31/05/2014

Ce qui compte

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 De temps en temps je m’interroge sur le sens de ma vie ? pourquoi est-ce que j’existe ? qu’est-ce qui est pour moi le plus important ? le plus décisif ? qu’est-ce qui compte ?

  Cette question, chaque groupement, chaque association, chaque parti politique doit se la poser, mais aussi chaque Eglise, et l’ONU et l’Union européenne. Et ceci, en permanence. Certaines circonstances y sont favorables, comme les périodes de recueillement, les exercices spirituels, les journées commémoratives, les réunions à huis clôt, les votations ou encore les anniversaires. Car pour chacun et chacune d’entre nous, comme pour les partenaires et les groupements de tous genres, la routine et les signes d’usure peuvent entrer en jeu.  Ce qui nous paraissait essentiel perd ainsi de son éclat au cours du temps, ou alors se fracture en détails, en formalités et on finit par tourner en rond.

 C’était – et c’est toujours – la tâche des prophètes et des prophétesses de nous ramener à l’essentiel, à l’authentique, au réel.

 Voici l’un ou l’autre exemple tirés des écrits des plus anciens prophètes de l’Ancien Testament.

Le prophète Amos – qui vécut vers 750 av. J.-C. – prêchait au peuple qui croyait rendre hommage à l’Éternel par des sacrifices et des fêtes : Je hais, je méprise vos fêtes et je ne puis sentir vos réunions solennelles. ... vos oblations, je ne les agrée pas, le sacrifice de vos bêtes grasses, je ne le regarde pas. Écarte de moi le bruit de tes cantiques, que je n’entende pas la musique de tes harpes ! Mais que le droit coule comme de l’eau, et la justice comme un torrent qui ne tarit pas. (Am 5,21-24)

 Michée – qui vécut vers 720 av. J.-C. – se consacre d’abord à la recherche de Dieu : Avec quoi me présenterai-je devant Yahvé, me prosternerai-je devant le Dieu de là-haut ? Me présenterai-je avec des  holocaustes, avec des veaux d’un an ? Prendra-t-il plaisir à des milliers de béliers, à des libations d’huile, par torrents ? Faudra-t-il que j’offre mon aîné pour prix de mon crime, le fruit de mes entrailles pour mon propre péché ?

 Et le prophète en donne lui-même la réponse :

 On t’a fait savoir, ô homme, ce qui est bien, ce que Yahvé réclame de toi : rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer la bonté et de t’appliquer à marcher avec ton Dieu. (Mi 6,6-8)

 Voilà ce qui compte.

 Osée – contemporain de Michée – concentre en une phrase ce que l’évangéliste Matthieu met par deux fois dans la bouche du Christ (Mt 9,13; 12,7):

 C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice ;

 c’est l’amour qui me plaît et non les holocaustes (Os 6,6)

 Voilà ce qui compte.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gäumann

Avec l'aimable permission de l'auteur

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30/05/2014

Farzana Parveen

 

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 Afin d’amorcer le Royaume de Dieu, Jésus désirait aider les gens à prendre conscience de leur dignité propre, cela ne se ferait pas  sans le renversement  des relations sociales au sein de sa société  et du démantèlement des structures de pouvoir entre les différents groupes formant le tissu de sa Palestine et du monde entier.

 Il ne s’agissait pas seulement des Romains dominateurs des Israéliens dominés. Il s’agissait des riches et des pauvres, des femmes et des hommes, des étrangers et des autres… Jésus voulait et veut encore une dignité égale pour tous

 Quelles étaient ces relations et quelles étaient ces structures ? L’Évangile est clair et détaillé : à partir d’histoires vécues il fait une analyse sociale « crystal clear » et la pratique renverse alors le statut quo !

 Au temps de Jésus, les femmes étaient considérées comme des enfants, dépendantes et sans savoir ni pouvoir.  Pour Jésus, les femmes et les hommes ont la même valeur, il le montrait dans son comportement par exemple vis-à-vis de Marie de Magdala , la prostituée que même Moïse soumettait à la lapidation.

 On peut s’imaginer le choc et le scandale pour l'entourage de Jésus : c’était tout simplement mettre le monde sens-dessus . Il est possible que Jésus ait eu une idée de la situation délicate où s’était trouvés sa maman et son papa dès sa conception !

 Jésus était absolument humain comme nous, en plus d’être lucide et plein de tendresse.

 Quelles relations sociales au sein de notre société  et et quelles structures de pouvoir doivent être démantelées ? Aujourd'hui.

 Exemples : Viviane, un jolie jeune fille de chez nous (au Jura dans les années trente ) tombe enceinte.  J’étais jeune et je me souviens de la consternation de sa famille, des voisins, des gens d’Église , de la paroisse.

 On disait : c’est une honte terrible pour sa famille, sa parenté, pour la région… Je crois bien qu’on l’avait fait partir en France pour quelque temps… De son état de santé, du bébé, du géniteur,  pas un mot. C’était comme si elle avait été une lépreuse exclue, une « femme de mauvaise vie » selon l’expression. Je me posais des questions sans pouvoir les révéler à quiconque ni à mes parents d’ailleurs. C’était au 20ème siècle.

 Lorsque mes deux sœurs aînées « fréquentaient » et que les amis venaient à la veillée le soir, les parents surveillaient discrètement les adieux des prétendants !!! Sans doute comme eux-mêmes avaient été surveillés.

 Lorsque je fus dans l’institution des sœurs pour « faire la Normale », et partir en Mission (c’était mon but) j’ai été surprise des avertissements au sujet des rencontres avec les hommes, surtout les jeunes, il fallait garder la distance et on encourageait la « froideur » envers les laïcs.  Pourquoi ?

 La Sœur surveillante (RIP) et un « professeur de casuistique » nous donnaient des cours de comportement. Il fallait « confesser » les « mauvaises pensées ! » comme si le « sex urge » avoisinait le péché mortel alors que la jalousie par exemple passait sous le tapis.

 Sainte Maria Goretti était la patronne des jeunes filles (avec raison) mais on oubliait de souligner notre propre maturité et ... les injustices raciales, religieuses et jes gens qui les combattaient : Joseph Cardijn …   était quelque peu suspect et les « prêtres ouvriers » étaient taxés d’aventuriers…

 Que je fus assignée à l’Afrique du Sud où je fis m on noviciat fut providentiel pour mon équilibre. Ma maîtresse de novice fut une femme d’ouverture en acceptant de discuter avec moi le système d’apartheid découvert dans toute sa perversion. Les 2 ans de noviciat, me dit-elle, sont un « tremplin pour aller plus loin » et grâce à elle, c’est dans un townships sulfureux ou l’ANC était déjà en mouvement que j’atterris.

 Restait à rencontrer les petites gens elles-mêmes, mes consœurs irlandaises gagnées à leur cause et quelqu’un comme Albert Nolan, grâce à qui je peux aujourd’hui encore réfléchir, afin de les combattre, sur les « relations sociales et les structures de pouvoir à démanteler si l’on prétend être disciple de Jésus. »

 Pas besoin de se référer absolument à Jésus :ombreux aujourd’hui sont celles et ceux qui s’efforcent, dans les médias, dans les article de nombreux blogs, dans la politique et par d’innombrables engagements pour un monde plus juste, un monde nouveau de construire un monde nouveau. Les médias dénoncent :

 

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Exemple : ne pas ignorer Farzana Parveen : La jeune pakistanais de 25 ans battue à mort à coups de briques par une trentaine de membres de sa famille à l’entrée du tribunal de Lahore. Son crime ? S‘être mariée par amour contre la volonté des siens dans un pays où les mariages forcés demeurent la norme… La police ne serait pas intervenue… Au Pakistan, près de 1000 femmes ou adolescentes ont été tuées l'an dernier pour avoir «déshonoré» leur famille.

 



 

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28/05/2014

Le Dieu de Jésus

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Il y a quelques jours dans mon blog, j’écrivais quelques lignes sur le film « Moïse » et le Dieu de Moïse comme  il est montré dans le film et dans l’Exode. L'Exode empreint d'une interprétation nationale et religieuse est rédigé du point de vue des vainqueurs. Il évoque la servitude des hébreux (Ex 1), le récit de la vocation de Moïse (Ex 2-4), et se poursuit par la sortie d'Egypte (Ex 5-18) pour se clore à la révélation du Sinaï et la conclusion de l'Alliance (Ex 19-24).

 Maintenant :Le Dieu de Jésus,  Abba, père, dans le sens « géniteur d’Amour » dont nous sommes issus et que nous voudrions communiquer... c'est Sa Bonne Nouvelle c’est-à-dire Jésus de Nazareth.» Abba : le Père, le sien et le nôtre quatre mille ans après l’expérience de Moïse, des Hébreux, des Égyptiens. Dans le synagogue, les Docteurs de la loi enseignaient de Dieu-là, ils l’enseignaient du haut de leur tribune  et le petit peuple restaient pauvres, exploités dominés. Un Exode inachevé …

 Jusqu’à la naissance de Jésus et la prise de conscience de sa Mission qu’il mit en route dès qu’il eut la trentaine.  Parmi ses premier amis, Philippe qui demande : « Montre-nous le Père ». Jésus s’impatiente : Oh ! Philippe, quelle question ! Il y a si longtemps qu’on travaille ensemble… et tu ne réalises pas que le Père et moi, c’est UN ?

 …  Philippe et les autres avaient beaucoup à apprendre,  ils étaient marqués par le « Dieu Puissant » enseigné par les Rabbis et les Docteurs de la loi... à la Synagogue.

 Un peu comme nous sommes engourdis par certains théologiens dogmatiques nous empêchant de voir le « le Dieu de Jésus dans la dynamique de notre vie quotidienne. »

 Ce n’est pas facile de dire comme l’apôtre Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. » Quelle audace !

 Paul l’affirme, et pourquoi pas nous ? Comment croire Jésus, comment croire Paul ? Pourquoi manquons-nous de foi en nous-mêmes ? Notre style de vie, nos actions révèlent le Dieu de Jésus aujourd’hui à notre insu souvent. Que nous allions à l’église ou pas, que nous portions un voile, une calotte, une soutane ou une jupe ou simplement un tablier de service ou pas…

 Jésus n’avait pas de signe distinctif et Luc rapporte ses paroles quand on lui demande sur ses références et ses qualifications qui lui permettent d’aimer les petits et les pauvres !  Jésus :  Allez donc voir «  Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres… Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute! »

 Les Prêtres et les Docteurs de la Loi étaient-ils satisfaits par cette réponse ?

 Jésus avait été élevé par ses parents dans la tradition juive dans un pays occupé par les Romains : les autorités religieuses autant que les autorités romaines étaient riches et puissantes ; les grands prêtres, les descendants d’Hérode étaient des « anciens, des nobles, des riches propriétaires terriens » et avaient adopté le style de vie des occupants, des dominateurs : les romains étaient « craints et appréciés » par les Prêtres qui profitaient de l’injustice écrasant le « petit peuple ». Ils se soumettait à César haï afin de garder leurs privilèges. Ils se référaient à certaines déclarations du Dieu de Moïse, à leur avantage itou.

 Jésus, né et élevé dans ce contexte-là prend peu à peu conscience de la réalité et je ne peux m’empêcher de croire que sa famille : Joseph, Marie, ses frères et sœurs y sont pour quelque chose ! Jésus, un peu comme le Moïse dont les Écritures parlaient, sentit grandir en lui sa Mission, mais pas à la manière de Moïse… Il sentait qu’il devrait mettre sens dessus dessous le système de domination romaine et religieuse… comme des millions de gens le voient aujourd’hui, ne serait-ce que pour survivre.

 Mais le Dieu de Jésus, le mien et le nôtre j’espère, reste discrèt comme quelqu’un qui nous fait confiance :

 « Il entreprit un révolution (A.N.) pas dans le sens d’une révolution politique, mais il s’girait d’abord mais d’une révolution sociale « qui exige une conversion spirituelle profonde afin de renverser les relations sociales au sein de sa société. » (Suivre Jésus aujourd’hui, page 76, Cerf 2009).

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26/05/2014

Les dix commandements

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le film

Les dix commandements sur tsr 2 le 21 mai 2014,  film comme un miroir anticipé notre réalité mondiale en 2014. Il s’est agis des opprimés en Égypte, de Moïse,  des aventures de l’Exode,  des 10 commandemnts de Yahweh pour une vie réussie, il s’est de la trahison par la hantise de la force brutale que donne l’accumulation de l’or érigé en veau : un idole.

 La Banque mondiale, le Fond monétaire international teintés de « civilisation vaguement christianisée » : l’actualité confrontée par d’innombrable hommes et femmes de bonne volonté.

 Le Dieu de Moïse « connu » selon la mentalité de l’époque  a vu la misère de son peuple, il veut le libérer, il leur donne un libérateur, et la « fin justifie les moyens » : les plaies d’Égypte, les confrontations ensorcelées avec l’autorité, les premiers tués sans pitié, puis les Égyptiens ensevelis dans la Mer… tant pis pour eux, tant mieux mieux pour les autres…  mais lorsque Moïse s’attarde avec son Dieu dans un tête à tête sur la montagne, les ex-faiseurs de briques  du Pharaon s’impatientent demandent à Aaron :  « Allons! fais-nous un dieu qui marche devant nous » » On dit à Dieu ce qu’il devra faire ! Aaron s’exécute et le Capital surgit sous la forme d’un veau d’or qui réclame aussitôt autel et sacrifices !  « Grosser Gott, Tout –puissant, exterminateur, vengeur, juge, punisseur…  » Les serviteurs du veau d’or, le pire des pharaons, deviennent ses esclaves. Le virus du capitalisme est, dès lors, tenace, pire, c’est contagieux et menacerait aujourd’hui-même notre planète et notre espèce humaine.

  Le Dieu de Jésus : c’est le Dieu qui devient homme : « Menschwerdung Gottes » en chacun de nous à longueur de vie. Une foi d’autant plus audacieuse qu’elle va de soi et nous est révélée chaque jour dans la nature et avant tout dans le langage et la vie des petits et des pauvres – et cela ne va pas de soi !

 Jésus : l’homme accompli qui révèle le Dieu amour parce qu’il en a fait l’expérience comme vous et moi le faisons de manières fort diverses.

 

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Fr. Maximilian

« L’expérience de Dieu comme Abba est à la source de la sagesse de Jésus, de sa clarté, de sa confiance et de sa liberté radicale. Sans cela, il est impossible de comprendre pourquoi et comment il a fait ce qu’il a fait.  C’est parce que nous n’avons pas encore fait l’expérience de Dieu comme Abba que nous trouvons difficile de prendre Jésus au sérieux et de vivre comme il a vécu. » (Albert Nolan in « Suivre Jésus aujourd’hui » une spiritualité de la liberté radicale, édition du Cerf, Juillet 2009 et « Jésus avant le christianisme » l’évangile de la libération, édition du Cerf 1995).

 C’est comme si le Dieu de Jésus voulait redresser, purifier l’image opaque du Dieu de Moïse et des Hébreux durant l’Exode. Le Dieu de Jésus,  Abba, père, dans le sens « géniteur d’Amour » dont nous sommes issus et que nous voudrions communiquer... C'est Sa Bonne Nouvelle!

 

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24/05/2014

Viens maintenant !

Viens maintenant !

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 En lisant le bréviaire – recueil de l’Église contenant la prière quotidienne des Heures – je tombai, après le Notre Père, sur l’appel suivant:

 Combien de temps encore, Éternel  jusqu’à l’arrivée de ton règne ?

 Viens, notre Sauveur, viens maintenant !

 Le ‚Notre Père’ peut tout à fait exprimer quelque chose de prioritaire. Nous pouvons même prier en insistant : Viens maintenant ! La demande: Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ! souligne bien cette urgence.

 J’entends les enfants affamés gémir et pleurer. Et j’entends les pères et les mères démunis, sans rien pour les nourrir. C’est aujourd’hui encore qu’ils ont besoin d’aide.

 La quête de pardon exprime également quelque chose d’urgent. Et non pas pour que les choses soient ‚réglées’ dès que possible, mais afin que nous nous sentions libérés de nos fardeaux et de nos obsessions.

Je perçois aussi, à chacune des quêtes, l’écho venant de Dieu : Comment puis-je faire valoir ma volonté aujourd’hui si tu ne coopères pas ? Comment puis-je venir maintenant si tu n’es pas là pour me tendre la main ? Comment mon nom peut-il être sanctifié si tu n’approuves pas aujourd’hui cette sanctification ?

 Ne serait-il pas possible de prier le Notre Père en offrant à Dieu notre aide pour réaliser chacune des demandes ? Par exemple :

 Que ton règne viennej’aimerais te tendre la main

 Que ton nom soit sanctifiétu peux compter sur mon aide

 Que ta volonté soit faitetu peux compter sur moi

 Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jourje le partagerai volontiers avec ceux qui ont faim

 On ne peut pas prier les bras croisés ou les mains dans les poches. En tout cas pas le Notre Père.

 Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gäumann

 Avec l'aimable autorisation de l'auteur

 

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20/05/2014

Dénouer les noeuds

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La pensée occidentale est structurée selon le modèle pyramidale, c’est-à-dire verticale.  Bien que pas exclusivement, mais cela se voit clairement dans nos médias : la presse, la radio, et davantage encore à la télévision :

 Par exemple, la réalité paysanne : les laboureurs et les experts :

 Chez nous, l’avenir des paysans modestes est menacé par l’économie de rendement forcé. La surface d’une ferme doit produire « toujours davantage », les vaches laitières doivent donner tant de litres de lait au prix dérisoirement bas, la race chevaline doit être améliorée à tout prix.  Les agriculteurs ne peuvent plus jouir du travail de leur mains qui labourent la terre comme une mère providence et qui permet le pain partagé et la vie de la Nation.

 Les laboureurs ont rarement la parole, car les médias, ainsi structurés en pyramide écouteront de préférence des « experts agronomes » riches en théorie mais nuls en expérience du terrain. Les terriens n’auront qu’un temps restreint de parole : leur vocabulaire simple et clair, leurs phrases courtes, hésitantes ou directes, sans nuances et dures, expriment le vécu latérale que les médias peinent à suivre, peinent à transmettre et préférence est donnée aux formulations abstraites plutôt qu’aux réalités concrètes. Cela crée la frustration chez les « grassroot people » à la pensée horizontalement structurée… et les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs flottent dans un flou qui n’inquiète pas trop et empêche la pensée solidaire qui naît du nœud qui se défait…

 

index.jpgCe nœud est là, à la croisée du latérale et de verticale. À la croisée de l’horizon et de la pyramide.

 Que faire de ce nœud ? Cela dépend de la nature du nœud. L’exemple du monde paysan est sorti du bout de ma plume car terre est mon origine et que notre famille paysanne, comme beaucoup d’autres, se sent étranglée, nouée par les exigences du « farm marketing ».

 Le nœud persiste seulement lorsque les « ficelles » globalisées restent fixées sur elles-mêmes… chaque bout de « ficelle » replié sur son ego, son intérêt particulier.

 Pourtant si la ficelle prend conscience qu’elle est liée à d’autres bouts de ficelle : le nœud se déssère, la relation émerge, permet le souffle créateur parce que relationnel, et la rencontre est une graine de libération : l’écrivain, le journaliste, le paysan sortent tous de la terre-mère et y retournent ensemble pour le meilleur… solidaires.

 Entre temps, le paysan est aussi journaliste et le journaliste est est aussi paysan. Le bien commun est le premier bénéficiaire de la dynamique dénouée.

 Au prix de sa vie Jésus dénoue les nœuds. La croix, bien au-delà du symbole, montre la réalité tragique de notre société aujourd’hui… le nœud défait, desserré, libéré, transformé en horizon qui naît dans les douleurs de l’enfantement.

 « La création tout entière gémit dans les douleurs de l’enfantement » (Rm 8,22)

 

Ajout :


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. Ce tableau, vénéré dans l’église de Sankt Peter am Perlach, à Augsbourg en Allemagne, est intitulé « Marie qui défait les nœuds »

 Au repas de ce soir,  mes consœurs m’ont parlé de « Marie qui défait les nœuds », puis elles m’ont montré l’image en mentionnant que l’évêque de Rome, François, avait une fervente dévotion envers la « Femme de sa vie » : la Saint Vierge, dé-faiseuse de nœuds. Et que cette image est fixée au murs de notre réfectoire et que je ne l’avais pas vue…

 Puis on regarde le « Tageschau. Ch, un « show » vraiment, des nœuds apparaissent :  il est évident que les autorités nouent de toutes parts les efforts des gens qui luttent pour la justice et les neutralisent. Voyez :

 Nœud : Crédit suisse, les lambeaux du sacro sanct secret bancaire et les employers… Comment dénouer…

 Nœud : Poutine-Xi Jinping, , arrière-fond sino russe et  « le nouvel  Ordre mondial » , élections en Ukraine et deux millions d’électeurs privés de vote (Euuronews)… Comment dénouer…

 Nœud : Au Nigeria le rapt de plus de 200 étudiantes, autorités nigériennes lentes et/ ou indifférente… le sort des filles victimes, la douleur des parents… la responsabilité des institutions … comment dénouer…

 La corde à nœuds est interminable, au cœur des nœuds sont des gens, des enfants, des femmes, des hommes, noués par le nœud systématisé qui les étrangle.

Et voici qu’on me fait connaître Marie, la maman de Jésus, la dé-faiseuse de nœud, Jésus a donc de qui tenir. Alors Marie qui desserre et dénoue, hâte l’action militante avant l’étranglement menaçant. Dénoue les nœuds, y compris ceux qui nous habitent.

 

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17/05/2014

Une prière à méditer

 

  Selon la tradition, saint Nicolas de Flue aurait prié quotidiennement en ces termes :

 

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peinture-vitrail par Jacques Düblin

Seigneur, toi mon Dieu,

 Enlève de moi tout ce qui me tient loin de toi.

 Seigneur, toi mon Dieu,

 Accorde-moi tout ce qui me conduit à toi.

 Seigneur, mon Dieu,

 Prends-moi à moi-même et livre-moi tout entier à toi !

 

 Cette prière met beaucoup de gens un peu mal à l’aise. Ne donne-t-on pas ainsi un genre de chèque en blanc à Dieu ? Enlève de moi tout...accorde -moi tout..., ça pourrait parfois mal tourner.

 Je pense cependant qu’en croyant et en priant, on prend certains risques. Est-ce que nous pouvons vraiment avoir la ferme confiance que Dieu veuille le meilleur pour nous ?

 Je sens que cette prière me bouleverse – s’il s’agit bien après tout d’une prière.

 Enlève de moi tout ce qui me tient loin de toi.

 Suis-je bien certain que Dieu veuille m’enlever ce que je ne veux pas lui offrir spontanément ?

 Et ce que je suis prêt à lui offrir spontanément, suis-je bien certain que Dieu le veuille ?

 Accorde-moi tout ce qui me conduit à toi.

 Suis-je bien certain que Dieu veuille me donner et même m’imposer ce que je ne veux peut-être pas ?

 Et même si j’accepte ce qu’il souhaite me donner, est-ce que cela me conduit vraiment à Lui ?

 Prends-moi à moi-même et livre-moi tout entier à toi !

 Suis-je certain que Dieu veuille me prendre à moi-même pour que je Lui appartienne tout entier ?

 Et si je me donne à Lui, mon plus grand souhait ne devrait-il pas être que moi je reste moi-même et que Dieu reste Dieu ?

 La prière de saint Nicolas de Flue n’est peut-être pas tant une prière qu’une invitation à dialoguer durablement et en profondeur.

 

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gäumann

Avec l'aimable autorisation de l'auteur

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16/05/2014

Une semaine de Retraite

 

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Ivan Kramskoi (1837 - 1887)

Être sœur : une vie, un choix ?

 L’historien Jacques Le Goff, juste un an mon cadet, décédé il y a 6 semaines, a été ma référence lorsque je me suis intéressée à l’histoire des « Sœurs », donc de femmes (comme moi) membres d’un groupe, d’une institution, d’un ordre ou d’une congrégation religieuse, comme moi encore.

 Selon mon vécu : il y a la forme et il y a le fond : les deux éléments peuvent être un tout organiquement liés.

 Le fond : selon ma compréhension signifiait partager, éduquer… en vue d’un but : épanouissement  dans la dynamique du quotidien… au service des « petites gens » , de celles et de ceux de la périphérie. (Selon la compréhension de l’époque en 1943). J’ai appris à connaître cette réalité dans mon enfance frontalière (franco-germano-suisse) dans l’atmosphère de deux guerres : 1918 (papa soldat) et 1939 (frère soldat).

 Une famille sans frontières est à l’origine de ma prise de conscience solidaire, d’un « charisme » (terme plutôt religieux) ou un "don" vers la base comme le charisme des agriculteurs, des enseignants, des artisans, des politiciens, des artistes, des journalistes, des philosophes,des médecins qui sont éduqués et « formés » en vue du bien commun.

 Je me suis engagée en spécifiant : « En vue de… ou des « missions » et j’ai reçu une formation d’enseignante que j’adorais ! Cette espérance « Made me tick ! »

 Le charisme est donc le fond, la motivation, en anglais et c’est intraduisible : « That which makes you tick ! » C'est le moteur ...

 La forme peut promouvoir le fond et l’accomplissement de la vocation ou de la profession religieuse ou laïque afin d'accomplir le fond dans ce que j'ai appris à reconnaître comme le "mystère pascal". Pas morne: la dynamique de l'éternel provisoire!

 Le journaliste en harmonie avec la ligne éditoriale de son journal a de la chance, ainsi que tous ceux et celles  nommés plus haut… Tous n’ont pas la même chance en ce qui concerne la forme. La dialectique entre le fond et la forme fut et est continuelle. Et cela s'appelle l'évolution du fond et de la forme... Mais c’est une autre histoire pour un autre billet.

 Mais je pense aux millions d’ouvriers et d’ouvrières dont le fond est LA VIE et la SURVIE au prix de n’importe quelle forme !

 Du 5 au 12 mai, nous étions une vingtaine de « sœurs » à faire un retraite, comme chaque année, sans moyen de communication, en grand silence selon l’expression religieuse, écoutant deux fois par jour la conférence d’un expert en théologie, spiritualité, expérience, selon le thème qui avait été proposé. En méditant et en réfléchissant chacune à sa manière.

 Le but de la retraite n’est pas le repos, c’est selon moi la mise à jour, la mise au point du fond et de la forme dans mon quotidien.

Comme le font les personnes engagées dans les professions citées plus haut. On peut nommer ça la formation continue… les banquiers font-ils cela au FORUM ÉCONOMIQUE MONDIAL à Saint Moritz ? Chacun honnêtement peut-il rendre compte de l’Espérance qui est en lui ? Comment ? « Soyez toujours prêts à rendre compte de l'espérance qui est en vous » (1P 3,16).

Cette invitation à rendre compte m’a beaucoup préoccupée durant tous ces jours de retraite.

 J’ai aussi pensé, dans ma prière silencieuse aux ouvriers de la blogosphère et au précieux partage d’opinions et de points vue différents et enrichissants.

(Notre conférencier n'était autre que Hermann Josef Venetz que vous pourrez lire demain dans le billet dominical qu'il écrit juste pour nous tous et à qui je dis merci.)

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14/05/2014

SOMA

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Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front : la terre n’appartient pas à ceux qui la cultivent et les mines n’appartiennent pas aux mineurs, pauvres « esclaves » des profondeurs qui, comme cela vient encore une fois d’arriver : mangent les humains.

 

« Le propriétaire de la mine, SOMA Komur  Isletmeleri A.S., a confirmé qu'un certain nombre de mineurs ont été tués sans indiquer le bilan des victimes. Selon lui, l'accident est survenu malgré «les plus importantes mesures de sécurité et une surveillance constante». Une enquête a été lancée. »

 

« La société Soma, entreprise privatisée a multiplié près de 2,5 fois sa production en seulement 6 mois… »

 

"Les mesures de sécurité ne sont pas respectées et des améliorations avaient été refusées."

 Aujourd’hui, Soma en Turquie, hier en Afrique du Sud,  la Chine, au Texas USA, en Hongrie … 

 Plus proche de nous et de nature marginale et « associée » : pollution au mercure, électromagnétique, et le Doubs vide de truites et d’eau clair.

 La mort des mineurs turcs, la souffrance des familles, la détresse de tout un peuple : Notre solidarité doit dépasser la prière, la commisération, la recherche de boucs émissaires. Le travail du mineur, celui du paysan, du maçon, de la cuisinière, des fonctionnaires : le travail est noble si les conditions de travail sont respectueuses de la santé des travailleurs et si nous partageons le fruit de la sueur de leurs fronts !

 La lumière dans les mines est ténèbres, la seule lumière des mineurs est la lampe attachée  à leur front : Prions les mineurs de nous éclairer …

 

«Only a miner, bury him quick;
Just write his name on a piece of a stick.

 Though humble and plain be the poor miner's grave

 Beyond, all are equal, the master and slave.»

 « Only a Miner Killed » de John Wallace Crawford (1879)

 

 "Pour arracher le charbon à la terre,
A chaque instant, la mort plane sur eux ;
C’est l’eau, le feu, c’est l’odeur délétère,
L’éboulement au fracas ténébreux,
Qui, tout à coup, viennent ravir dans l’ombre
La vie à l’homme, ô comble de malheurs !
Ces accidents sont fréquents et sans nombre
Fils de Caïn,
bénissez les mineurs

 

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03/05/2014

Consoler Dieu

 Une lamentation


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Dernièrement, en lisant mon bréviaire – recueil contenant les éléments de la prière quotidienne des Heures – je tombai sur un hymne de lamentations intitulé Où étais-tu ? qui débute ainsi :

 

J’étais triste

 Mais toi tu restais indifférent

 J’étais triste

 Mais toi tu n’avais pas le temps

 J’étais triste

 Mais toi tu ne m’as pas consolé

 Et le texte continue dans ce sens.

 J’ai rapidement remarqué que ce n’est pas mon hymne de lamentations à Dieu. J’ai le sentiment que c’est plutôt celui de Dieu s’adressant à moi.

 Comme le disait l’écrivain Heinrich Böll, il y a des années à l’occasion du Vendredi Saint :

 Maintenant le moment est venu de consoler Dieu.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Christiane Gäumann

 Avec l'aimable autorisation de l'auteur

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01/05/2014

Pourquoi sont-ils en prison?

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Michael Walli, 64 ans, Greg Boertje-Obed, 58 ans,  et  Megan Rice, 84 ans sont en prison comme je l’écrivais hier grâce à Dorothée, mon amie et au NZZ am Sonntag…

 Pourquoi sont-ils en prison ?

 Michael Walli, 64 ans vétéran de deux périodes au Vietnam converti en pacifiste, vit à la Maison Dorothy Day pour Travailleurs catholiques à Washington DC.

 

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Greg Boertje-Obed,58 ans, menuisier, marié, avec une fille en âge d’université est vétéran de l’armée et vit dans une maison pour travailleurs catholiques à Duluth, Minnesota.

 Megan Rice est sœur de de la Société religieuse de l’Enfant Jésus, en Illinois.

 Tous les trois sont membres de Transform Now Plowshares : que vos armes soient transformées en charrues. Selon le prophète Isaïe, c’est-à-dire que vos outils de mort soient transformés en graines et en outils de VIE.

 Ils vivent leurs convictions : la Vie d’un être humain, sa dignité, sa beauté, son destin… est la seule valeur universelle. C’est un don du créateur. Nous somme ce DON. Nous sommes donc responsables les uns des autres, inconditionnellement.

 En Suisse et ailleurs

 Nous sommes assis sur un silo d’armes de destruction massive nucléaires, biologiques, chimiques, sans compter la pire : l’injustice des systèmes qui affame les pauvres pour nourrir les riches.

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 Isaïe parle pour aujourd’hui lorsqu’il veut que les armes de mort soient transformées en outils de Vie. Les mouvements pacifistes : Green Peace, écologistes, sortir du nucléaire existent et nombreux celles et ceux qui prennent conscience mais qui manquent de réseaux de solidarité… pour des actions et du soutien à des membres comme Megan Rice,  Michael Walli, Greg Boertje-Obed.

 Leur action a dépassé les analyses, les interminables calculs de dangers, de sécurité… de conséquences.

 Prendre son engagement au sérieux :

Leur déclaration

 « Nous sommes allés à l’installation Y-12 parce que notre propre humanité rejette les projets du nucléarisme, l’empire et la guerre. Notre foi dans l’amour et la non-violence nous encourage à croire que notre activité ici est nécessaire, que nous venons inviter à la transformation, à défaire le travail passé et présent de Y-12,à désarmer et en finir avec tous les efforts ultérieurs pour augmenter la capacité dY-12 vers une structure économique et sociale fondée dans la guerre et la construction de l’empire. ».

 

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 La lutte continue

 Ils sont allés, ils ont agi et les conséquences sont assumées en connaissance de causes ! (voir le billet de hier).

 Mon admiration, ma prise de conscience renouvelée : est-ce que cela suffit ? Ma prière – pas préfabriquée – mais celle qui surgit quand je vois Cuernica ne peut être un « Amen » à la mort ! L’engagement, si balbutiant soit-il doit être un « Amen à la vie » à la résurrection. L’Amen à la Vie, au-delà des armes de destruction massive pulvérisée dans le néant, est le résultat de notre combat… Cette petite vieille Megan Rice et ses compagnons montrent que rien n’est impossible.

 

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