30/08/2014

Pas de pardon ?

 

L’article écrit par un politicien chrétien qui militait pour le „non“ à l’initiative pour le renvoi des étrangers porte le titre : „Pas de pardon pour les criminels étrangers“. Il pensait ainsi dissuader les partisans du „oui“ : il était lui-même contre l’initiative, mais il aurait pu l’approuver s’il n’était question que de renvoyer les criminels étrangers, qui effectivement ne méritaient „pas de pardon“.

 A peu près à cette époque, une discussion enflammée se déclara dans plusieurs régions de notre pays, sur un thème bien différent, semble-t-il. Est-il justifié, au sein d’un État libéral, de placer des croix et des crucifix en milieu public, dans les bâtiments officiels et dans les écoles ? Ne faudrait-il pas au nom de l’État laïc retirer de ces lieux les signes religieux, au nom de la liberté de croyance ? Ce sont principalement des politiciens chrétiens qui se sont engagés en faveur de ces signes, en particulier ceux pour qui il n’y a „pas de pardon pour les criminels étrangers“. Un tel engagement me paraît plutôt étrange et même paradoxal. Quand on parle de „croix“, ne devrait-on pas également parler de „pardon“ ?

 Ou alors on peut l’exprimer ainsi : là où le pardon n’a plus sa place – même pour les criminels étrangers ! – alors la croix perd effectivement sa justification et son sens.

 Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

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27/08/2014

La blogosphère

 

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Le blog c’est aussi une table qui permet la communication, l’offrande, le partage, les débats aussi et, pour ce qui me concerne, la vie : c’est un don : recevoir les idées, les pensées, le vécu des autres comme on reçoit le pain de chaque jour ; on partage ce pain, on s’en nourrit ensemble jour après jour. C’est le repas, c’est, comme avait dit Teilhard de Chardin : la « Messe sur le monde ». Ou encore, c’est le partage qui n’impose pas à l’autre « ta » sagesse et qui n’humilie personne!

 Marchons donc vers la paix qui se construit sur les cendres des luttes qui sacrifient la paix à l’EGO commun du Capital !

 Soyons fidèles, pour autant que cela est possible, fidèles au partage du pain à la table de la blogosphère !

 Durant les années écoulées, j’ai beaucoup appris dans les coulisses et sur les écrans de la blogosphère. C’est une école de vie, à partir des expériences de vie des autres et des miennes !

 C’est le pain que l’on partage à notre manière, que l’on offre et que l’on accepte avec joie car tout contribue au « bien commun ».

 Naître c’est « avoir faim », c’est le droit au pain quotidien. La Bonne Nouvelle de Jésus, est centrée sur la nourriture, le pain quotidien.  Nous sommes « corps et âme », organiquement liés. Dieu est PAIN et le PAIN, c’est Dieu qui devient homme (ou être humain) PAIN.

 

L’homme en devenir est pain. Pour sa vie, pour la vie de tous.

 Jésus, est le pain : fruit de la terre et du travail des hommes. C’est l’unique l’essentiel. Aussi partagé dans la blogosphère, généreusement !

 Malheur à celui qui accumule, oublie l’unique essentiel et abandonne son frère, sa sœur à la faim ! Heureux celui qui partage et grandit avec son frère, sa sœur. Il, elle, EST l’unique essentiel !

 Heureux sommes-nous d’oser mourir ayant accompli notre Mission : l’unique nécessaire : Vivre en se donnant. Nous n’avons besoin ni de grenier ni de cave : nous avons besoin d’une table qui nous rassemble autour du PAIN partagé. Et la blogosphère est une belle table ronde !

 Jésus peut y prendre place, s’il le souhaite. Pour ce qui me concerne, je l’y invite en trahissant parfois son amour inconditionnel !

 L’unique essentiel, c’est suivre Jésus aujourd’hui :(Évangile selon St Jean, chapitre 21, 20-25)

 Ceci n’est pas une histoire du passé, c’est la Parole de Jésus aujourd’hui et il est savoureux de lire ensemble ce passage de l’évangile :

 Concentrer sur l’unique essentiel

 

« Jésus ressuscité venait d’annoncer à Pierre par quel genre de mort il rendrait gloire à Dieu. En se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. (C’est lui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? »)
Pierre, voyant ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »
Jésus lui répond : « Si je veux qu’il reste jusqu’à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? Mais toi, suis-moi. »
Ainsi se répandit parmi les frères l’idée que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre : « Il ne mourra pas », mais : « Si je veux qu’il reste jusqu’à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? »

 

Il est bon de partager entre nous l’unique essentiel sur nos blogs. Il est bon d’être curieux. Il est bon de se souhaiter, « Tout le bien du monde » !

 

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21/08/2014

Stopper la violence

 

 

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Même si, comme moi, vous vivez les derniers jours de votre vie dans un lieu calme, vous ne pouvez rester indifférents à la société, au monde.

 

Cela m'interpelle directement : la violence en général, la violence systémique, que je constate dans notre actualité.

 

François, évêque de Rome et pape, n'est pas le seul à être confronté à la violence. Il y a violence et violence, dès le « BIG BANG », chemin faisant jusqu'à l'accomplissement ! (Quel mot, et pourtant!)

François n'est pas le seul à justifier le « devoir » de protéger le faible contre le puissant, le dominateur. On « fait un plat » de ses déclarations dans notre réalité mondiale, la nôtre, mais je maintiens que ce que dit le cher pape François n'est que la résonance de la « colère de Dieu » lorsque sa création et ses créatures sont systématiquement saccagées par les trône et les dominations, qu'on peut facilement nommer Putin (à la légère peut-être), ou les variantes d'Al-Qaïda que Bush Jr inscrit dans l'axe du mal...

 

D'autres autorités - autorités religieuses y compris – ont dit le contraire dans d'autres réalités – (Le pape Benoît, alias Ratzinger aurait dit autre chose dans des circonstances assez semblables pourtant par exemple son « couac à Ratisbonne ».

Marie de Nazareth, la mère de Jésus à chanté le Magnificat révolutionnaire alors qu'elle était enceinte de Jésus... Elle pouvait avoir une idée des implications de son chant dans l'histoire d’Israël ou , alors, n'était-ce qu'un aspect de « science fictions » ? Magnificat : ce que moines et moniales chantent chaque jour aux complies du soir ?

 

Oui, la violence est malheureusement nécessaire parfois pour stopper la violence institutionnelles ... des théologiens (dont l'un d'eux est mon ami encore en vie, Dieu merci) l'ont affirmé en Afrique du Sud !

 

Mais c'est en laissant de côté pour le moment seulement, la violence sous toutes ses formes qui pollue les têtes et les cœurs et contre laquelle nous ne sommes pas immunisés. J'y reviendrai.

 

Il me reste la prière du pèlerin russe :

 

« Seigneur Jésus Christ,
Fils de Dieu,
aie pitié de moi, pécheur »

 

 

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20/08/2014

Parce qu’ils sont pauvres

 

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Le pape François nous a rappelé, d’une manière impressionnante, ce que la Bible nous a enseigné et que nous savons depuis longtemps déjà : Jésus se tient aux côtés des pauvres. Les Evangiles racontent inlassablement ce que vivent les chômeurs, les aveugles, les lépreux, les prostituées trainant dans les rue poussés par la faim, les petits paysans pour qui les impôts sont trop lourds.

 

Ironiquement, c’est pour ces gens-là que battait le cœur du Nazaréen. Et ce n’était pas un caprice. Il pouvait toujours, en lisant la Bible, apprendre comment l’Eternel était le Dieu des pauvres, des affamés,  des souffrants et des opprimés ; comment Dieu, par exemple, envoya Moïse avec la tâche de libérer son peuple :

 

Je suis le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob… J’ai vu la misère de mon peuple en Egypte et j’ai entendu leurs cris sous le fouet maîtres ; oui, je connais sa souffrance. C’est pourquoi je suis descendu jusqu’à eux… (Ex 3)

 

Le Dieu de Jésus es un Dieu qui voit la misère, qui entend les plaintes, un Dieu qui ne peut se contenir quand il voit les besoins des hommes. Il nous est cependant difficile de faire face à ce constat. Et notre réaction – pour ne pas dire notre objection – est depuis toujours la même : les pauvres ne sont pas meilleurs que les riches. On n’a qu’à demander aux travailleurs sociaux qui s’occupent quotidiennement des pauvres : Il n’y a pas mal de pauvres qui sont tricheurs et voleurs, qui sont jaloux  et menteurs, il n’y a pas moins d’intrigants et de violents parmi les pauvres qu’ailleurs.

 

 

 

Mais il s’agit précisément de se confronter à cette difficulté. On s’imagine donc toujours que Dieu doit aimer comme nous aimons, et nous aimons parce que les autres sont aimables envers nous, parce qu’ils ne nous ennuient pas, parce qu’ils nous respectent, parce qu’ils ont les mêmes idées que nous, parce qu’ils laissent la cage d’escalier en ordre comme il se doit…Et ainsi nous pensons et nous attendons de Dieu qu’il n’aime que les gens bien, les gens qui ne font pas de difficultés, qui vont à l’église le dimanche, qui payent leurs taxes et qui portent une veste blanche…

 

La Une parole de Jésus me vient tout d’un coup à l’esprit : Lorsque vous n’aimez que eux qui vous aiment… les pécheurs le font aussi ! Et lorsque vous ne faites du bien qu’à ceux qui vous font du bien… les païens ne font-ils pas de même ? Et lorsque vous ne saluez que ceux qui vous saluent… Que faites-vus de spécial ? (Mt 5,46-47)

 

L’Amour de Dieu ne fonctionne pas comme notre Amour : il n’y a pas de comparaison, l’Amour de Dieu a une « logique » totalement autre. Ce n’est pas parce qu’ils sont bons ou même meilleurs que les riches que Dieu les aime et les respecte! Dieu aime les pauvres parce qu’ils sont pauvres.

 

 

 

Il s’agit de cet Amour-là.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction : Christiane Gauemann

 

 

 

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18/08/2014

BURN ON TILL YOU BURN OUT

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15/08/2014

»Maudit, celui qui fausse le droit de l’étranger«

 

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C’est dans le Deutéronome que j’ai trouvé cette sentence sévère (27,19; 24,17), donc dans un livre de l’Ancien Testament, qui n’est pas seulement l’un des fondements de notre foi mais aussi de notre culture.

 En continuant ma lecture, je constatai avec étonnement combien la Bible contient de passages dédiés aux étrangers et aux réfugiés. En voici encore l’un ou l’autre exemple:

 »Si un esclave s’enfuit de chez son maître et cherche refuge dans votre pays, vous ne le ramènerez pas à son maître. Il doit pouvoir s’installer parmi vous, à l’endroit qu’il désire, dans la ville qui lui convient. Vous ne l’exploiterez pas.« (Deutéronome 23,16-17)

  »Votre Dieu ... prend la défense des orphelins et des veuves, et il manifeste son amour pour les étrangers installés chez vous, en leur donnant de la nourriture et des vêtements. Vous donc aussi, aimez les étrangers qui sont parmi vous; rappelez-vous que vous étiez des étrangers en Égypte.« (Deutéronome 10,18-19)

  »Ne livre pas aux ennemis les exilés dans la détresse !« (Abdias 1,14)

 Le texte le plus émouvant, pour moi, c’est la prière que le roi Salomon a prononcée lors de la consécration du Temple :

»...si alors un étranger, quelqu’un qui ne fait pas partie de  ton peuple, vient d’un pays éloigné pour te prier dans ce temple, toi Seigneur, sois attentif et accorde-lui ce qu’il demande.« (1 Rois 8,41-43)

 Ces convictions et ces expériences font partie de notre culture depuis plus de 2000 ans, et il est encore si difficile de les partager !

 

 Hermann-Josef Venetz

 

Traduction: Christiane Gäumann

 

 

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