02/01/2014

Vingt ans de lutte au Chiapas

 1126_166164733560727_1807116918_n.jpgHier soir, la BBC a fait une courte émission à la « Newshour » et cela m’a fait penser à la lutte des Zapatistes au Mexique. Mon amie (dont je tairai le nom) et son groupe de solidarité, visite, encourage et soutient ce peuple courageux et intrépide qui, depuis 20 ans, veut se défaire de ses chaînes et retrouver sa dignité humaine.

Will Grant de la BBC, ... fait remarquer un trou laissé par un boulet au deuxième étage du Palais municipal de la cité San Cristonal de Las Casas, au sud du Mexique, le 31 décembre 1994. Le EZLN alias les Zapatistes ont voulu contrôler une partie du Chiapas. La réplique militaire fut immédiate et « la Loi et l’Ordre » furent rétablis par le truchement d’une négociation malaisée de la part de l’Eglise Catholique. (ainsi Will Grant).

 Les 6 demandes du mouvement zapatiste :

 La terre, une maison, la nourriture, la santé, l’éducation et le travail

marcos.jpg " selon El Tiempo, le journal de l’époque publié sous la direction de  Concepcion Villafuerte et de son mari. Concepcion affirme qu’aujourd’hui aucune des demandes n’a été accordée.  

 « Tous les Mexicains, surtout les plus pauvres, - et pas les Indiens seulement, dit encore Concepcion Villafuerte , attendent encore la justice, la liberté et la démocratie. »

 Mais les Zapatistes ont institué leurs municipalités autonomes et indépendantes des autorités locales sur des terres arrachées en 1990 à des grands propriétaires terriens.

Will Grant obtient la permission de se rendre à la municipalité zapatiste, Oventic, non loin de San Cristobal. Les habitants se méfient des étrangers. Filmer est interdit. Interviews quasi impossibles.  La collectivité est forcée de se protégée par le silence.

Mais il a vu la nouvelle école les murs décorés de graffiti à l’image de Che Guevara et du sous-commandant Marcos.

 clinica.jpgDes modestes cliniques et quelques vieilles ambulances ont été récupérées pour les urgences.

Des rôles de leadership et égaux avec les hommes sont assumés par les femmes ; les hommes travaillent  à la production de café, du maïs, du chilis, de haricots.  Ces produits sont pour les besoins de la population mais le surplus est vendu au Marché.

Les Zapatistes ne demandent pas l’aide du gouvernement et, généralement, celui-ci ne s’occupe pas d’eux.

coutumes d'Acteal.jpg

Will Grant et son équipe se rendent un peu plus à l’intérieur du territoire Chiapas. A Acteal, les habitants  sont groupés en un groupe indigène « Los Abejas » ayant leurs propres lois et droits.

L’autonomie a eu un coût : un passé douloureux, des personnes, femmes et enfants massacrés par l’invasion de paramilitaires !

Will Grant rencontre Elias Gomez dont 7 membres de sa famille furent tués. Elias accepte de parler  et il montre l’endroit des massacres que les habitants honorent par un mémorial érigé de leurs mains.

« Les Zapatistes demandent simplement un peu de justice et la justice n’existe pas au Mexique. Le gouvernement est sourd et ne veut ni entendre ni écouter. » (selon Gomez)

Aujourd'hui, l'Institutional Revolutionary Party (PRI) est davantage conscient des enjeux sociaux, selon le maire de San Cristobal, Francisco Martinez, qui fait remarquer les efforts de l’Etat envers les communautés indigènes. Et c’est bon signe.

Et Will Grant : « … nul ne peut contester - malgré la dureté de la révolution durant ces 20 dernières années – qu’une amélioration irréversible des relations entre les autorités (mexicaines) et les populations indigènes du Chiapas, est en route… »

Le signe est clair à l’entrée de Oventic : « Vous vous trouvez en territoire Zapatista en rebellion : ici les gens gouverne et le gouvernement doit obéir. »

La BBC et Will Grant mis à part en les remerciant du reportage, (et m'excusant de ma pauvre traduction) j’ai pensé que c’était une manière utile et pleine d’espérance que de publier cet aspect de gens qui vivent une autonomie durement conquise au début de l'année 2014 !

Les petites communautés de base éviteront la catastrophe planétaire. Le Chiapas est un exemple.

Visitons les « produits zapatistes »

Et voyons ce qui se passe au « Fil des Monde ».

Finalement, pour soulager Alain Berset de tous nos soucis de santé et de caisses maladie, disons lui, si nous osons, comme le font les Zapatistes :

« La Santé aux mains du peuple »

21:17 Publié dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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