11/06/2009

LA FETE-DIEU à RIAZ

 

La Fête-Dieu à Riaz ce jeudi 11 juin 2009

 

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Juste une belle expérience: ma consoeur m'offre le transport jusqu'à l'église de Riaz pour la célébration de la Fête-Dieu. Comme c'est à 2 pas de Bulle, il n'a fallu que quelques minutes et déjà nous rencontrons des riatins qui s'acheminent à pied vers leur église.

L'intérieur peuplé de statues, de peintures à thèmes bibliques et haut placé au choeur: l'archange saint Michel terrassant un dragon car "C'est lui qui combattit contre le dragon et ses anges, et qui, en les chassant du ciel, remporta une grande victoire" (Ap. 12:7-8)

Les femmes en costumes de la Gruyère sont vraiment chez elles, de même que les fidèles qui remplissent l'église, les premiers bancs étant réservés aux enfants qui venaient de faire "leur première communion", vêtus de blanc et dans leurs mains, quelques fleurs des champs! Pour offrir à Jésus! Espièglerie entre fillettes et garçons gentiment retenue, ils sont légers, frais et chantent comme des rossignols "je fais silence dans mon coeur" sous la direction amicale de ma consoeur! J'en suis fière. Vient la fanfare et leur prestation vigoureusement religieuse alors que s'incline le drapeau en un geste d'hommage au compositeur d'avant la création du monde! Et toute cette assemblée autour d'un prêtre né, ayant vécu au Vietnam, un vrai pasteur. pas de frontière pour lui ni pour ce Dieu que nous aimerions fêter.

Les chants sont magnifiquement exécutés, mais je dois m'habituer à ces envolées mélodiques compliquées et superbement contrôlées par un directeur aimant la perfection, cela s'entend!

Quand vient le moment de se donner la paix, j'ai l'impression que tout le monde se connaît. L'atmosphère n'est pas artificiellement fraternelle, elle est simplement amicale comme dans la rue, ou à la maison! J'ai ressenti cette amitié spontanée lorsqu'une jeune femme portant une belle jaquette vert clair et pantalon blanc me souffle: « J'ai du plaisir à lire votre blog! » C'est à elle que je dédie ce tout petit billet. En rentrant je me suis mise à chercher l'histoire de Riaz sur Internet – car je connais très mal mon pays – et cela me chagrine. Eh! Bien! Il faudrait du temps pour s'informer correctement, mais ceci est sûr, c'est que l'histoire de la Gruyère dès le 8è, 9è siècle n'est pas de tout repos, c'est comme au Jura, comme dans toute cette Helvétie en construction, un mélange de guerres et d'efforts de paix, un mélange de Savoyards, de comtes, de prince-évêques, de luttes pour le pouvoir et le prestige, de rapports de force, de riches et de pauvres et de gens exceptionnels dont on retrouve ce sens de l'humain qui fait chaud au coeur, dans la population de Riaz aujourd'hui. « Les riatins travaillèrent durement, défrichèrent les terres de l'évêque, mais ils vécurent en communauté largement autonome ». (voir commune de Riaz www.riaz.ch/histoire/default.htm

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31/05/2009

FRUITS DE LA PENTECÒTE EN 2009

 

Fruits de la Pentecôte pour Jésus et pour nous en 2009

 

  1. Pour Jésus selon Luc 4,16-30

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« Il vint à Nazara où il avait été élevé. Il entra suivant sa coutume le jour du sabbat dans la synagogue, et il se leva pour faire la lecture. On lui donna le livre du prophète Esaïe, et en le déroulant, il trouva le passage où il était écrit :

« L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a conféré l'onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année d'accueil par le Seigneur. »

Il roula le livre, le rendit au servant et s'assit ; tous dans la synagogue avaient les yeux fixés sur lui. Alors il commença à leur dire : « Aujourd'hui, cette écriture est accomplie pour vous qui l'entendez. » Tous lui rendaient témoignage ; ils s'étonnaient du message de la grâce qui sortait de sa bouche, et ils disaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »

Alors il leur dit : « Sûrement, vous allez me citer ce dicton : "Médecin, guéris-toi toi-même'. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm, fais-en donc autant ici dans ta patrie. » Et il ajouta : « Oui, je vous le déclare, aucun prophète ne trouve accueil dans sa patrie. En toute vérité, je vous le déclare, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Elie, quand le ciel fut fermé pendant trois ans et six mois et que survint une grande famine sur tout le pays ; pourtant ce ne fut à aucune d'entre elles qu'Elie fut envoyé, mais bien dans le pays de Sidon, à une veuve de Sarepta. Il y avait beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Elisée ; pourtant aucun d'entre eux ne fut purifié, mais bien Naaman le Syrien. »

Tous furent remplis de colère, dans la synagogue, en entendant ces paroles. Ils se levèrent, le jetèrent hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle était bâtie leur ville, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d'eux, alla son chemin »

 

  1. Fruits de la Pentecôte pour nous, en 2009, c'est une expérience de vie, résumé dans le chant qui suit:

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C'est toute la vie de Notre Jésus bien-aimée dont l'Esprit nous anime en ce moment. C'est une expérience chantée au coeur des luttes. Si quelqu'un veut traduire ce texte en français chantant, j'en serais très reconnaissante:

 

God's Spirit To-day

God's Spirit is in my heart.

He has called me and set me apart.

This is what I have to do,

what I have to do:

 

He has sent me to give the good news to the poor,

tell prisoners that they are prisoners no more.

Tell blind people that they can see,

and set the down-trodden free.

And go tell everyone the news that God's kingdom has come (bis)

 

Just as the Father sent me,

so I am sending you out to be

my witnesses throughout the world.

The whole of the world....He's sent me

 

Don't carry a load in your pack,

you don't need two shirts on your back.

The workman can earn his own keep,

Can earn his own keep.... He's sent me

 

Don't worry what you have to say.

Don't worry because on that day,

God's Spirit will speak in your heart,

will speak in your heart!...He's sent me ...

 

Se sentir UN avec l'Esprit, c'est la Pentecôte en continu. C'est le Bonheur!

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30/05/2009

VIGILE DE LA PENTECOTE

 

Vigile de la Pentecôte

 

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Evangile du jour:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=readings&localdate=20090530

A la Chapelle de Compassion à Bulle, l'Eucharistie a lieu à 8h00. Jean-Marie Pasquier officie avec sa grande simplicité et c'est notre soeur Nicole qui lit « les actes des apôtres, 28,16-20.30-31. Un texte vraiment actuel. Je pense au Pape en Israël et en Palestine, aux milliers de gens comme nous, qui ne désirent que de vivre en paix. Je pense aux autorités qui tentent de se rencontrer pour parler de « Paix », aux rencontres Benyamin Netanyahu, Obama et Mahmoud Abbas. Tous parlent: « Paix! Paix! » Cela traîne et traîne parce que, se fâche le prophète Jérémie: « Ils pansent à la légère la blessure de mon peuple en disant : "Paix! Paix!" alors qu'il n'y a point de paix... » (Jr 6:14- ) . Ils tergiversent! A la veille de la Pentecôte, je sais que « L'heure de l'Esprit est l'heure de l'irruption des pauvres » (J.Comblin). Les paroles des chefs retentissent-elles du cri des pauvres qu'ils sont sensés écouter pour le répercuter dans leurs rencontres?

 

http://www.biblia-cerf.com/BJ/jr6.html

Mais voici comment je comprends le texte que lit Nicole et que je médite : Il s'agit de Paul de Tarse après sa culbute du trône chevalin. L'avorton de Dieu (nom qu'il se donne lui-même) a bien du mal à se faire connaître en tant que disciple de Jésus qu'il n'a jamais vu et ne connaît qu'à partir du témoignage des premiers chrétiens qu'il n'avait eu cesse d'emprisonner, de tuer, d'harceler. Sa chute lui a permis de faire un tour de 180 degrés et d'ouvrir ses oreilles à la voix de l'Esprit de Jésus!

Il devient persona non grata de sa propre nation Israël qui le livre donc aux Romain et Paul, qui n'est pas n'importe qui, demande une rencontre avec l'empereur romain, s'il vous plaît, l'obtient et arrive à Rome accompagné, pas de gardes suisses, mais d'un soldats de la milice romaine! Sa foi toute nouvelle en l'Esprit de Jésus présent le mouvement naissant l'enflamme et les chefs de l'institution juive tremble encore une fois. Comme Jésus, Paul devrait mourir! Mais en fin diplomate, il plaide sa cause. Les autorités juives le condamnent, les autorités romaines, ayant entendu Paul, veulent le relâcher disant qu'il n'y avait aucun motif de condamnation à mort! (comme Pilate avait voulu relâcher Jésus, en vain) Paul reste donc reste donc réfugié à Rome. Portant ses chaînes, en compagnie du garde romain, il loue un deux pièces dans cette ville. Il n'est pas du tout en résidence surveillée, loin de là, car il accueille tous ceux qui viennent chez lui. Il leur annonce le règne de Dieu – en buvant un petit café, j'imagine, « il enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec une assurance totale, et sans rencontrer aucun obstacle ».

Je suis complètement déboussolée en essayant d'imaginer le retour de Paul à Rome aujourd'hui, à l'Etat du Vatican gouverné dont le gouverneur est nommé « Vicaire du Christ ». Paul essayant de trouver des indices de son « Seigneur Jésus » en ce lieu que je ne peux ni ne veux essayer de décrire!!!

« Oh! Oui, jésus avait annoncé le royaume, et c'est l'Eglise qui est venue! »

Le plus ironique est qu'on célèbre en ce lieu même l'année de saint Paul. Je crois pourtant qu'en cette veille de Pentecôte, l'Esprit paulinien cum christique, souffle quelque part dans les catacombes, « hors des murs des Temples », dans les sous-sols d'humanité, à la recherche de l'Esprit de son Seigneur qui habite tout homme! Et puisqu'Il souffle où Il veut, même dans les lieux les plus inattendus, Il souffle aussi au secteur de la Curie romaine, dans le cœur de Benoît XVI... pour ses prochaines visites, par exemple aux millions d'Africains comme en Angolais! Il s'assiérait parmi, sur un tabouret et leur dirait: « La Parole est à vous, Je vous écoute! »

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Ce serait «l'Heure de l'Esprit qui est toujours l'heure de l'irruption des pauvres »

(J. Comblin p. 186 in L'Esprit Saint Libérateur) et le « Pastor bonus, en visite pastorale » dirait avec L'Esprit de Jésus ajourd'hui: « Debout, peuple pauvre et opprimé, renoncez à votre paralysie structurée! Reprenez consciences de votre dignité d'homme, prenez part à la lutte qui construit mon royaume! Voici que mon énergie vous lance pour annoncer la Bonne Nouvelle d'une libération en marche! »

 

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29/05/2009

VERS LA PENTECOTE II

Vers la Pentecôte

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« Tu es tout à moi. Je suis tout à toi » et « Quand on s'aime bien tous les deux... » Avec le mûrissement du temps cette expression d'un amour exclusif devient inclusive. St Jean le Bien-aimé reposant sur la poitrine de Jésus ressemble à une relation amoureuse exclusive: « Un des disciples, celui que Jésus aimait, était couché sur le sein de Jésus. » (Jean au chapitre XIII, versets 23 – et c'est Jean qui écrit ça!). Cela paraît exclusif: Jean et Jésus. Au sein d'un groupe d'apôtres, des jalousies pouvaient en découler. Jésus redresse la barre en remettant chacun à sa place, sans esprit de possession ni d’égoïsme possible. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » et « c’est à cela que tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 15: 12 et 13).

Lorsque, nous arriverons au « Hors espace-temps » l'amour sera tout à fait inclusif. Aujourd'hui, je perçois l'amour de personnes très chères, décédées, dans l'inclusivité universelle des êtres, sans pour cela perdre nos personnalités respectives! C'est l'Unitude.

Je me souviens d'un amour très fort, d'abord exclusif dans son immaturité – et c'était mutuel - nous disions: « Our bodies are in the way! » « Nos corps sont au travers du chemin à une vraie communion ». Cet être aimé est mort, et plus que jamais présent par son esprit.

La Pentecôte, c'est un peu ça. Une cinquantaine de jours aurait été nécessaire pour que les amis de Jésus se remettent de son exécution, de sa mystérieuse résurrection, puis de ses apparitions sans prévenir, et de sa « disparition spectaculaire » derrière les nuages. Alors qu'il leur avait intimé de se rendre dans leurs « Galilées » respectives, ils restent plantés là, à contempler le ciel!

Il leur avait pourtant dit : « C'est votre intérêt que je m'en aille... mon Esprit de vérité vous guidera vers la vérité tout entière » (Jean 16: 7,12). Mais Jésus a l'expérience de ce monde : « Et souvenez-vous de la parole que je vous ai dite: le serviteur n'est pas plus grand que son Maître » (Jean, XV, 20). Et encore selon Matthieu: « Le disciple n'est pas au-dessus de son Maître, ni le serviteur au-dessus de son Seigneur » (Matth., X, 24) . Qu'en est-il aujourd'hui des disciples institutés?

Nous, qui nous disons être « chrétiens », nous en sommes où, en cette fin de mai 2009 dans nos petites communautés de base?

Où se manifeste, en directe, l'Esprit ressuscité? Joseph Comblin, un théologien engagé chez les pauvres en Amérique latine, dit: « On fait l'expérience de l'Esprit dans les activités concrètes de construction d'un monde nouveau … Loin d'être un enfermement de la conscience en soi-même, l'expérience de l'Esprit lance les hommes vers le monde comme si elle leur insufflait des énergies surhumaines pour réaliser une oeuvre surhumaine» ( p. 16, 17 de L'Esprit Saint Libérateur, Ed. Cerf 1994). Pour les premières communautés de base, l'agapè, célébrait l'amour concret et actif du prochain. Un repas fraternel de gratitude, une Eucharistie.

Une liturgie créée dans la dynamique de la réalité quotidienne, porteuse de sens et d'énergie! En Occident malheureusement, même les manifestations de l'Esprit paraissent être programmées...Lui qui souffle où Il veut!

En Occident encore , le peuple chrétien a été initié à la prière au moyen de formules. Réciter les prières de toujours sans déviation. Dixit Joseph Comblin: « Nous ne saurons jamais combien de personnes sont arrivées à une prière plus libre que celle de ces recueils et combien d'entre elles pratiquaient une prière spontanée en pleins travaux des champs, de la cuisine ou du ménage...alors que la norme veut qu'un prêtre dirige les prières publiques, la messe! Pour le reste, c'est des récitations». Alors que l'Esprit désire chanter, gémir, jubiler. « N'éteignez pas l'Esprit » (1 Th 5, 19).


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Avant la Pentecôte

 


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Réflexions personnelles

Jésus aujourd'hui et l'Esprit aujourd'hui, c'est l'Unitude. Etre conscient du regard de Jésus sur le monde et sur nous en ce moment, c’est être conscient de son Esprit. C’est l'Esprit d'avant le Big Bang, l'Esprit planant sur les eaux, couvant les vagues comme une poule couve ses œufs. L’Esprit dans la plénitude du moment présent.

L'Esprit reposant en Jésus durant son séjour « espace-temps »,  à l'adresse Planète-terre, l'Esprit dans l’intimité de cet enfant juif. C’est un souffle radicalement nouveau dans la spiritualité orientale et hébraïque où il est né… «Il grandissait en âge et en sagesse » (Lc 2 : 40) radicalement nouveau aujourd’hui.

Ce passage sur terre de Jésus, l'Esprit incarné, la Parole (Verbe) donc, est d'une importance singulière pour l'espèce humaine dans son habitat naturel. Pour nous. Pour moi. Comme Jésus fut ouvert au souffle de l’Esprit, en Lui, nous pouvons être ouverts à Jésus donc à l’Esprit en ce temps de Pentecôte en directe.

Permettre à l’Esprit de vivre en nous, d’agir. Il n’est pas une chose, ni une définition ni une Troisème personne mystérieusement intégrée trinitèrement inaccessible "aux simples d'esprit"! Non, Il est la Vie. Même Vatican II l’a articulé : « Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même... C’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme; sa dignité est de lui obéir et c’est elle qui le jugera. La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre” in Gaudium et Spes (16) ».

Si la présence de Jésus en son temps fit naître une ère nouvelle, la présence agissante de son Esprit dans notre monde grevé de contradictions, peut faire naître une ère nouvelle ! Quel défi ! Une ère nouvelle sans armes, sans famines, sans frontières. Sans capital accumulé, sans pub télé grossièrement mensongère, sans murs, sans préjudices... Actualiser la foi en la Pentecôte devrait  aboutir au royaume annoncé par Jésus.

La soif existe parce que l'eau existe. La soif et le désir de la spiritualité de Jésus aujourd’hui est ressentie dans la société post-moderne parce qu'on prend conscience de Jésus aujourd'hui. De son désir d'assouvir notre soif si nous le lui permettons.

L’homme, la femme rencontrés dans les endroits les plus inattendus sont conscients de ce phénomène hors structures, hors institution, et pregnant de potentialité! La soif de la spiritualité de Jésus est assouvie lorsque Jésus aujourd’hui agit dans tous les domaines publiques de la société. Lui permettons d’agir dans la réalité la plus banale et la plus humble de notre vie quotidienne. Parfois inconsciemment, mais réellement.

C’est, comme pour Jésus en son temps : une révolution, un monde à l’envers…les bouleversements, les systèmes et leurs gardiens mis à nu par la vérité des faits, les ouvriers virés par milliers, sans pubs télé grossièrement mensongères! C'est le moment propice de prendre au sérieux Jésus dans notre chaos. Le Kairos. Inventer et, donc agir dans l'insécurité pour concrétiser la Bonne Nouvelle de Jésus. N'est-ce pas ça, la Foi?

L’Esprit Saint, donc Jésus aujourd’hui, relativise les interminables liturgies et prêches minutieusement préparées et exécutées mais en manque de rapport directe avec notre réalité, en manque d’un « Buisson Ardent » qui nous pousse vers un nouveau départ.

 

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16/05/2009

MEDITATION DOMINICALE

 

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Il ne doit pas nécessairement en être ainsi

Lorsque nous lisons aujourd’hui des textes bibliques, inchangés depuis 2000 ans, nous y découvrons des choses tout à fait nouvelles. Par exemple le passage de l’évangile de Luc que je viens de relire raconte le matin de Pâques : Les femmes sont devant la tombe vide, elles se posent des questions et un ange leur dit : «Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? Il n'est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu'il vous a dit quand il était encore en Galilée: Il faut que le Fils de l'homme soit livré aux mains des pécheurs, qu'il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite. Alors elles se rappelèrent ses paroles ». (Lc 24,1-12) http://users.skynet.be/bs775533/Armand/hom/readings/resurr-c.htm

Lorsqu’on réfléchit sur l’impression que firent ces paroles sur les femmes, on ne peut que revenir au passage du même Luc (Lc 9, 22) qui dit : http://www.meditationfrance.org/spip.php?mot12 « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'Il soit rejeté par les anciens, par les princes des prêtres et par les scribes, qu'Il soit mis à mort, et qu'Il ressuscite le troisième jour » Là, il n’est pas question de femmes, ces paroles ne s’adressaient qu’à Pierre et aux disciples alors qu’au tombeau vide les anges disent aux femmes qu’elles doivent se rappeler ce qu’il leur a dit en Galilée.

Il aura donc fallu presque 2000 ans pour arriver à la conclusion : Lorsque l’évangéliste Luc parle des disciples, il parle aussi bien des femmes que des hommes. C’est si simple.

Souvenons-nous, il y a 20 ou 30 années de cela, l’annonceur à la radio disait : « mes chers auditeurs et les prêtres sur la chaire disaient : mes bien chers frères » et personnes ne doutaient que les auditeurs et les frères étaient aussi bien des femmes que des hommes. Il en était ainsi pour les évangélistes et il en fut ainsi durant les siècles écoulés.

Aujourd’hui se font entendre les super qualifiés qui disent : Pour ce qui concerne la bible, c’est tout différent. La bible est la Parole de Dieu et doit être prise à la lettre et les disciples sont donc des hommes.

Soit dit entre nous : Ce n’est pas parce que la Bible est la Parole de Dieu que ces super-qualifiés n’acceptent pas la simple logique, mais c’est parce que la catastrophe est prévisible : où cela conduirait-il, si Jésus avait aussi appelé des femmes à le suivre en tant que disciples ? Cela ne peut et ne doit pas être !

En fait  il ne s’agit ni de foi ni de logique. Les hommes saisissent  chaque tâche, y compris celles de Jésus, qui leur sont confiées en tant que possibilité bienvenue d’exercer leur pourvoir.  Dans « l'Eglise d'hommes », et très tôt après ses débuts, ce penchant  s’est peu à peu installé et à fait ses preuves !

Seulement il ne faudrait pas rendre Jésus, ni Dieu responsables de ce développement.

Hermann-Joseph Venetz

(Traduction avec la permission de l'auteur que je remercie: Claire-Marie Jeannotat, les emphases sont miennes)

(Article paraissant dans le WALLISER BOTE du 16 mai 2009

http://www.walliserbote.ch/walliserbote/epaper.php?aw_fie...

(Comme cette réflexion m'a réconfortée, elle peut aider des catholiques, des réformés, des gens de partout, du haut de l'échelle hiérarchique très masculinisée, jusqu'aux racines silencieuses où vit Jésus incarné en tout être humain, homme femme intégré comme la clé et la serrure! Et en tirerles conséquences)

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Avec un cordial merci au lien:

agarttha.oldiblog.com/?page=articles&rub=342700

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06/05/2009

L’image et la réalité

 

L’image et la réalité

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Petite réflexion sur un anniversaire

05.05.2009 : 60 années de vie de sœur (Bulle)

05.05.1999 : 50 années de vie de sœur (Vrede black township, Afrique du sud)

05.05. 1955 : 6 années de vie de sœur : à vie, Lady Selborne black township

05.05. 1949 : conclusion positive du noviciat

04. 05. 1948 : entrée au noviciat, Aliwal North Holy Cross

Cinq petites pierres sur le « Long chemin vers … »

C’est l’occasion d’une petite réflexion. Une sœur, c’est quoi ?

L’image et la réalité : il me semble qu’un fossé existe entre l’image qu’on se fait d’une sœur et la réalité d’une sœur. En Occident certainement ! (Pas tellement en Afrique où nous sommes insérées (pour ce qui me concernait) dans la population.)

En Occident : une sœur : quelle image dans l’Eglise ecclésiastique et dans la communauté ecclésiale ?  Et quelle réalité ?

Une sœur : quelle image et quelle réalité dans l’éducation et la médecine ?

Une sœur : quelle image et quelle réalité chez les riches et chez les pauvres ?

Je pourrais continuer longtemps et donner des exemples pour confirmer le fossé entre l’image et la réalité d’une « sœur » aujourd’hui dans la société occidentale.  Tout au moins dans mon champ de vision de la chose.

Jésus a ressenti ce sentiment et le ressent certainement aujourd’hui plus que jamais. Un exemple : Les juifs attendaient un libérateur, un messie, un descendant de la maison royal de David, un roi (Hosanna et tout le reste) Les docteurs de la Loi et les autorités religieuses se méfient d’emblée de voir surgir un homme qui est au niveau du peuple. Un paysan juif qui se dit être le Fils de l’Homme. Mais dont le comportement et la parole ne correspondent pas du tout à l’image qu’ils se font d’un messie !

Jean-Baptiste emprisonné envoie ses amis poser la question à Jésus : Es-tu celui qu’on attend ? La réponse de Jésus, sa Réalité résonne aujourd’hui encore comme un coup de tonnerre dans l’air pur : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute » (Luc 7 :22-24) http://www.ccel.org/ccel/bible/frls.Luke.7.html

Ainsi pour l’idée qu’on se fait de la sœur, je ne peux pas voir un meilleur moyen de faire correspondre l’image à la réalité que l’exemple de Jésus.

Il me semble que, marginalement, j’ai essayé de vivre ça parce que c’était inné,  que je ne pouvais pas être sœur autrement. Ce qui implique Jésus et sa spiritualité comme on la découvre peu à peu dans l’évangile, dans ces quelques expériences privilégiées, rares, parfois inattendues et surprenantes, de sa tendresse, de sa force, de son courage. Ces expériences arrivent (happen !) quand, par exemple, un lever de soleil me coupe le souffle, où un mot d’une voisine/voisin, qui exprime ma pensée, où l’article d’un journaliste juste à point, où comme vendredi passé, rue du marché 10, Bulle, en route vers la chapelle de N-D. de Compassion, ce regard du ramasseur de poubelles qui laisse là sa charrette et vient me dire : « Vous avez une pensée pour moi à la chapelle ? » C’est un beau regard et j’ai prié avec lui.

 

Cependant, les années passent et la spiritualité d’une personne change avec le monde qui change, les contextes qui nourrissent la prière changent; la prise de conscience que la vie bouge nous force d’avancer, comme dit saint Paul : « Quand j'étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j'ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant.. » (Corinthiens - Chapitre 13,11)

La réflexion de Sœur Joan Chittester est  réconfortante :

« Soyons ouverts à l’Esprit en nous. Essayons de nous libérer des chaînes de l’esprit et soyons prêts à nous alléger des choses qui ont été dites au sujet de Dieu jusqu’à présent. Permettons-nous la lucidité que tout cela est inadéquat, partial même si bien intentionné et cependant très lacunaire. N’ayons pas peur de dépasser les preuves de l’improuvable, d’aller au-delà d’une croyance et de confronter l’inconnu. Le fait que nous ne savons ne signifie pas que nous « SAVONS pas ». Sœur Joan nous rappelle que c’est notre devoir de remettre en question toute autorité, même la plus honorable et de questionner et renverser les idoles de l’orthodoxie…

Nous acceptons la possibilité que Dieu nous cherche dans des endroits et avec des gens et des choses que nous pensions ne pas être possible en vivant la spiritualité de nos jeunes années de vie de sœur.

Alors (comme pour moi aujourd’hui en ce 60ème anniversaire) la couleur de la vie change, la mélodie est neuve – un chant nouveau –la vie est vibrante et prégnante  de la plénitude de ce moment, tous unis à l’univers qui respire en nous! » (ma traduction et adaptation de l’anglais, in NCRonline.org

  • Sr Joan Chittester est moniale bénédictine depuis une quarantaine d’années, conçoit la vie spirituelle sous un angle nouveau qu’elle incarne dans ses divers engagements auprès des communautés de religieuses américaines et dans sa lutte pour la reconnaissance des droits des femmes dans l’Église et la société.

Voilà ma réflexion en ce jour du 5 mai 2009. Je crois rejoindre beaucoup de sœurs qui réfléchissent en ce sens car il est grand temps d’accueillir la vie à pleines mains.

 

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13/04/2009

LUNDI DE PÀQUES

Lundi de Pâques

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Chaque jour de carême j’ai essayé d’écrire un petit billet dont le but était de permettre à Jésus d’avoir son mot à dire dans notre réalité concrète C’est-à-dire, d’en découvrir le SENS à la lumière de son expérience de vie liée à la nôtre aujourd’hui. C’est une spiritualité contextuelle.

Une spiritualité contextuelle, soutenue par une théologie de la libération dont la méthode, celle de Jésus lui-même en son temps, est de chercher le sens de ce que nous vivons et d’y découvrir, si c’est possible : Dieu.

L’énorme problème en Occident, c’est l’infranchissable fossé, dirait-on, entre, d’une part, ce que dit, prêche, fait L’Eglise et, d’autre part, ce que vivent les gens qui cherchent un sens à leur vécu, à leur expérience de vie dans l’intégralité de leur personne humaine. Il n’y a pas ou peu de symbiose. Ceci est douloureusement perçu, tout spécialement au moment des « fêtes » : Noël, Pâques. Des liturgies préparées, exécutées par des experts pour une audience de fidèles qui vont répondre « amen » aux textes qui leur sont lus, lesquels ont été scrutés, approuvés.

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La spontanéité, une exclamation, la manifestation d’un besoin adressé au Créateur, comme le cri des Hébreux : c’est exclu. Souvent, les cérémonies sont un beau « spectacle » (sic). Une saison, et on passe à une autre dans le calendrier liturgique.

Un peu comme, dans les supermarchés, on passe de l’opportunité financière des fêtes et saisons pour trouver ce qui se vend avec le plus de profit : les sapins ou les œufs. C’est selon.

Ce vécu ecclésial, est devenu routine pour les uns, et source de critiques loyales pour les autres. Où se trouve, dans la liturgie, le vécu dynamique des gens face à Dieu ?  Peut-être « Hors des murs, hors du camps … » comme Jésus (Hébreux 13, 12-14). Portant sa honte aujourd’hui (Jesus today, A.N. Orbis books, 2006).

Deux hommes  - http://arts-cultures.cef.fr/livr/livrpast/lpastx25.htm- -

Les voyageurs sur la route d’Emmaus

Ils ne font pas partie des douze, ces deux-là. Ils rencontre un autre voyageur et la conversation s’engage. Ils parlent de quoi ? Des rumeurs au sujet de ce Jésus. Que se passe-t-il au juste ? Des rumeurs courent. Cet homme était si proche des gens de la rue et des chemins de traverse qu’il était connu par « ceux qui marchent et qui sont perdus…». Il est tard. On a faim. On s’arrête à la première auberge pour manger quelque chose en continuant la conversation. Le partage des expériences de vie et du pain sont une seule et même chose.  Cela revigore. Ils trouvent un sens à leur confusion et  l’étranger disparaît.

Il ne reste que le SENS découvert dans la communion des trois.

Cela m’est arrivé souvent, ces rencontres inattendues sont autant de communions avec le ressuscité, en cheminant.

http://www.pointkt.org/index.php?option=com_content&view=article&id=122:sur-le-chemin-demma&catid=22:fiches-bibliques&Itemid=37

Ils continuent la route dans la nuit car le travail les attend, la famille, les enfants, la société ; ce lieu, Jésus le nomme « Galilée ».

Dans le blog de Pâques, j’ai dit que c’était sur ce lieu de travail que Jésus les attendaient pour construire une société plus humaine, plus unie. Ensemble.

Nos Galilée ?

Moi, où je me trouve sans l’avoir voulu

Vous, là où vous travaillez pour gagner votre vie et participer à l’amélioration de la vie sociale en ce temps de récession

Dans nos fermes agricoles

A l’école

À l’hôpital

A la rédaction d’un journal, à la production d’articles

A enfanter des enfants et à en prendre soin

A enterrer nos morts

A faire des vacances

A faire de la politique

……………………….

A préparer la soupe et le pain quotidien

A continuer la route. La longue, longue route ! entre ombres et lumières jusqu’au bout.

ENTRE LES OMBRES ET LA LUMIERE discog3a3
Paroles: Jean Debruynne

Entre les ombres et la lumière,
Chacun de nous risque un chemin.
L'un va devant, l'autre derrière,
Mais si nous unissons nos mains,
Si nous portons ce monde lourd,
Chacun son pas, chacon son tour,
Nous pourrons voir naître le jour.

Nous marchons tout le long des nuits,
Nous allons d'errance en errance
Franchissant les gués de l'ennui
Pour accueillir nos différences:
Nous sommes tous gens de couleurs.

Nous venons tous de nos passés,
Nos mains sont toujours un peu sales.
C'est que nous avons traversé
Tant de vieux mondes en cavale:
Nous sommes tous gens d'un passé.

C'est quand il fait si froid dehors
Que dedans nos soleils brûlent.
Main dans la main et coeur-à-corps
Le gel et la faim nous stimulent:
Nous sommes tous gens de désir.

Nous avons le coeur en jardin
Avec des rosiers de poètes.
Chacun de nous est un chemin
Chacun de nous est un prophète:
Nous sommes tous gens de la paix


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12/04/2009

JOIE DE PÀQUES

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Allez, il vous précède en Galilée

Mt 28,7

Marie-Madeleine a pour Mission d'aller dire aux hommes (les apôtres à l'époque) de se mettre au travail sur les chantiers du monde. Ils auront du mal de croire la le souhait de Jésus énoncé par la bouche de femmes!

Aussi en ce beau matin pascal, je me permets de partager la pensée d'une consœur américaine, Joan Chitester (bénédictine) et que j'aime beaucoup.

Jésus ressuscité vous attend en Galilée, pas à Jérusalem, pas au centre de pouvoir et d'affaires profitables, pas en tant que chef d'un establishment, état ou synagogue. Non! Jésus les pousse et les appelle en Galilée, la périphérie méprisée d'Israël, la région peuplée de pauvres et d'opprimés, les oubliés des hiérarchies. En Galilée-même, là où il a travaillé dur durant sa vie publique, Jésus attend de ses apôtres qu'ils en fassent autant! Maintenant!

Cela résonne en mes oreilles ce matin: où est ma et notre Galilée? Joan: « Nous avons « contribué » (par notre silence y compris) à la fabrication d'armes nucléaires, à passer des législations en faveur des riches et au détriment des pauvres. A nous revient la tâche soit de faire annuler, amender et de recréer un système législatif qui permette à tous de manger, de dormir sous un toit, d'aller à l'école. D'arrêter la dégradation de la justice, la torture, le mépris de la vie de la naissance au tombeau. Notre tâche consiste à énoncer, annoncer la Bonne Nouvelle de la justice, de l'égalité pour la paix ». Merci Joan!

(Pour ma part, j'ai compris la Résurrection le jour de la mort sous la torture de Steve Biko, le 12 septembre 1977 à Prétoria. Et si vous cliquez Katutura Steve Biko, vous verrez que, chaque avril je crois, depuis l'année 2003, j'évoque l'expérience collective de la résurrection! L'esprit de Steve vivant, enflammait ce pays pour obtenir enfin la libération des chaînes de l'apartheid!)

Pâques n'est pas l'aboutissement, c'est la naissance de Jésus actif aujourd'hui, dans nos Galilée helvétiques, européennes, mondiales, oui, gruyériennes, vaudoises et jurassiennes. Si on le lui permet. Il y a pénurie grave d'actions prophétiques aujourd'hui, tant les systèmes de sécurité font tout pour prévenir toutes velléités en ce sens!!! Il y a urgence! Pâques 2009 est l'occasion, dans la joie exultante de Jésus ressuscité, de se mettre au travail en nos Galilée respectives.

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Joyeuses Pâques!


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11/04/2009

REFLEXION NOCTURNE

 

O BEATA NOX

Réflexion durant cette nuit étoilée

"Par voie mystique l’infiniment petit rejoint l' infiniment grand".

(Chronique de Gilbert Salem, 24 heures, 10.12.05)

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Ô nuit qui nous rend à la grâce et nous ouvre la communion des saints ; Nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s'est relevé victorieux des enfers. Heureuse faute d'Adam qui nous a valu un tel Rédempteur ! Ô nuit qui seule a pu connaître le temps et l'heure où le Christ est sorti vivant du séjour des morts ; ô nuit dont il est écrit : « La nuit comme le jour illumine, la ténèbre autour de moi devient lumière pour ma joie » (Ps 138,12)… Ô nuit bienheureuse, où se rejoignent le ciel et la terre, où s’unissent l’homme et Dieu.

Les moines chantent cette nuit l'EXULTET

http://www.ocp.org/songs/31392

Les nuits de mon enfance à la ferme jurassienne: aucune lumière électrique au dehors. La nuit était singulièrement pure et silencieuse. Dès les premiers beaux jours nous restions dehors le soir à se défaire de la fatigue du jour en regardant le ciel. Nous regardions les étoiles, filantes parfois avant, qu'un après l'autre, nous n'allions nous coucher et dans ma chambre encore, je restais assise sur le rebord de la fenêtre pour contempler cette voûte ensorcelante. Maman m'avait appris à chanter: Quand je contemple dans les cieux, le doux éclat de mille, mon oeil se perd dans cet espace... Une mélodie simple et douce comme une berceuse... C'était au Jura.

En Afrique du Sud, la première nuit dans la périphérie du Cap, les étoiles m'accueillirent comme pour dire: tu es en pays connu, le pays des étoiles immenses, on se regardait presque les yeux dans les yeux et j'ai appris à contempler la croix du sud! Une petite créature humaine organiquement liée à l'infiniment grand!

Jésus sans doute a contemplé les même étoiles que nous, dans ses nuits d'insomnie, de prière. Lui fallu faire face à la réalité. Sans avoir une pierre où reposer sa tête, il allait son chemin faisant le bien en passant. Sa société ressemblait à la nôtre, pas complètement, non, mais le fait reste que les trônes, les dominations, engendraient une poignée de riches et des foules de pauvres.

Etre conscient de cette injustice structurée nous plonge avec Jésus dans une nuit sans étoile. Notre énergie avec la sienne construit le royaume selon son regard, sa pensée, ce qu'il savait être le « plus grand bien pour le plus grand nombre ». Il a lutté, il a perdu, il fut exécuté comme un vulgaire agitateur, une menace au système de la loi et de l'ordre. « Il valait mieux qu'un seul homme meurt, disait le chef religieux ». Il est mort. Plus d'étoiles, la voûte céleste est un caveau vide, sinon pour sa dépouille... que des femmes chercheront partout lorsque qu'une certaine étoile restante, celle de l'aurore les attira irrésistiblement vers ce qui ne peut mourir: l'AMOUR! La pierre roulée, au caveau deux anges attendent dit-on, quelque part l'étoile nous fait signe, « l'impossible étoile » de cette nuit bienheureuse, le sens de notre existence!

Je me permets de mettre le texte en Anglais, le texte Français

pas très traduit et je le regrette, suit ...

 

To dream the impossible dream
To fight the unbeatable foe
To bear with unbearable sorrow
To run where the brave dare not go.

To right the unrightable wrong
To be better far than you are
To try when your arms are too weary
To reach the unreachable star

This is my quest, to follow that star,
No matter how hopeless, no matter how far
To be willing to give when there's no more to give
To be willing to die so that honor and justice may live

And I know if I'll only be true to this glorious quest
That my heart will lie peaceful and calm when I'm laid to my rest

And the world will be better for this
That one man scorned and covered with scars
Still strove with his last ounce of courage
To reach the unreachable star."

 

  (Joe Darion/Mitch Leigh) adaptation française Jacques Brel
Rêver un impossible rêve, porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre, partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure, aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure, d'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête, suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps ou ma désespérance
Et puis lutter toujours sans questions ni repos
Se damner pour l'or d'un mot d'amour, je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux
Brûle encore bien qu'ayant tout brûlé, brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler, pour atteindre l'inaccessible étoile.

http://www.youtube.com/watch?v=7YBeepShsgo

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Bonne nuit Pascale!

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09/04/2009

JEUDI SAINT

 

Semaine sainte

Jeudi

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Parfois on se lave les mains avant de se mettre à table, Chez Jésus on se lave plutôt les pieds. Pourquoi?

Se laver les pieds quand on travaille en zone rurale, la terre et les chemins sableux, les rafales de vents répandent une traînée de poussière qui s'enfile jusque entre les orteils, sous la plante des pieds, dans les oreilles, les yeux et les cheveux, sans parler des habits qu'on peut secouer en les ôtant. Quant au reste, on attend le soir, si l'eau coule, un mince jet de douche te délivre et ta peau commence à respirer, sinon tu prends un seau quelconque et avec l'eau louche de la citerne en taule ondulée, et une lavette, tu fais du nettoyage à la main.

 

Les lieux où Jésus vécut ressemblent à certaine zone d'Afrique australe où j'ai vécu. Se laver les pieds ou laver les pieds d'un passant ou d'un visiteur est aussi normal que de lui montrer les WC artisanat au fond de l'enclos.

Jésus avait l'habitude et avant ce repas, si eux n'ont pas eu l'idée de se laver les pieds les uns les autres, Jésus s'est mit au travail et il a lavé ces pieds poussiéreux et sales des pêcheurs et ceux de sa mère comme un geste de politesse ordinaire. Pierre, dit-on se serait rebiffé et Jésus lui dit « Pourquoi? Laisse faire! Ce pauvre Pierre voulait alors qu'on le lave en entier! » Ils étaient rugueux, ses apôtres, et puis dans leur culture, un peu comme dans les cercles religieux actuels, ils auraient plutôt pensé que c'était le service des femmes! Jésus leur a simplement donné l'exemple. Concrètement.

 

« Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jean 13, 14).

 

Puis ils mangent et boivent avec plus ou moins d'appétit et, dans l'ambiance lourde d'un orage menaçant, Jésus les rassure que lui-même est conscient d'être recherché par la police. Ils mangent du pain et boivent du vin, fait maison, comme toujours et leur dit d'en faire autant en se souvenant de Lui. Ils pigent? Comment dire? Quelle lourdeur! Jésus n'y tient plus, il s'en va, trois le suivent jusque sous les oliviers, Il prie son Abba, le seul qui reste présent en Lui alors que les autres dorment et que sa mère est retournée chez elle. Jésus alors se sent vraiment seul mais il ira jusqu'au bout car il pense au long terme au-delà de la menace d'exécution dont il est bien conscient.


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Il leur avait dit qu'Il ne les laisserait pas seuls, qu'Il serait présent s'ils le lui permettent et s'ils savent le reconnaître comme Sœur Emmanuelle, l’abbé Pierre, Mère Térésa et beaucoup, beaucoup d' autres, des anonymes, des athées, qui au fond d'eux-mêmes reconnaissent Jésus aujourd'hui, chez nous et au de-là, “J’ai faim, soif, je suis emprisonné, étranger, expulsé, dépouillé... et vous êtes là! » Pas à l'église, mais dehors sur le parvis, plus loin, ailleurs... ceux et celles que les systèmes humilient mécaniquement!

Écoutons le témoignage que Dom Helder Camara racontait aux chrétiens du Brésil : Un jour, des fidèles viennent me demander de célébrer une messe de réparation dans leur village. Pourquoi ? Parce que des voleurs ont pillé l’église. Ils ont cassé le tabernacle, emporté le ciboire, et, en partant, ils ont jeté les hosties dans la boue. J’y suis allé, bien sûr, et je leur ai dit : Vous êtes horrifié parce que le Corps du Christ a été jeté dans la boue. Mais n’oubliez pas qu’ici et ailleurs, le Corps du Christ est jeté dans la boue quand les pauvres et les petits sont humiliés.”

 

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08/04/2009

NON COUPABLE

 

Mercredi saint

 

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Matthieu 26,14-25.

 

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR

Matthieu raconte à sa manière l’histoire du Judas ; les chefs des prêtres le monnayent afin qu’il leur livre Jésus, son ami.  Il s’agit de sous avant tout, jadis comme aujourd’hui. Le coupable pour Matthieu, c’est Judas ! A l’église ce matin le célébrant a eu la bonne idée d’éviter d’en parler. Il parle d’autres choses que je ne comprends pas. Et les « fidèles » restent avec l’image de « judas maudit, qui se suicide », lue en concluant : « Parole du Seigneur ! » Mais dans l’ambiance actuelle, cela sonne étrangement ambigu.

Je tombe providentiellement (oui, je crois encore à ces petits clins d’œil de la Providence comme on dit) sur un « éclairage » signé Guy Musy, dans l’excellent dépliant de la COTMEC (Commission Tiers monde de l’Eglise catholique). Je le lis,  téléphone à Guy Musy pour avoir la permission de transférer ce qu’il écrit sur mon blog. Il est tout à fait d’accord. Alors voici :

NON COUPABLE

Dans son message  de Nouvel An notre bon Monsieur Merz, président de notre non moins bonne Confédération nous encourageait à développer initiatives et endurance pour traverser la zone de tempête qui se profile à l’horizon. On croyait entendre Winston Churchill exhortant ses compatriotes à tenir bon sous les bombes nazies. Mais, à la différence du premier ministre anglais, notre président ne désigna pas les responsables par leur nom comme si la crise financière et la récession qu’elle génère, avec son cortège de chômeurs, des entreprises en faillite et ses banques en dérout,e était un séisme imprévisible dû à quelques glissements de plaques tectoniques échappées à la vigilance des géophysiciens. A moins que la fameuse « main invisible dont parlait A. Smith se soit fatiguée de diriger l’orchestre du « laissez faire, laissez passer », partition préférée des économistes libéraux.

Donc pas de coupables à l’horizon ! Tout au plus,  quelques bavures commises par des randonneurs hors-piste, bien incapables de déclencher à eux- seuls l’avalanche. Pourquoi s’en prendre à ce M. Madoff, maître-nageur (en eau trouble !) si sympathique, si galant, si élégant ? Pourquoi serait-il le seul à porter le chapeau de sa gestion désastreuse, alors que des millions d’autres en ont profité avant de réclamer sa peau ?

Non. S’il y a « crime », la responsabilité ne peut être endossée par un quarteron de banquiers et d’hommes d’affaires particulièrement véreux. Toute une société a tiré parti – silencieusement – de leurs malversations. Rien ne sert de faire pendre quelques boucs émissaires si on se refuse à amender le système ou, mieux, à le changer ! (Guy Musy)

De même pour ceux et celles qui se sentiront encore une fois dégoûtés par les trahisons de Judas et de Pierre face à Jésus ! Sont-ils coupables et sommes-nous tous des Non Coupables de trahison et de reniements ? Un regard d’enfant sur le système institutionnel ecclésiastique et ses ramifications jusqu’à nous, jusqu’à moi, suffit pour montrer l’urgence d’amendements, ou mieux de changement radical du système, selon l’Esprit de Jésus.

Jésus le montre le chemin :

« Jésus n’a pas fondé une organisation. Il a inspiré un mouvement… c’était inévitable que le mouvement s’organise… Jésus n’avait pas de successeur… le mouvement était multiforme, en fait  il était informe, spontané. Son seul point de cohésion, c’était la personnalité de Jésus lui-même… Jésus, ses amis le sentaient, était la charnière de l’histoire humaine. » (Jésus avant le Christianisme, l’Evangile de la Libération par Albert Nolan, Editions ouvrières 1979, Paris, pp. 162, 163).

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=5578

 

 

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07/04/2009

SEMAINE SAINTE 2009

 


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SEMAINE SAINTE 2009

La Leçon de vie que Jésus nous donne...

« Notre expérience de la vie est une expérience de souffrance, la nôtre et celle des autres. L’histoire de l’humanité, au moins depuis qu’elle a été fixée sur des documents écrits, est une expérience de souffrance. Nous y trouvons les récits des grandes civilisations, de nos victoires et de nos conquêtes militaires, de nos découvertes et de nos inventions. C’est un cache poussière brillant qui dissimule les horribles souffrances humaines qui ont permis tous ces évènements. (Albert Nolan et J.B. Metz, p.26 Jesus Today)

« Notre expérience de vie » en cette « Semaine Sainte » des Eglises chrétiennes pourrait être le terrain d'où émerge, le contenu de la liturgie et des expressions de Foi des gens qui cherchent un sens à cette expérience de Vie. Et je répète: « Nous devons moins nous apitoyer sur les malheurs qui frappent Jésus qu’accueillir la leçon de vie qu’il nous donne dans sa passion. » (Fr. Antoine-Marie Leduc, o.c.d. )

Quelle est la leçon de Vie que Jésus donne au vécu globalisé de notre temps?

·   Le sens et le vécu du SIDA, du Choléra qui ravagent des populations

  • Le sens et le vécu du Zimbabwe et de la pandémie: famine structurée

  • Le sens et le vécu des catastrophes naturelles, celle d'aujourd’hui à Aquila en Italie

·   Le sens et le vécu des interminables guerres, émeutes parfois planifiées dans l'intérêt du marché des armes

·   Le sens et le vécu de la récession qui provoque la pitié envers les riches spoliés et l'oubli des affamés, des chômeurs, des SDF, des éjectés

·   Le sens et le vécu des mamans qui enfantent dans la douleur et jubilent de bonheur une fois le bébé dans leurs bras

·   Le sens et le vécu des innombrables événements heureux, personnels et individuels aussi bien que collectifs et communautaires

·   Le sens et le vécu d'un printemps ensoleillé qui nous sourit et nous fait tressaillir

·   Le sens et le vécu de l'Institution Catholique ces dernières années

·   Le sens et le vécu des Institutions politiques dans les différents continents

·   Le sens et le vécu de l'émergence d'un OBAMA, du témoignage d'un Mandela, d'un Dalai Lama, mais surtout le sens et les vécu des héros de l'ombre, ceux qui ne sont jamais nommés dans les médias et qui nourrissent notre courage, ceux que nous connaissons et ceux que nous ne connaissons pas.

·   Nous pourrions continuer... la quête de sens en moi: le sens de ce que j'e vis, en vous tous: le sens de ce que vous vivez au plus profond de vous-mêmes, puis dans votre vie privée, puis dans votre vie sociale et professionnelle

Il me semble que toute notre épaisseur humaine habite la VIE de Jésus qui, elle, nous habite dès avant notre naissance comme la musique de Jean-Sébastien Bach habitait le Créateur avant la création!

Ainsi les quelques paroles de Jésus, sa vie intensément vécue, vivante et porteuse d'une espérance là où il n'y a pas de signes d'espérance visibles, son témoignage de la compassion de Dieu, Notre Père commun. Un Père qui n'a pas voulu, ni ne peut vouloir les souffrances ni la mort de son fils et de ses enfants, ni de nous tous, un Père et Créateur qui, Oh! Mystère, est douloureusement conscient de la faille dans sa création! Mais Jésus l'homme, totalement libre, dé-enchaîné, dépouillé de tout sauf de l'AMOUR muté en COMPASSION pour nous, cheminant avec Dieu fait homme en nous, vers la VIE dans son intégrité originelle, Dans la pensée du Créateur. C'est peut-être comme une timide étincelle de VIE NOUVELLE, à travers la réalité pascale. Aujourd'hui.

La Foi, parfum de grande confiance pour suivre Jésus dans sa Passion.

Jn 12, 1-11

http://www.meditationfrance.org/spip.php?mot35

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38

http://catholique-nanterre.cef.fr/Evangile-de-Jesus-Christ-selon,8660

 

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05/04/2009

MEDITATION DOMINICALE

 


«
Seigneur, donnez-moi seulement,
sur mon opacité, mon absence, mon vide,
Seigneur, ah laissez seulement tomber
comme derrière le char de la moisson on laisse à glaner à ces gensmartin-luther-king-jr-praying.jpg
de peu qui n'ont su amasser nul bien,
laissez jusqu'à moi, Seigneur, tomber un peu de
Votre lumière » Jean-Paul de Dadelsen

Demain, et jusqu'à Pâques, les cérémonies religieuses, dans les églises catholiques au moins, seront multiples, longues. Des lectures, des prières répétitives, des amen. Et puis, après Lumen Christi dans la nuit, un alléluia. Je ne sais pas comment cela se passait à la synagogue au temps de Jésus: « La Pâque Juive (Pessah ou Pesah) commémorait la libération du peuple juif de l'esclavage qu'il subissait en Égypte, tel qu'il est relaté dans le livre de l'Exode ». Les Hébreux sont sortis d'Egypte après 400 ans d'esclavage.

Donc six jours avant la Pâque juive, Jésus se rend à Jérusalem. On le connaît après trois années vécues au milieu des gens. Les nouveaux esclaves (des romains et des Chefs des Prêtres et de la synagogue) veulent l'avoir en tant que libérateur, et les autorités se sentent menacées et veulent sa mort. Mais Jésus n'est pas politicien dans le sens d'un pouvoir qui gouverne, Il est un frère dans le sens familial « du plus grand bien pour tous ». Dans une lutte de libération c'est difficile de faire la distinction entre les deux: le politicien et le frère. Les gens crient donc « Hosanna » qui ne signifiait pas un cri de joie et de victoire, mais qui était un appel: qui veut dire littéralement: « sauve donc ! ». « Aide-nous, nous avons besoin d'un leader qui soit aussi l'un de nous, un frère, un rassembleur ». Jésus savait, il connaissait les siens et les siens le connaissaient... en partie! Mais citons simplement Mathieu 21:1-11:

« Quelques jours avant la fête de la Pâque, Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent à Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples : «Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les-moi. Et si l'on vous dit quelque chose, vous répondrez : 'Le Seigneur en a besoin, mais il les renverra aussitôt.'» Cela s'est passé pour accomplir la parole transmise par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, humble, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d'une bête de somme. Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné.
Ils amenèrent l'ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s'assit dessus.
Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d'autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : «Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Comme Jésus entrait à Jérusalem, l'agitation gagna toute la ville ; on se demandait : «Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : «C'est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »

Pas de garde ni de police, ni de papa mobile à verres anti balles. Dieu sait pourtant s'il était en danger, menacé, recherché. La foule (était-elle si nombreuse?) ne s'en rendait pas compte... d'ailleurs, les foules sont trop facilement manipulables. Que d'exemples en notre temps!

Jésus sera trahi, arrêté, torturé, jugé, condamné, exécuté! Comme des milliers depuis et jusqu'à aujourd'hui. Des innocents, des engagés. Une femme me disait (son fils était un objecteur de conscience blanc sud-africain: « Jésus n'a pas pu souffrir plus que beaucoup de gens aujourd'hui! »

« Notre regard de foi sur la personne de Jésus pendant les jours de sa passion ne doit pas nous amener à nous apitoyer d’abord sur le sort de Jésus. Comme le dit Jésus : « pleurer d’abord sur vous ». Car lorsque nous contemplons Jésus dans son chemin de croix, ce n’est pas d’abord l’injustice de son sort qui doit nous frapper, mais la manière dont Jésus nous ouvre le chemin de la Vie. Nous devons moins nous apitoyer sur les malheurs qui frappent Jésus qu’accueillir la leçon de vie qu’il nous donne dans sa passion. » (Fr. Antoine-Marie Leduc, o.c.d. )

Cette leçon de vie, c'est quoi? Des gens autour de moi la vive et me montrent le chemin, des gens de tous les jours, des ramasseurs de poubelles, des caissières de supermarchés, des journalistes, des chômeurs des mal-nourris, des anonymes, de toutes religions, de non religion. Des humains. A nous de voir. Un excellent sujet de méditation.

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01/04/2009

SIGNATURE

Ce matin, à la radio suisse romande 1ère j'ai entendu Aline Viredaz: rubrique « signature ». Je cite le dernier paragraphe:

 

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« Le navrant, aussi et enfin : ne sommes-nous pas à  moins de deux semaines de Pâques ? N’est-ce pas la grande fête qui fonde l’espérance chrétienne ? Ne serait-ce pas le moment de nous parler un peu de ce Jésus crucifié, mort  et ressuscité, sans lequel le Vatican peut fermer boutique ? »

Nous pouvons, nous-mêmes, parler avec Jésus et nous pouvons parler de lui en partageant nos réflexions, nos efforts pour « actualiser » (« verwirklichen », disait Martin Buber) Jésus aujourd'hui. Je ne pense pas que, pour le moment, l'Institution ecclésiastique puisse nous parler, à nous qui formons la base, de Jésus actif aujourd'hui. Les longues liturgies n'ont rien de spontané et ne sont pas nécessairement une source d'énergie christique pour continuer la construction de notre monde. Prendre Jésus au sérieux et prendre son Evangile au sérieux, nécessite un processus de conversion continue aux « Béatitudes ». Il ne s'agit pas de carrières vers les hauteurs d'une hiérarchie quelconque, il s'agit d'une carrière vers le bas, vers ce Jésus vivant, agonisant, mourant et ressuscitant chez nous, chez nos voisins, en nous-mêmes souvent. C'est un peu cela, la dynamique du mystère de Jésus! Le Vatican est un Etat, le peuple de Deu est sans frontière, beaucoup n'ont pas une pierre où reposer leur tête. Jésus gît là, au milieu d'eux, pas inactif, mais comme celui dont la résurrection « en directe », chaque jour, prouve que la mort n'a pas le dernier mot. Cela se passe au goutte à goutte!

Demain,1er avril, n'est pas tellement je jour où l'on prend les choses, ni soi-même au sérieux. On peut parfois douter de soi, mais on ne peut douter des gens de bonne volonté qui essayent de saisir l'occasion, en cette période de récession, de relever le défi pour créer sur les ruines d'un système capitaliste sauvage un monde nouveau construit avec passion à la lumière de Pâques.

Je n'ai pas réussi à poster ce billet hier soir, Alors le voici avec toute mon amitié de premier avril.

Ajout: La Vertu de Justice est une qualité morale,

elle permet un juste équilibre entre les hommes.
Equilibre matériel qui assure à chacun la dignité humaine.

La Justice est aussi au service du Bien de l'être humain,

elle est active dans l'humilité

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La Justice avance à petits pas mais elle avance concrètement, en passant par le mystère de Pâques. Concrètement.

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28/03/2009

MEDITATION DOMINICALE

J'ai mal à la tête

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Avez-vous déjà eu mal à la tête? Elle est lourde, ça cogne, la vue, l'ouïe, le cœur entrent en conflit dans le crâne. Ce conflit casse la tête. Pas de médicaments. … Vous restez seul avec « ce mal ». Vous êtes ce mal! Identifier cette souffrance... s'en défaire? L’ignorer? Fuir? N'est-ce  pas trahir sa destinée? Ce pourquoi on est né ? Je suis sûre que bien des personnes autour de moi, et plus loin font cette expérience. Il ne reste qu'une faible étincelle de survie sous ces cendres. Une étincelle que rien ne peut éteindre!

Un homme a fait cette expérience. C'est Jésus le nazaréen. Le Fils de l’Homme. Son comportement était insupportable pour le pouvoir religieux. Les Chefs veulent arriver à leur fin: liquider cette espèce de prophète. Harcèlement, complots, pièges. Menaces de mort. On connaît leurs manières de faire. Selon les évangiles du moins. Même si tout n’a pas été dit. Jésus endure.

Avons-nous déjà connu l'endurance quand les complots sont sur nos talons ? Nous refusons de les identifier, c’est trop désespérant, nous avons peur. Moi aussi.

Jésus avait peur. Il se donnait des « Pep talk »essayant de penser positivement comme on dit... jusqu'au moment où la « foule » l'entend dire: «  Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je? ... Père, délivre-moi de cette heure? ... Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure. Père, glorifie ton nom! (Jean 12:27) La foule qui était là et qui avait entendu, disait que c'était un tonnerre ». Oui, Jésus dit ces choses, il s'en alla et se cacha loin d'eux »!!!

Il avait peur. Il tremblait comme une feuille. Ses pensées, ses sentiments le tourmentaient: il se connaissait, dès sa naissance il savait qu'il ne pouvait faire autrement que d'être fidèle à lui-même, aimer les opprimés, les exploités. Les étrangers, les orphelins … les mal-aimés. Pour lui, c'était faire le travail de Dieu. Il était fait pour ça comme un artiste, un écrivain est « fait pour ça, son oeuvre ». Mais hier comme aujourd'hui, les autorités et leurs systèmes ne pardonnent pas à celles et à ceux dont l'agir et le comportement les remettent en question.

Jésus avait l’instinct de survie « (il se cacha »)! La douleur de l'âme est physique et vice versa. « J'ai mal à la tête égale j'ai mal à l'âme » Jésus dit: « Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez..." (Marc 14:34). Il appelait ses amis au secours, ils vinrent un bout de chemin… et s'endormir.

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Lorsque la douleur arrive au point de non-retour, tout le corps est envahi, il transpire, il peut suer du sang! Je me souviens d'une chère consœur et amie qui me disait en Afrique du sud lors d'un moment limite : « When the heart aches and the spirit bleed ». (Je ne peux traduire). C’était un peu ça.

Jésus n'aimait pas souffrir, il a eu peur de la mort. Même s'il savait que ce qui précéderait son arrestation, sa crucifixion, serait plus dur que l’exécution. Les condamnés des couloirs de la mort du Texas par exemple, souhaitent et parfois implorent la solution finale en tant que délivrance! Jésus avait la persévérance des humbles, des petits, de la graine qui porte des fruits à travers sa mort. Il a remis son âme entre les mains de son père. En aimant.

Rumi, le soufi mystique: « ll y eut aussi la Nuit du Destin (26 au 27 ramadan 610), nuit durant laquelle Mohammed passa, comme dans toutes les vocations mystiques, par une expérience de souffrance et de mort suivi d'une régénération. "Ce fut le surgissement de l'aube (falaq as-subh), dira la Tradition ».

Dans les lieux de culte, on va lire demain, ce que les évangélistes racontent des derniers jours de Jésus, de ses souffrances, de sa mort. Ce n'est pas un spectacle liturgique. C’est réel et actuel. C'est en direct aux quatre coins de la terre.

J'ai peur de la souffrance et de la mort. Je fais ce que je peux pour me protéger de la souffrance. Pour ce qui est de mourir, ce n'est pas une partie de plaisir, mais je crois que ce n'est pas le pire puisque l'aurore nous fait signe... une heure plus tôt que d'habitude demain matin, le 29 mars 2009.

 

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16/03/2009

Réflexion après la turbulence

 

Comme une fleur dans le désert

 

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Pourquoi ne pas permettre à sa conscience profonde d’émerger au soleil printanier, se poser doucement,  goutte de rosée souriante et timide, sur l’herbe étonnée du départ de la neige, de la mort ?

Un hiver long, long,  par rallonges successives, et sa blancheur d’effroi, de mort glacée traînant son deuil, gisant plutôt, grisâtre et sale dans les rues et ruelles, les campagnes, sur les montagnes, sur les toits, dans les arbres, sur les visages, dans les replis d’une terre triste, anémique, d’une population à l’œil dilaté, à l’oreille en vrilles, au cœur effiloché, à la parole diplomatiquement bégayante, aux prières répétitives, copiées collées…à la tonalité onctueuse et sans saveur ! Ponctuellement, à heures fixes « au troisième top, il sera très exactement… »  la télé-spectacle, les conférences prédisant le pire bientôt et le meilleur bientôt itou ! Des sous. Surtout des sous. Des secrets. Le Grand Secret des sous cachés! Quel secret pour Nobuntu qui ronge son bout de cane à sucre pour survivre quelques heures ? A temps et à contre-temps. Des mots. Des tueries aux collèges. Un évêque négationniste ancien prof et « pasteur d’une fraternité » proche du Pastor Bonus s'en allant vers le Cameroun et Jérusalem...Levées d’excommunications aux uns et frappes d’excommunication aux autres…Une maman de neuf ans au Brésil excommuniés, elle, son embryon, l’équipe médicale qui la soigne. Un Madof  en enfer et  un pauvre Lazare « porté dans le sein des anges ». Des signes de justice quand même.

Viennent des machines à laver pour ennoblir la gente féminine européenne et les torchons lavés dans les patchs gluants du Zimbabwe ou menace le choléra . La roue tourne, tourne tourne…une temps pour faire la guerre, un temps pour faire la paix… sur les cadavres d’enfants, de vieillards à Gaza, au Darfour, aux confins d’une Chine désœuvrée et redondante. La grande question : que faire pour, ou comment se défaire des surplus people ??? Pas de travail. Impossible de « gagner son pain à la sueur de son front ».  Qu’en pense Dieu ? Cette parole est de Lui dit-on.Un commandement et un Droit!

Des bombes, des armes, des missiles à portées toujours plus rapides, plus longues jusqu’à faire le tour de la terre, c’est plus facile pour en finir des ennemis imaginaires ou réels.

Je délire parce que la terre souffre et que l’espèce humaine gémit et que je le veuille ou non, je suis une infime partie de cet Univers. Comme toi.

Comme toi ? « Avance et tu seras libre » dit le proverbe arabe. Je rencontre, sur le trottoir, les yeux d’un enfant accroché à la main de papa, nos regards se croisent,  un sourire du petit homme comme un bec taquin, on se reconnaît sans s’être jamais vu. Lui est moi ou moi, lui. Je ne sais trop. C’est une rencontre furtive d’âme à âme comme souvent, très souvent. C’est peut-être le regard d’un moineau apeuré sautillant vers une graine perdue, le regard d’un vieux barbu au front onduleux, au corps vieil alpage, le regard d’un dernier flocon neigeux qui demande pardon en s’évanouissant dans le néant. Oh ! le regard du Sud qui t’attire, vient à toi l’âme ailée ouverte pour l’envol.  Si tu veux.

L’arc-en-ciel me tire du délire et je refais surface, ma conscience profonde posée comme une goutte de rosée sur le brin d’herbe ce matin de printemps. Comme une fleur dans le désert  en attente…

Je lève la tête et je vois Jésus, réponse à l’attente ! Au désert, pieds nus, assis sur un roc, vêtu d’une de rouge terreux et de gris crépusculaire, ses mains noueuses de charpentier jointes entre ses genoux, et son visage contemplant  l’univers sur l’écran de mon ordinateur et sondant le cœur des humains, ses frères,  ses sœurs, moi. (Le Christ au désert par Ivan Kramskoy)

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Comme une fleur dans le désert, l’espoir renaît, la flamme se rallume, d’autres petites fleurent jaillissent des sables, des prés, des cœurs réchauffés par le souffle enchanteur du roseau : Jésus, le Fils de l’Homme. Le Chemin et le cheminement.

 

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14/03/2009

CE QUE LE PEUPLE ET DIEU VEULENT

 

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27/02/2009

Spiritualité

 

Un signe de notre temps: la soif de spiritualité

 

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Allez dans n'importe quelle librairie et vous êtes sûr d'y trouver une quantitié de livres traitant de spiritualité. Les choses de l'esprit fascinent toujours plus les gens! C'est un signe de notre temps comme le dit le théologien Albert Nolan dans « Jesus Today » (mainte fois mentionné dans le blog) et qui inspire ce petit billet. Hier j'ai écrit que la spiritualité de Jésus entièrement contextuelle. Elle est enracinée dans la réalité et en surgit tel le regard de Abba, notre créateur, sur nous!

 

Nous faisons intrinsèquement partie de la réalité mondiale, régionale, locale que nous lisons dans les journaux ou regardons sur l'écran TV ou vivons en directe. Nous sommes, je suis, un élément, infime, du réseau de relations mondiales. Dans l'Unitude. Ce monde est ma patrie et je lui appartiens et je ne peux pas prier hors de cette patrie terrestre, qui fut et est, celle de Jésus et de sa spiritualité.

 

Il existe des écrits sur la spiritualité sans rapport avec Jésus; il est simplement mis à l'écart. Ces recherches sont néanmoins valables. D'autre part, des écrits spirituels sont centrés sur Jésus lui-même en tant qu'objet de la spiritualité et passent ainsi à côté de Jésus qui a sa propre spiritualité. C'est assez traditionnel et c'est aussi valable.

 

Mais la spiritualité de Jésus, ce paysan juif et Fils de l'Homme, peut inspirer notre recherche de spiritualité dans notre conrtexte post moderne. Arriver à mieux connaître, apprécier la force de la spiritualité de Jésus en son temps nous éclaire sur l'urgence, pour moi, pour nous, de laisser surgir l'Esprit d'Amour et de liberté en nous, personnellement, engagés dans la construction d'une création inachevée. Il s'agit d'une spiritualité pratique enracinée ici et maintenant dans celle du Christ et dont le but et la vision est une spiritualité de libération radicale!

 

Jésus a fait des choses, il a dit des choses alors qu'Il se trouvait impliqué comme nous aujourd'hui, dans les réalités culturelles, sociales, religieuses, de son pays! Sa motivation, c'était quoi? Sa passion pour le plus grand bien pour tous, c'était quoi, cela venait d'où? Et pour nous, c'est quoi? cela vient d'où, la foi et l'énergie indispensables à la lutte pour un monde meilleur?

 

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26/02/2009

DRIFTWOOD

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Spiritualité de la libération

Les banques, la finance, l'économie, les salaires, le chômage figurent au top des priorités, dans les médias, les conversations. C'est comme une chape étouffante dont on ose émerger car elle protège de quelque chose de pire! Et les petites gens ont peur, peur de perdre le travail, le salaire, quelques économies en un mot peur de n'avoir plus « droit » au Pain quotidien! Une personne me dit ce matin même: « Les nouvelles ne peuvent être pires ». C'est comme une peur qui paralyse.

Et nos têtes restent enfouies dans le sable durant les cérémonies religieuses, elles-mêmes déconnectées, semble-t-il, de la dure réalité du monde ouvrier. La roue tourne.

Est-ce naïf, audacieux de voir une catastrophe transformée en chance? En challenge? C'est, je crois, un signe des temps. Un Kairos. Le moment de prendre « ce qui arrive »au sérieux et de battre le fer pendant qu'il est chaud! Facile à dire. L'analyse des causes radicales, faite par ceux professionnellement aptes à ce genre de travail permettrait d'y voir clair. De discerner comment nous tirer d'affaire à court et à long terme. Il s'agit de prendre conscience.

C'est un exercice de conversion durable durant ce carême. Prendre notre réalité au sérieux et prendre Jésus au sérieux. Les deux sont liés comme la serrure et la clé. Cela fonctionne comment? L'Histoire l'enseigne et les petites histoires de lutte témoignent de la résilience, de l'énergie pour la survie. Le choix de la vie dans des réalités de non-vie (Deutéronome 30, 15-20 ).

Selon le théologien Albert Nolan, nous vivons parfois dans un monde de rêves et nous essayons de ne pas faire trop attention aux menaces et aux défis actuels. Nous restons au bord de l'eau, comme Pierre - ce premier pape - faisait parce que, selon lui, il n'y avait plus de poissons dans le lac. Jésus sourit ironiquement et dit gentiment: « Avance en eau profonde, va au large et jetez les filets ! »

http://www.houstin.info/mods/bible/?action=texte&livr...

Il en a fallu pour que Pierre bouge et se mouille juste après l'échec vécu la nuit même! Mais il a fait le poing dans poche et a pris le large.

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Il semble que les experts du monde de la finance, de l'économie et de la politique s'évertuent pour trouver des bouées de sauvetage sur les rives des eaux glauques où les banques (drift) « voguent » un peu comme du bois mort (driftwood). Et c'est justement dans ce contexte sans repères que nous pouvons vivre un spiritualité entièrement contextuelle avec Jésus. Oui Jésus est directement concerné par la montée des eaux. J'y reviendrai demain.

Tibériade

 

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