Hors Espace Temps d'où je viens !

 

Le 8/07/2013, j'écrivais :

 

http://clairemarie.blog.24heures.ch/index-10.html

 

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La frontière : une ligne, un mur, un espace neutre, en bref c’est ce qui sépare, protège, sécurise le dedans du dehors. Les frontières étatiques,  exemple : d’un côté la Suisse, de l’autre côté, la France, l’Allemagne, l’Italie. La Suisse est intéressante parce que son territoire et sa population un condensé de la société, de la culture, de la langue, des  trois pays frontaliers. 

 

 Une espèce de « communauté de base européenne » qui survit grâce à une certaine intelligence patriotique dont la source se trouve être, peut-être, au Grüli. Ce que je dis est bien trop beau, et d’autant plus fragile que l’EGO helvétique se replie sur son bien-être « économique », en incluant les riches et excluant les pauvres.

 

 Notre frontière est donc une passoire pour les uns et un mur pour les autres. C’est selon. Mais c’est plus complexe.

 

 Ayant vécu mon enfance et adolescence au Jura tout proche de la France et non loin de l’Allemagne, le concept « frontière » signifiait la porosité, la perméabilité et l’interdépendance  pratique !

 

 Et il y a des frontières invisibles, pires que les frontières visibles ! Exemples :

 

images.jpg  Des institutions religieuses, caritatives, partis politiques, devraient être un lieu encourageant et facilitant le rayonnement des membres à l’intérieur et à l’extérieur des frontières institutionnelles. Lorsque l’institution est self-centered, elle peut ressembler à une gated community cherchant à se perpétuer même au prix d’en perdre son origine, son charisme, le sens de sa Mission donc de sa raison d’être. Quiconque remet les frontières institutionnelles en question, « désécurise  les gens et est, soit rejeté » (H.V), soit neutralisé ou marginalisé. C’est lié aux effets deshumanisants des frontières relationnelles.

 

 glissant-246717-jpg_137963.JPGSelon le poète martiniquais Edouard Glissant (décédé en 2011)

 

 « Le Divers n’est donné à chacun que comme une relation, non comme un absolu pouvoir ni une unique possession. Le divers renaît quand les hommes se diversifient concrètement dans leurs libertés différentes. Alors il n’exige plus que l’on renonce à soi. L’Autre est en moi, parce que je suis moi. » L’Intention poétique, p.101,  Edouard Glissant

 

Des frontières à être dépassées, absolument, sont les frontières culturelles, linguistiques et même religieuses à condition d’être un peu curieux, intéressé, fantaisiste, audacieux, on peut les dépasser, et les outrepasser…

 

 Encore Edouard Glissant : « Il n’est frontière qu’on n’outrepasse A défaut de montagnes ou de mers, l’homme a inventé toutes sortes de frontières pour se protéger de l’Autre : grillages, barbelés, murs, barrières électrifiées, etc. Aucune, pourtant, n’a résisté à l’irrépressible volonté – ou nécessité – de passer outre.

 

Franchir la frontière est un privilège dont nul ne devrait être privé, sous quelque raison que ce soit. Il n’y a de frontière que pour cette plénitude enfin de l’outrepasser, et à travers elle de partager à plein souffle les différences… La Relation n’est pas confusion ou dilution. Je peux changer en échangeant avec l’autre, sans me perdre pourtant ni me dénaturer.»

 Et c'est valable pour aujourd'hui !  Vingt--deux mai 2015

 

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13/01/2015

Charlie paraît demain

 

L'équipe de «Charlie Hebdo» raconte sa première... par liberation


Je n'ai pas lu, ou plutôt, pas regardé "Charlie" par le passé. Je ne serai pas à même de le lire demain, mais je prie pour que la Presse libre continue courageusement son chemin périlleux.

"Charlie" emploie la satire pour dire une partie de ce qu'il croit être la Vérité. La satire est un genre qui accentue des aspérités afin de mieux comprendre le tout. Charlie s'expose soi-même sachant que la vérité fait, parfois pour ne pas dire toujours, mal surtout quand c'est parfois un miroir de soi-même.

D'autre part, il y a ce qui me fait pleurer...

Il y a des paroles, il y a des attitudes, il y a certaines influences qui tuent. Mais sachez qu'on ne tue pas l'âme, ni l'expression de l'âme concernant notre monde et son cheminement. Jésus est l'Homme de Vérité. N'est-ce-pas la raison de sa condamnation?

Jésus, le journaliste par excellence ne s'est-il pas adressé "aux gens biens" en leur disant qu'ils étaient des sépulcres blanchis? Ce n'est pas beau et cela ne sent pas bon: un sépulcre blanchi quelque soit la couleur de fonds!

Je prie pour les caricaturistes, pour Barrigue et l'inappréciable Vigousse et je prie l'Esprit de Vérité de nous inspirer: dans nos pensées, nos paroles, dans ce que nous écrivons et décrivons.

La Vérité nous rendra libre. Quand je me sens libre, je peux rire de moi, je peux rire des autres en osant espérer que nous rions ensemble!



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10/01/2015

Le courage de dire la vérité

 

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Nous sommes tous touchés en plein cœur ! (Luc 23:34 )

 « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font ».

 Une consœur vient de partager avec moi son désarroi et son dégoût pour l'horrible crime contre la liberté de la presse. Tuer des journalistes qui font leur travail de rédaction, chacun dans son genre, ici la satire, pour faire connaître un aspect de la vérité.

 Ensemble nous prions pour les victimes et, ensemble, nous prions pour que triomphe enfin la Vérité. Jésus s'est impliqué, personnellement, « Je suis la vérité » Jn 14,6

 

 Je cite ce qui suit afin de mieux nous associer à celles et à ceux qui, solidaires, s'exposent eux-mêmes aux regards accusateurs de celles et de ceux qui n'aiment pas la vérité !

 « Le président français François Hollande se joindra aux manifestants, de même que la chancelière allemande Angela Merkel, le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, le chef du gouvernement britannique David Cameron, le président du Conseil italien Matteo Renzi, celui de l’Union européenne, le Polonais Donald Tusk, et celui de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga sera également du cortège.

 Le Vatican condamne une "double violence"

 Le Vatican a condamné mercredi "la double violence" de l'attentat contre le siège du journal "Charlie Hebdo" à Paris à la fois contre les personnes et contre la liberté de la presse. Le quotidien du Vatican, "L'Osservatore Romano" a titré en une sur une "stratégie de la barbarie".

 Le père Ciro Benedettini, vice-directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a fait part à des journalistes de la "condamnation pour l'acte de violence" qu'a constitué la fusillade, ainsi que la "condamnation pour l'atteinte à la liberté de la presse, aussi importante que la liberté religieuse".

 Un féroce et vil attentat selon le Pape François et selon chacun de nous

 Ce jeudi, le Pape a célébré sa messe matinale dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, en l'offrant pour les victimes de l'attaque qui s'est produite ce mercredi à Paris contre Charlie Hebdo. Il a évoqué tous ceux qui ont été frappés par la « cruauté et par la férocité de ce vil attentat ». 

 Le Pape offre sa messe pour les victimes de Charlie Hebdo

 « L'attentat d'hier à Paris nous fait penser à toute cette cruauté, cette cruauté humaine ;  à ce terrorisme, que ce soit un terrorisme isolé ou un terrorisme d'Etat. Cette cruauté dont l'homme est capable ! Prions, maintenant, pour les victimes de cette cruauté. Tant de victimes ! Et prions aussi pour les personnes cruelles, afin que le Seigneur convertisse leur cœur.

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25/10/2014

Les vieux sont comme des gamins

68? Non 36,9!

Mercredi 22 octobre 2014

 

·    « C'est oublier que les vieux sont comme des gamins. Tous les six mois, ils changent, leur vision des choses se modifie à leur corps défendant, leurs besoins ne sont plus les mêmes. Les uns grandissent, s'émancipent, se renforcent, se libèrent, les autres rouillent, angoissent, dépriment, s'enferment. »

 Je commence dans le ventre de maman grâce à pape et je finis dans le ventre de la terre, entre temps nous avançons ensemble sur des chemins non balisés vers l’arrivée…

Voilà qui me ramène à ma jeunesse !

Tous les six mois, ils changent : c’est vrai et je suis bien placée pour le savoir. Il y a des années que je fais l’exercice. C’est impulsif en même temps qu’inévitable et audacieux ! Pourquoi ? Parce que le contexte social se sent « cosy » dans le cocon bourgeois.

Leur vision des choses se modifient à leur corps défendant: c’est vrai, heureusement : ouvrir ses ailes et quitter le nid aller là où rien n’existe sinon l’horizon et la route invisible et espérer laisser une trace (go rather where there is no path and leave a trace)… mais qu’importe !

 Leurs besoins ne sont plus les mêmes : je ne crie plus « papa ou maman ou Pierre ou Sophie » et même si le besoin reste bien tenace, les répondants sont absents.

Si le pain abonde, le boulanger manque.

 Les uns s’émancipent …et se libèrent : je ne suis qu’un vieux pommier nonagénaire … mais Ô miracle, les pommes sont fraîches et savoureuses.

 Le pommier sourit.

 Ma prière du soir : Jésus sur ta pierre, tu penses à nous et ton cœur désire que nous y prenions place. Qu’importe l’âge et la condition : Nous sommes l’œuvre de tes mains pour le petit marathon terrestre. Que je sois dans le peloton de tête ou de queue, je cours… qu’importe l’arrivée puisque le chemin, c’est TOI. (Jean 14:6).

 Heureux les chemins non balisés, nous sommes sûrs de ne pas nous tromper.

 Pas de GPS, Jésus dit : « Je suis le chemin, la vérité, la vie », impossible de s’égarer et donne-moi la fantaisie, Seigneur de rester – entêtée que je suis -  hors-piste ...

 

 

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10/10/2014

« NOS CAHIERS ET NOS CRAYONS SONT NOS ARMES »

 En hommage à Malala et aux femmes à travers le monde

 « NOS CAHIERS ET NOS CRAYONS SONT NOS ARMES »

 Je me suis souvent demandé pourquoi la femme est, depuis toujours semble-t-il, à l’arrière plan  de la création et de son histoire. Et qu’elle est censée se taire comme le voudrait saint Paul,

 Comme petite fille à la paroisse,  le curé nous faisait réciter les réponses du catéchisme que maman, la femme forte, belle et aimante et intelligente nous apprenait. Ces réponses ne correspondaient pas à la crue de mes questions ! Et maman me disait : « Débrouille-toi ! » Mais discuter avec un curé au col romain, aux doigts effilés, au regard gris bleu lavé, c’était se faire dire ce que j’entendis de mes deux oreilles : « Tu prétends être théologienne ? » Mais non, j’étais simplement curieuse comme tous les enfants de la classe qui eux, rigolaient et moi avec.

Restait cette graine de révolte dans mon cœur : « Il croit qu’il sait tout ? ». Et je poursuivais le chemin. Toujours curieuse jusqu’en ce moment… face aux autorités religieuses et autres… car, nous le savons tous « NOS CAHIERS ET NOS CRAYONS SONT NOS ARMES »

 

Un jour en rentrant de l’école du village, pape m’avait donné un crayon « Caran d’Ache » et un cahier qui allait remplacer l’ardoise. Il dit : « Voici pour ma petite fille qui apprendra à bien écrire. » Ainsi en fut-il. Merci à nos parents.

 Ce crayon, c’est comme un bougie qui écrit avec des lettres de feu et cela me satisfait aujourd’hui-même ! Jésus savait sans doute écrire puisqu’il savait lire. Mais Lui, nous dit-on, n’a écrit que dans le sable ou sur une pierre calcaire pour défendre une « prostituée » selon le langage masculin et mettre les Docteurs de la loi au pilori ! 

 Ce même Jésus palestinien sourit de bonheur aujourd’hui à celles qui ont le courage de manier la plume pour répandre la Bonne Nouvelle. Comme Malala et tant d’autres en traversant les murs  de préjugés et manques de moyens ! Et l’exercice invite le débat, ce qui est rare, et trop souvent n’arrive que comme une mise en garde hypocritement voilée. Mais la lutte fortifie les muscles. Et merci à celles et ceux qui encouragent avec discernement et force.

 En hommage à Malala et aux femmes à travers le monde et merci aux blogosphères et à ceux qui les accompagnent ! Un merci spécial aujourd’hui surtout !

 « NOS CAHIERS ET NOS CRAYONS SONT NOS ARMES »

 

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08/10/2014

Des requérants logés à l'abbaye d'Einsiedeln

 

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Thérèse de Lisieux a dit : « Dans le cœur de l’Église, je serai l’amour. » 

 La petite Thérèse ne faisait pas partie des cadres, et ses supérieures – ses cadres – ont trop souvent fait souffrir celles qui étaient, comme Thérèse, à l’intérieur de « ce saint cadre »! Ceci dit en passant!

 On a parfois l’impression que l’Église hiérarchique fonctionne dans un cadre  assez confortable.

 Mais nous sommes sur le chemin de la conversion !

 Le pape François met les choses sens dessus-dessous en donnant l’exemple : il habite la Maison Saint Marthe, il prend ses repas en communauté, autant que faire se peut, il simplifie. Malheureusement, la curie – pas mal de cardinaux, ecclésiastiques et autres – persistent à occuper les Palais pontificaux même s’ils se sentent mal à l’aise. Qui suis-je pour les juger ? N’empêche que l’habitat influe sur ta manière d’être, d’agir, de réfléchir. Et que nous avons un long chemin de conversion à parcourir pour vivre « selon la Bonne Nouvelle » de Jésus !

 Mais il y a des exemples encourageants :

 Des requérants logés à l'abbaye d'Einsiedeln

 Le monastère va accueillir une trentaine de requérants d'asile ces trois prochains mois.

 « L'abbaye d'Einsiedeln donne suite à une demande des autorités schwyzoise. Ses nouveaux hôtes seront essentiellement de jeunes réfugiés érythréens. Ils resteront jusqu'à la fin de l'année.

 Les requérants d'asile seront logés dans un bâtiment que la communauté bénédictine destine d'habitude aux pèlerins et aux classes en visite, indique vendredi à l'ats le Père Lorenz Moser.

 L'abbé confirme une information révélée par le titre local «Einsiedler Anzeiger». L'abbaye avait déjà accueilli quelques requérants d'asile dans le passé mais jamais en groupe. »

 Les autorités cantonales schwyzoise avaient sollicités  les Bénédictins qui ont spontanément collaboré.

 Il est beau et encourageant: l’exemple de la société laïque qui invite la société religieuse et ecclésiastique de faire ce qui est sa raison d’être : l’accueil.  

Merci de l'invitation.

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05/07/2014

en direct

 

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suis tellement heureuse de revenir à la "blogHouse" comme à la maison hors des murs!!!

j'ai pour ajourd'hui quelques heures.

Pour  dire que la route comme Mandela peut-être que la route a été et est longue aui mène au but! La NOOSphère!

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Premier accès à Internet, quel miracle.

Vous fêtes dun travail excellent qui construit une opinion publique à partir des grassroots.

 

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30/05/2014

Farzana Parveen

 

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 Afin d’amorcer le Royaume de Dieu, Jésus désirait aider les gens à prendre conscience de leur dignité propre, cela ne se ferait pas  sans le renversement  des relations sociales au sein de sa société  et du démantèlement des structures de pouvoir entre les différents groupes formant le tissu de sa Palestine et du monde entier.

 Il ne s’agissait pas seulement des Romains dominateurs des Israéliens dominés. Il s’agissait des riches et des pauvres, des femmes et des hommes, des étrangers et des autres… Jésus voulait et veut encore une dignité égale pour tous

 Quelles étaient ces relations et quelles étaient ces structures ? L’Évangile est clair et détaillé : à partir d’histoires vécues il fait une analyse sociale « crystal clear » et la pratique renverse alors le statut quo !

 Au temps de Jésus, les femmes étaient considérées comme des enfants, dépendantes et sans savoir ni pouvoir.  Pour Jésus, les femmes et les hommes ont la même valeur, il le montrait dans son comportement par exemple vis-à-vis de Marie de Magdala , la prostituée que même Moïse soumettait à la lapidation.

 On peut s’imaginer le choc et le scandale pour l'entourage de Jésus : c’était tout simplement mettre le monde sens-dessus . Il est possible que Jésus ait eu une idée de la situation délicate où s’était trouvés sa maman et son papa dès sa conception !

 Jésus était absolument humain comme nous, en plus d’être lucide et plein de tendresse.

 Quelles relations sociales au sein de notre société  et et quelles structures de pouvoir doivent être démantelées ? Aujourd'hui.

 Exemples : Viviane, un jolie jeune fille de chez nous (au Jura dans les années trente ) tombe enceinte.  J’étais jeune et je me souviens de la consternation de sa famille, des voisins, des gens d’Église , de la paroisse.

 On disait : c’est une honte terrible pour sa famille, sa parenté, pour la région… Je crois bien qu’on l’avait fait partir en France pour quelque temps… De son état de santé, du bébé, du géniteur,  pas un mot. C’était comme si elle avait été une lépreuse exclue, une « femme de mauvaise vie » selon l’expression. Je me posais des questions sans pouvoir les révéler à quiconque ni à mes parents d’ailleurs. C’était au 20ème siècle.

 Lorsque mes deux sœurs aînées « fréquentaient » et que les amis venaient à la veillée le soir, les parents surveillaient discrètement les adieux des prétendants !!! Sans doute comme eux-mêmes avaient été surveillés.

 Lorsque je fus dans l’institution des sœurs pour « faire la Normale », et partir en Mission (c’était mon but) j’ai été surprise des avertissements au sujet des rencontres avec les hommes, surtout les jeunes, il fallait garder la distance et on encourageait la « froideur » envers les laïcs.  Pourquoi ?

 La Sœur surveillante (RIP) et un « professeur de casuistique » nous donnaient des cours de comportement. Il fallait « confesser » les « mauvaises pensées ! » comme si le « sex urge » avoisinait le péché mortel alors que la jalousie par exemple passait sous le tapis.

 Sainte Maria Goretti était la patronne des jeunes filles (avec raison) mais on oubliait de souligner notre propre maturité et ... les injustices raciales, religieuses et jes gens qui les combattaient : Joseph Cardijn …   était quelque peu suspect et les « prêtres ouvriers » étaient taxés d’aventuriers…

 Que je fus assignée à l’Afrique du Sud où je fis m on noviciat fut providentiel pour mon équilibre. Ma maîtresse de novice fut une femme d’ouverture en acceptant de discuter avec moi le système d’apartheid découvert dans toute sa perversion. Les 2 ans de noviciat, me dit-elle, sont un « tremplin pour aller plus loin » et grâce à elle, c’est dans un townships sulfureux ou l’ANC était déjà en mouvement que j’atterris.

 Restait à rencontrer les petites gens elles-mêmes, mes consœurs irlandaises gagnées à leur cause et quelqu’un comme Albert Nolan, grâce à qui je peux aujourd’hui encore réfléchir, afin de les combattre, sur les « relations sociales et les structures de pouvoir à démanteler si l’on prétend être disciple de Jésus. »

 Pas besoin de se référer absolument à Jésus :ombreux aujourd’hui sont celles et ceux qui s’efforcent, dans les médias, dans les article de nombreux blogs, dans la politique et par d’innombrables engagements pour un monde plus juste, un monde nouveau de construire un monde nouveau. Les médias dénoncent :

 

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Exemple : ne pas ignorer Farzana Parveen : La jeune pakistanais de 25 ans battue à mort à coups de briques par une trentaine de membres de sa famille à l’entrée du tribunal de Lahore. Son crime ? S‘être mariée par amour contre la volonté des siens dans un pays où les mariages forcés demeurent la norme… La police ne serait pas intervenue… Au Pakistan, près de 1000 femmes ou adolescentes ont été tuées l'an dernier pour avoir «déshonoré» leur famille.

 



 

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14/05/2014

SOMA

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Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front : la terre n’appartient pas à ceux qui la cultivent et les mines n’appartiennent pas aux mineurs, pauvres « esclaves » des profondeurs qui, comme cela vient encore une fois d’arriver : mangent les humains.

 

« Le propriétaire de la mine, SOMA Komur  Isletmeleri A.S., a confirmé qu'un certain nombre de mineurs ont été tués sans indiquer le bilan des victimes. Selon lui, l'accident est survenu malgré «les plus importantes mesures de sécurité et une surveillance constante». Une enquête a été lancée. »

 

« La société Soma, entreprise privatisée a multiplié près de 2,5 fois sa production en seulement 6 mois… »

 

"Les mesures de sécurité ne sont pas respectées et des améliorations avaient été refusées."

 Aujourd’hui, Soma en Turquie, hier en Afrique du Sud,  la Chine, au Texas USA, en Hongrie … 

 Plus proche de nous et de nature marginale et « associée » : pollution au mercure, électromagnétique, et le Doubs vide de truites et d’eau clair.

 La mort des mineurs turcs, la souffrance des familles, la détresse de tout un peuple : Notre solidarité doit dépasser la prière, la commisération, la recherche de boucs émissaires. Le travail du mineur, celui du paysan, du maçon, de la cuisinière, des fonctionnaires : le travail est noble si les conditions de travail sont respectueuses de la santé des travailleurs et si nous partageons le fruit de la sueur de leurs fronts !

 La lumière dans les mines est ténèbres, la seule lumière des mineurs est la lampe attachée  à leur front : Prions les mineurs de nous éclairer …

 

«Only a miner, bury him quick;
Just write his name on a piece of a stick.

 Though humble and plain be the poor miner's grave

 Beyond, all are equal, the master and slave.»

 « Only a Miner Killed » de John Wallace Crawford (1879)

 

 "Pour arracher le charbon à la terre,
A chaque instant, la mort plane sur eux ;
C’est l’eau, le feu, c’est l’odeur délétère,
L’éboulement au fracas ténébreux,
Qui, tout à coup, viennent ravir dans l’ombre
La vie à l’homme, ô comble de malheurs !
Ces accidents sont fréquents et sans nombre
Fils de Caïn,
bénissez les mineurs

 

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01/05/2014

Pourquoi sont-ils en prison?

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Michael Walli, 64 ans, Greg Boertje-Obed, 58 ans,  et  Megan Rice, 84 ans sont en prison comme je l’écrivais hier grâce à Dorothée, mon amie et au NZZ am Sonntag…

 Pourquoi sont-ils en prison ?

 Michael Walli, 64 ans vétéran de deux périodes au Vietnam converti en pacifiste, vit à la Maison Dorothy Day pour Travailleurs catholiques à Washington DC.

 

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Greg Boertje-Obed,58 ans, menuisier, marié, avec une fille en âge d’université est vétéran de l’armée et vit dans une maison pour travailleurs catholiques à Duluth, Minnesota.

 Megan Rice est sœur de de la Société religieuse de l’Enfant Jésus, en Illinois.

 Tous les trois sont membres de Transform Now Plowshares : que vos armes soient transformées en charrues. Selon le prophète Isaïe, c’est-à-dire que vos outils de mort soient transformés en graines et en outils de VIE.

 Ils vivent leurs convictions : la Vie d’un être humain, sa dignité, sa beauté, son destin… est la seule valeur universelle. C’est un don du créateur. Nous somme ce DON. Nous sommes donc responsables les uns des autres, inconditionnellement.

 En Suisse et ailleurs

 Nous sommes assis sur un silo d’armes de destruction massive nucléaires, biologiques, chimiques, sans compter la pire : l’injustice des systèmes qui affame les pauvres pour nourrir les riches.

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 Isaïe parle pour aujourd’hui lorsqu’il veut que les armes de mort soient transformées en outils de Vie. Les mouvements pacifistes : Green Peace, écologistes, sortir du nucléaire existent et nombreux celles et ceux qui prennent conscience mais qui manquent de réseaux de solidarité… pour des actions et du soutien à des membres comme Megan Rice,  Michael Walli, Greg Boertje-Obed.

 Leur action a dépassé les analyses, les interminables calculs de dangers, de sécurité… de conséquences.

 Prendre son engagement au sérieux :

Leur déclaration

 « Nous sommes allés à l’installation Y-12 parce que notre propre humanité rejette les projets du nucléarisme, l’empire et la guerre. Notre foi dans l’amour et la non-violence nous encourage à croire que notre activité ici est nécessaire, que nous venons inviter à la transformation, à défaire le travail passé et présent de Y-12,à désarmer et en finir avec tous les efforts ultérieurs pour augmenter la capacité dY-12 vers une structure économique et sociale fondée dans la guerre et la construction de l’empire. ».

 

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 La lutte continue

 Ils sont allés, ils ont agi et les conséquences sont assumées en connaissance de causes ! (voir le billet de hier).

 Mon admiration, ma prise de conscience renouvelée : est-ce que cela suffit ? Ma prière – pas préfabriquée – mais celle qui surgit quand je vois Cuernica ne peut être un « Amen » à la mort ! L’engagement, si balbutiant soit-il doit être un « Amen à la vie » à la résurrection. L’Amen à la Vie, au-delà des armes de destruction massive pulvérisée dans le néant, est le résultat de notre combat… Cette petite vieille Megan Rice et ses compagnons montrent que rien n’est impossible.

 

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30/04/2014

Les armes : Comment répondre ...

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Une amie de Zurich m’envoie l’article « Militante Nonne » Andeas Mink correespond du NZZ am Sonntag    (image NZZ)

 Pour lui dire merci et parce que c'est ma conviction que là où est l'injustice, il n'est pas question de se taire et qu'il est bon de se souvenir de David Henry Thoreau : « La seule obligation qui m'incombe est de faire en tout temps ce que j'estime juste » même s’il s’agit d’être emprisonné…

 Les médias suisses aussi ont diffusé ce fait, notamment l’agence APIC

 et le  « Portail de l’Eglise catholique »   Femmes pour la paix

Je voudrais remercier Sr Megan, lui dire ma, notre solidarité et celle de nombreuses sœurs en Europe et ailleurs : merci son exemple, motivé par la solidarité humaine... et par la Parole de Dieu, Jésus.

 

o-MEGAN-RICE-facebook.jpgLes remercier : « Elle, Sr Megan, 84 ans, fera 3 ans de prison, et Michael Walli, 64 ans, et Greg Boertje-Obed, 58 ans, feront 5 ans et deux mois … »

 

Sr. Mary Ann Buckley, leader of the American Province of the Society of the Holy Child Jesus, s’est dite attristée par la longueur de l’emprisonnement et Sr Sandra Lincoln a exprimée la solidarité des Sœurs envers leur consoeur.

 Sœur Megan est membre du mouvement pacifiste « Transform swords into ploughshares »  Mais lisons la Bible écuménique Ésaïe 2:2-4 BFC

 « En route ! Montons à la montagne du Seigneur,

 à la maison du Dieu de Jacob.

 Il nous enseignera ce qu'il attend de nous,

 et nous suivrons le chemin qu'il nous trace. »

 En effet, c'est de Sion que vient l'enseignement du Seigneur,

 c'est de Jérusalem que nous parvient sa parole.

 Il rendra son jugement entre les nations,

 il sera un arbitre pour tous les peuples.

 De leurs épées, ils forgeront des pioches,

 et de leurs lances, ils feront des faucilles.

 Il n'y aura plus d'agression d'une nation contre une autre,

 on ne s'exercera plus à la guerre. »

 

C'est urgent...

 

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14/04/2014

Nettoyage du Temple hier et aujourd'hui

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Jésus aujourd’hui et hier : les systèmes financiers et le temple à Jérusalemsont la cible de Jésus...

 Il sait ce qui l’attend et poursuit sa montée. Il arrive au temple, la Maison de Prière comme le sont nos chapelles, églises, cathédrales… et nos coins de prière « fait maison » : un lieu sobre, dépouillé. Ce lieu peut aussi être sur une colline, sous un arbre ou sur un tas de foin comme je le faisais à l’âge gamine.

 Jésus, juif, ayant laissé son ânon et les hosannas de joie en bas, monte au Temple pour y découvrir là, une des sources de la pauvreté : le système économico religieux et les agents de Mammon. Les Hosannas des pauvres résonnent encore en son cœur…  et se mutent en cliquetis, pièces et pièces de monnaie, marchandage des hommes d’affaires,  plaintes des bœufs, bêlement des moutons, beuglement des vaches et roucoulement des colombes en cage !

 Une place du marché sur le parvis parvis du Temple.  Le commerce allait bon train : les « fidèles » offraient le meilleur animal, pour les sacrifices, les agents du Temple gardaient les meilleurs et revendaient les autres… a « roaring trade ». L’argent romain était interdit : il fallait donc des tables pour les échanges en argent du Temple : que de calculs !

 Jésus voit cela avec le regard des pauvres qui ont soif de justice, mais avant tout avec le regard de son Abba, son Père et notre Père ! Jésus est en colère contre le système : il renverse les tables des convertisseurs de devises, il libère les animaux, ouvre la cage aux oiseaux. Il est en colère contre le système ecclésiastico-financier : le capital, les taxes, l’usure, le trading, les deals sans parler du « blanchiment » de l’argent et des « sacrifices » sur le dos des petites gens, aujourd’hui comme hier.

 Au Temple de Jérusalem, je ne crois pas que Jésus aie physiquement agressé les marchands car ceux-ci étaient soit des « fidèles » qui profitaient de se faire quelques sous, soit des fonctionnaires qui « fonctionnaient » comme tant de nous le font dans nos systèmes respectifs. En s’interdisant la critique !

No entrance for Wistle blowers.

Jésus donc invite les commerçants, les marchands et les dealers à la liberté : il s’agira de chercher un autre travail : honnête, avec une rémunération pour satisfaire les besoins communs d’abord et le partage du reste ensuite… ou l’épargne pour satisfaire d’autres besoins plus tard.

 Je ne sais pas ce que Jésus ferait aujourd’hui au Vatican, sensé être « SA » images.jpgmaison après tout ! François Bergoglio, pape, est sérieux lorsqu’il remet en question le système bancaire qui s’est érigé en un « marché du Temple » remarquablement efficace parce que corrompu. Depuis longtemps la dîme des veuves et des pauvres tombe dans les caisse du Vatican. C'est un scandale. François veut changer le système comme Jésus veut changer le système des marchands du Temple. Il ne va pas agresser les fonctionnaires, ecclésiastiques ou pas : il leur offre l’analyse, la reconnaissance de la vérité. Il leur offre la conversion. Ou la démission, ou les deux à la fois. C'est en route...

 Pour Jésus de Nazareth, sa colère et son action publiques au moment le plus scabreux de l’année signifie qu’il est exposé au regard de tous. Aujourd’hui on dirait: c'est suicidaire ! Les docteurs de la Loi demandent :« Par quelle autorité fais-tu cela ? » En d’autres termes : par quelle vérité ?  A la question de Pilate : « La vérité, c’est quoi ? », Jésus répond : « C’est Moi. » Et Jésus n’est pas quelque chose d’abstrait: il vit aujourd’hui et souffre et meurt aujourd’hui dans nos réalités comme hier dans sa société.

 Nos temples, nos synagogues, nos cathédrales, nos églises ont-elles des parvis accueillant les étrangers, les pauvres, les marginaux... chacun de nous comme dans la maison paternelle ? Je crois que oui.

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07/04/2014

Pour la dignité des morts

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with gracious permission from Bruce Clarke

 La commémoration de « l’inacceptable accepté », je sais que Bruce Clarke, l’artiste plasticien « n’accepte pas l’inacceptable ». Sa vie durant, il lutte avec son art contre et fait voler en éclats les hypocrisies qui polluent l'intelligence humaine. Bruce le dit : « C’est le temps des barbares anonymes, le temps de la domination, le temps des dominés et des dominants »

 En Afrique du sud, nous étions conscients de cette barbarie, et de l'évidence de la révolte dans la lutte solidaire avec les dominés. Aujourd’hui tout semble être dissout dans l’ « abstraction vaporeuse » des médias et des analyses hâtives et superficielles. Notre prière semble molle et pré-fabriquée… on dit amen à n’importe quoi.

 A journal Radio 1ère Bruce, à 12h30, a magnifiquement expliqué pourquoi les images ont quelque chose d’étranger à la culture rwandaise. Sa sensibilité pour, et le respect de l’autre est admirable.

 A Lausanne, à Genève, ailleurs j’espère, nous allons nous recueillir ce soir devant ce qui reste du génocide : des hommes debout. Ils sont les ancêtre de l’avenir.

 Mais comment en est-on arrivé à ce 7 avril 1994 ! J’ai lu avec soulagement de le blog de Fred Oberson

 Et, dans « Regards croisés » de Djemâa Chraïti :

 Rwanda - De commémoration en silence et de silence en commémoration

 Cela me donne le courage de dire ce qui suit :

 En 1973, j’ai rencontré, au Centre d’étude jésuite Lumen Vitae à Bruxelles, deux sœurs et un prêtre missionnaires venus du pays des « mille collines ». J’étais consciente de l’ambiguïté du rôle des Églises, de l’Église catholique à laquelle nous appartenons. Nos échanges ont révélé que la hiérarchie des Églises au Rwanda comme en Afrique du Sud étaient quasiment de « connivence » avec la Loi et l’Ordre des Autorités des dominants !

 Au Rwanda, ces deux sœurs et ce prêtre, proches du petit peuple rwandais, Tutsi et Hutu, étaient en conflit avec l’évêque du Diocèse, Mgr Perraudin.

 En Afrique du Sud, les supérieurs ecclésiastiques marginalisaient, menaçaient, déplaçaient  les religieuses et religieux engagés par l’intermédiaire des supérieures ! Comme Perraudin au Rwanda.

 Les missionnaires au Rwanda avaient déjà vu la perversité d’une mentalité soit disant chrétienne occidentale qui se croit être la norme lorsqu’il s’agit de former et d’introniser une hiérarchie « autochtone » quasi autant que pour les dogmes. Des prêtres de la congrégation Joséphite furent assassinés en 1973, suivi d’autres meurtres. « Le président et l’archevêque n’interviennent pas »

 En Afrique du Sud, lors de meurtres de religieux, les autorités semblaient insensibles car elles avaient averti les personnes solidaires du petit peuple des dangers ! Mais je ne m’étends pas.

 Je suis triste et déçue que François, pape venant de l'Argentine au passé sulfureux, ayant rencontré les évêques actuels du Rwanda parle ôse parler de réconciliation avant de mettre cartes sur table historiquement avec ses propres frères dans l'épiscopat.

 « N’ayez pas peur » a lancé le Pape aux Rwandais, « construisez votre société sur le rocher de l’Évangile, dans l’amour et la concorde, c’est seulement de cette façon que peut se construire une paix durable ». Le Pape a dit se souvenir avec affection de la visite, cette semaine au Vatican, des 9 évêques rwandais, puis il a récité un « Je vous salue Marie » pour le peuple rwandais, avec les dizaines de milliers de fidèles présents Place Saint-Pierre.

 C'est déjà ça, mais cela ne suffit pas, la commissions de vérité et réconciliation en Afrique du Sud exigeait :

 « Full disclosure » de leurs crimes par les coupables : en présence des victimes ou des parents des victimes mortes. Une confession publique devant les médias et de cette vérité avoué dépendait l’amnistie… puis la réconciliation ! Car les auteurs seuls ont connaissance des crimes commis par eux-mêmes »

 Ceci dit la mort dans l’âme,  je dois dire que les victimes, elles-mêmes savaient très bien qu’elle était la nature, la violence et la perversité des crimes perpétrés parfois en toute impunité ou même sur ordre du système de sécurité nationale.

 L’Église catholique a-t-elle tout avoué ? Le document KAIROS, à lire absolument  met en lumière cette réalité en Afrique du Sud, au Rwanda et ailleurs. et  

 Lire l’excellent interview avec  l’historien Lukas Zürcher dans « une étude sur l’ambivalence et les contradictions de l’aide suisse. »

 Comment prier : pardonne-leur : il ne savent pas ce qu’ils font ?

 Albert nous disait que, afin de pardonner, il faut que le coupable demande pardon. Les Églises demandent aux pauvres de pardonner aux riches, mais, est-ce que ces même Églises demandent aux riches de demander pardon aux pauvres ?

 Quand un pape, 50 ans ou plus après les faits demande pardon dans un endroit où les victimes sont absentes, il demande pardon, c’est bien, mais les morts pardonnent-ils de l’au-delà ?

 La réconciliation n’est pas facile car, d’abord, nous sommes notre Ego orgueilleux est blessé… il s’agit d’abord de dialoguer !

 L’Église catholique au Rwanda est-elle digne d’encourager les victimes à pardonner aux bourreaux ?

Respectons au moins la dignité des morts !

 

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19/02/2014

L'étranger

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 Les adultes européens (en Afrique du Sud) inculquaient aux enfants la peur de tous ceux et celles qui n’étaient pas comme eux, le slogan : Stranger danger ! Fais gaffe !

 Le signe distinctif et visuel de l’étranger : la couleur de sa peau, la senteur de son corps. De là découlaient les signes invisibles et plus menaçants encore: la pensée, l’émotion, l’intelligence, bref tant de dons que nous avons en commun pour vivre ensemble.

Malheureusement nous amputons l’étranger de ce que nous avons en commun sans réaliser que nous sommes nous-mêmes des amputés.

L'étranger - Agim Sulaj

 L’homme communautaire devient l’Ego concentrique. Pire lorsque cela devient le groupe, le parti politique égocentrique. Exclusivement.

 Les séquelles : les divisions, les guerres, les massacres, les pogroms, la peur collective des étrangers et la fermeture des frontières sauf pour ceux qui sont comme nous nous mène à l’impasse dont nous avons une vague idée après la votation du 9 février 2014.

  Chemin faisant cela peut devenir aussi néfaste qu’une lignée de mariages consanguins redoutée de tous. Une consanguinité intellectuelle rétrécit l’intelligence et en inhibe la liberté de penser ce qui ouvre le chemin vers la dictature, la pensée unique qui nous mute en polichinelles soit dans une institution, un parti politique à tendance sectaire … en ce qui nous concerne, nous et de nombreux pays européens, n’est-ce pas la peur d’une migration poussée par la famine et le besoin d’eau, n’est-ce pas la peur de l’Islam d’autant plus radicale qu’il aura été dénigré à tord et sans analyse des causes ni des conséquences des variations.

 Mais écoutez plutôt France Culture ce soir encore si c’est possible :

 

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02/01/2014

Vingt ans de lutte au Chiapas

 1126_166164733560727_1807116918_n.jpgHier soir, la BBC a fait une courte émission à la « Newshour » et cela m’a fait penser à la lutte des Zapatistes au Mexique. Mon amie (dont je tairai le nom) et son groupe de solidarité, visite, encourage et soutient ce peuple courageux et intrépide qui, depuis 20 ans, veut se défaire de ses chaînes et retrouver sa dignité humaine.

Will Grant de la BBC, ... fait remarquer un trou laissé par un boulet au deuxième étage du Palais municipal de la cité San Cristonal de Las Casas, au sud du Mexique, le 31 décembre 1994. Le EZLN alias les Zapatistes ont voulu contrôler une partie du Chiapas. La réplique militaire fut immédiate et « la Loi et l’Ordre » furent rétablis par le truchement d’une négociation malaisée de la part de l’Eglise Catholique. (ainsi Will Grant).

 Les 6 demandes du mouvement zapatiste :

 La terre, une maison, la nourriture, la santé, l’éducation et le travail

marcos.jpg " selon El Tiempo, le journal de l’époque publié sous la direction de  Concepcion Villafuerte et de son mari. Concepcion affirme qu’aujourd’hui aucune des demandes n’a été accordée.  

 « Tous les Mexicains, surtout les plus pauvres, - et pas les Indiens seulement, dit encore Concepcion Villafuerte , attendent encore la justice, la liberté et la démocratie. »

 Mais les Zapatistes ont institué leurs municipalités autonomes et indépendantes des autorités locales sur des terres arrachées en 1990 à des grands propriétaires terriens.

Will Grant obtient la permission de se rendre à la municipalité zapatiste, Oventic, non loin de San Cristobal. Les habitants se méfient des étrangers. Filmer est interdit. Interviews quasi impossibles.  La collectivité est forcée de se protégée par le silence.

Mais il a vu la nouvelle école les murs décorés de graffiti à l’image de Che Guevara et du sous-commandant Marcos.

 clinica.jpgDes modestes cliniques et quelques vieilles ambulances ont été récupérées pour les urgences.

Des rôles de leadership et égaux avec les hommes sont assumés par les femmes ; les hommes travaillent  à la production de café, du maïs, du chilis, de haricots.  Ces produits sont pour les besoins de la population mais le surplus est vendu au Marché.

Les Zapatistes ne demandent pas l’aide du gouvernement et, généralement, celui-ci ne s’occupe pas d’eux.

coutumes d'Acteal.jpg

Will Grant et son équipe se rendent un peu plus à l’intérieur du territoire Chiapas. A Acteal, les habitants  sont groupés en un groupe indigène « Los Abejas » ayant leurs propres lois et droits.

L’autonomie a eu un coût : un passé douloureux, des personnes, femmes et enfants massacrés par l’invasion de paramilitaires !

Will Grant rencontre Elias Gomez dont 7 membres de sa famille furent tués. Elias accepte de parler  et il montre l’endroit des massacres que les habitants honorent par un mémorial érigé de leurs mains.

« Les Zapatistes demandent simplement un peu de justice et la justice n’existe pas au Mexique. Le gouvernement est sourd et ne veut ni entendre ni écouter. » (selon Gomez)

Aujourd'hui, l'Institutional Revolutionary Party (PRI) est davantage conscient des enjeux sociaux, selon le maire de San Cristobal, Francisco Martinez, qui fait remarquer les efforts de l’Etat envers les communautés indigènes. Et c’est bon signe.

Et Will Grant : « … nul ne peut contester - malgré la dureté de la révolution durant ces 20 dernières années – qu’une amélioration irréversible des relations entre les autorités (mexicaines) et les populations indigènes du Chiapas, est en route… »

Le signe est clair à l’entrée de Oventic : « Vous vous trouvez en territoire Zapatista en rebellion : ici les gens gouverne et le gouvernement doit obéir. »

La BBC et Will Grant mis à part en les remerciant du reportage, (et m'excusant de ma pauvre traduction) j’ai pensé que c’était une manière utile et pleine d’espérance que de publier cet aspect de gens qui vivent une autonomie durement conquise au début de l'année 2014 !

Les petites communautés de base éviteront la catastrophe planétaire. Le Chiapas est un exemple.

Visitons les « produits zapatistes »

Et voyons ce qui se passe au « Fil des Monde ».

Finalement, pour soulager Alain Berset de tous nos soucis de santé et de caisses maladie, disons lui, si nous osons, comme le font les Zapatistes :

« La Santé aux mains du peuple »

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26/12/2013

Un Monde Enceinte

 

2009_01_25_Paix_Israel_Palestine_0.jpgMise au point : Monsieur l’Abbé Arbez

 Votre commentaire au texte « Un monde enceinte » (19/12/2013) a été l’occasion de quelques échanges très éclairants. Je vous remercie. Je me suis efforcée de comprendre votre souci au sujet de Nazareth en Palestine. Les personnes contactées (qui ont été et ont même vécu en Terre Sainte ) m’ont spontanément rassurée : que Nazareth, Galilée, Palestine sont dans une seule région ; que Bethléem est bien à plus de 100 kilomètres de distance de Nazareth, et que Bethléem de Judée est proche de Jérusalem en Judée.  C'est vrai que je ne suis jamais allée en Israël et c'est dommage.

 Mais la Galilée, la Palestine, Bethléem : n'est-ce pas là où les « hommes (et femmes) de bonne volonté » œuvrent de toute leur énergie afin qu'advienne « le royaume » ou plus simplement : la famille de Dieu ?

 Le chemin du dialogue, pour tous les protagonistes est long afin d'avancer – en tenant compte du passé - à une paix vraie (et pas du vent) que les gens simples (plus de 80 % des deux camps me dit ma consœur) désirent avant tout.

 Et le dialogue est d'autant plus difficile que de plus en plus de murs empêchent les uns et les autres de se voir face à face !!!

 Abattons les murs d'abord, tous les murs, c'est un préréquisite et c'est urgent mais je suis sûre que l'évêque de Rome, pape François s'y engage de son mieux.

 Le président Mahmoud Abbas a rencontré le pape le 17 octobre 2013.

 Le président Netanyahou le 3 décembre 2013.

 Attente. Invitation. Et François va prendre son bâton de Pèlerin, Dieu voulant, en mai 2014. Sur les pas de Jésus avec le Peuple de Dieu : chrétien, musulman, juif dont dont nous faisons partie, tous sans exception . François va s'efforcer de faire ce qu'une multitude de petites font à longueur de vie : construire la paix qui soit plus solide que du vent ! Au ras des pâquerettes. Une paix qui n'a pas besoin de murs, ni d'armes, mais qui a besoin d'un peu d'Amour et de respect réciproques. C'est tout.

 On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien :

 Que tu pratiques la justice

 Que tu aimes la miséricorde

 Que tu marches humblement avec ton Dieu

 Michée : 6:8.

 Je ne veux surtout pas oublier de rappeler l'invitation des bougies à Berne, ce images.jpgvendredi 27 décembre 2013.

 Oui, ce 27 décembre marque le cinquième anniversaire du début des attaques sur Gaza lors de l’Opération Plomb Durci. Un an plus tard, en 2009, la Suisse rejoint le monde pour rappeler ces événements terribles.

 Si je pouvais marcher, je serais à Berne le 27 décembre 2013, pour déposer à Berne, notre capitale, une petite bougie de solidarité en mémoire des morts et blessés.  Avec tous les amis et connaissances de tous les pays, y compris d’Israël.

 Qu’un monde nouveau continue de naître …

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09/10/2013

La Genève internationale

 La Genève internationale devint pour moi, le point de rencontre avec l’Afrique du Sud dès 1980, après mon retour au pays.  A l’ONU, j’ai trouvé des informations, des mouvements participant activement à la lutte anti-apartheid et, le plus important, des personnes engagées par exemple, comme au Conseil œcuménique des Églises, au Mouvement apartheid suisse, aux bureaux de la Jeunesse étudiante chrétienne.

En plus de mon « vécu sud-africain », des informations, des contacts et des relations avec l’Afrique du Sud m’ont grandement aidée à donner mon témoignage plus élargi, là où c’était souhaité, de participer activement, parfois audacieusement à ce qui rayonnait depuis Genève. 

Un réseau de personnes très engagées, théoriquement articulées, travaillaient à informer, à conscientiser mes compatriotes sur la réalité de l’apartheid, ce « crime contrel’humanité ».

Mon expérience était celle du petit peuple, celle de la société civile en lutte frontale ou tangente  contre l’autorité du régime an place, qui nous tenait dans une espèce de ghetto constamment sous l’œil du South African State Security Bureau(SABSS).

 Donc les citoyens de la Genève internationale et des sud-africains comme moi, avions la chance de nous rencontrer, de créer un nouveau réseau de relations critiques … aussi envers notre politique économique et financière helvétique !

 J’aurais envie de nommer et de remercier, en les nommant, tant de personnes activement engagées à Genève et de Genève pour la justice dans le monde.

 Ma question aujourd'hui: Est-ce que la Genève internationale absorbait alors (dans les années ’70, ’80 etc) Genève, la ville et le canton, les frontaliers y compris, ou était-ce le contraire ? Je ne sais pas mais il m’est difficile de séparer les habitants de cette région en "deux Genève". Ce serait une amputation!

La blogosphère de la Tribune de Genève est le reflet d’une population politisée et ouverte (un peu comme mon Jura natal) et l’insidieux cheminement vers la droite sonne comme un « early warning system » qui menace le "vivre ensemble genevois" et bien au-delà. Qu’est-ce que le bien commun ? Des frontières étanches ou tout au moins assez poreuses pour qu’on y fasse des fissures ? Si, en Afrique du sud,  nous avions accepté ces frontières raciales sans les détecter,  les combattre, l’apartheid existerait aujourd’hui… au niveau le plus pervers : les lois.

 Genève, je l'espère, va éviter un tel avenir! Les résultats de votes protestataires sont dangereux, en France par exemple bien que… et, dans des proportions différentes au Moyen Orient...

 Après le 6 octobre les partis politiques de l’Etat de Genève confrontent les résultats du  vote protestataire.

 "Quand quelque chose ne marche pas bien, on se tourne vers celui qui fait des promesses aux masses". C’est ce que disait ma maman en parlant du nazisme à venir dans les années trente et je m’en souviens bien ! Cette femme jurassienne était lucide !

 Ma réflexion : à lire ce que disent les « party leaders », les simples citoyens à Genève, on perçoit la confusion irritée face au résultat humiliant pour les uns et un feu d’artifice pour le MCG. .

 Hier soir j’ai écouté Infrarouge « Comment expliquer la victoire de ce parti, qui parle "d'épidémie" en évoquant les 80'000 frontaliers qui viennent chaque jour travailler à Genève? »

 David Berger avait du mal à  contenir Eric Stauffer qui parle beaucoup, beaucoup, répète les mêmes choses, et s’agrippe à sa parole davantage que ses interlocuteurs qu’il pousse à la défensive...

 Ce n’était pas un débat, comme trop souvent sur l’écran, c’était un combat.

 La pensée n’avance pas. Au contraire, comme l’a remarqué l’invité Moreno Bernasconi du Tessin, une polarisation divise un peuple qui a droit à un avenir en harmonie avec soi et avec les voisins outre-frontières.   

 Pour moi, je souhaite vraiment que La Genève internationale reste celle qui nous a accueillis dans les années les plus dures de la lutte anti-apartheid, et qui accueille les  étrangers, leur permet, avec sa générosité, son esprit, son savoir faire, ses relations au service du bien commun, de participer activement à la création d'un monde sans frontières.

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14/09/2013

Si les gens des rues

Si les gens des rues pouvaient écouter, regarder les entretiens entre Sergueï Lavrov et John Kerry, s'ils pouvaient voir cette poignée de mains, s'ils avaient entendu Lavrov dire : "Il y a tant de mensonges et de falsifications dans ce dossier aujourd'hui dans le monde qu'il faut être extrêmement prudent" ... être prudent par rapport à l'élimination des armes chimiques ? Être prudent à ne pas trop se laisser influencer par le sort des 100'000 morts et les deux millions de réfugiés ? Après tout, ceux-là, les institutions civiques paralysées, ne sont que des dommages collaraux ! (Al- Assad et Poutine dans « le Matin »)

Apparemment, Sergueï Lavrov et John Kerry se séparent et retournent dans leur pays , satisfaits, Il s'agit maintenant de se mettre au travail sur place, cela prendra du temps, plein de temps pour d'autres dommages collatéraux car personne n'a « pu » exiger un cessez-le feu puisque les chefs de l'armée l'Armée syrienne libre (ASL - rebelles), le général Sélim Idriss ne faisaient pas partie des discussions ni d'ailleura Al-Assad, à moins que, dans les coulisses, allez savoir!

Je sais, je sors de la logique mais se mettre dans les rangs des gens de la rue qui eux, n'ont que leur peau pour se protéger, n'est-ce pas pour nous, là, le moyen le plus sûr de percevoir la vérité vécue ? !

Eux savent que pendant ce temps, comme le rapporte Valérie Amos, responsables des opérations humanitaires de l'ONU : « Sur le terrain, la guerre ne connaît aucun répit. Quelque 500.000 personnes seraient "prises au piège" des combats "dans la banlieue rurale de Damas", manquant de vivres, d'eau et de médicaments » !

Oui, les Syriens de tous les jours savent la vérité car ils la vivent, comme les sans voix-et les sans- terre dans d'autres pays du monde !

Mais les médias ne se penchent pas sur le sort des fourmis, ils sont fascinées par la prestance des éléphants. (pour en revenir à un de mes précédents textes)

 Pourtant notre téléjournal de 19h30 de fin d'après-midi a fait un bon travail t : avec l'aide de Xavier Berg:


Qui a cédé et qui a gagnée : tout le monde sauf le peuple syrien ... qui continuer a mourir (Xavier Berg)


Et l'excellent Pierre Gobet :

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02/08/2013

Ueli Maurer et François

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 Une consœur  fait cette superbe réflexion à notre table : Ueli Maurer a très bien parlé, c’était simple et court et j’ai aimé ça ! Il ressemble au Pape François…quand il parle …

 Et nous les comprenons sans recours aux dictionnaires ! Chez nous par exemple durant un simple repas partagé et assaisonné de nos réflexions. Ainsi parlait Sœur Louise :

  D’où vient-elle cette petite sœur gruérienne pure sucre et plus qu’octogénaire, qui passe sa vie à lessiver, et qui s’émerveille des paroles de notre Président de la Confédération helvétique, ce premier août 2013 ? Quelle bonne nouvelle ! Je voudrais partager son admiration en faisant une osmose des défis de Ueli et de François : Pour le deuxième : Qui suis-je ? Pour le premier : Nous sommes le petit David… Au tréfonds de notre réflexion, c'est une graine de sagesse ! Puisse-t-elle grandir et porter les fruits d'un monde plus humain.

 Pour Ueli et François, il n’est question ni de Vatican ni d’Helvétie, il est question de la réalité d’aujourd’hui et du sens de notre vie. La seule petite vie individuelle et collective à notre disposition.

 Et Jésus approuve, s'il en était besoin, ce matin même à la messe, l’apôtre Mathieu raconte quelque chose qui ressemble à ce qu’a dit ma petite consœur lavandière :

 Jésus parlait aux gens de tous bords : chaque parole était une petite lumière allumée dans le cœur des « petites gens » comme vous et moi. Mais les grands et les puissants de l’aristocratie-méritocrate craignaient la lumière et pour se protéger du « soleil de justice » il cherchaient des lunettes de soleil en forme de questions et des remarques révélant leur état d’âme:

 " D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles?
N'est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et  Jude et ses sœurs ne sont-elles pas toutes de chez nous ? Alors, d'où lui vient tout cela ? … et ils étaient profondément
choqués à cause de lui. Jésus leur dit : « Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa propre maison. »  Mt 13,54-58

 Découvrons chez nous, nos petits prophètes et regardons-les à la Lumière de l'Evangile ! C'est à portée de tous !

  Comme l’explique Richard Rohr, ce matin-même dans son billet : je cite de mémoire : il faut faire l’expérience personnelle, dans sa vie, de la futilité des « mérites » : statut, race, richesse, éducation tertiaire etc, compétence, victoire hiérarchique, pouvoirs tous azimut dans la vie sociale et, surtout dans la vie religieuse …

 Dépasser les règles du « mérite », du pardon et de la soi-disant condescendance. Dépasser la limite du « meilleur gagne », mérite le poste, le bonus, le fauteuil, la Chaire universitaire ou ecclésiastique! Et combien d’autres escabots pour un leader destiné au service du bien commun, et qui devient une échelle dorée au service de minorités totalement centrées sur elles-mêmes.

 Passer outre cette rigide logique de la méritocratie, non pas au niveau théorique  et abstrait ! Mais concrètement. C’est un défi. Et cela demande une conversion continue ici et maintenant !

 A l’écoute des paroles qui nous humanisent !

 Merci pour la grande lucidité et simplicité de ma consœur du beau nom de Louise.

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20/06/2013

Lex USA

 Je me souviens : un jeune Africain me disait ce que cela signifie « avoir 20 ans » en Afrique australe à l’époque de l’exploitation raciale qui lui ôtait toute perspective d’un avenir meilleur.  Aujourd’hui, les lois injustes ont été abrogées, le gouvernement  est composé de toutes les races. De gros efforts sont faits pour reconstruire une société plus juste. Comme partout, le pouvoir politique, s’il est jumelé au pouvoir économique, va à la dérive. Ainsi aujourd’hui, alors les élections auront lieu dans un an, un jeune, une jeune africain/e n’a même plus envie de dire : « Avoir 20 ans en Afrique » avec un frisson d’espoir. On somnole, le système semble assoupi sur ces structures mondialement verrouillées. « Je suis comme une girafe qui scrute l’horizon lointain et dont les sabots sont embourbés sans possibilité de se dégager pour avancer ! » C’est ça, avoir 20  ans dans notre société inégale.

 Le bourbier immobilisant toute velléité d’avance : c’est le système économique indigne de ce nom, car il paraît être organiquement lié à la rage de "s’humaniser" en tuant la fange humaine et superflue ! Pure cécité! Pure cynisme!

 Le système fait courir en Irlande les G8, pourquoi ?  Bilan : « Divisés sur la Syrie, les dirigeants des grandes puissances du G8 ont affiché mardi en Irlande du Nord un front uni pour "combattre le fléau de l'évasion fiscale". » Où se trouve la racine du fléau ? Ils restent, presque d’un commun accord, divisés sur « la Syrie » !!! Un front commun pour Mammon, une division – pourquoi ne pas cyniquement dire – commune sur le calvaire syrien.

137_jm_10_03_p.jpgAutant de girafes aux sabots coincés dans le bourbier de leur intérêt, collectif ou non et qui posent pour la photo de famille...

Lex USA: Le bourbier cloîtrant les sabots de la girafe, on le trouve aussi chez nous, même si cela nous répugne, il faut y faire face : depuis mon retour d’Afrique, je suis frappée de l’honnêteté des compatriotes que je connais lorsqu’il s’agit de gérer l’argent. A « un centime » prêt me disait un ami banquier retraité. Et je n’en doute pas. Alors, le bourbier, dans notre système bancaire, c’est quoi ? C’est qui ? Depuis que cela dure ! Madame Widmer-Schlumpf, stoïquement pour ne pas dire héroïquement, fait ce qu’elle doit faire, comme le petit David avec sa fronde et sa pierre face à Goliath américain, « un géant d’une taille de six coudées, une cotte de mailles en cuivre de 5000 sicles,  soit 57kg. et armé de la lame de fer de sa lance de 600 sicles, soit de plus de 6 kg. Widmer-Schlumpf n’a qu’une petite pierre et une fronde. » Je simplifie à outrance.

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 Les délibérations de nos politiciens et Widmer-Schlumpf ressemblent aux girafes de la hauteur de leur six mètres, ils scrutent  intensément … l’horizon… cela ressemble de loin a une palabre à l’ombrage du grand arbre du parlement. Et cela ressemble encore davantage à l’effort des girafes tentant de libérer leurs sabots de la bourbe systémique !

  Ma Prière pour la patrie, pour les gens qui gèrent  et pour celles et ceux qui sont gérés, afin que nos pieds secouent la bourbe redeviennent les beaux pieds 

que nous aimons !

 Dérange-nous, Seigneur

lorsque nous sommes satisfaits de nous-mêmes

 lorsque nos rêves se sont réalisés

 parce que nous avons trop peu rêvé

 Dérange-nous, Seigneur

 lorsque l’abondance de nos possessions

 nous fait oublier l’eau de la source

 lorsque fascinés par le temps qui passe

 nous oublions nos rêves d’éternité

 et nos efforts pour construire un monde nouveau

 nous font oublier le ciel

 Secoue-nous, Seigneur

 éveille en nous l’audace de larguer les amarres

 au large, au-delà  de toute sécurité

 vers les tempêtes révélant ta maîtrise

 lorsque la terre natale se dérobe à nos yeux

 attirés vers l’étoile

 Nous te le demandons au nom de celui qui fait reculer

 l’horizon de nos espérances et nous invite à le suivre

 Amen

 Attribuée à sir Francis Drake – 1577

 (ma traduction libre et adaptation)

08:49 Publié dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |