30/04/2014

Les armes : Comment répondre ...

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Une amie de Zurich m’envoie l’article « Militante Nonne » Andeas Mink correespond du NZZ am Sonntag    (image NZZ)

 Pour lui dire merci et parce que c'est ma conviction que là où est l'injustice, il n'est pas question de se taire et qu'il est bon de se souvenir de David Henry Thoreau : « La seule obligation qui m'incombe est de faire en tout temps ce que j'estime juste » même s’il s’agit d’être emprisonné…

 Les médias suisses aussi ont diffusé ce fait, notamment l’agence APIC

 et le  « Portail de l’Eglise catholique »   Femmes pour la paix

Je voudrais remercier Sr Megan, lui dire ma, notre solidarité et celle de nombreuses sœurs en Europe et ailleurs : merci son exemple, motivé par la solidarité humaine... et par la Parole de Dieu, Jésus.

 

o-MEGAN-RICE-facebook.jpgLes remercier : « Elle, Sr Megan, 84 ans, fera 3 ans de prison, et Michael Walli, 64 ans, et Greg Boertje-Obed, 58 ans, feront 5 ans et deux mois … »

 

Sr. Mary Ann Buckley, leader of the American Province of the Society of the Holy Child Jesus, s’est dite attristée par la longueur de l’emprisonnement et Sr Sandra Lincoln a exprimée la solidarité des Sœurs envers leur consoeur.

 Sœur Megan est membre du mouvement pacifiste « Transform swords into ploughshares »  Mais lisons la Bible écuménique Ésaïe 2:2-4 BFC

 « En route ! Montons à la montagne du Seigneur,

 à la maison du Dieu de Jacob.

 Il nous enseignera ce qu'il attend de nous,

 et nous suivrons le chemin qu'il nous trace. »

 En effet, c'est de Sion que vient l'enseignement du Seigneur,

 c'est de Jérusalem que nous parvient sa parole.

 Il rendra son jugement entre les nations,

 il sera un arbitre pour tous les peuples.

 De leurs épées, ils forgeront des pioches,

 et de leurs lances, ils feront des faucilles.

 Il n'y aura plus d'agression d'une nation contre une autre,

 on ne s'exercera plus à la guerre. »

 

C'est urgent...

 

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28/04/2014

Hier sur la Place Saint Pierre

Hier Manuela Salvi interrogeait Denis Müller, théologien et éthicien protestant, professeur honoraire de l'Université de Genève  : « Le djihad des jeunes ou la soif d'absolu ». Après 11.40 de dialogue, Manuela a évoqué ce qui se passait sur la Place Saint Pierre à Rome. La réflexion de Denis Müller (théologien et éthicien protestant, professeur honoraire de l'Université de Genève ) fut comme une lumière de vérité dépouillée d'intérêts institutionnels de quelles natures qu'elles fussent ! Écoutez-le ou re-écoutez-le si vous avez le temps.

 Mais je reviens brièvement à la double canonisation de hier sur la place saint Pierre :

 Derrière des étalages facétieux des grandioses cérémonies teintées de piété, de sainteté, force sécurité … les têtes d’États et chefs de toutes sortes obligent ! Un parterre d’humains, croyants certes, patriotes, touristes et curieux pourquoi pas… Ils étaient tous sincères sans aucun doute...

 Il reste l’arrière du déployement: l’immense foule des civils : victimes ou menacée par des conflits qui profitent aux marchés des armes. Il reste les bannis et les petites communautés de base balayées sous le règne de Jean-Paul 2 . Les victimes aujourd'hui, comme en Amérique latine jadis : une majorité d’enfants, de femmes, de vieillards trop pauvres ou malades pour fuir sans parler d’un pèlerinage outre frontières … C'était et c’est l’actualité.

C'était « l’Église pauvre pour les pauvres » en construction.

 Hier, je n’ai rien vu, très peu lu sinon les quelques remarques des blogueurs qui reflètent et disent ce que beaucoup ressentent et pensent. Heureusement qu'ils existent.

 Nos médias médiatisent la façade, l'étalage.

 « Golias » qui n’est pas ma source préférée. n’est pas tout-à-fait à côté de la plaque.

 Je me réfère plutôt à l’analyse  By John L. Allen Jr. | Boston Globe Staff April 28, 2014  (d’abord reporter au NCR et depuis quelques temps au Boston Globe !)

 Sainthood for two popes more Woodstock than World’s Fair

 Malheureusement en anglais. Excellent.

 J’étais en train de réfléchir sur le reproche qu’avait fait un saint homme au Bon Dieu : « : Pourquoi permets-tu ces injustices, cette misère, ces guerres, ces shows, ces scandales  ? Qu’est-ce que tu fais, Seigneur pour qu’arrive enfin ton « règne » de paix ? »

 Et Dieu répondit : « Je t’ai fait, toi » (cette pensée est de Tony de Mello).

 Je crois que cette réponse concerne chacun de nous et c’est la raison pour laquelle nous essayons d’exprimer nos pensées le mieux que nous pouvons. Et les blogs lus m'ont encouragée.

 Mais je crois que François, évêque de Rome et pape devait accomplir ce qui avait été prévu et agendé bien avant qu'il ne fut pape. Il devait le faire. Ceci dit : il n'a pas joué le jeu. Son intelligence et sa mission restent au cœur des pauvres et il emploie tous les moyens pour, selon sa déclaration personnelle : construire une Église pauvre pour les pauvres... même hier. Merci.

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26/04/2014

L’Impasse

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 Dès ses origines, l’humanité s’est régulièrement posé la question de ‚Dieu’, on en a rempli des bibliothèques : Dieu omnipotent, omniscient, omniprésent. Il a tout créé, il règne sur tout, il voit tout, il entend tout. On pourrait donc dire que tout a été dit, écrit et lu sur le sujet. Mais voilà, nous avons fait de Dieu un sujet, sans jamais le laisser parvenir à la parole. Nous avons projeté sur lui tout ce que nous pouvions afin de le façonner tel que nous nous l’imaginons. Nous avons créé un Dieu selon nos propres images et allégories, et ainsi nous nous dirigeons vers une impasse fatale.

 Mais Jésus pourrait nous sortir de cette impasse si nous posions vraiment notre regard sur lui, sans vouloir en faire ce Dieu que nous connaissons bien et dont nous prétendons savoir qui il est et ce qu’il dit. Si, quand nous parlons de Jésus, nous ne faisons que répéter ce que nous croyons savoir de Dieu, qu’il est omnipotent, omniscient, omniprésent, nous continuons à tourner en rond et finissons dans une impasse. Il n’y a que Jésus pour nous sortir de cette impasse, à condition de ne pas le réduire à un sujet, mais bien de le laisser s’exprimer, et aussi de le suivre sur son chemin vers ceux qui n’ont rien, qui ont faim, les étrangers et tous ceux qui sont bannis.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gäumann

 Avec l'aimable autorisation de l'auteur

 

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23/04/2014

Comme un chant d'oiseau

Suisse: Violences à Berne en marge de la finale de la Coupe

 Actualité Général du 22 avril 2014 @ 8:35

 Quelques-unes de mes consœurs aiment bien regarder un match de foot à la télé. : par exemple lundi après-midi.  J’ai  regardé ce pauvre ballon rond malmené dans tous les sens par des coups de pieds, des coups de têtes sous les hurlements, les sifflements, les gestes de polichinelles passionnés et chauffés à blanc… Je ne sais plus mais je crois que les Zurichois sont arrivés à faire entrer la balle dans le net de Bâle et ce fut le délire : là-bas et ici.

 

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C’est vrai que papa et mes frères étaient des fans de foot sans trop savoir qui était pour et qui était contre surtout à l’époque lorsque  Squibbs, de son vrai nom Marcel-William Suès faisait « youtser » ma famille assise à côté de la radio « mediator » . Quand c’était fini, on se partageait une bouteille de bière qui avait été mise au frais dans l’auge des vaches.

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Ce souvenir m’a fait sourire ce lundi après-midi mais nul n’aurait deviné la raison : on était trop « tendu » à l’approche d’un goal …  de Bâle ou de Zurich avec  une espèce d’appréhension… ou même une sournoise et malsaine « envie » d’une échauffourée et l’on verrait ces braves « policiers » à l’action.

 J’ai repensé à l’histoire d’un homme que j’aime, Anthony de Mello, et qui, avec Jésus. s’intéressait au sport aussi bien qu’à la méditation : au fond, cela dépend de nous que les deux ne fassent qu’un.

 Jésus au Match de Football : des amis avaient invité Jésus-Christ à cette première entre Poinçonneurs protestants et les Croisés catholiques. Au premier goal des Croisés, Jésus applaudit à tout rompre et il jeta son chapeau en l’air.  Au premier goal des Poinçonneurs, Jésus fit exactement la même chose et son chapeau voltigea en l’air… C’était pas normal : on lui tape sur l’épaule en disant : mais pour quelle équipe manifestez-vous ? Et Jésus de dire : Oh ! je suis ici rien que pour le plaisir de voir le jeu…

 Sur le chemin du retour, on expliqua à Jésus que dans notre société actuelle on pense toujours que Dieu est du côté de l’équipe gagnante et tant pis pour les perdants.

Jésus qui pensait peut-être aux multiples petits ballons ronds dit : « C’est pour ça que je n’appuie pas les religions : j’appuie les hommes (et les femmes bien sûr), l’homme est plus important que le Sabbat. Un copain lui dit « faites » attention, Jésus, vous été crucifié une fois pour avoir dit une chose semblable, vous savez ! » « Oui, et par des gens de religion dit Jésus avec un sourire en coin ».

 (Mon adaptation libre d’après « Jésus au Match de Football, Anthony de Mello, sj, in « Comme un chant d’oiseau » Desclée de Brouwer, 1984, p 160)

 

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19/04/2014

La nostalgie de Dieu

 

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La mystique Mechtilde de Magdebourg, qui vécut au XIIIe s., aurait dit :   Dieu a assez de toute chose, mais il ne se lassera jamais du contact avec l’âme. Il semble que Dieu désire les humains comme s’il ne pouvait jamais s’en lasser. Sans distinction entre les bons et le méchants, les forts et les faibles; même moi, je pourrais être concerné.

  Dans un cantique au Saint Esprit, on chante : Esprit Saint, viens et touche mon moi caché. Le moi que je ressens au dedans, avec ses forces et ses faiblesses, avec tous ses espoirs et ses craintes, ne représente pas mon moi complet. Mon moi réel, dans mon intériorité profonde, me reste caché. Mais Dieu doit toucher ce moi, il désire y parvenir.  

Dans ses ‚Confessions’, saint Augustin (qui vécu aux IVe/Ve s.) désigne Dieu comme deus intimior intimo meo. Cela signifie que Dieu est plus intime en moi que ma propre intimité, plus proche de moi que moi-même. Ici non plus, il ne s’agit pas de mon moi superficiel. Dieu veut pénétrer en moi, au plus près de mon intimité, de mon moi profond. Dans chacun d’entre nous, même le plus corrompu, se trouve un tel moi.  

L’idée que Dieu éprouve la nostalgie de notre moi intime me poursuit.   Dernièrement, je me trouvais dans un bus arrêté à la place Python, à Fribourg. J’aperçus par la fenêtre un groupe d’enfants et de jeunes gens handicapés, un peu à l’écart d’un rassemblement qui se tenait sur la place. Une jeune femme du groupe balançait son corps sans cesse d’avant en arrière. Je me posai alors la question : est-ce que Dieu a aussi la nostalgie du moi de cette créature ?

Et est-ce justement sa nostalgie qui se manifeste dans les mouvements plutôt primitifs de cette jeune femme ?  – Et se pourrait-il aussi que cette jeune femme ne puisse exprimer sa nostalgie de Dieu que dans ces mouvements ?  

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gäumann

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

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18/04/2014

Vendredi Saint: Histoire vivante?

 

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Liturgies : ne se trompe-t-on pas de lieux ?

Les textes liturgiques de cette après-midi, vendredi-saint, semblaient, selon moi, fades, neutres, monotones au possible: le harcèlement, l'arrestation, le procès, le jugement, la condamnation et l’exécution de « l’homme nommé Jésus » : tel est le contenu, lu, - in a nutshell - durant l’interminable cérémonie de ce Vendredi-Saint. Personne n’était tenu d’y assister jusqu’à la fin. Je suis restée mais ma tête et mon cœur se sont échappés hors murs:

 dix ans en arrière à Saint Ursanne alors qu’expirait Jean, mon frère, rejoignant sous mes yeux l’ »Oméga : Hors espace temps ». (Teihard de Chardin, Georges Haldas)… Et au-delà des frontières :

 Jésus aujourd'hui :

 Afrique du Sud :à Marikana, les mineurs en grève pour un salaire décent, sont fusillés sous le régime Zuma…

 Syrie : tueries de masse à Damas, des « camps sauvages » envahissent le Liban et on compte scrupuleusement les réfugiés syriens arrivant en Suisse… et des centaines de milliers d'enfants martyrisés...

 Israël : air strikes et rocket attaques … le pays natal de Jésus...

 Centre Afrique :  les femmes, la population   musulmane attaquée…

 Nigéria : des usines à bébés découvertes…

 En Indes : viols… violence

 

Un coup d'oeil à Amnesty Internationl… Jésus vit et souffrent en ses frères et soeurs ... Mais où est le lien, où est l'osmose, plus simplement la contextualisation de Jésus ?

 C'est bien de citer l’intellectuel Blaise Pascal  : « Jésus est en agonie jusqu’à la fin des temps, ne soyons pas endormis… » mais on oublie de  citer Jésus lui-même : « Ce que vous faites au petits, aux pauvres, vous le faites à moi… »

 Il me semble que notre liturgie ne nous aide pas à actualiser Jésus. Nous affirmons notre foi en lui. Cela suffit-il ?

 Sa vie, sa lutte, sa souffrance est au cœur de l’actualité à travers les siècles et particulièrement aujourd’hui.

 Pourquoi, si l’on veut « commémorer » ce vendredi saint, n’irait-on pas, quelle audace et au péril de notre vie, là où il souffre, agonise et meurt à l’heure où nous « adorons cette croix » en toute sécurité !? Pourquoi ne pas l’approcher en notre prochain le plus proche et « essuyer ses larmes et son visage. Pourquoi ne pas nous joindre à la prière muette des vieilles et des vieux attendant… avec Jésus « que tout soit enfin accompli » ?

 Pourquoi ne pas mettre à jour la vie de Jésus, son message, sa vie, sa lutte, sa mort dans l’actualité de notre monde PRÉSENT ? Dans la liturgie de la semaine sainte ?

 Pourquoi ne pas une fois pour toutes descendre Jésus de toutes ces croix et le chercher, le trouver, oui, le trouver et l’adorer là où il se trouve comme il l’a dit ?

 Ce soir face à l’écran, je reconnais que cette réflexion me concerne et ne veut d'aucune manière dévaloriser les commémorations et les méditations auxquelles je m'associe librement.

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17/04/2014

Réflexion personnelle

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Ce dernier repas en famille

 Avant de dire Adieu à la Suisse romande, il y a sept mois de cela, j’ai passé une semaine dans mon Jura natal pour dire merci à mon frère à Bienne, à mes neveux et nièces : au Clos-du-Doubs, en Ajoie, au Val Terbi. C’était très simple : Nous avons  ensemble partagé un bon repas, du bon pain et du vin bien chambré, nos soucis et nos espérances et jeté un regard sur le chemin à poursuivre : la route vers la Vie. Ce souvenir reste agréable et réconfortant.

 Dans les contacts qui se poursuivent, ces derniers repas sont le repère d'une communion dans la fraternité et dont le souvenir anime nos relations actives, dans des libertés mutuellement respectées.

 Je crois que Jésus de Nazareth qui sentait venir sa fin, a simplement désiré actualiser le partage de sa vie, de sa vision, de son immense et inconditionnel amour au cours d’un repas ultime avec ses amis et sans doute avec sa mère. Pour dire merci, pour dire Adieu et pour dire : continuons la route ensemble dans la communion.

 Jésus a préparé le menu en entier : en plus de ce qui n'est pas mentionné : le plat de Résistance : le pain et le vin. Après les préparations et avant la jouissance, Jésus a lavé les pieds empoussiérés de ses invités comme il était coutume en ces lieux et à l'époque.

 Jésus est l’hôte et il accueille inconditionnellement ses amis !

 Tous ressentaient certainement l’angoisse d’une « chose » innommable mais refusaient d’en prendre conscience car la Pâques approchait et ses réjouissances.

 Seul, très seul, Jésus savait que la haine, la jalousie des pouvoirs et des dominations « religieuses d’abord et de Rome ensuite» allaient avoir raison de son annonce d’une Bonne Nouvelle à tous les « hommes et femmes de bonne volonté ». Il s'était caché, il s'était dissimulé, il leur avait échappé à maintes reprises, il était l'exilé en fuite...

 Jésus avait une conscience aiguë de sa mort proche, de son départ et il désirait un repas d’amitié, une agape en famille et c’est ce qu’il organisa et fit ce soir-là … C'était le dernier moment. Ce soir dans nos Églises, les célébrants remémorent cette « sainte cène » d’une manière selon moi, très « spiritualisée, lointaine et abstraite ». Et c’est bien dommage. Car le partage du pain et du vin, financièrement et économiquement parlant et au niveau planétaire n’est-elle pas la meilleure commémoration que nous pouvons faire en plus de l’acte de foi qui nous motive : la Vie, la Mort, la Résurrection de "l’Homme nommé Jésus ?"

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15/04/2014

Ne se trompe-t-on pas d’époque ?

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Timothy Schmalz

Une femme nommée Jasmin, sud-africaine d’origine « afrikaner », me disait : « On parle des souffrances de Jésus… la souffrance des Africains noirs chez nous est-elle moindre que celle ce Jésus sur son chemin de croix et crucifié ? »  Les bidons-villes, les slums, les mines, les chantiers, les « prison farms » les travaux forcés… en Afrique et l’échelle planétaire…

 Que de structures économiques, que de murs visibles et invisibles nous séparent les uns des autres… que de guerres à basse intensité, que de conflits larvés, de millions d’agonisants dans la brousse, dans les ruines d’Homs… du Centre Afrique …

L’inévitable migration dans tous les sens ! Que de riches angoissés, de réfugiés, d’étrangers terrorisés. De lois, de passeports , d’arrestations, de prisons.

 C’est comme un tsunami de la souffrance humaine, un tsunami de fabrication d’armes, un tsunami de victimes, de morts de fosses communes … Nous sommes d’autant plus responsables parce que nous savons et que nous sommes conscients même si nos moyens d’action sont faibles ou nuls. Nous ne pouvons pas vivre, encore moins vivre cette « semaine Sainte » inconscients de ce que nos sœurs et nos frères vivent dans leur actualités, alors qu’à genoux : nous embrassons la croix.

 Oui, Nous le reconnaissons, il y a de nombreux Simon de Cyrène inconnus dans cette « comédie humaine » ; oui il y a d’innombrables Véronique pour panser les plaies et essuyer les visages et les larmes … les médecins sans frontières, les reporters sans frontières, les pacifistes, les indignés, les révoltés, les manifestants, les œuvres de justice, de charité, de miséricorde… sur ce chemin de croix de notre ère post-moderne.

 Mais il ne faut pas se leurrer : c’est une vraie et douloureuse montée vers Pâques que notre population mondiale accomplit et, c’est aussi vrai que François pape a raison quand il parle de la mondialisation de l’indifférence, et Albert Nolan a raison quand il parle de la mondialisation de la compassion et de l’empathie.

 Ne se trompe-t-on pas de lieux et d’époque dans nos liturgies minutieusement préparées et pieusement vécues, mais qui manquent de « mises à jour »,  ou comme l’avait fait remarquer Martin Buber (juif) , il manque l’actualisation de la résurrection ! L’actualisation du chemin de Croix stagne dans l’abstraction d’une histoire passée alors que Jésus n’a rien voulut d’autre que de donner un sens à notre Histoire humaine. Aujourd’hui. Jasmin avait raison.

 

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14/04/2014

Nettoyage du Temple hier et aujourd'hui

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Jésus aujourd’hui et hier : les systèmes financiers et le temple à Jérusalemsont la cible de Jésus...

 Il sait ce qui l’attend et poursuit sa montée. Il arrive au temple, la Maison de Prière comme le sont nos chapelles, églises, cathédrales… et nos coins de prière « fait maison » : un lieu sobre, dépouillé. Ce lieu peut aussi être sur une colline, sous un arbre ou sur un tas de foin comme je le faisais à l’âge gamine.

 Jésus, juif, ayant laissé son ânon et les hosannas de joie en bas, monte au Temple pour y découvrir là, une des sources de la pauvreté : le système économico religieux et les agents de Mammon. Les Hosannas des pauvres résonnent encore en son cœur…  et se mutent en cliquetis, pièces et pièces de monnaie, marchandage des hommes d’affaires,  plaintes des bœufs, bêlement des moutons, beuglement des vaches et roucoulement des colombes en cage !

 Une place du marché sur le parvis parvis du Temple.  Le commerce allait bon train : les « fidèles » offraient le meilleur animal, pour les sacrifices, les agents du Temple gardaient les meilleurs et revendaient les autres… a « roaring trade ». L’argent romain était interdit : il fallait donc des tables pour les échanges en argent du Temple : que de calculs !

 Jésus voit cela avec le regard des pauvres qui ont soif de justice, mais avant tout avec le regard de son Abba, son Père et notre Père ! Jésus est en colère contre le système : il renverse les tables des convertisseurs de devises, il libère les animaux, ouvre la cage aux oiseaux. Il est en colère contre le système ecclésiastico-financier : le capital, les taxes, l’usure, le trading, les deals sans parler du « blanchiment » de l’argent et des « sacrifices » sur le dos des petites gens, aujourd’hui comme hier.

 Au Temple de Jérusalem, je ne crois pas que Jésus aie physiquement agressé les marchands car ceux-ci étaient soit des « fidèles » qui profitaient de se faire quelques sous, soit des fonctionnaires qui « fonctionnaient » comme tant de nous le font dans nos systèmes respectifs. En s’interdisant la critique !

No entrance for Wistle blowers.

Jésus donc invite les commerçants, les marchands et les dealers à la liberté : il s’agira de chercher un autre travail : honnête, avec une rémunération pour satisfaire les besoins communs d’abord et le partage du reste ensuite… ou l’épargne pour satisfaire d’autres besoins plus tard.

 Je ne sais pas ce que Jésus ferait aujourd’hui au Vatican, sensé être « SA » images.jpgmaison après tout ! François Bergoglio, pape, est sérieux lorsqu’il remet en question le système bancaire qui s’est érigé en un « marché du Temple » remarquablement efficace parce que corrompu. Depuis longtemps la dîme des veuves et des pauvres tombe dans les caisse du Vatican. C'est un scandale. François veut changer le système comme Jésus veut changer le système des marchands du Temple. Il ne va pas agresser les fonctionnaires, ecclésiastiques ou pas : il leur offre l’analyse, la reconnaissance de la vérité. Il leur offre la conversion. Ou la démission, ou les deux à la fois. C'est en route...

 Pour Jésus de Nazareth, sa colère et son action publiques au moment le plus scabreux de l’année signifie qu’il est exposé au regard de tous. Aujourd’hui on dirait: c'est suicidaire ! Les docteurs de la Loi demandent :« Par quelle autorité fais-tu cela ? » En d’autres termes : par quelle vérité ?  A la question de Pilate : « La vérité, c’est quoi ? », Jésus répond : « C’est Moi. » Et Jésus n’est pas quelque chose d’abstrait: il vit aujourd’hui et souffre et meurt aujourd’hui dans nos réalités comme hier dans sa société.

 Nos temples, nos synagogues, nos cathédrales, nos églises ont-elles des parvis accueillant les étrangers, les pauvres, les marginaux... chacun de nous comme dans la maison paternelle ? Je crois que oui.

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13/04/2014

Jésus aujourd’hui et hier...

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Il montait vers Jérusalem sur laquelle il avait pleuré. Durant pas mal de temps, il se dérobait et s’en allait tel l’exilé, et le réfugié chez nous, car il craignait qu’on l’arrêta. Il y avait de l’agitation dans l’air comme on sent l’agitation avant une émeute, une descente dans les rues, à Sharpheville, sur la Place Tian'anmen, à Genève, à Zurich, à Delémont, à Reconviliers. Les Indignés du temps des mouvements pour le Droit à la dignité humaine, pour démolir les murs anti-apartheid, pour le Droit d’asile, le droit au travail des ouvriers licenciés. Les participants manifestent, ils défendent une cause : le travail, le pain, la vie, la liberté.

 A Jérusalem, pas de syndicats, pas de mouvements de contestation populaires : on avait fait croire aux pauvres que tel était leur sort et qu’ils devaient s’en contenter. Subtilement et à l’échelle mondiale, des mécanismes font «croire aux pauvres que Dieu les aime »… Que fait notre Église face à « CELA » ?

 Qui, aux abords de Jérusalem, avait donc perçu cet homme de Nazareth, venir vers la ville en ces jours mouvementés d’avant la pâques !?

 Ceux qui le craignaient, l’enviaient, le jalousaient,  espéraient un jour ou l’autre en finir avec cet agitateur mais pas si tôt … Plus tard…

 Un pauvre perçut le pas cadencé de l’homme de Nazareth et aperçut son regard de tendresse : il faut peu de temps pour rassembler une foule de pauvres, d’estropiés, de femmes, d’enfants, de prostitué(e)s, de lépreux, bref la « constituante » de Jésus, celui que le prolétariat aurait élu comme sauveur et leader sil un système démocratique avait existé !

 En un clin d’œil, la foule le vit et se mit à chanter, danser de jubilation : « hosanna » « sauve, maintenant ! » ou « sauve donc ! », « donne le salut ! » (Wikipedia)

 Que signifiait cet impératif : « Sauve donc ! » ? pour la foule des pauvres sus-nommés ? A nous de réfléchir ! Qu’est-ce que cela signifie aujourd’hui aux Nations Unies ?

 Qu’est-ce que cela signifie : « Sauve donc » au Centre Afrique, en Syrie, en Inde, en Europe ? A qui s’adresse ce cri de désespoir, non pas à Lampédusa seulement, mais bien plus proche de nous et bien au-delà des côtes d’Italie !

 Jésus, assis sur son petit âne,  face au cri d’angoisse du petit peuple, savait que « son heure » approchait, il a dû sentir l’angoisse et l’impuissance envahir son âme, il savait qu’il allait les décevoir au point où cette même foule instrumentalisée encore une fois allait bientôt hurler : Tolle ! Tuez-le !  Sa cote de popularité allait chuté en quelques jours ! Et qui pour le soutenir jusqu’au bout ?

 Avez-vous peut-être fait l’expérience d’un prés-sentiment qu’un espèce de martyre vous attend si vous continuez un certain engagement… mais vous allez de l’avant, pas seul, jamais seul mais profondément seul, vous traversez l’enfer des rapports de forces tellement inégaux … jusqu’à l’inattendu…

 Jésus savait ce qui l’attendait...

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12/04/2014

Regardez en avant !

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 Se creuser la tête et se torturer pour savoir ce qu’on a fait de faux ou qu’on a négligé n’a pas beaucoup de sens. Et quand il nous arrive quelque chose de douloureux, ne nous demandons surtout pas : Mon Dieu, pourquoi me punir ? Bien entendu, il est nécessaire de mettre de l’ordre dans notre vie quand les choses tournent mal, lorsque c’est possible. Nous devons demander pardon aux personnes que nous avons offensées, mais sans nous torturer. Les reproches que nous nous lançons ne font que nous bloquer, et Dieu n’a pas le moindre intérêt à nous punir. Il vaut beaucoup mieux rester dans le maintenant et agir du mieux que nous le pouvons, sans stress, durant le temps qui nous est imparti.

Un jour, les gens vinrent à Jésus et lui rapportèrent que la tour de Siloé s’était effondrée en écrasant dix-huit personnes. Jésus ne voulait pas qu’on pense que les victimes étaient des pécheurs. Ces gens n’avaient rien de plus à se reprocher que les autres habitants de Jérusalem. La seule conséquence à tirer de ce regrettable incident est celle-ci : Rentrez chez vous et cherchez Dieu, pour le suivre sur sa route (Lc 13, 1-5).

Un autre jour, Jésus, accompagné de ses disciples, croisa un homme aveugle de naissance. Les disciples, recherchant spontanément la faute, lui demandèrent : Qui a péché , lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? La réponse de Jésus fusa : Ni lui ni ses parents. Ne cherchez pas la faute, ne vous occupez pas du passé. Regardez en avant, voyez plutôt les chances que Dieu dans sa sagesse offre à cet homme.  Et laissez-vous embarquer dans les plans de Dieu (v. Jn 9, 1-3).

Les croyants ne se laissent pas abattre par leurs propres fautes ou celles des autres. Ils se tournent vers Dieu, qui ne veut que la vie pour tous.

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Christiane Gäumann

 Avec l’aimable permission de l’auteur

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09/04/2014

Communauté humaine

 

« Il y a sans doute dans la prière une communauté humaine dont Facebook et tous les réseaux sociaux n’offrent qu’à peine un avant-goût »

 

 

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07/04/2014

Pour la dignité des morts

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with gracious permission from Bruce Clarke

 La commémoration de « l’inacceptable accepté », je sais que Bruce Clarke, l’artiste plasticien « n’accepte pas l’inacceptable ». Sa vie durant, il lutte avec son art contre et fait voler en éclats les hypocrisies qui polluent l'intelligence humaine. Bruce le dit : « C’est le temps des barbares anonymes, le temps de la domination, le temps des dominés et des dominants »

 En Afrique du sud, nous étions conscients de cette barbarie, et de l'évidence de la révolte dans la lutte solidaire avec les dominés. Aujourd’hui tout semble être dissout dans l’ « abstraction vaporeuse » des médias et des analyses hâtives et superficielles. Notre prière semble molle et pré-fabriquée… on dit amen à n’importe quoi.

 A journal Radio 1ère Bruce, à 12h30, a magnifiquement expliqué pourquoi les images ont quelque chose d’étranger à la culture rwandaise. Sa sensibilité pour, et le respect de l’autre est admirable.

 A Lausanne, à Genève, ailleurs j’espère, nous allons nous recueillir ce soir devant ce qui reste du génocide : des hommes debout. Ils sont les ancêtre de l’avenir.

 Mais comment en est-on arrivé à ce 7 avril 1994 ! J’ai lu avec soulagement de le blog de Fred Oberson

 Et, dans « Regards croisés » de Djemâa Chraïti :

 Rwanda - De commémoration en silence et de silence en commémoration

 Cela me donne le courage de dire ce qui suit :

 En 1973, j’ai rencontré, au Centre d’étude jésuite Lumen Vitae à Bruxelles, deux sœurs et un prêtre missionnaires venus du pays des « mille collines ». J’étais consciente de l’ambiguïté du rôle des Églises, de l’Église catholique à laquelle nous appartenons. Nos échanges ont révélé que la hiérarchie des Églises au Rwanda comme en Afrique du Sud étaient quasiment de « connivence » avec la Loi et l’Ordre des Autorités des dominants !

 Au Rwanda, ces deux sœurs et ce prêtre, proches du petit peuple rwandais, Tutsi et Hutu, étaient en conflit avec l’évêque du Diocèse, Mgr Perraudin.

 En Afrique du Sud, les supérieurs ecclésiastiques marginalisaient, menaçaient, déplaçaient  les religieuses et religieux engagés par l’intermédiaire des supérieures ! Comme Perraudin au Rwanda.

 Les missionnaires au Rwanda avaient déjà vu la perversité d’une mentalité soit disant chrétienne occidentale qui se croit être la norme lorsqu’il s’agit de former et d’introniser une hiérarchie « autochtone » quasi autant que pour les dogmes. Des prêtres de la congrégation Joséphite furent assassinés en 1973, suivi d’autres meurtres. « Le président et l’archevêque n’interviennent pas »

 En Afrique du Sud, lors de meurtres de religieux, les autorités semblaient insensibles car elles avaient averti les personnes solidaires du petit peuple des dangers ! Mais je ne m’étends pas.

 Je suis triste et déçue que François, pape venant de l'Argentine au passé sulfureux, ayant rencontré les évêques actuels du Rwanda parle ôse parler de réconciliation avant de mettre cartes sur table historiquement avec ses propres frères dans l'épiscopat.

 « N’ayez pas peur » a lancé le Pape aux Rwandais, « construisez votre société sur le rocher de l’Évangile, dans l’amour et la concorde, c’est seulement de cette façon que peut se construire une paix durable ». Le Pape a dit se souvenir avec affection de la visite, cette semaine au Vatican, des 9 évêques rwandais, puis il a récité un « Je vous salue Marie » pour le peuple rwandais, avec les dizaines de milliers de fidèles présents Place Saint-Pierre.

 C'est déjà ça, mais cela ne suffit pas, la commissions de vérité et réconciliation en Afrique du Sud exigeait :

 « Full disclosure » de leurs crimes par les coupables : en présence des victimes ou des parents des victimes mortes. Une confession publique devant les médias et de cette vérité avoué dépendait l’amnistie… puis la réconciliation ! Car les auteurs seuls ont connaissance des crimes commis par eux-mêmes »

 Ceci dit la mort dans l’âme,  je dois dire que les victimes, elles-mêmes savaient très bien qu’elle était la nature, la violence et la perversité des crimes perpétrés parfois en toute impunité ou même sur ordre du système de sécurité nationale.

 L’Église catholique a-t-elle tout avoué ? Le document KAIROS, à lire absolument  met en lumière cette réalité en Afrique du Sud, au Rwanda et ailleurs. et  

 Lire l’excellent interview avec  l’historien Lukas Zürcher dans « une étude sur l’ambivalence et les contradictions de l’aide suisse. »

 Comment prier : pardonne-leur : il ne savent pas ce qu’ils font ?

 Albert nous disait que, afin de pardonner, il faut que le coupable demande pardon. Les Églises demandent aux pauvres de pardonner aux riches, mais, est-ce que ces même Églises demandent aux riches de demander pardon aux pauvres ?

 Quand un pape, 50 ans ou plus après les faits demande pardon dans un endroit où les victimes sont absentes, il demande pardon, c’est bien, mais les morts pardonnent-ils de l’au-delà ?

 La réconciliation n’est pas facile car, d’abord, nous sommes notre Ego orgueilleux est blessé… il s’agit d’abord de dialoguer !

 L’Église catholique au Rwanda est-elle digne d’encourager les victimes à pardonner aux bourreaux ?

Respectons au moins la dignité des morts !

 

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05/04/2014

Lorsque Jésus fut baptisé ...

 

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 Les quatre évangélistes racontent le baptême de Jésus, qui eut lieu juste avant ses apparitions publiques, en y mettant chacun l’accent un peu différemment. Ce n’est pas étonnant. Le fait que Jésus ait été baptisé par Jean-Baptiste posait un problème aux premiers chrétiens. Si Jésus a reçu le baptême de Jean-Baptiste, ce dernier était donc plus important que lui; ainsi certaines personnes bien-pensantes voyaient en Jean-Baptiste le Messie. Il a fallu donc remettre les choses en place. Celui-là (Jean-Baptiste) n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière, comme il l’est écrit dans le Prologue de l’évangile de Jean (1,8).

Pour les évangélistes, il ne s’agissait pas tant des faits relatifs au baptême mais bien plus de l’interprétation des événements. Les textes sont remplis de renseignements.

 

-       ...et voici que les cieux s’ouvrirent, c’est comme un appel au secours du peuple en exil : Ah !si tu déchirais les cieux et descendais (Is 63,19);

 

-       l’esprit de Dieu est le même que nous trouvons lors de la création du monde: un souffle de Dieu agitait la surface des eaux (Gn 1,2);

 

-       Jésus, le serviteur, élu de Dieu qui met sur lui son esprit, est le Fils de Dieu (Is 42,1).

 

On pourrait en rappeler ici bien plus. Un concentré de théologie de plusieurs époques et sous diverses facettes.


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Mais aussi diverses que soient les descriptions des événements par les évangélistes, ce qu’on retrouve chez chacun d’eux, c’est la colombe. Dans les temps anciens, la colombe avait une signification religieuse, également en dehors du christianisme, on voyait en elle un oiseau plus proche des cieux que toute autre créature. Mais elle signifiait encore bien d’autres choses: la beauté, la grâce, la douceur, la tendresse. Elle inspirait la poésie amoureuse, comme dans le Cantique des Cantiques de l’Ancien Testament, lorsque le bien-aimé s’extasie : Tes yeux sont des colombes (1,15).

 

On ne peut se figurer le baptême de Jésus sans la colombe, symbole de paix et de tendresse. On ne peut pas non plus en faire abstraction dans la relation de Dieu avec son Fils bien-aimé et toutes les créatures de Dieu. Dans la Première Epître de Jean (4,8) il est écrit :

 Dieu est amour

 et on pourrait aussi bien ajouter :

 Dieu est tendresse.

 Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gäumann

 Avec l'aimable permission de l'auteur

 

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04/04/2014

Se souvenir pour construire

 Le passé du Rwanda est présent dans les survivants.

On cite souvent Saint Irénée  : « La gloire de Dieu c'est l'homme vivant »

Ainsi en est-il pour Bruce Clarke, le concepteur et réalisateur des « hommes debout » pour qui, comme pour moi, se souvenir et construire sont organiquement liés. Il s'agit du du Pasqua mysterium, la dynamique pascale quotidiennement vécue par les humains, et principe de vie dans la nature. Et assurance que la lutte mène à la victoire.

 

 

 

Les hommes debout

 

Genève, Lausanne pour ne nommer que ces deux endroits ont soutenu le collectif des « Des hommes debout »

 

On trouve Bruce Clarke en première page de mon blog, et un clic permet de faire connaissance avec l’homme, l’artiste, le citoyen du monde qui s’engage là où le devoir l’appelle afin que les hommes se tiennent debout. Il s'offre, avec son engagement, son art :

 

« ...pour empêcher les yeux du monde de regarder ailleurs,

 

pour créer un pont de solidarité entre les victimes

 

et le reste du monde, avec pour seuls outils

 

la beauté et la simplicité. » (BC)

 

 Notre vie est une et donc solidaire avec celle des hommes et les femmes du monde entier, en cercles excentriques. Rien ne peut en être exclu : ni la politique, encore moins l'économie.


 

 Et Dieu et la prière ?

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03/04/2014

RWANDA 20 ans plus tard...

 

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Dieu dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère? Genèse 4: 9

 Par la foi, Abel offre à Dieu un plusexcellent sacrifice que Caïn. Hébreux 11: 4. Et Abel montre son bonheur. Sous le regard de Caïn.

 Vraiment, certains passages de la Genèse, dont 4, 1-26 sont d’une actualité frappante :  Il s’agit d’un assassinat : Caïn tue Abel. Cain cultive la terre et Abel garde les troupeaux. Proche l’un de l’autre, l’un est responsable de la terre et l’autre des troupeaux.  Des similarités avec « patron et ouvrier » ?

 Étrange que la jalousie s’éveille dans le cœur de Caïn à propos de la sérénité de son frère… Le travail de Caïn est plus fatiguant que celui d’Abel. Y a-t-il eu dialogue fraternel entre les deux frères ? Dans tous les cas, la jalousie devient colère et meurtre.

 Le 6 avril 1994, au Rwanda le président Juvénal Habyarimanaest assassiné. La tuerie commence : les Tutsis et les Hutus modérés, par centaines de milliers sont assassinés. Juvenal Habyarimana désirait-il la paix ?! Comment savoir qui est pour et qui est contre ?

 Malheureusement aujourd’hui, une pléthore d’analyses des causes contradictoires jettent la confusion dans les esprits. Qui saura jamais la vérité? A la racine, la jalousie, la colère, inhérents à l’homme dès l’origine et  à travers les temps, inhérents aux systèmes culturels, économiques planétaires. Et j’ai entendu des européens soit disant civilisés et, pire, des chrétiens  dire « ce sont encore des sauvages », sans rougir !

 Qu’est-ce qui empêche les gens de tous les jours de se rendre compte des systèmes dressés les uns contre les autres et qui détruisent ce qu’il reste d’humain dans la personne et la société supposée être fraternelle. Qu’est-ce qui a empêché l’Église, très impliquée au Rwanda de scruter l’horizon, de voir l’urgence d’un KAIROS comme ce fut le cas en Afrique du Sud au dernier moment ?

Oui, « on » sentait quelque chose, mais il était plus rassurant de fermer les yeux, et comme le firent pas mal d’organisations non gouvernementales, notre DDA suisse y compris, de plier bagage au vite. Juste avant qu’explose le génocide !

 L’invraisemblable réalité de violence et de peur qui pollue notre monde et nous anesthésie.

 L’Histoire se vit au présent : les dominations insidieuses asphyxient les faibles, les petite gens. On croit avoir vécu l’époque des temps modernes, des nouvelles puissances, la technologie qui a sa propre impulsion et permet toutes les jouissances et les pires destructions… Nous en sommes arrivés là…

 Et c’est le temps de la postmodernité : le confort matériel des uns se fait sur les cendres des peuples écrasés, sans limites, de la barbarie tel le génocide au Rwanda, tels les pogroms à basse intensité à travers le monde, en Syrie sur le pas de notre porte...

 Je vois le Dieu de Jésus qui contemple l’humanité en pleurant comme il le faisait face à Jérusalem.

 "41Quand il approcha de la ville et qu’il l’aperçut, il pleura sur elle. 42Il disait : « Si toi aussi tu avais su, en ce jour, comment trouver la paix… ! Mais hélas ! cela a été caché à tes yeux !... "

 Pourquoi est-ce que cela était – au sujet du Rwanda – caché aux yeux des Rwandais, de l’Église catholique, de la communauté internationale: cécité collective ou indifférence mondiale" des autres (Pape François à Lampedousa) ?

 Mon billet apparaît pessimiste, je crois qu’il est réaliste comme Jésus le fut. Mais c’est sans compter avec sa résurrection… en laquelle on croit comme l’aurore après la nuit.

 Alors que j’allais boucler ce petit texte, le discours de François, évêque de Rome et pape, aux évêques du Rwanda à Rome (visite as limina) aujourd’hui, me tombe sous les yeux.Le pape François n’a pas connaissance, semble-t-il, du rôle de certains secteurs de l’Église catholique avant ce 6 avril 1994.

à ne pas manquer si l'on a le temps

 Sur les ondes de France Culture

 VENDREDI 4 AVRIL 2014: JOURNEE SPECIALE

RETOUR A KIGALI

 

             RWANDA, 20 ANS APRES LE GENOCIDE SUR FRANCE CULTURE

19:26 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

01/04/2014

Question de réciprocité 2

 

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Question de réciprocité 2

 

texte du 29.03 2014

 Suite au commentaire de  Myriam Belakovsky | 30/03/2014

 « A propos du voyage à Lourdes en l'espoir d'une guérison, on note que les malades changent d'environnement, d'entourage, partiellement, d'habitudes ainsi qu'ils font, selon les situations, un immense effort pour s'adapter (voyage, logement, soins, etc.) Il y a bien longtemps, je ne sais en quelle année, une femme souffrant d'un terrible lupus au visage, au point de vivre voilée, après avoir consulté plusieurs spécialistes, se rendit à   Lourdes, suivit l'ensemble des démarches, cérémonies sans le moindre résultat. Une ultime nuit à l'hôtel... Elle fit un rêve, une femme s'approchait d'elle et lui parlait extrêmement gentiment... A son réveil ce n'est qu'en faisant sa toilette qu'elle réalisa qu'elle était guérie. A Lourdes, la visiteuse s'appelle Marie. Jadis, dans les temps les plus anciens, en Égypte, on soignait les patients dans des hôpitaux où on les faisait rêver. Parfois, une femme intervenait et guérissait: il s'agissait de la déesse Isis... N'y a-t-il pas comme un fil directeur, ou quelque chose comme cela?! » Merci du commentaire et voici ce que je peux dire :

 

 À propos de miracles

 L’auteur du texte « Question de réciprocité » parle de de relations de réciprocité marchande dans la culture de notre société, cette valeur marchande devient hélas une mentalité. Personnellement, je n’en ai pas fait l’expérience dans les relations familiales de mon enfance, encore moins en Afrique du Sud.

 De retour en Suisse - dans le contexte de ma famille mis à part – après 34 ans - la priorité absolue de l’argent, dans tous les domaines y compris(sauf exceptions que je peux nommer si c'est désiré) religieux, fut et est toujours un choc  : c’est comme si l’argent gagné, accumulé, géré et dépensé parcimonieusement, était la hantise sociale, culturelle, religieuse dans laquelle on se meut. Je pourrais écrire des pages d’histoires vécues !

 Cette réciprocité marchande n’est pas n’est pas la manière de faire de Dieu : c’est vrai que Jésus – Dieu fait homme – a dit :  « L’ouvrier est digne de son salaire , n’emportez avec vous ni besace ni, là où vous essayez d’annoncer la bonne nouvelle...» prenez ce qu’on vous donne à manger sinon… secouez la poussière de vos sandales et aller plus loin...

 Je n’ose penser à une relation personnelle marchande avec Dieu, c’est le transformer en « Mammon », alors qu’Il est DON. Et ne sommes-nous pas ses enfants, ses descendants … ? N’habite-t-il pas en nous !? Quand je voulais dire merci à Maman, elle répondait : « On ne dit pas merci à sa maman ! »

 Réciprocité marchande avec Dieu : ces promesses de croix, de cloches, d’argent, d’offrandes, de messes, de rosaires, de pèlerinages pour que tu m’accordes, ou si tu m’obtiens ceci, cela, n’est-ce pas avoir une idée d’un Dieu gérant une banque. N’est-ce pas ressembler, de près ou de loin aux marchands du temple. Des « grâces obtenues » à coût d'argent ? ... Est-ce que nous ne faisons un Dieu à notre image ?

 Le pire, selon moi, personnellement, c’est que l’on exige un miracle dûment certifié avant avant d’oser montrer en publique notre reconnaissance et notre amour envers une personne, avant de procéder à la canonisation ! 

 Au sujet des miracles à Lourdes ou ailleurs, qui suis-je pour les mettre en questions ? Les miracles de Jésus par compassion, pour nous montrer que nous pouvons faire de même dans nos relations quotidiennes même avec nos ennemis, c'est de que Jésus veut nous enseigner !

 Est-ce que ce ne sont pas les miracles de tous les jours ? Les plus astreignants parfois, les moins spectaculaires toujours ?

 Dieu est amour inconditionnel (1re Jean 4,8)

 Pour ce qui est des guérisons de la déesse Isis mentionnées dans le commentaires, j’ai trouvé ce qui suit dans Wikipedia 

 « Isis est une reine mythique et une déesse funéraire de l'Égypte antique. »

  Je n'en sais pas plus. CMJ.

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