04/06/2014

Ici Genève!

 

 

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La petite jurassienne du Clos-du-Doubs écoutait à notre première radio « médiator » cette voix fière et chaude, teintée de galanterie, contrôlée, le timbre extrêmement respectueux d’Anatole .  Son accent que nous imitions en rigolant était genevois pure sucre et l’énonciation modulée comme des ondes lacustres rapprochées sans pourtant se chevaucher. Car il prenait le temps de se faire écouter, Anatole ! Ce qu’il disait était pour nous une éducation à partir de l’information. Papa et maman contrôlaient les heures d’écoute (il n’y en avait pas tellement et la plus douloureuse des punitions était d’être envoyés au lit le soir!). Les discussions animées de nos parents politisés de par leur origine, et leur vécu, portaient sur l’actualité ou les « nouvelles :  Maman très française et papa très suisse. Oh les étincelles internationales !

 Genève était à l’époque aussi inaccessible que Cape Town à Delémont aujourd’hui : la voix était le lien. Le lac, la mer prennent naissance sur les ondes !

Ces temps-ci, la population genevoise est en train de célébrer le bi-centenaire de son entrée dans la confédération comme le Jura lui fut « attribué » en 1815 pour finalement tomber dans les pattes de l’ours plus ou moins sympa, c’est selon… Le Jura libre est une entité autonome de la Confédération comme l'est Genève.

 

Comme les Genevois, nous sommes frontaliers,  ronchonneurs mais jamais centrés sur un minuscule égo nationaliste ni élitiste ni hiérarchique … On se ressemble sauf que notre voix est moins cultivée que celle d’Anatole le noble, elle est plus rustique avec des fragrances médiévales manifestes !

 Mais revenons à la Célébration du bicentenaire de l'entrée de Genève dans la Confédération que 17 mois d’événements vont marquer pour se souvenir et repartir vers l'horizon...

 Les illustres visiteurs et invités :

 «Merci à Genève de permettre aux citoyens du Monde d’avoir envie de se sentir Genevois.» C’est ce que dit le Neuchâtelois Didier Burkhalter, venu célébrer à Genève, l’entrée du canton dans la Confédération en 1814. Cela ressemble à une expression diplomatique un peu appuyée ! Pourquoi « avoir envie de se sentir Genevois » alors qu’on est bien dans sa peau, et que l’amitié entre les citoyens les plus variés, est un lien solidaire qui précède et dépassent les festivités… Mais c’est vrai que les invités faisaient partie du beau monde des « gens très bien ».

 Notre blogger Demir SÖNMEZ les montre avec générosité et talent. Un beau lac, la rade, le ciel bleu, des voiliers, les collines et puis au milieu des sourires, des costumes, des fleurs et le discours du maire de la ville, Mr Sami Kanaan qui dit : « Genève ne serait pas ce qu’elle est sans les autres, sans celles et ceux venus d’ailleurs… » et qui eux, ont eu l’envie  de se sentir Genevois et auront été bien accueillis.

 Mais je cherche les autres qui ne sont pas sur les photos et je les trouve dans l’excellente réflexion de Grégoire Barbey que je remercie que je lis et relis en y trouvant un reflet de la société « at large » face aux médias : n’est-ce pas que nos médias, lors d’événements officiels mettent en lumière d’abord les gens « très bien » - avec raison car tous sont biens et bons bien que séparés des autres qui restent dans l’ombre.

 

Georges Brassens se mettrait à chanter son « Petit cheval blanc » :tout le contraire des amateurs de « gens bien » Brassens en souriant avec une tendre ironie chante :

 « Sa voiture allait poursuivant
Sa belle petite queue sauvage
C´est alors qu´il était content
Eux derrière, eux derrière!
C´est alors qu´il était content
Eux derrière et lui devant »

 Tandis qu’au bicentenaire c’était « Les copains d'abord », d’accord, pourvu que les autres soient aussi invités aux festivités !

 Bicentenaire du rattachement de Genève à la Confédération. Scène incroyable
ce week-end lors de la célébration du débarquement des confédérés à Genève en 1814.

 

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avec reconnaissance envers Grégoire Barbey

« D’un côté, les privilégiés, les «élites», comme les qualifieraient certains partis, et de l’autre, les gueux, le peuple, celui qu’on ne veut pas avoir à ses côtés, mais qui nous a quand même placé dans ce rôle tout à fait agréable. »

 A cette occasion, les bloggers, chacune et chacun à sa manière partagent les sentiments bien genevois et qui, comme des bougies, tour à tour brillent, brûlent, éclairent et osent…

 

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