24/11/2014

Réflexion : Vivre vers ma mort

 

Réflexion : Vivre vers ma mort

 

Chaque pas plus proche de la Vie dévêtue d’espace temps. Nous sommes UNIS.   Non pas dans l’au-delà mythique à venir on ne sait quand on ne sait où, mais UNIS dans le moment présent.  L’unique moment d’espérance déposé dans le sein de Marie et que Joseph garde passionnément sur la route de tous les dangers, vers Bethléem – la maison du pain !

 

Dommage que la femme religieuse que je suis ( que nous sommes) n’aie jamais fait l’expérience de l’enfant en son sein sur la route quotidienne. Assise et confiante sur le dos de l’âne que conduit Joseph, le meilleur des hommes, le charpentier. Un couple de citoyen en train d’accomplir leur devoir d’état. L’enregistrement… pour les élections prochaines… L’Avent durant 365 jours que dure une années !

 

 Enceinte, la Sœur que je suis, serait plus tendrement humaine, plus spontanément confiante, elle se laisserait prendre par la main, prendre par le cœur et, avec Joseph et Marie, la sœur (les sœurs)  ferait face au monde, le monde bienveillant et le monde malveillant… sans assurance pécuniaire ni « caisse maladie »…  aller savoir ce qu’apporte la nuit et ce que réserve demain sur les chemins du monde.

 

Je réfléchis aux les premiers pas de l’ « adveniat regnum tuum » sur la route et…  que nous poursuivons ensemble en ces premiers jours de la Saison de l’AVENT 2014.

 

Mais, être SŒUR me suffit puisque « Tout enfant est le mien » - Tula Baba ! J’espère et je prie que tous les hommes et toutes les femmes se sentent inconditionnellement protégés et aimés par moi, qui veut être leur mère. Non pas seulement une mère « spirituelle » … mais celle qui fait le pain et qui est prête à le partager avec celles et avec ceux qui ne peuvent guère avoir une confiance inconditionnelle pour autant et aussi longtemps que nous ne somme que des « incarnations de Jésus » inachevées . Qu’en pensez-vous ?

 

Il en est de même pour les hommes… car ni les êtres masculins, ni les prêtres, ni les sœurs, ni les moines ni les moniales ne devraient espérer et ne peuvent espérer « être servis, lavés, repassés… » dans notre Galilée de tous les jours puisque Jésus nous A dit : « Quand tu as fait tout ce que tu as pu, dis-toi que tu n’es qu’un serviteur sans grande valeur. » (Luc 17 :10).

 

 

 

C’est l’AVENT, En latin, Avent, adventus, signifie “arrivée, venue”. Arrivée de quoi ? De qui ? Pour les chrétiens, ce terme désigne la venue de Jésus-Christ, parmi les hommes. Il naît sur les chemins du Moyen Orient, de l’Occident, de partout,  : il naît dans les a crèche, petit enfant. Vulnérable aujourd’hui comme le fut Jésus hier.  Que de lutte ! (Matthieu 10 :34), la croix vaincue quotidiennement dès que se pointe l’aurore sur le chemin vers Bethléem. Il y a des millénaires et que, déjà, Marie la messagère transportait en son sein le messager tant attendu… Celui qui vient dans l’éternel présent et qui se trouvera au sein des luttes. Qu’en pensez-vous ?

 

 

 

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21/11/2014

N’est-ce qu’une révolution des cœurs ?

 

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La particularité de l’éthique chrétienne, c’est la ‚révolution des cœurs’, comme je le lisais dernièrement dans un article.

 

Il est indéniable que le christianisme avait et a d’importantes exigences éthiques, dans le passé comme de nos jours. Nous ne devrions pas oublier que l’éthique chrétienne ne serait pas ce qu’elle est sans l’Ancien Testament et le Judaïsme. On peut même affirmer que l’éthique chrétienne n’apporte pas beaucoup de ‚nouveautés’ par rapport au judaïsme. La communauté de partage, la protection de la veuve et de l’orphelin, le soin aux démunis, la remise des dettes, l’amour de l’ennemi, etc. sont des visions que le christianisme doit beaucoup au judaïsme. Et aucune de ces visions n’avait l’ambition de conduire uniquement à une ‚révolution des cœurs’ , ni dans le judaïsme ni dans le christianisme. D’ailleurs en aucun cas dans le judaïsme, car là on ne fait pas les choses à moitié : on a des lois sur l’élevage des animaux, sur la des dettes, sur l’asile, sur les soins aux pauvres et beaucoup d’autres problématique. Il ne s’agissait pas seulement de changer les cœurs, mais aussi la société.

 

Les chrétiens et les chrétiennes d’autrefois – et aujourd’hui encore – ne se sont pas distingués de leur entourage et n’ont heurté personne en pratiquant une éthique spécialement rigoureuse. C’est par la reconnaissance du Christ crucifié comme Messie et Fils de Dieu que l’impulsion fut donnée. Ces mots bien connus ... dans la mesure où vous l’avez fait à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait (Matthieu 25,40) ne provoquent pas en tant qu’exigence éthique. Ce qui était et est scandaleux dans ces paroles, c’est que le Fils de Dieu, Roi et Juge, s’identifie aux plus petits, avec ceux qui ont faim, avec les prisonniers, les malades et les étrangers. On pourrait encore ajouter les requérants d’asile et autres réfugiés, les chômeurs et les refoulés. Reconnaître Jésus en sa qualité de Messie et Fils de Dieu ne se passe pas uniquement dans le cœur, c’est un acte éminemment politique. C’est pourquoi ceux qui veulent se débarrasser de Jésus et de ses disciples sont principalement des responsables politiques et religieux. La reconnaissance de Jésus et de ses gestes concrets ne convient à aucun des systèmes politiques existants ni à aucun des partis politiques.

 

Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Christiane Gaeumann

 

 

 

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