28/09/2013

Les femmes dans l'Eglise catholique

L’Église c’est le peuple de Dieu qui d’horizons variés avancent, en se rapprochant les uns des autres vers un avenir « hors espace temps » comme le dirait Teilhard de Chardin, la noosphère, l’Univers Christique vers qui nous tendons de par notre nature.

 Chemin faisant, au cœur de ce peuple, comme le dit mon ami Laurent, il y a une faille… en évitant de m’étendre cette faille, la réalité du peuple de Dieu en marche, c’est-à-dire en mouvement, fut prise au piège de l’EGO, et glissa vers son propre centre, son SELF , revêtu d’une carapace  institutionnelle  sous forme d’échelle, de pyramide, qui s’attribua bientôt le nom grandiloquent de hiérarchie à domination mâle !

 Mais la femme et les femmes existent bel et bien dans le peuple de Dieu, elles en forment la bonne moitié et la première, mais pas la dernière est celle qui a enfanté l’homme parfait, donc divin, Jésus. Dieu devient humain au cœur du peuple en état d’enfantement qui ne finira qu’à l’arrivée…

 Ainsi l’intérêt et le débat qu’a provoqué Lucetta Scarafia, l’historienne italienne,  éditorialiste pour le quotidien du Saint-Siège, L’Osservatore Romano, en suggérant la création d’une femme cardinale dans le quotidien Il Messaggero , le bruit qu'en font les médias me paraît passé et fatiguant.

 Dans mon billet de hier, j’ai mentionné  le potentiel qui découle de notre baptême si c’est un peu plus qu’une routine, ce potentiel : la prêtrise donc le service…  le prophétisme : la vigilance, la loyauté critique, les avertissements, les appels aux « révolutions »… la royauté donc l’écoute de la parole du petit peuple et la caisse de résonance pour annoncer la Bonne Nouvelle que la famille de Dieu est en devenir permanent.

Au lieu de dire : prêtre, prophète, roi, n’est-ce pas tout aussi valable de dire prêtresse, prophétesse, reine.  Trouver des mots nouveaux acceptables dans nos cultures différente et en notre temps 2013, c’est urgent. « Cardinal » est quoiqu’il en soit équivoque en Suisse, à Fribourg,  et ailleurs. Je prie que le pape François garde le courage, la force de nous surprendre, et qu’il plante sa tente au cœur du Peuple de Dieu en marche. L'acte de l’Éternel qui vient planter sa tente parmi les hommes (Jn 1/14).

DSC_0332.jpgAlors, être femme ou homme, cardinal ou cardinale pour élire un pape m’est indifférent, son job est de crier à Dieu ce que son peuple est en train de vivre,  il faut avant tout qu’il soit humain avant d’être fonctionnaire.  Qu’il soit transparent, qu’il éclaire « comme une lampe qu’on ne met pas sous un lit, mais qui brille par où elle passe… comme le dit Jésus.

 (patience pour les e-mails, l'Ordinateur ne marche pas encore comme il faut, Claire-marie. Merci)

 

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27/09/2013

De Marie de la Montagne

 

images.jpgCette petite réflexion au sujet de François, pape, de la femme et des femmes dans et hors de l’Église Catholique Romaine :

 Ma position de départ : je me sens bien dans ma peau féminine.

 L'envie de me faire prêtre ne m'a jamais effleurée. Pas parce que c'était réservé aux hommes.

 Mais laissons de côté la problématique des prêtres mariés et des femmes prêtres en Afrique australe pour l'instant. Bien qu'en Occident on en parle un peu trop.

 François a répété ces mots de Jean-Paul 2, à son retour de Rio (JMJ) « la porte du sacerdoce aux femmes est fermée » les journalistes ont écrit que c'était la parole de François, mais François n'a pas spécifié sa pensée à lui ! Il a répété sans élargir.

 Sans mentionner le fait qu'on est des baptisées, sans reprendre la signification du ce baptême ! Apprenant à connaître un peu François, je présume qu'il nous fait confiance.  Mais notre baptême: c'est quoi ?

 J'ai appris que, lorsque qu'on nous baptise  c'est-est-dire qu'on nous accueille dans la communauté des humains en nous donnant un nom personnel, comme l'a dit notre créateur : « Je t’ai gravé sur ma main. » Isaïe 49, 16 . C'est nous donner une mission.

 Conscients que ce n'est pas une blague et que nous avons une mission, un job qui donne un sens à ce cadeau qu'est la vie. Quel beau défi !

 Notre Créateur souhaite que nous poursuivions la construction de l'aventure humaine et, en terme biblique nous sommes : « prêtres, prophètes et rois » (au masculin pour le moment). Actes des apôtres 2 : ...

 Prêtres : comme je l'ai si souvent vu dans l’Église peuple de Dieu, le prêtre, c'est comme Oscar Roméro, comme Jésus, il nous rassemble, il est-avec, il vit-avec, il travaille-avec, il prie-avec. Jésus l'avait dit : lorsque vous être deux ou trois ou 50 ou 100, je suis au milieu de vous, avec vous et nous partageons le vécu, la vie, le pain, c'est un tout organiquement lié !

 Prophète : quel défi si on prend cette mission au sérieux : être conscient de soi, des autres, dans une réalité où l'on peut s'épanouir, être aussi conscient que cela peut être système diabolique qui exploite, opprime, affame, empoisonne et tue les petits, la « pleb » les surplus people à travers notre planète... Le prophète analyse ces réalités, ces signes des temps, et il dit la vérité : comme Daniel (Daniel 5 v. 13 à 31... et cela nous plonge en plein dans notre actualité 2013... pas de science fiction...! Ecoutez Ban Ki-Moon ce soir au sujet du climat.

 Roi : une personne respectée parce qu'elle est totalement engagée dans la société, elle a une responsabilité envers chacun et son enseignement est de responsabiliser chacun dans notre société de 2013 ? Ceci devait servir de préambule à ce que j’essaierai d'écrire demain au sujet de la théologienne journaliste Lucetta Scaraffia qui estime que le Pape a la possibilité de nommer une femme cardinale et appelle à cette « révolution ». Ce qui aurait l'avantage d'éviter « l'épineux problème de l'ordination sacerdotale des femmes », écrit-elle dans Il Messagero.

 « Un tel acte « serait une révolution suffisamment forte pour ébranler la position de méfiance et de désintérêt que la plupart des membres du clergé adoptent envers les femmes, religieuses et laïques », lance cette théologienne qui est aussi éditorialiste à l'Osservatore Romano, le journal officiel du Vatican, dont elle a créée un supplément féminin mensuel. »

 Imaginez-vous qu'une consœur m'a offert à lire l'Osservatore Romano et que j'y trouve une espèce d'aurore... ou une récupération d'espérance ? Le monde à l'envers ?

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25/09/2013

Quand les frontières disparaissent

 C’est l’octave. C’était le 18 septembre. On quitte Bulle sous le regard courroucé du  taureau de Bulle, installé au centre du rond-point  de l’avenue de la Gare.

 

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Le Foyer Sainte-Croix, la chapelle de Compassion adjacente au château et au Musée, l’église de Saint Pierre aux Liens, le modeste temple réformé et le modeste Centre culturel islamique albanais de la Gruyère.

Je n’oublie pas le Centranim à la rue du marché 16, ni bien sûr la Place du marché du jeudi, le kiosque à musique, la radeau du pain d’Orsonnens sous les tilleuls, les marchands, les marchandes, et les clients : tous, des gens des alentours. Sans oublier les écoles, les écoliers, les étudiants, les enseignants tous très studieux, engagés dans la création de réseaux de relations bien au-delà des frontières !

C’est à eux que je pense, à leur orientation politique plutôt centre droit et naturellement croyants, à leur culture à leurs Bénichons à répétition. Qu’ils le veuillent ou pas, Bulle est un melting-pot riche d’imagination et qui s’efforcent d’accueillir les immigrants à Bulle ! Toujours plus nombreux.

Mais la voiture volkwagon dévorent les kilomètres, les frontières disparaissent et, le soleil de midi  brille sur les chemins de Suisse centrale, jusqu’à Zoug, jusque là-haut à Menzingen, une Maison-Mère à la coupole « vaticane » et, Marie de la Montagne, belle traduction de « Maria vom Berg ».

Rien de moyenâgeux, une architecture selon l’air du temps dans le contexte d’une société cossue, et sur les routes et, au-dedans des murs, comme partout en Suisse, trop solides à mon goût, des gens, une centaine de vieilles sœurs partagent la vie et prient pour qu’arrive enfin le royaume de Dieu dans une société peut-être trop confortable pour le désirer vraiment.

Politiquement, c’est plutôt proche de Bulle, PDC ou CVP.

L’accueil est très amicale et j’ai l’impression de ne pas mériter ce que je suis en train de vivre. La bougie brûle, et vacille aussi, elle est l’une des millions de bougies, qui se consument du Moyen Orient à l’Occident, de l’extrême sud Afrique à l’Asie .... de Ghandi à Rabindranâth Tagore, à Omar Khayyam  à tous ces fous de hier et d’aujourd’hui, qui s’épuisent à chercher le sens de leur être et de leur vie dans l’absurde de notre société dont les fonctionnaires de Mammon dialoguent à l’air du sarin, au rythme des canons, au « parfum » des courbettes diplomatiques… et les bougies par millions, brûlent jusqu'au bout du chemin vers l'Aurore de notre Histoire humaine.

Oui, l’accueil est chaleureux à Marie de la Montagne : parce qu’elle a mis au monde Jésus. L’être humain vraiment et pleinement humain. Lui qui vit et meurent en Syrie, chez nous, au Japon, dans la bande de Gaza, au Sinaï et dans nos Golgotha helvétiques.

Jusque dans les Sexe-boxes du quartier de Sihlquai zurichois ! Où sont accessibles aux clients prostitueurs, les « Petites Maries » qui gagnent leur pain quotidien.

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17/09/2013

Je déménage

Au revoir aux membres de la Blogosphère et aux coordinateurs et merci de ce bout de chemin ensemble.

Je déménage donc dans le Ct de Zoug. À 6313 Menzingen où s'est développé, dès 1844, à partir de rien, sinon du besoin des pauvres, surtout des filles qui avaient droit à une éducation qui libère toutes les potentialités de la femme et des femmes dans la région. Dès 1888 en Afrique du Sud, mon pays d'adoption, et au-delà.

Mais Bernarda Heimgartner ne connaissait que les besoins des exploitées, délaissées, marginalisées des lieux et de l'époque et avec quelques femmes de sa trempe elle a consolidé ce mouvement d'éducatrice « les Sœurs de Menzingen en Europe » en Afrique nommées « Holy Cross Sisters ».

C'est de là, à Menzingen donc, qu'on m'a envoyée en Afrique du Sud (puis australe)jusqu'en 1980 et, après une trentaine d'années dans notre Suisse accueillante, bienfaisante, et tout à la fois, montrant de sérieux symptômes d'apartheid dans les recoins cachés de son âme, c'est là que peut-être on enterrera mes vieux os usés.Mais je reviendrai sur cette trentaine d'années en Suisse. DV.

Le Canton de Zoug a mauvaise réputation chez les pauvres et bonne réputation chez les riches.

Glencore qui exploite honteusement le peuple Zambien ou travaillent nos sœurs avec les plus pauvres et les sidéens

J'essaie de pratiquer un spiritualité contextuelle, c'est à dire avec Jésus, cet homme Fils de l'Homme, dans notre monde fragmenté.

L'écriture et l'annonce de la Bonne Nouvelle par Internet, les Blogs, les livres, les articles est une forme d'apostolat ardu, qu'il faudrait encourager et que ce François, pape surprenant, encourage dans le dialogue qu'il ne cesse de répéter et qui est, pour moi, l'oxygène dont j'ai besoin.

Après le temps nécessaire pour mettre les choses en ordre,  j'espère reprendre peu à peu les petites réflexions, je serai heureuse et reconnaissante de continuer le chemin avec tous au-de-là de toute frontières.

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 Suit ce que je viens de e-mailer ici et là et que j'ajoute avec toute mon amitié à chacun :

index.jpgLe mercredi 18 septembre 2013, je quitte la Suisse française pour la Suisse alémanique. L’adresse : Maria vom Berg,  Seminarstrasse 14,

6313 Menzingen, Tel. 041 757 46 46

 Mon petit portable reste 077 442 64 62

 Quand j’aurai un No de téléphone fixe je vous le ferai savoir.

 Voilà l’extérieur de la maison : c’était un pensionnat-école et c’est actuellement un maison pour personnes âgées. Des sœurs pour le moment.

 Je vous remercie du chemin que nous avons fait ensemble, que nous continuons ensemble : partage de vie, de foi en l’homme donc en Jésus :  pour le dialogue, les débats contradictoires et constuctifs qui font avancer la pensée ! Merci beaucoup !

 Votre souvenir m’habite, comme les personnes, les lieux, les choses, la vie partagée m’habite, donc nous ne nous oublions pas, c’est l’engagement pour un monde meilleur qui nous unit. Il y a de quoi lutter.

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« Burn on till you burn out ». Nous sommes tous et chacun comme une bougie dont la raison d’être est de brûler : flamber, réchauffer, illuminer jusqu’à l’extinction « hors espace-temps » car, comme Jésus « tout sera accompli ». Avec Gertrud von Lefort : « Que m’importe l’arrivée, puisque Jésus est le chemin ».

 Partager le vécu des hommes, femmes, enfants : réfléchir et prier pour agir. C’est organiquement lié.

 http://clairemarie.blog.24heures.ch/

 http://katutura.blog.tdg.ch/

 claire-marie jeannotat

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16/09/2013

Le pain du Radeau d'Orsonnens

 

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Papa et maman faisaient le pain au four à bois, c’est un premier souvenir indélébile car j’étais là et je faisais des petits oiseaux avec les restes de pâte.

 En Afrique, le pain était rare : nous nous nourrissions principalement de porridge de flocons d’avoine drus et des maïs blancs en grains ou en grumeaux bien cuits.

 En 1979, j’arrivais visiter Bondolfi Mission près de Masvingo (Zimbabwe). C'était encore la guerre. Ma consœur est venu me chercher à l’arrêt du bus venant de Harare,  elle a stoppé la  pick-up aux abords d’une espèce de boulangerie, et j’ai humé le pain frais que les gens avaient pu, parcimonieusement, se procurer pour Noël ! Nous nous sommes rassasiées de la senteur du pain en attendant de le partager durant les fêtes ! Quel délice, ce pain noir partagé !

 A Bulle que je quitte après- demain, je garderai le souvenir du radeau à pain d’Orsonnens.

 Mon plus précieux souvenir : chaque jeudi j’allais acheter un petit pain à l’épeautre, aux noix ou quelque autre gâterie.  C’était mon plaisir de la semaine, que je partageais parfois, que je mangeais toute seule aussi.

 

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Boulangerie radeau d'Orsonnens

Je connais la boulangerie du Radeau à Orsonnens même sans l’avoir visité car l’aimable vendeur m’expliquait petit à petit « L’histoire du Radeau du Pain ». La plus belle variété de pain fait maison, beau, soigné, appétissant. Pour les gourmands, quelques petits cornets de biscuits aux graines d’anis.

 Et penser que je prie chaque jour : le Notre Père du Pain quotidien. Fruit de la terre et du travail des hommes et des femmes qui suent pour que nous mangions à notre faim ! En pensant au Palestinien, Jésus de Nazareth né, dit-on à Bethléem, la maison du pain, lui dont la vie n’a été que partage de pain et qu’il l’est encore si nous sommes d’accord de le « descendre » des croix ornées de nos églises pleines ou vides, et de l’accompagner aujourd’hui, là où il EST, où il sue, survit, dans notre monde qui cherche le sens dans l’absurde d’une société dispersée qui ne distingue plus le vrai du faux et s’en va à vau-l’eau comme du bois mort.

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04/09/2013

Ma bonne action

 

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Un jeune technicien travaille dans mon bureau, il est studieux car ses heures payées sont comptées. Donc, je ne l’interromps pas. Au moment de ranger les outils, il s’arrête au bord de la fenêtre et à l’aide d’un bout de papier glissé avec une infinie précaution sous un papillon perdu, craintif, engourdi de peur... il le soulève délicatement , nous regardons ensemble l’insecte amis des fleurs … qui se dégourdit lentement, reprend souffle et vie et prend son envol, ses ailes ambrées déployées pour s'envoler en ligne directe vers les fleurs... Et le jeune homme de dire : « J’ai fait ma bonne action ».

 Ce matin, Nolan est revenu s’occuper de mon ordinateur rébarbatif, concentré sur son travail technique, il s’arrête juste le temps d’ouvrir sa "cage à pensées" et dit : « Ce matin j’ai ramassé un hérisson  égaré sur la route et en danger immédiat d’être broyé… c’est ma bonne action. »

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J’ai oublié tous les soucis techniques, et j’ai vu comme une traînée lumineuse, chaude et tendre de bonnes actions quotidiennement humanisant les hommes, les femmes, les enfants, révélant l’innocente et spontanée bonté de notre divin créateur qui est, lui, l’amour en action dans les plus petites choses.

 Et j’en ai pleuré de tristesse, consciente que, dans notre monde et notre société paralysés par le « stress », on passe volontiers l’aspirateur sans se soucier des papillons égarés afin que nos couloirs soient impeccables... ou comme les étrangers, hérissés et seuls avec leur désespoir, sur la route... Mais quelqu'un, un samaritain de 2013 « Fait sa bonne action !» Et nous sauve de la mort.

 Je voudrais que nos vies sèment, jusqu’à ne plus s’en rendre compte, les bonnes actions comme comme l'ami technicien de la Rue d'à côté le fait, et comme « Jésus de Nazareth qui allait de lieu en lieu faisant du bien." (Actes 10:38).

Suivre Jésus de la Suisse au Moyen Orient, en Asie, en Afrique à la Rue du Marché, à la Taubenstrasse ou la Bahnhofstrasse… dans nos cuisines, nos chambres à coucher, nos bureaux… attention aux multiples papillons, aux multiples hérissons en danger d’être oubliés, écrasés,  aux enfants, aux pauvres, aux abandonnés,  à la merci  de l’indifférence mondialisée comme le clame infatigablement François, évêque de Rome.

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23/08/2013

Réflexion sur une perquisition

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Qu’un journaliste subisse la pression de la ligne éditoriale du journal qui l’embauche est quasi inévitable. Mais cette ligne ne signifie pas, j’espère, que l’employeur formate la pensée de l’employée selon la rentabilité du journal, ce qui serait un comble.

 Un journal informe la population sur les affaires qui la concerne : or la vie de la population mondiale nous concerne tous dans le sens de responsabilité pour le bien de tous, du particulier au général. Ne serait-ce que pour nourrir la prière, l'engagement, l'action en un tout organiquement liée !

 Les outils de communication et les progrès d’accessibilité sans frontières sont une chance unique de prendre conscience des autres dans leurs réalités,  et nos réalités sont interdépendantes les unes des autres! La chance de pouvoir prendre conscience que notre avenir est ensemble et non « séparé » !!!

 Le travail d’un journaliste est, je crois, d’informer et de former, comme l’a montré Jésus, le « journaliste » passionné de vérité jusqu’à affirmer « Ne les craignez donc point; car il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. » (Mathieu 10 :26). Nous savons aussi qu’il est mort pour avoir dit la vérité comme le dit notre Guy Béart.

 Ce 14 août 2013, j’ai cru être en Afrique du Sud en pleine censure d’apartheid et mon attention est fixée sur ce signe concret d’apartheid jusque chez nous ! Aujourd'hui :images2.jpg

Opération coup de poing « mardi à l’aube chez le journaliste du Matin Ludovic Rocchi. La justice neuchâteloise a perquisitionné son domicile privé, à La Chaux-de-Fonds.

Réactions lues : la liberté de la Presse et la protection des données foulée aux pieds, intimidation des journalistes, opération commando, selon nos journaux romands… pour entendre au téléjournal : « c’était justifié » par un magistrat quelconque.

Je ne connais pas Ludovic Rocchi et ne lis pas beaucoup le Matin, mais il s’agit de tous les journalistes et de tous les journaux et « médias », si l’on ose appeler le journal de la TV romande autre chose qu’un divertissement !

Mais Ludovic Rochhi est journaliste d'investigation au Journal Le Matin « populaire s’il en est, qui remplit aussi à sa manière une mission civique » Par Christian Campiche, La Méduse.

« A Neuchâtel, pour ne prendre qu’un exemple, cela fait des années qu’il met le doigt sur les dysfonctionnements qui minent la gouvernance de l’ancienne possession prussienne. »

Ludovic Rocchi : „Notre métier doit servir à vulgariser, expliquer et dénoncer des abus, au service d’une population large. C’est pour moi un choix de société!”

Est-ce que dire la vérité sur un plagiat « menace la sécurité de l’État comme en Afrique du Sud sous le règne du trop fameux (BOSS) (1969), State Security Bureau, la censure « qui rend illégale la publication de tout ce qui touche à la sûreté de l’État. »? Nous en sommes témoins. Ou alors l'idéologie de l'Apartheid inspire-t-elle l'agir de notre force de police?

Mais à Neuchâtel il s'agit d'un plagiat, et alors ? En Suisse un plagiat touche-t-il à la sécurité de l’État ? Je ne sais pas.

En Allemagne voisine : la ministre de l’Education Annette Schavan, coupable de plagiat a démissionné avec l’accord d' Angela Merkel. C'est à son honneur selon moi. Pourquoi ne pas accepter les faits lorsqu'ils sont avérés ?

Revenons à la perquisition chez le journaliste du Matin :

 „Je me bats pour tout le monde, c’est une posture morale.”


Ludovic Rocchi fait partie des journalistes qui se battent pour une négociation unitaire de tous les métiers touchés par les économies voulues par le groupe Edipresse.
Propos recueillis par Christian Campiche.

Soutien après la perquisition ? On voudrait bien l'espérer! 

C’est tout ? Et les lecteurs et la population civile ? On reste bouches cousues. Pourquoi ? On attend que d'autres agissent à notre place.

Questions: "que fait-on de la liberté de la presse dans ce pays qui reste néanmoins bucolique mais qui visiblement, applique dans ce cas, des moyens dignes de pays totalitaires?!"

Ce sera tout ? Solidarité-fatigue ? Indifférence mondialisée ? (pape François).  Sans doute NON, mais ce qui est étonnant chez nous, au pays des festivals aux décibels délirantes, c’est le peu de bruit que fait cette perquisition qui concerne non seulement les journalistes mais avant tout les lecteurs et leur droit à l'information.

Réalise-t-on que, prendre à la légère cette violation de la liberté de la Presse, ouvre la porte à la censure, non seulement éditoriale, policière. Nombreux sont les pays privés du droit à l'information. Un signe des temps ?

Même l'Imprimatur ecclésiastique ne nécessite pas nécessairement des descentes policières chez les écrivains et journalistes.

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11/08/2013

Petite réflexion pour le 11 août 2013

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Sainte Claire , née Chiara Offreduccio di Favarone à Assise le 16 juillet

1194 dans une famille de la noblesse,

morte dans cette même ville le 11 août 1253,

disciple de Saint François d'Assise

 

Claire d’Assise, toute jeune fille, s’enthousiasme quand elle entend François d’Assise, de quelques années son aîné, dire haut et fort qu’il en a marre de la richesse de ses parents, de la société d’abondance d’où il sort, des guerres, de la bombance, des femmes. Il préfère rejoindre la « périphérie » comme dirait le pape François aujourd’hui, en d’autres termes les va-nu pieds, les mendiants, la plèbe « sans toit ni loi ».

 Il fait scandale à la maison, s’enfuit, nu, de chez son père en colère et, dans ce qu’on nommerait aujourd’hui des bidonvilles, townships ou je ne sais quoi et, Oh ! miracle, il est accueilli tel qu’il est en ces lieux inconnus jusqu'alors, et c’est là qu’il trouve « l’Église » en chair et en os. 

 Comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu (a bolt out of the blue !) Il réalise que Jésus, le charpentier de Nazareth, vit précisément aumilieu d’eux comme il l’avait annoncé :  J’étais pauvre et tu es venu me trouver (Mt 25 : 31-46).

 Dans son nouveau havre de vie nouvelle, il réalise – deuxième coup de tonnerre – que, si sa nouvelle famille est pauvre, c’est justement parce la société qu’il fuit est riche, qu’elle a de prestigieuses cathédrales, des marchands, probablement des banques et donc une armée, des soldats... En plus, se disant « chrétienne », elle mène des campagnes de Croisades…

Comme François le comprend, c’est cette Église-là, en ruine, que Jésus crucifié chez les pauvres lui propose de rebâtir. A partir de RIEN sinon son Amour. Il va se mettre à la tâche à partir de sa base : les va-nu-pieds. C’est vraiment un minuscule David face à Goliath ! D’autres « dropouts » le rejoignent, nombreux, et forment bientôt un mouvement de mendiants joyeux et forts de leur foi en un avenir qui va donner un SENS à leur vie...

 Ils cherchent leur pain quotidien en chantant… chez les riches ! Et expliquent, avec la simplicité de novices, la raison de leur démarche. Qui en inspire d'autres à les suivre ! Le mouvement bouge...

Des jeunes filles, parmi lesquelles Claire sus-mentionnée et ma patronne, d’une famille noble et riche tend l’oreille et son cœur bat pour la liberté … elle s’esquive pour rencontrer le beau jeune François… et rencontre la société des va-nu-pieds. C'est tout un apprentissage, un monde nouveau parallèle au sien et qu'elle ignorait. Pourquoi ? Deux mondes si proches et si lointain et Jésus tiraillé entre les deux. C'est qu'elle est catholique et pratiquante comme les siens, la jeune Claire. Elle découvre les Non-sens et les contradictions !

Elle s'enfuit de sa riche demeure avec quelques amies et François, quelle audace, les recueille. Non sans d'énormes problèmes familiaux et sociaux !

Ils vivent ensemble, puis séparément, deux mouvement naissants, et avancent vers un avenir qui reste à construire : un monde égalitaire et juste.

La nécessité d’une consolidation de ce mouvement franciscain se fait sentir. L’Église officielle de l’époque, pragmatique, ne combat pas le mouvement, perçoit un signe, une potentialité à son avantage et … institutionnalise le mouvement masculin et féminin. Même le Pape Innocent III les bénit. C'est, d'un coup, une protection et un danger : une protection contre les dispersions, mais un danger de perdre à plus ou moins long terme, l’Église des racines qui les a vu naître !

 Aujourd’hui les institutions fondées par François et Claire existent toujours. Les sœurs de Menzingen, dont je suis membre, suivent la Règle du Tiers-Ordre de Saint François… mais je me demande si l’Esprit se sent à l’aise lorsqu’il essaie de secouer les structures institutionnelles afin de permettre au Mouvement Franciscain de continuer son chemin et sa lutte pour construire une société égalitaire selon Jésus. Et avec, tenons-nous bien, l’inspiration du pape François, tout neuf, qui vient de dire :

Nous vivons par ailleurs un moment de crise qui touche différents secteurs de l’existence, non seulement celui de l’économie, de la finance, de la sécurité alimentaire, de l’environnement mais également celui du sens profond de la vie et des valeurs fondamentales qui l’animent. La coexistence humaine est marquée, elle aussi, par des tensions et des conflits…. Dans cette situation complexe, où l’horizon du présent et de l’avenir semblent caractérisés par des nuages menaçants, il est encore plus urgent de porter avec courage au sein de chaque réalité l’Évangile du Christ qui constitue une annonce d’espérance, de réconciliation, de communion…

 MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2013.

 So Help us God !

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12/06/2013

Journée mondiale du Travail des enfants : 12 juin 2013

 

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Un enfant, c’est qui ?

 Adam et Eve, selon les Ecritures, n’ont jamais fait l’expérience de l’enfance. C’est un manque sérieux pour eux. Ils sont deux adultes sexués, heureux dans un paradis, dit-on, ils engendrent deux « adultes » : Caïn et Abel. Eux aussi auraient été privés d’enfance et cela finit par un meurtre. Caïn est chassé, comme ses parents le furent, et, au cours de l’errance il trouve une femme  et ils sont féconds. La fécondité de la création primale est intense. Mais ne s’agit-il pas d’une "espèce humaine" dès l’origine?

 L’enfance : les enfants n’ont pas de place privilégiée dans les récits de l’Ancien Testament. Ils sont des « choses », ils n’ont pas la parole, ni le sourire, ni les larmes. Aucun embryon d’autonomie. Ils sont éduqués avec la verge et le bâton. Exemples

 La verge et la correction donnent la sagesse; mais l'enfant qui est abandonné à sa volonté fait honte à sa mère. Pr 29,15

 La folie est liée au coeur de l'enfant, et la verge de la discipline l'en chassera. Pr 22,15

 

Jésus vient mettre les choses sens-dessus dessous. Il a le sens de l’enfance, il a fait l’expérience de l’enfance dans une famille d’artisans du lieu, il a connu la révolte de l’adolescent… Lc 2,41-52

Je ne peux m’empêcher de partager quelques paroles de Jésus au sujet des enfants :

 « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants."

« Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. » Mt 18:3

  • « Et Jésus dit: Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. » Mt 19 14
  •  « N'avez-vous jamais lu ces paroles: Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle?»
  •  « Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, mais celui qui m'a envoyé. »
  •  « En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux tout petits  enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi. »

 Nos enfants : ma réflexion se limite au thème de la Journée mondiale du travail des enfants

 Journée mondiale contre le travail des enfants 2013

 En 2013, l'OIT marque la Journée mondiale contre le travail des enfants en se penchant sur le sort des enfants impliqués dans le travail domestique.

 1.   Dix millions d’enfants impliqués dans le travail domestique - Quelle est la situation dans mon pays?

 2.   Les musiciens font vibrer la corde sensible pour lutter contre le travail des enfants -Comment y participer?

 3.   Liste des activités dans le monde - Il y a-t-il des activités contre le travail des enfants dans mon pays?

 « Les partenaires sociaux de l’Organisation Internationale du Travail, (OIT)  la société civile, institutions, y compris les institutions religieuses et ecclésiastiques, les écoles, les groupes de femmes, de jeunes,  tournent leur attention vers les enfants : il s’agit de rendre compte des efforts accomplis, des efforts de prise de conscience de la réalité ».

 Ici, nous renouvelons  notre engagement personnelle et, si possible collectif. Il s’agit de dire NON au travail domestique des enfants – pour ne prendre que ce secteur-là ! Faire reculer ce travail là où il existe : l’information est nécessaire. Mais c’est urgent et le temps presse.

 Nous sommes des adultes, et nous savons : donc nous sommes responsables. Mon Dieu, que l’enfant que je fus n’ait pas honte de la personne âgée que je suis. Je voudrais permettre aux enfants victimes de l’exploitation de me remettre en question :

 quand je mange du chocolat

 quand je porte des vêtements fabriqués en partie par des mains d’enfants

 quand je marche sur des pavés bien taillés, taillés sur mesure par la main de l’enfant maîtrisant un lourd marteau

 Je sais que c’est le système qui est à la racine de l’exploitation : donne-moi la force de me confronter au système et d’en parler.

 Je sais que c’est la pauvreté qui oblige les parents à faire travailler les enfants : donne-moi la générosité de combattre les racines de la pauvreté, centimètre par centimètre.

 Un prière utopique ? Peuit-être: mais c'est la prière que Jésus nous a appris : celle du pain partager: afin que cesse le travail des enfants!

Que je lise alors l’Ancien Testament d’un œil critique, que je lise la parole de Jésus et qu’elle soit mienne dans la pratique: si difficile dans une société d’abondance!

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04/06/2013

La terre, le travail, le pain

 

Pour manger il faut travailler. En tant que fille de paysan l’éducation à la vie de famille se faisait naturellement. La terre : un trésor ; travailler la terre : un privilège.

 Faire du pain : un rituel. Chauffer le four, enfourner, retirer les miches, mettre la table pour la famille : une douzaine de bouches à nourrir. La prière et le partage. Manger chacun à sa faim, sans gaspiller, sans éparpiller les miettes et les déchets. Boire le verre d’eau du puits … se réjouir car c’était bon et le dimanche, c’était meilleur.

 Faire la vaisselle à deux ou à trois et retourner soit à l’école, soit à l’écoute des nouvelles de la radio, et naturellement, selon les saisons, continuer le labeur quotidien.

 Les parents géraient l’argent, la monnaie. Pas « d’argent de poche » mais on n’y pensait pas. C’était un honneur d’aller au magasin, faire les commissions, payer avec 5 francs et rapporter la monnaie. La dame du magasin nous donnait chacun une gaufrette que l’on rapportait à la ferme pour la partager avec qui serait là le premier.

 Les parents payaient l’électricité, les impôts à l’église, à la commune, au canton et/ou à la confédération. Papa, chaque année accomplissait la « corvée » comme les autres. Cela consistait à entretenir une quinzaine de mètres de route qui conduisait à la route principale où passait la « poste » deux ou trois fois par jour. J’ai l’impression claire que le travail était, non pas une contrainte, mais une satisfaction !

 Une fois, en juillet 1936 je crois, la grêle était passée par là : la moitié de la large toiture envolée et le reste troué et je vois encore papa, dehors devant la porte de la maison, sous les rayons d’un soleil triste et larmoyant, papa regardant à quelques centaines de mètres, un beau champs de blé mûr, aplati comme un tapis doré. J’ai senti sa main serrer la mienne très fort … juste un moment et maman qui sort aussi de la maison et tous les deux, le visage grave, en silence, rentrer  dans la grande chambre pour parer au plus pressé. Nous mettre à l’abri pour la nuit. Et vérifier l’état du bétail, grâce à Dieu, intact.

 Mon souvenir très net est qu’’il n’y avait pas eu de récrimination, pas de fatalité non plus. Un air de gravité partagé en famille et dès le lendemain, les agents d’Assurance sont venus, puis, assez rapidement, le large toit fut refait de tuiles rouges et neuves.

 L’étrangeté de cette catastrophe, c’est que l’averse de gros grêlons s’était abattue comme un large ruban dévastateur sur le terrain de deux ou trois fermes dont la nôtre.

 La vie normal a repris sans tarder, plus simple encore qu’avant peut-être, car il y avait eu pas mal de dépenses, mais, le blé restant au grenier  suffit à la farine nécessaire pour continuer à faire le pain de la semaine, jusqu’à la saison prochaine. Papa disait : ne gaspillez pas le pain, les enfants. C’était comme une parole d’évangile. Est-ce que je sublime ce souvenir de ma treizième année ? Je ne crois pas. Il me donne de l’espoir pour un monde meilleur !

 Nos parents, à l’époque, n’avaient pas de compte en banque.

 

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01/06/2013

Quand Jésus propose un DEAL

 Qui t’a donné cette autorité ? Qui t’a donné la permission ?

 images (27).jpgDans une société hautement et religieusement hiérarchisée, l’Esprit de Pentecôte doit se sentir mal à l’aise lorsqu’il parle par la bouche d’une personne comme les autres. J’en ai fait l’expérience - surtout lorsque ce qu’on a à dire est traduit en acte (!) et plus encore lorsque le contexte se sent soumis à une autorité quelconque. Il est bien possible qu’une lectrice, un lecteur se soit fait « taper sur les doigts » pour une « audace mal placée », alors qu’il s’agit simplement de laisser de côté ta conscience socialisée pour obéir à ta conscience de « témoin des valeurs de l’Evangile ».

J’ai eu la chance rare et inouïe, de faire mon noviciat en Afrique du Sud, dirigée par une « maîtresse de Novices », comme on dit, qui mettait l’accent sur « l’énergie nécessaire et indispensable" (ses mots) pour accomplir la tâche (enseignement) dans un système perclus d’injustices : l’apartheid.  Et je me rendais compte que l’autorité ecclésiastique et religieuse était subtilement contaminée par le système, ne serait-ce que par prudence et pragmatisme !

 Jésus, dans l’évangile de ce matin.

 L’Apôtre Marc rapporte que Jésus, le fils du charpentier Josef, de Nazareth  « allait et venait dans le temple » Comme s’il était là, pas comme un touriste, mais comme quelqu’un de la Maison ! Ceci irritait les officiels de cette Maison de Dieu : les prêtres, les scribes, les anciens. On imagine la scène : « Ils » scribes, prêtres, anciens, interpellent le Fils de l’Homme : « Qui t’a donnée l’autorité pour  faire cela ? »  Cela, c’est quoi ? Sa seule présence d’homme libre, sa parole et ses actions de guérison, s’il y avait lieu…  Jésus – je l’imagine dans la force de la trentaine – propose un deal. « Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi et je vous dirai par quelle autorité je fais cela. Est-ce que le baptême de Jean (le baptiste au Jourdain) venait du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. » Les voilà pris à leur piège : ils cogitent, «Si nous lui disons : du ciel, il nous répondra, alors, pourquoi n’avez-vous pas cru ce qu’il vous disait ? » «Si nous lui disons, des hommes…  ils redoutaient  la colère de la foule qui était convaincue que Jean-Baptiste était réellement un prophète. » « Ils répondirent : nous ne savons pas et Jésus de conclure selon le deal: moi non plus je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. »

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On voudrait applaudir, mais on ne sait que trop bien que l’autorité -  celle au Temple et celle des palais, des trônes d’aujourd’hui, cette autorité-là n’est ni écoute, ni service, ce type d’autorité ne pardonne pas ! Elle ne supporte ni le dialogue, ni la confrontation, ni le deal ! Et elle n'accepte pas le DEAL.

 

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29/05/2013

La Fête-Dieu : quel Dieu fêtons-nous ?

De temps à autres, la télé nous offre des « P'tits bonheurs », et c'est un timide rayon de soleil sur notre réalité.

 L’Esprit de Jésus ressuscité, actif dans nos pensées, nos affections, nos faiblesses, nos désarrois, notre fragile espérance confrontée à l'actualité de notre monde, de notre société, l'Esprit de Jésus, parce que c'est lui, le chemin, la vérité, la vie ne nous laisse pas tomber.

 

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L’Esprit n'est pas une colombe, mais il souffle où il veut et quand il veut, ainsi. Ainsi, le jour de la Pentecôte il a soufflé en rafale dit-on. Ses amis, jusque là tristes et poltrons en pensant à leur Mission ... ont été secoués, rafraîchis, rajeunis, réchauffés, ensoleillés et prêts à l'envol, au martyre ! L'émotion passée, le feu apaisé, les pieds retombés sur la terre rugueuse de leur société... c'était pour eux comme le passage d'une colombe : l'amour ailé, la joie, la paix et surtout, le courage de se confronter à soi-même, aux autres, aux barbares cum marchands et vendeurs d'armes de mort en Syrie (rebelles ou pas rebelles) et partout dans le monde. Semant la mort et d'indicibles souffrances, celles des innocents... qui seront, eux, au jour du jugement, les juges des Pouvoirs et des Dominations !

 Demain, c'est la Fête-Dieu : quel Dieu fêtons-nous` ? Le Dieu qui a dit, par la bouche de Jésus : « Ce que vous faites, ou ce que vous ne faites pas aux plus petits, aux mendiants, à celles et ceux qui ont le malheur d'être différents, simplement parce qu'ils essayent de rester eux-mêmes... vous le faites ou vous oubliez de le faire à moi, votre Créateur. Est-ce ce Dieu-là qui, demain, a sa fête « sur la terre comme au ciel ? Je ne sais pas.

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15/05/2013

Qui sont les chrétiens?

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L’Evangile lu dans les églises aujourd’hui : (Jn 17,11b-19)

 Jésus témoigne de son inquiétude pour celles et ceux qui sont chargés d’annoncer SA Bonne Nouvelle autour d’eux. Selon le rapport de Jean Jésus prie : « … Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu'ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais … consacre-les par la vérité: ta parole est vérité. De même que tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde… ».  Jésus souhaite que nous soyons des gens heureux, entiers, empreints de son Esprit de compassion et de Justice.

 Les disciples de Jésus se trouvent dans les systèmes mondialisés qu’il faut combattre, humaniser. Les carences des systèmes :le profit avant l’homme, l’ordre avant l’imagination et la fantaisie, la Loi avant la liberté créatrice. Si on reste neutre dans les systèmes, nous sommes des objets.

 Jésus a anticipé, pour l’avoir vécu, la dureté des systèmes et il a prié, oui, pour que ses disciples ne se laissent pas décourager par la haine (sic) et qu’ils continuent leur chemin en territoire inconnu, (uncharted) inexploré, fluide, rocailleux, avec l’aide de son Esprit, de sa Parole et conscients et conscients  de la confiance qu’il nous fait.

 Nous sommes conscients que les systèmes atteignent leurs limites : les finances, la hantise d’une crise mondiale empêche la volonté nécessaire à un partage des biens, (voyons ce qui se passe à Bruxelles au sujet du secret bancaire et des échanges automatiques d’informations) ne serait-ce que pour une survie de l’espèce à court terme : les gens, les riches comme les pauvres. Alors le marché des armes est sans limite, et la terreur oblige les « dirigeants » à sillonner le ciel pour des rencontres éclairs : Obama et Cameron au sujet de la poudrière Syrienne. Résultats : intervenir. Oui MAIS. Avec raison ! Netanyahou et Poutine se rencontrent en hâte pour une dissuasion mutuelle de ce qui serait fatal : livrer les systèmes « sol-air S-300, l’équivalent russes des Patriot américains. » Qui pourraient être livrés au « rebelles » et dans quel but ? Renverser al Assad, instaurer la « démocratie » comme Bush en Irak ?

 Partout cloisonnés dans les barbelés des systèmes, les millions de petites gens aspirent à se nourrir, se vêtir, s’abriter, si possible s’aimer et faire des enfants ! Sans penser à des carrières hiérarchiques !

 Jésus avait raison d’être inquiets pour les petites gens. Mais lire le commentaire de l’Évangile de Jean, tiré d’une  « Lettre à Diognète (v. 200) » est un signe de vie :

 « Les chrétiens ne se distinguent pas des autres hommes par leur pays,
ni par leur langue, ni par l'habillement. Car ils n'habitent pas de villes
qui leur soient propres, ils n'emploient pas un dialecte spécial…      

 Ils habitent donc, selon les circonstances, des villes grecques ou
barbares ; ils se conforment aux usages locaux pour ce qui est des
vêtements, de la nourriture, des coutumes. Et cependant, ils témoignent
clairement d'une manière de vivre qui sort de l'ordinaire. Ils résident
chacun dans sa propre patrie, mais ils y sont comme des gens de passage.
Ils s'acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, mais ils supportent
tout comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et
toute patrie une terre étrangère... »

 L’auteur est inconnu et répondait à la question de  Diognète … inconnu semble-t-il, lui aussi. 

 Les éléphants aux identités et signes distinctifs pourris peuvent se battre et piétiner l’herbe, mais les racines, seules, sont source de vie : la sève monte. Un mystère merveilleux.

 De quels signes distinctifs devons-nous nous débarrasser ?

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28/04/2013

Carte d'identité

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Jean et Jésus se connaissaient et c’était une vraie amitié, j’aimerais dire : c’était une solidarité engagée. Ils avaient le même âge et avaient sans doute joué ensemble. Jésus a donc fait confiance à Jean lorsqu’il s’est mis en route pour « Prêcher la Bonne Nouvelle » dans leur société dominée par l’empire et par la synagogue, c’est-à-dire par César et par Hérode. Une seule hiérarchie politico religieuse, la plus dangereuse.

 La « bande des douze » s’est ainsi constituée un peu au hasard des rencontres et son cheminement est succinctement raconté dans les Évangiles. J’imagine Jean devenu vieux, ruminant ses souvenirs dans son cœur, et il est fasciné, imprégné par la consigne de Jésus qui authentifierait leur qualité de "disciples" dans la société :

 « Comme je vous ai aimés, vous aussi,  aimez-vous les uns les autres.
Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres… comme je vous ai aimés» (Jn 13,31-33a.34-35)

 Les trois années passées avec Jésus sur le terrain, en conflit permanent avec l’establishment politico religieux, l’arrestation, la procédure accélérée et bâclée, la condamnation, l’exécution,  aurait dû faire peur à la « bande des douze » en plus des 76 disciples d’alors. Comme cela devrait nous inquiéter, nous-mêmes si nous prenons Jésus au sérieux.

 Aujourd’hui : qu’est-ce qui montre qu’on est des disciples de Jésus ?

 

  • le système ecclésiastique ?
  • la coupole vaticaniste et ce qu’il y a dessous ?
  • le voile des religieuses et les cols romains ?
  • les croix que l’on exhibe un peu partout ?
  • les liturgies de toutes sortes ?
  • les quêtes pour soulager la pauvreté
  • les dogmes, les lois, à apprendre, à obéir à la lettre.

Et j’en passe quitte à chacun de relativiser, à « questionner ces ennuyeuses questions ci-dessus »…

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N’empêche que dans le église, aujourd’hui-même, ces paroles de Jésus seront lues et, peut-être expliquées. Elles sont trop simples et claires pour être expliquées, d’autant plus que, trop souvent les explications relèvent d’une dilution !

 Alors qu’est-ce qui montre qu’on est aujourd’hui des disciples de Jésus ?

 La solidarité des opprimées les uns envers les autres…

 Enfin, je dois réfléchir et je reviendrai demain… n’empêche qu’il serait bon de discuter entre nous de l’évangile proclamé dans les lieux de culte et dans les églises aujourd’hui, évangile conclu par « l’Amen » commun des fidèles.

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16/04/2013

Entre tes mains

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Il est bon, avant de s’endormir, de dire cette petite prière : « Mon Dieu, je remets mon âme entre tes mains. » C’est entre de bonnes mains. C’est ma prière du soir.

Entre tes mains de Mère, Dieu notre Père, je remets l’âme du monde.

L’âme de celles et de ceux qui habitent ce pays, de celles et de ceux qui cherchent refuge dans nos maisons, un peu de pain à notre table.

 L’âme des mendiants et celle des millionnaires épouvantés du fisc.

 L’âme des affamés et celle des repus.

 L’âme des agonisants et celle des naissants.

 L’âme des sportifs et celle des philosophes.

 L’âme des blessés et des morts de Boston et celle des blessés et des morts iraniens parce que la terre tremble.

 L’âme des « pensionnaires » de Guantánamo et celle et celle des prisonniers de la Maison Blanche.

 Oh ! Notre créateur adorable : où en sont tes créatures en ce crépuscule printanier ?

 Tu connais le cœur de chacun et de chacune et tu espères t’y retrouver, t’y reposer, t’y complaire

 Je te souhaite une vraie amitié avec toutes les  âmes remises

 entre tes mains ce soir ! Bonne nuit.

 

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01/04/2013

Jésus est en bonne forme


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Évangile de jésus christ selon saint Matthieu 28,8-15. 
… Quand les femmes eurent entendu les paroles de l'ange, vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici que jésus vint à leur rencontre et leur dit : « je vous salue. » Elles s'approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui. Alors jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. » 

 Sœur « Lily » (nom fictif), à qui personne n’a jamais demandé un conseil, ni une information ; elle ne fait pas de bruit et ne prend pas la parole à moins d’un balbutiement pour demander une prière ; Sœur Lily paraît insignifiante et le guidon de la voiture ne lui sera pas confié, mais elle est responsable de l’organisation des poubelles à la cave ; bref Lily est une de ces « petites mains » qui fait tourner la maison et le monde, elle est l’huile dans l’engrenage, elle est ce rayon de soleil pascal discret au travers des interstices !

 Ce matin à la messe, elle a entendu l’histoire de la rencontre de Jésus ressuscité et chaleureusement et spontanément accueilli en chemin par ses collègues féminines à qui il dit « Bonjour » ! Ces femmes, ces « petites mains » s’entendent dire ce matin: « Allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. »  Elles sont investies d’un pouvoir tout neuf : être Messagères.

 Alors que hier ces mêmes apôtres masculins s’étaient moqués d’elles et n’avaient pas voulu croire « ces femmes délirantes » Luc 24 : 1-12   

  Selon le désir de Jésus, son message est dorénavant confié aux femmes, un message  prégnant de l’énergie féminine qui enfante le monde nouveau à longueur de siècles. Un monde libéré et libérateur : une utopie créatrice. Oui le Medium c'est le Message selon Mac Luhan. En dépit des trônes  et des dominations, en dépit des trahisons dès le premier moment … Luc 24 : 1-12   

 Jésus investit (empower) donc les femmes d’un pouvoir qui doit caractériser le message de la Bonne Nouvelle à travers l’Histoire, c’est-à-dire la tendresse enthousiaste d’un irrésistible mouvement de libération. A l’époque, confier aux femmes la Mission d’annoncer l’Évangile et les investir de son pouvoir de Ressuscité était encore une fois : une action subversive !

 Une espèce de désobéissance civile de la part du Ressuscité. Mais tout est possible depuis ce matin pascal ! Que s’est-il passé depuis cette rencontre décisive ?

 Peut-on imaginer des femmes construisant une Institution hiérarchique ?

 Le royaume advient de bien des manières et souvent, avec Jésus « Dans les murs ou « hors les murs » (St Paul aux Hébreux, 13, 14 :24)

 Les signes de temps meilleurs sont nombreux si l’on accepte de les voir et de les analyser.

 Et la petite Sœur Lily qui me dit que les femmes ont trouvé Jésus ce matin en « bonne forme » en dit long sur un vocabulaire théologique renouvelé ! Merci !

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22/03/2013

Oscar Romero: il y a 33 ans... ce dimanche

 

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Un groupe réuni au bord d’un filet d’eau coulant entre les pierres, à l’ombre des feuillages clairsemés d’une clairière, quelque part au Cap, comme si c’était aujourd’hui. Nous faisions une révision de vie des semaines passées en pleine lutte contre le régime d’apartheid. Nous mettions en commun nos efforts, nos échecs, les tactiques à changer, et les engagements à poursuivre.

 Avec nous, Albert, (Albert Nolan : Jésus avant le christianisme et Jésus aujourd’hui) notre accompagnant, présent  comme nous, il rendait compte de son engagement… De nos faiblesses et de nos hésitations mises en commun montent  un courage renouvelé. Un moment de silence profond et comme une flamme qui jaillit et se mêle à la dance des feuilles ensoleillées et nous remet debout ! Nous partageons quelques sandwiches et boissons fraîches et Albert ouvre le livre de Jérémie. Il veut permettre à Dieu de jeter son regard de tendresse sur nous « qui ne faisons pas toujours ce que nous voulons et qui faisons parfois ce que nous ne voulons pas ! » (Rom 7,15)

 Ecoutons Jérémie :

 22.15Ton père ne mangeait-il pas, ne buvait-il pas? Mais il pratiquait la justice et l'équité, et il fut heureux;

 22.16Il jugeait la cause du pauvre et de l'indigent, et il fut heureux. N'est-ce pas là me connaître? dit l'Éternel.

 Jérémie n’est que le microphone de Dieu comme le sont les prophètes d’aujourd’hui, notamment  :

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Oscar Romero  fut assassiné le 24 mars 1980 par les forces de l'ordre du Salvador. Pourquoi?

D’abord conservateur et apprécié des autorités (tous azimut), il s’est laissé convertir par la parole de Jésus qui sort de la bouche des opprimés, des exploités, des gens de trop! Une parole tout autre de celle des hiérarques et des faiseurs de dogmes.

 Il continue alors sa lutte auprès de « Campesimos » mais Rome, Jean-Paul II et même certains membres du système ecclésiastique salvadorien sont loin de le soutenir ! Il est très seul au milieu du petit peuple.

 Mais il a la chance d’avoir un ami jésuite avec qui il avait étudié : Rutilio Grande – jésuite et membre d’un groupe missionnaire proche des travailleurs qui œuvrent à la fondation de la  FECCAS (Fédération chrétienne des paysans du Salvador). Rutilio Grande, le 12 mars 1977, est abattu avec deux de ses compagnons.

 images (1).jpgLa mort de Rutilio a  déclenché la véritable conversion d’Oscar Romero.

 Et la conversion de celles et ceux qui la prêchent, c'est pas évident !

 

 La conversion, la vôtre, la mienne est continue (on going) et curieusement, elle doitse faire à l’inverse de la conversion des pauvres qui doiventse mettre debout et revendiquer leur dignité, alors que les « autorités » et nous, devonsparfois nous mettre à genoux et « perdre »  une certaine dignité de rang et de faux prestige. « Les derniers seront les premiers » (Mt, 20 :6). A moins que…

 Deux petites conclusions :

 a)    Dimanche le 24 mars 2013, il y aura 33 ans que Oscar Romero fut assassiné. Nous sommes privilégiés de vivre à une époque  comme Romero à la suite d’autres prophètes comme Jérémie, Esaïe, Michée et d’autres… L’esprit de Jésus est l’esprit de Romero. Il souffle où il veut. J’aimerais qu’on se souvienne de Rutilio et de Romero dans les lieux de culte ce dimanche qui vient !

 b)   Il jugeait la cause du pauvre et de l'indigent, et il fut heureux. N'est-ce pas là me connaître? dit l'Éternel.

 « Faire  nôtre la cause du pauvre et de l’indigent » dans l’Eglise, dans une communauté, dans un parti politique, dans les médias, dans les liturgies et dans les bistrots… C’est là qu’est la présence de notre créateur. Pas ailleurs.

 Un beau défi :

 Prions les uns pour les autres.

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20/03/2013

Prière du soir

Qu’on l’affirme ou pas  Dieu est là

images (13).jpgpas comme une chose : il est la vie

 je n’existerais pas en son absence

 et il me dit : "Je t’ai appelé par ton nom

 tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix

et je t’aime".

 (Isaïe 43)

 

Et j’ai  envie de lui répondre : "Tu comptes beaucoup à mes yeux

 tu as du prix et je t’aime!".

 Un petite conversation d’amoureux et cela suffit pour remplir la journée !

 En me disant « qu’il m’appelle par mon nom »

 iI appelle toute l’espèce humaine :

son peuple hors toutes frontières,

hors barrières linguistiques, nationales, ethniques, religieuses…

avec la flore,  la faune, les océans et l’univers,

je suis une particule vivante, vibrante du cosmos…

 que je le sache ou pas, que je le dise ou pas

 bien qu’il soit bon de le sentir et de le dire parfois

Traversant l’espèce et la particule comme un glaive :

l’incroyable faille

 qu’on l’affirme ou pas, la faille est là au cœur de l’espèce

 au cœur de la vie de chaque homme

 et je ne peux l’accepter "comme si"

 le repos: c’est pour plus tard,

 les épines, le sang, la mort: c’est pour maintenant

 la réalité du monde m’interpelle directement : un melting pot !

 Et j’en fais partie.

 Il y a dix ans aujourd’hui : George W. Bush/Blair, leurs alliés et leurs faucons

se jetaient sur le peuple irakien, après avoir envahi l’Afghanistan!  

Bush bien sécurisé et Blair « converti » au catholicisme !

Ils seraient plus à l’aise au Tribunal pénal de la Haye.

Les raisons : le monde entier refusait cette guerre. La guerre en Irak «illégale»

pour Kofi Annan.

 Ne refusons pas de lire les journaux, ni d’écouter les journalistes. La plupart est marqué par ce qu’ils voient et par les expériences qu’ils font. On ne recherche pas ce qui est négatif et lugubre, mais lorsque c’est la réalité, on ne peut fermer les yeux… les ouvrir nous aiderait à voir des lumières d’espérance !

 Et prier : « Tu comptes beaucoup à mes yeux , tu as du prix et je t’aime »

 Nous sommes tous interdépendants dans cette faille de l’espèce humaine que Jésus est venu assainir et réparer !

 Mais il ne peut le faire sans nous, car lui et nous aussi, sommes interdépendants !

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11/03/2013

Encore Hugo Chavez

 

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Fr Maximino Cerezo Barredo

La passion d’Hugo Chavez pour éliminer la pauvreté et la misère du peuple vénézuélien est un acte de justice pour les uns et un acte criminel pour les autres.

 Le prolétariat est un danger pour le bien-être de la bourgeoisie et promouvoir une société égalitaire est, du moins en occident, un non-sens donc tabou !  Je me souviens de nombreuses personnes engagées dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, qui « s’efforçaient de renoncer à posséder quoi que ce soit que tous ne peuvent posséder », ils ont été une vraie force de cohésion pour les "gens-de-trop" des townships qui ont pris conscience de l’exigence de la solidarité ! J’ai connu de telles personnes, aujourd’hui décédées. La bourgeoisie les qualifiait de fous, d’irresponsables et de dangereux fauteurs de troubles. Mais un mouvement s’organisait discrètement, dans des recoins d’Églises,  à peine toléré par la surveillance de l’institution qui craignait « le communisme alias marxisme » polluant la sacro-sainte enceinte de l’Institution en contradiction flagrante avec sa Mission !

 Mandela avait, depuis longtemps pris conscience du pouvoir du peuple ; il fut d’abord emprisonnée à vie. Mais son idéal était ancré dans le peuple hors des murs de la prison et encore prisonniers dans les murs de l'Apartheid... jusqu'en 1994 ! Madiba est allé aussi loin qu’il a pu, seul, seul avec les plus pauvres et qui le sont toujours !

 La passion de Nelson Mandela pour faire la justice ! Le contexte historique, social, politique n’ont pas permis de changer les structures d’injustice. Les revenus de l’extraction de l’’or, du platine, du cuivre, du nickel, ne profitent pas à améliorer la santé, l’éducation, l’habitat ni le niveau de vie des « gens-de-trop » des townships !

  A quoi servent les richesses d’un pays si ce n’est que pour entretenir une bourgeoisie sans couleur cette fois ! Les « gens-de-trop » restent de trop ! L’hypocrisie avec laquelle le monde économique occidental a détruit le rêve de la Nation Arc-en-ciel de Madiba crie vengeance contre le système actuellement mondialisé!  Mandela mourra, il ne sera pas mort en vain : une brindille de révolte et d’invincible espérance brûle dans le cœur du petit peuple !

 Et Hugo Chavez ? Les circonstances l’historiques de la lutte des peuples d’Amérique latine contre les USA diffèrent de celles de l’Afrique australe. Mais la cause radicale pour tous reste : l’inégalité voulue, structurée entre le prolétariat et la bourgeoisie et ses alliés mondiaux ! La différence d’avec l’Afrique du Sud et la disparition de Chavez le montre : Au Venezuela, l’histoire, les expériences de quelques pays voisins, la fougue du tempérament du petit peuple venezuélien brûle de reconnaissance envers celui qui a voulu que les richesses du sol, les fruits de la terre et du labeur des travailleurs servent à réduire la pauvreté des masses ! Pourquoi, malgré le danger d'un culte de la personne, pourquoi dénigrer la ferveur des pauvres !

 La presse capitaliste indique du bout des lèvres, presque à contrecœur ce que le chavisme a fait de bien! Pourquoi ?

 Pour le Venezuela comme pour l’Afrique australe, l’avenir reste incertain. Pour nous aussi. Et cette phrase de Jésus :

 « Les pauvres, vous les aurez toujours avec vous » (Mathieu 26, 11)

  Qu’est-ce que Jésus a voulu dire, ou prédire ?

 A-t-il découragé l’engagement pour la justice économique, sociale, religieuse ?

 C’est à nous de réfléchir à partir de notre réalité en 2013. J’essaie de faire ça.

 Jésus s’explique :  «  L'Esprit du Seigneur est sur moi, c'est pourquoi il m'a oint pour annoncer l'Évangile aux pauvres; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé; 19 Pour publier la liberté aux captifs, et le recouvrement de la vue aux aveugles; pour renvoyer libres ceux qui sont dans l'oppression, et pour publier l'année favorable du Seigneur. 20 Et ayant replié le livre, et l'ayant rendu au ministre, il s'assit; et les yeux de tous, dans la synagogue, étaient arrêtés sur lui. 21 Alors il commença à leur dire: Cette parole de l'Écriture est accomplie aujourd'hui, et vous l'entendez…. En vérité, je vous le dis, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie ( Luc 4 :14-21, 24)

 Chavez, comme Mandela et comme bien d’autres lisaient la Bible. Comme nous, ils se disaient « chrétiens et /ou humanistes ». Alors ?

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01/03/2013

Réflexion sur : Rester seul avec lui : une fatalité ?

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Christ Rembrandt

 « Quand on désire publier un message qui ait une relevance spirituelle et/ou théologique, il est indispensable de lire les signes des temps. Le regard de Jésus, en son temps comme en notre temps : Jésus voit la réalité, il en fait l’expérience parce qu’il vit avec eux bien qu’il fut seul ! »  (Suivre Jésus aujourd’hui. A.Nolan)

 Une réflexion s’inscrit dans le vécu d’un contexte local faisant forcément partie du contexte plus large que nos étouffantes frontières !

 Dans ce contexte plus profond et plus large, il y a la souffrance structurelle de millions d’êtres aussi humains, comme vous et moi, qui sont broyés par les armes au profit des fabricants de ces objets de mort. Chez nous aussi.

 Il n’en faut dire mot si l’on veut préserver la paix

 Dans ce contexte, il y a la souffrance des innombrables exploités par les fourberies d’un système financier qu’on expose du bout des lèvres et qu’on exorcise aussi longtemps que ça va bien pour nous.

 Il n’en faut dire mot pour préserver la paix…

 Dans ce contexte, on ne peut ne pas s’apercevoir du double visage d’une Église Catholique exaltant un mini État et le chef religieux démissionnaire d’une part, et du visage de l’Église des bas-fonds des savanes et des cités où survivent  celles et ceux qui révèlent Jésus en eux : des milliers de baptisés « laissés pour compte » car il n’y a pas de pasteurs.

 Il n’en faut dire mot pour préserver la paix…

 Et l’on s’exclame : Remercions Dieu ! Vraiment ?

 « On a de la chance d’être chez nous ! » Sans poursuivre « Ont-ils la chance d’être chez eux ? »

 « On a la chance d’avoir la foi ! » Sans poursuivre « Quelle chance ont-ils s’ils n’ont pas notre foi ?

 Il n’en faut dire mot pour préserver la paix…

 Nous pourrions poursuivre ces questions sur des pages ! Et avec mon ami Albert Nolan, je répète : Jésus voit la réalité, il en fait l’expérience parce qu’il vit avec eux bien qu’il fut seul !

 En disant ça, on dérange la paix, on dérange la foi.  « Et on reste seul avec lui. »

 Qui sont ceux et celles qui dérangent la paix, la foi des « gens bien » ?

 Les journalistes et photographes envoyés dans des zones de conflits.

 Quelques prêtres et écrivains de temps en temps lorsqu’ils sont uns avec les plus pauvres, les exploités, les opprimés, les théologiens de la libération !

 Des médecins qui « enfreignent des lois ecclésiastiques » en permettant des « interruptions volontaires de grossesses » (IVG).

 Ouvrons les yeux et voyons peut-être  si nous (moi bien sûr) sommes parfois tentés de chuchoter : « Il n’en faut dire mot pour préserver la paix… »

 Ou bien lire Saint Luc : «Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Aussi tout ce que vous aurez dit dans l'ombre sera entendu au grand jour, ce que vous aurez dit à l'oreille dans le fond de la maison sera proclamé sur les toits. » (Saint Luc 12 :2,3)

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