29/01/2014

Le 9 février approche

 

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Paradis fiscaux, éthique et justice Le CCFD, Terre solidaire

 C’est un privilège d’être dans un pays où l’on invite très souvent les citoyens à dire, par un « Oui » ou par un « Non » ce qu’ils pensent d’un situation ayant motivé une initiative, et l’organisation d’un vote. On voudrait penser qu’un vote débouche sur un changement en vue du bien commun.

En Afrique du Sud sous le système d’Apartheid, les décrets racistes n’étaient pas sujets à voter ! Et c’était principalement à l’avantage des Blancs au détriment des Noirs. La seule solution d’œuvrer au bien commun consistait à la désobéissance civile et nous l’avons appris de Henry David Thoreau et de l’unique ouvrage que j’ai (nous avons) lu de lui est Walden ou la vie dans les bois (1854). C’était une forme d’action non-violente dont il fallait bien sûr assumer les conséquences auprès du pouvoir blanc.

Chaque personne étudie la problématique, s’informe, et décide en connaissance de cause avant d'aller voter:

1.   Dire Oui ou Non au plan de financement et d’aménagement de l’infrastructure ferrovière (FAIF) afin d’améliorer l’accès aux trains selon les besoins.   Accepter ce financement, qui sera une charge de plus envers les ouvriers à « bas salaire » forcés de se rendre au travail en train chaque matin et de rentrer tard le soir, sera une entorse de plus à leur niveau de vie… Ce qui pourrait être discuté et modifié dans l'application de cette loi en vue du bien commun. Dire Oui est mon choix.

2.   Initiative des milieux conservateurs au sujet de non contribution des Caisses maladie à l'avortement, j’ai connu trop de jeunes filles, de femmes réfugiées chez nous, et violées durant la guerre en Ex-Yougoslavie par quels types de violeurs ? J’ai vu trop de femmes noires violées par des Blancs en Afrique du Sud en toute impunité… laissées seules, même par l’Église catholique et les missionnaires, comment ne pas sentir la barbarie du système… et d’où viennent les millions de Métis ? Je connais en Suisse des jeunes filles et des femmes qui, la mort dans l’âme ont dû se résoudre à une IVG pour des raisons que je dirai pas.

 C’est normal que l’avortement dans de telles circonstances soit aidé par les caisses maladie et, pourquoi pas, par les contribuables ! Mais j’étais inquiète de ce que diraient les évêques suisses à nos catholiques : en fait La Conférence des évêque suisses (CES) a choisi la neutralité sachant que chaque catholique, chaque citoyen a sa conscience à l’exception de Vitus Huonder (évêque de Coire). Par contre, Charles Morerod (évêque de Fribourg, Lausanne, Genève) offre une réflexion équilibrée et respectueuse qui aide les indécis à réfléchir. Felix Gmür, évêque de Bâle, s’est lui aussi distancé de la neutralité de la CES en prenant parti contre l’initiative.

3.   De l’UDC : initiative "Contre l'immigration de masse". Le quotidien le Temps : « L’immigration en débats » fait une espèce de mise au point sur la réalité aujourd’hui. Je doute de l’objectivité de certains médias en ce qui concerne cette initiative. Les « slogans » UDC : chômage à venir, pénurie de logements, délinquance en augmentation ... répétés à longueurs d'émissions Radio, Télé... rendent songeurs. Les lois de plus en plus restrictives (souvent inhumaines) concernant les demandeurs d’asile ne sont-elles pas suffisantes pour satisfaire les « faiseurs de peur » de l’UDC ?

Nous savons que le territoire suisse est minuscule, on s’y sent à l’étroit, mais n’est-ce pas parce que notre intelligence est instable quant à la pérennité des frontières, notre cœur et notre World View peuvent-ils être aussi étroits que les initiateurs de ce vote à venir ?

Le flux migratoire est irréversible et prendre conscience de notre interdépendance est non seulement humain : il paraît que c’est le message de Jésus. Est-ce que cela signifie qu’il faut bêtement assister à l’abolition de toutes les « apartheids » que l’UDC s’efforce de construire ? N'est-il pas plus pragmatique de prendre conscience que nous sommes des êtres humains et que nous faisons partie intégrante d’un tout ? L'élasticité des frontières : idée farfelue ? J’ai peur des murs et des fils de fer barbelés nous enfermant sans portes de sortie ni d’entrée à long terme, à moins d’être millionnaire, gare à l'asphyxie...et j’ai encore plus peur des « apartheids » qu’une telle initiative construit dans la tête et le cœur de mes concitoyens et qui engendre une culture de négation et de mort !

Ma conclusion : concernant les initiatives 2 et 3 : financement (caisses maladie) de l’avortement et immigrants : il semble que la motivation des initiatives n’est pas l’amour du bien commun, mais c’est plutôt l’amour de l’argent ! Or on ne peut servir deux maîtres, même ceux en train de quitter Davos Forum pourraient s'en rendre compte à moins que le système ne prenne le devant.

21:42 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Chère Soeur,

Je crains que vous n'ayez vécu trop longtemps à l'étranger pour comprendre ce qui se passe vraiment ici et à quel point les suisses et les étrangers résidents dans notre pays depuis longtemps sont désespérés... alors je vais vous faire un petit topo de la réalité, sans oublier de dire que l'initiative de l'UDC, parti que je ne cautionne pas par ailleurs, n'est pas un refus de l'étranger, mais un contingentement, car qu'on le veuille ou non, la Suisse n'est pas un élastique extensible à souhait.

Vous êtes de retour et en retraite, dans un couvent, vous avez à manger tous les jours, de quoi vous vêtir, vous avez un toit et visiblement aussi un ordinateur et internet :-)

Alors je vais faire un copier-coller de ce que j'ai déjà écrit ailleurs, pour préciser un peu la réalité. On ne peut pas priver des personnes qui ont travaillé ici et cotisé toute leur vie des droits les plus élémentaires et les laisser crever pour donner à d'autres, c'est aussi simple que cela et cela n'a aucun rapport avec la xénophobie.

Un délinquant étranger ou un immigré a droit à :

Un avocat et l'AJ dans l'heure qui suit gratuitement !
Etre nourri, logé aux frais de la princesse
Des quantités d'aides sociales + associations + fondations diverses qui vont gérer pour eux toutes les démarches administratives
Aux soins adaptés à leurs pathologies
Au logement
A tomber enceintes après quelques semaines de travail et bénéficier de droits qui mettent sur la paille certains petits vieux… ou malades qui doivent payer de leur poche 2 aides ! Celle qui n'est plus là et la remplaçante.

Un handicapé, invalide, petit vieux malade suisse suisse a droit :

Au refus de l'assistance judiciaire gratuite
Au refus, malgré la nouvelle loi plus souple, d'une simple curatelle administrative parce que nos magistrats n'ont pas appris à lire
Au refus d'intervenir du CASS même sur le plan d'une aide administrative
Au refus de l'aide à domicile nécessaire à sa survie
Au refus des médicaments dont sa pathologie dépend et hors liste
Au refus de moyens auxiliaires dont il se sert 50 x par jour comme des simples pinces de préhension
A des harcèlements constants de l'AI et du SPC dont les erreurs motivent d'incessantes oppositions, voire recours avec un avocat à min 400.00 de l'heure
A l'absence de logements avec simple accès leur permettant de sortir ! Et ce malgré des années de cotisation
Des décisions de l'OFAS et de Swissmedic liées aux décisions de l'UE dont ne nous ne faisons pas partie qui mettent en danger la vie de milliers de personnes en péjorant leur santé et par conséquent leurs coûts !

Nos étrangers, ceux qui ont participé à la prospérité de la Suisse pendant des années sans pourtant avoir aucun droit de vote, après 40 de travail sur le sol et avoir commencé à travailler en suisse à l'âge de 15 ans ont droit à :

A un licenciement avant la retraite à partir de 50 ans
Au chômage jusqu'à fin de droit les obligeant à retourner dans leur pays avec une retraite partielle qui ne leur permettraient pas de vivre en Suisse sans faire appel aux services sociaux avec leur famille pourtant totalement intégrée dans ce pays et ayant fait leurs études ici, les obligeant à quitter un pays dans lequel ils ont quasiment toujours vécu.

Cette liste est loin d'être exhaustive. Je pourrais citer bien d'autres cas, dramatiques, qui ont fait de ce pays ce qu'il est et qui n'en ont strictement aucune reconnaissance, ni respect.

Alors après avoir payé de nos deniers des banques par milliards pour les exonérer de leurs exactions, des services sociaux pour leur incompétence notoire, d'autres milliards d'AVS partis dans les limbes on ne sait où par manque de transparence, d'autres encore partis dans des assurances dont les édifices sont en marbre de carrare, lorsque ce n'est pas dans la poche de dirigeants pharmaceutiques en pré-retraite, d'autres milliards encore dans une formation totalement inadéquate de nos médecins qui ne savent plus ouvrir que leur manuel de pharmacopée à la deuxième page, il est grand temps que le citoyen se réveille.

Mais tant, que le simple respect des droits humains les plus élémentaires ne seront pas accordés aux suisses ou aux étrangers qui auront contribué à notre pays, je voterai oui à ce genre d'initiative, qu'elle vienne de gauche, de droite, du centre.

La raison économique intelligente internationale de laquelle nous dépendons aussi, voudrait que l'on aide ces pays à re-fonder leur propre économie, avec un droit de regard et d'intervention sur ce qu'ils en font et non dilapider des sommes chaque année sans savoir où elles vont, plutôt que dans les poches d'une mafia et d'aider ces peuples à se reconstruire dans leur pays, même si cela implique d'organiser cette reconstruction.

Cela reviendrait certainement beaucoup moins cher que des prisons sur-occupées, des services sociaux qui oublient nos citoyens et privilégient les nouveaux arrivants d'ailleurs, des magistrats payés pour libérer des criminels qui reviendront deux jours après, pendant que nos petits vieux crèvent chez eux, sans aucun soutien, de suisses qui sont obligés d'aller vivre à l'étranger, d'étrangers compétents dans leur domaine et là depuis longtemps privés de leurs droits.

Ceci est un manque de vision à long terme, dont nous avons été habitués depuis trop longtemps de la part de technocrates intellectuels qui ne voient même pas ce qui se passe au coin de leur rue.

* * *

Je suis sûre que vous avez été très utile en Afrique et dans les autres pays où vous avez travaillé, mais pendant ce temps là, vous n'avez pas vu nos petits vieux et nos malades crever seuls chez eux de dénutrition parce qu'ils ne sont plus capables de se faire à manger et que les assistantes sociales refusent de venir les visiter pour faire des démarches, étant trop "occupées" ailleurs.

Vous n'avez pas vu cet hôpital qui fout dehors des personnes ne tenant pas debout à 3h00 du matin, fracturés, sans même savoir si quelqu'un pourra les coucher dans leur lit, traités comme des chiens par tous ces nouveaux étrangers qui ont envahi ce lieu et qui ne connaissent pas les droits les plus élémentaires de notre constitution.

Mais je votre OUI à cette initiative pour toutes ces raisons là. J'ai vu des familles travaillant depuis 30 ans ici, devoir retourner dans leur pays avec rien en laissant leurs gosses devenus adultes ici, parce que licenciés à 50 ans et remplacés par des petits jeunes.

Pourquoi refuser à tous ces gens là une compassion que l'on accorde à d'autres, en faisant croire que la Suisse va s'écrouler si elle le fait, alors que ce sera juste un transfert aux personnes à qui c'est dû !

La compassion, la reconnaissance, les droits, les suisses et nos anciens étrangers n'y ont plus aucun droit. C'est juste la réalité.

Cordialement

Écrit par : Jmemêledetout | 30/01/2014

Bravo, Ma Sœur, de cette prise de position lucide et courageuse.

Écrit par : Michel Sommer | 31/01/2014

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