27/02/2014

Carnaval

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Dans nos journaux romands, on évoque « carnaval » :  La Liberté de Fribourg modestement, 24 Heures et la Tribune de Genève, c’est une simple information, et le Nouvelliste c'est selon les régions mais on fête carnaval. Carnaval, en Suisse, est fêté dans les cantons catholiques me dit-on.

 A Lucerne, ce sont les festivités NON-STOP  du Jeudi-Gras renommé "jeudi sale" (schmutzige Donnerstag) jusqu'au Mardi-Gras  pour en arriver au mercredi des cendres du superbe mot anglais « Ash Wednesday ». C'est plus sobre!

 A Zoug comme à Lucerne on a commencé à 5 heures du matin et ça devrait continuer dans la vieille ville jusqu''à  20h00 : pünktlich ! Ensuite? Recommencer pour la nuit ... , ne dit-on pas « Fast Nacht »? Ce qui pourrait signifier « nuit de jeûne ». Mais comme tout doit se comprendre à l’envers, on accepte comme parole d’évangile que « se goinfrer » égale « fasten ». A Carnaval, il en est ainsi.

 A Menzingen, Maria vom Berg inclus : idem comme à Lucerne et Zoug, un tout petit peu plus pieusement, allez savoir ! Un Sœur d’Ederswillers, s’il vous plaît, m’a proposé de faire mon « numéro » au Fastnacht show, en singeant le bilinguisme d’Ederswillers. J’ai dû avouer mon incapacité. Elle alors, déguisée en chauffeur de « Poste »  passera outre Ederswillers sur la route vers Laufon-Bâle…

Aujourd’hui se nomme aussi « Schmotziger Donnerstag » en Allemagne et « Schmutziger Donnerstag » en Suisse, - juste pour faire la différence - et il paraîtrait que "Schmutz"  alias Schmotz  serait le dialecte suisse pour gras. Ce qui nous conduit à notre « mardi-gras » en Suisse française. Peu importe que ce fut jeudi ou mardi, ce qui unit est le mot « gras » !

 Mardi gras est une période festive qui marque la fin de la « semaine des sept jours gras » (autrefois appelés jours charnels)     

 

1902995_711504738871824_2088802688_n.jpgDonc dès aujourd’hui jeudi et jusqu'à mardi prochain,  on peut s’attendre à des jours festifs et gras pour basculer au mercredi matin, et se faire cendrer le crâne en signe de contrition et de pénitence durant 40 jours si on tient le coup. Ou plutôt si, comme et avec le Juif-Palestinien, nous avons le courage et la ténacité de faire notre montée vers le calvaire avant l’aurore de Pâques.

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26/03/2009

UNE SURPRISE!

 

Aujourd'hui: une surprise

 

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Quand tu te sens coincé en un lieu agréable mais fixe, tu es heureuse lorsqu'une une offre de promenade t'est offerte. Tu la saisis avec bonheur.

Nous sommes donc partis, quatre dans la voiture, mes deux consœurs, le prêtre chilien Rodriguo et moi, vers la Glâne et vers Romont. La campagne est brun-grisâtre, des patchs de restes de neige salie, rien de vert. Personne sur la route, des maisons campagnardes ou des résidences secondaires... aux portes et fen^tres closes, il fait encore froid bien sûr! Rien de très exotique vu de la vitre de la voiture. Rien d'exubérant. Des contours raccourcissent les kilomètres, c'est la Suisse si exiguëe que tu as l'impression de sauter à pieds joints d'un petit village à l'autre... à force de s'habituer, je trouve que c'est varié et original après les pistes rectilignes, parfois dangereusement monotones de l'Afrique des steppes.

Soudain au détour d'un énième contour la tour d'un château: Romont en passant par le monastère cistercien de la Fille-dieu juste pour faire halte. Les sœurs flottent dans les plis d'une immense robe blanche, elles chantent les psaumes à 14heures. Liturgiquement cela se nomme « None ». Belle psalmodie, simple, humble priante. Au fond de cette église un vitrail d'un bleu fascinant, comme l'azur d'un ciel qui repose sur les vagues. C'est tout nouveau pour moi, cette découverte. On ne se dit ni bonjour ni au revoir. Les moniales cisterciennes de la stricte observance rentrent dans leur cloître la prière finie. Et nous sortons.

Mais quelques précisions sur « La Fille-dieu »: « Le monastère de Cisterciennes de La Fille-Dieu fut fondé en 1269 par trois jeunes femmes natives de la Glâne fribourgeoise: Juliette, Pernette et Cécile. L'Evêque de Lausanne rendit visite à ce monastère en 1268 et lui donna le nom de "Fille-dieu". En 1346, l'église fut dédicacée. En 1349, le monastère devint Abbaye. Le droit de combourgeoisie de Romont lui fut attribué en 1463. En 1536, Romont devint fribourgeoise et, dans la seconde moitié du 16ème s., Fribourg établit un Administrateur pour la gestion du couvent de La Fille-dieu. »

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Je suis sûre que les sœurs moniales portent tout le bonheur et toute l'intolérable souffrance du monde dans leurs prières, sept fois par jour! Que quelqu'un les écoute ou pas importe peu. Dieu chante en elle et la musique de Dieu est faite d'un silence aussi profond que la mer! Et que leur âme communautaire sans doute.

C'est raide, la montée vers Romont: Rotundo-Monte, d'origine germanique si j'ai bien compris. Il y avait un Comte, donc un château. Le château et le Musée du vitrail. Le Musée: « Ses riches collections proposent un panorama, unique en Suisse, de l’art du vitrail et de la peinture sous-verre : un monde merveilleux de l’image, de la couleur, de la lumière et des reflets. Le château de Romont, sa magnifique cour intérieure et son orangerie, son aile savoyarde reliée par une passerelle en verre à son aile fribourgeoise, offre un écrin prestigieux pour découvrir des oeuvres du Moyen Age au 21e siècle ».

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Que c'est mystérieux et merveilleux, l'art du verre: des vitraux qui permettent de respirer l'âme d'une autre époque, d'autres pays (européens) à travers le Moyen-âge … si proche du nôtre. J'imagine mieux le contexte de la belle histoire d'Héloïse et d'Abélard! Et leur problème d'un amour impossible. Bref! Nous allons d'un trésor à l'autre et chaque oeuvre d'art représente quelqu'un: une main d'artiste, l'artiste, son rêve, sa solitude, son impossible persévérance pour faire ce qui est beau, sachant qu'il y aura une faille... une finitude! Comme notre Créateur je pense. Pour moi l'abondance d'images à voir me fatigue et je m'éloigne tranquillement pour arriver vers la sortie, garnie de "l'arbre de Pâques" ou pendent des oeufs – de Pâques - en verre soufflé, légèrement argentés et transparents... on y verrait un poussin...je rêve à l'oeuf et au poussin de notre conjoncture planétaire.

Sur la route vers Bulle, je digère les découvertes de cette Glâne fribourgeoise, de sa piété, de son art, de ses donjons et des vestiges du Moyen-age proche, si proche du nôtre si on regarde à la loupe.

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15/02/2009

CARNAVAL DE BULLE

 

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Le 13, le 14 et le 15 février 2009 : le carnaval de Bulle fait son cinéma !

http://www.carnavaldebulle.ch/guggen.html

Le Foyer Sainte-Croix, est situé juste en face du Marché. C’est une chance car il règne une espèce d’osmose entre la vie, la vitalité des Bullois et les résidents du Foyer, des Sœurs, dont moi, qui vivent, apparemment sécurisées à l’intérieur de murs anciens, épais, solides. A l’abris du bruit et de toutes sortes de nuisances!  Eh ! bien non ! Les murs sont poreux et ces trois derniers jours, fanfares, tambours, cymbales, coccinelles No 53 d’enfants, pétards, fusées, odeurs, senteurs, cotillons, des Bullois, des Gruyériens s’éclatent, se défoulent, marchent, dansent, voltigent, titubent, tombent et retombent sur leurs pattes formant un cortège multicolore, multiforme, avançant sous les giboulées de flocons de neige cum confettis frissonnant sous d’inattendus rayons de soleil taquin ! Les murs sont poreux et la célébration de carnaval délicieusement capricieuses et fantaisiste faisaient sourire et rire les sœurs en de ça des murs avec la même turbulence que en de là des murs !

La musique jouait impertinemment faux, faux faux ! Je m’exclamais : « Ils jouent tout faux ! » Réponse : « Ils ont appris à jouer faux pour Carnaval et c’est même pas facile! » Tiens ! Tiens ! on peut donc apprendre, voire être éduqué à jouer faux pour carnaval ! Pour Carnaval seulement ? Le plus fascinant était les groupes d’enfants en costumes de lapins, d’oursons, d’oiseaux, ou encore pédalant à l’aide de papa dans les coccinelles 53, bleues, blanches, avec les phares jaunes sur le devant! Un groupe de petits bonhommes en frocs noirs guidées d’une dame enveloppée d’une grande mante violette marchait benoîtement, puis sautillait, les gosses se dispersant dans tous les sens du côté de l’hôtel de ville. C'est qui?

J’ai sursauté en entendant soudain une espèce de mini fanfare qui jouait, sans fausse note s'il vous plaît, cette mélodie connue et si souvent chantée en Afrique du Sud : « By the rivers of Babylon there we sat down ye-eah we wept, when we remembered Zion… » J’ai pu écouter ce magnifique psaume 137 en anglais.

Chapitre 137

« Sur le bord des fleuves de Babylone Nous nous sommes assis, Et là nous avons pleuré, nous souvenant de Sion.
Aux saules du rivage nous avons suspendu nos harpes,
Car ceux qui nous avaient emmenés captifs nous demandaient des paroles de cantiques, Et ceux qui nous faisaient souffrir, des chants de joie ! Chantez-nous quelque chose des chants de Sion !
Comment chanterions-nous les cantiques de l'Éternel Sur une terre étrangère ?
Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite s'oublie !
Que ma langue s'attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je n'élève Jérusalem Au-dessus de toutes mes joies !
Garde, Eternel, aux fils d'Edom le souvenir de la journée de Jérusalem, alors qu'ils disaient : Démolissez, démolissez, Jusqu'à ses fondements !
Fille de Babylone, la dévastée, heureux qui te rendra ce que tu nous as fait ; Heureux qui saisira tes petits enfants et les écrasera contre la pierre ! » Ecoutez live!

http://www.levangile.com/Bible-Annotee-Psaumes-137.htm

Epuisée, mes vibrations canavaleresques se sont éteintes comme les restes du Bonhomme d’hiver que les flammes dévoraient sur la place du Marché de Bulle. Il en reste quelques cendres.

Coïncidence, c’est aujourd’hui la fête des amoureux. Ne sommes-nous pas tous nés amoureux ? Cela sonne juste, pas faux. A moins d’être éduqué à ce que cela se fasse et sonne faux, pour juste : l’AMOUR.

L’esprit de carnaval flotte dans l’air nocturne et glacial, et les chers Bullois en fêtes et réchauffés dansent encore sur la place et dans la rue du Marché, juste sous ma fenêtre alors que j’écris ces dernières lignes qui sont aussi l’ébauche d’une méditation dominicale.

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