27/12/2013

Trans Termini à Rome

Trans Termini à Rome

 L’étonnement des médias :

le pape François… Homme de l'année ? mais il a encore beaucoup à faire pour construire une Église à la périphérie… ça veut dire quoi ?

 Un dimanche après-midi, j’ai vu, hors de la haie de la mission Ste Thérèse, deux affamés couchés dans l’herbe sèche et ils se nourrissaient l’un l’autre après avoir fait l’amour modestement.

 Je préparais mes leçons de la semaine sous le jeune palmier : juste un chemin, des carrées d’herbe, séparaient la maison de la première rangée d’abris du « Blackspot » du nom tordu de Lady Selborne. A la périphérie de Prétoria.

 La senteur épaisse du peuple africain : les gens se distrayaient comme le font ceux obligés de vivre en promiscuité malsaine. L’épaisseur de la vie.

 La Mission Ste Thérèse « appartenait » aux petites  gens … on y fumait la colle (the glue) pour tromper la faim, là où les théories du sexe étaient remplacées par l’activité sexuelle, là où l’on ne disséquait pas, selon moi, ce que pouvait être un homosexuel ou un transexuel(le) sinon des variations de nature. Et qui sommes-nous pour oser en parler ?

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 Je me sens en ce lieu alors que je pense à Andréa Quintero que je viens de découvrir grâce au Journal La Croix et à John Allen Jr l’infatigable responsable du NCR (National Catholic Reporter)

 Andrea appartient à la périphérie : le sexe : est-ce mâle ou est-ce femelle ? Peut-on imaginer le tiraillement en soi, puis dans la société ? Tout comme les personnes homosexuelles : peut-on imaginer comment elles se sentent, corps et âme, en soi et sous le regard de la société !? La périphérie… habitée de gens ordinaires.

 Andrea est sans domicile fixe depuis 4 ans, végétant aux environs de la gare Termini à Rome… on le/la nomme “Trans of Termini.” . Trans Termini aurait souhaité trouver quelqu’un pour l’aider à sortir de cette vilaine vie… mais personne, à la périphérie sinon la drogue comme consolation et puis la délivrance de la Mort.

 Voici ce que rapporte la Croix : « Andrea Quintero, Sans-abri, vivant aux alentours de la gare de Rome, bien connu des bénévoles de la Caritas et du centre Astalli pour les réfugiés, ce transsexuel colombien avait été retrouvé le long d’une voie ferroviaire, le 29 juillet dernier, battu à mort. »

 Andrea avait une main paralysée et boitait à la suite  d’agressions. Le secours fut la mort et puis  des mois plus tard, les funéraille dans l’église jésuites du Pape François .  Giovanni La Manna, SJ a dit que les funérailles d’Andréa devaient être un signe à au peuple de Rome su souvent distrait par toutes sortes de visiteurs et qui le rend aveugle face aux étrangers discriminés, ces « périphériens » vides d’amitié et finissant leur vilaine petite vie dans l’indifférence de cette cité sainte. (Selon John Allen et ma traduction).

 Si nous ouvrons les yeux nous pouvons aussi trouver la périphérie au centre…

20:35 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Notre société est une insulte à la Vie. Vous l'appelez Dieu, je l'appelle la Vie, le nom n'a aucune importance.

En Polynésie, société considérée comme inférieure par le colon français, les trans, appelés là-bas "rérés" sont les plus appréciés dans cette société, car élevés par leur famille nombreuse comme fille alors qu'ils étaient garçons, ils étaient le supléant ou aide de la mère qui n'arrivait plus à suivre dans la maison. Je ne dis pas que c'est bien, je dis juste que c'est.

Ils ont ainsi développé toutes les qualités masculines et féminines d'un être humain et sont très appréciés dans le domaine du travail parce qu'ils savent tout faire. Ils sont de plus très travailleurs et très intelligents.

J'en ai connu beaucoup, car j'ai vécu là-bas pendant un an, dans un complexe de farés où il n'y avait quasiment que des "rérés". Ils sont partout, au marché, comme dans les postes de l'administration, parce que ce sont des personnes extrêmement fiables et serviables, doués d'une sensibilité hors norme.

Il ne viendrait à l'idée de personne là-bas d'insulter ou de frapper un réré. Ni même de le considérer comme un être inférieur. Bien au contraire, ils sont très appréciés dans tous les domaines de la vie.

Quand on voit ce qui se passe chez nous en occident avec les trans, on peut se demander qui est dégénéré, si ce sont eux ou ceux qui sont incapables de reconnaître leurs qualités, leur intelligence et leur humanité.

Notre monde est tout simplement abject face à d'autres qu'il considère comme "inférieur", alors qu'il ne leur arrive pas à la cheville, ne serait-ce que par leur connaissance et leur écoute de la Vie dans toutes ses dimensions.

Vous allez vous attirer des foudres avec un post comme cela, mais je vous aime rien que pour l'avoir fait.

Un jour nous serons tous androgynes, c'est la voie naturelle de l'évolution. Elle est déjà présente chez certains animaux qui ne l'étaient pas.

Écrit par : Jmemêledetout | 27/12/2013

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