12/11/2013

Noeud de contradictions: je suis responsable de mon regard

Décroissance_pour_notre_salut.jpgLa semaine passé, le petit texte au sujet des conditions de travail chez Amazon (inspiré d’un article au Monde Diplomatique de novembre) a permis (pour moi) une prise de conscience de la culture « du bon marché et du superflu » ! Et de l’infrastructure nécessaire pour satisfaire les clients en attente. La réalité est complexe pour les « ouvriers-esclaves » car il y va de leur travail et du pain quotidien.

La complexité reste le nœud de la réflexion au sujet de « la Décroissance » et de freiner l’envie de choses vite faites, bon marchés et jetables comme nous pouvons le lire dans le Numéro de novembre 2013 « MOINS » le Journal romand d’écologie politique ». L’excellent bi-mestriel veut simplement nous aider à prendre conscience que notre survie et celle de la planète dépend d’un système nouveau de partage et de justice. Comment ? En revenant à l’essentiel : notre dignité d’hommes et de femmes !

Le nœud est que, consommant moins, le surplus de « choses - junk »  crée le superflu des choses devient l’équivalent de la force de travail, donc le chômage, et ses séquelles, la faim, les maladies, la mort prématurée.

Cela paraît un cercle vicieux. Mais la crise (au sein du système d'acier) est comme une pandémie et les premières victimes sont justement les plus pauvres qui perdent encore le peu qu’ils ont pour vivre. On le voit en Europe et on s’étonne parfois ( !) et on oublie les gens tiers-monde et du quart-monde qui subsistent avec les miettes qui tombent de la table des riches frileux de voir leur richesses diminuer !

Comment accepter l’état de « transition » ? Nombreuses sont les réflexions à ce sujet… mais le système capitaliste reste enraciné en Occident, mais pas seulement. Alors nous pouvons, comme le dit Alexandre Jardin : «  Nous restons responsables de notre regard… Mûrir, c’est accepter de vivre dans l’étau de nos contradictions » ( Des gens très bien, Grasset, pg 29 et 30)

Dans cet « étau de contradictions », le peuple est invité à « choisir » certaines propositions : cher nous par exemple l’initiative de 1 à 12 et d’autres ce 24 Penser_un_autre_monde.jpgnovembre 2013. Les avis du Conseil fédéral diffèrent des initiants alors que les deux ont du vrai et du moins vrai ! Mon choix est fait entre ces apparentes contradictions : j’ai voté oui à l’initiative 1 à 12. Pour la simple raison que « nous sommes responsables de notre regard » : L’énergie nécessaire à un balayeur de rue est-elle moindre que celle nécessaire à un fonctionnaire de haut niveau ? Le coût du morceau de pain est le même pour les deux. Poursuivre la comparaison est ridicule, cependant la valeur essentielle reste : la vie, la dignité dans l’honnêteté. Des différences de styles de vie selon les fonctions sont inévitables mais pas jusqu’à la différence grotesque que l’espérance de vie de l’un riche dépasse de beaucoup celle d’un mineurs de charbon ou d’or.

Et je reviens à ma première question : comment consommer moins et éviter des pertes de travail, comment promouvoir la décroissance et éviter le chômage ? 

images.jpgNous nous débattons ainsi dans l’étau de contradictions en tenant compte de la responsabilité de notre regard, qui ne peut être bien différent de celui de Jésus, le Pain partagé lequel ne peut être systématisé. Là est le défi de notre liberté.

16:16 Publié dans Société - People | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonsoir Claire-Maire,

Que faire de son pouvoir économique? S'il y a pouvoir, il y a forcément accumulation des richesses et bénéfices. Que font ce cette accumulation de richesses les gens qui les possèdent? Quel rôle pensent-ils tenir au sein de notre société? Le néolibéralisme a tué la responsabilité sociale. Si le haut de l'échelle se moque de la démocratie, de la répartition des biens, du bien-être des travailleurs et travailleuses les moins bien considérés, pourquoi le bas de l'échelle devrait-il tout subir: les bas salaires, les impôts au centime près, les taxes, le regard supérieur des riches? Le bas de l'échelle a aussi son estime personnel. Et quand c'est trop, c'est trop. Le bas de l'échelle commence par ne plus respecter l'Etat des super riches, et sa politique molle et complaisante avec les oppresseurs et les grands profiteurs du système. Le bas de l'échelle cherche ensuite le système D pour s'en sortir et vivre un peu mieux. Nous rentrons alors dans la zone grise et clandestine du travail au noir. Enfin, le bas de l'échelle qui a perdu tout espoir de changement se jette dans les bras des extrêmes. Et tout finit dans la haine de tous et la guerre.

On le voit tous les jours davantage. Les beautiful people se barricadent dans des quartiers huppés et ne regardent plus en face la réalité du peuple. Certains restaurants (Paris, Le Georges) portent l'outrance et le mépris jusqu'à séparer les beaux des laids, question corporelle. C'est une façon nouvelle de créer encore plus de ségrégation entre celles et ceux qui peuvent porter grande attention à leur physique grâce à des moyens financiers immenses et le reste des gens dont le physique se dégrade avec les années, la nourriture carencée, et le dur labeur.

Toutes ces outrances du système et cette arrogance des dirigeants, Hollande en premier, en France, qui croit que le peuple va rester mouton à tondre à perpétuité. Le peuple a le droit de vivre et de gagner sa vie dignement. Pourquoi, après les trente glorieuses, nous avons connu les trente scandaleuses? Parce que la liturgie libérale a décidé de rompre les digues sociales dans beaucoup de pays en imaginant que l'homme riche et libre deviendrait automatiquement un bienfaiteur de l'humanité palliant les carences nouvelles de l'Etat. Utopie trompeuse. La plupart des êtres humains qui possèdent des biens ont tendance à plus profiter et plus voler, plus déconsidérer les plus faibles, et ils sont plus aptes à devenir des brutes humaines cyniques. Il fallait donc dire non au ravage de l'idéologie néolibérale il y a trente ans de cela et continuer de travailler avec des valeurs humanistes et sociales en ascendant aux libertés libérales. C'est comme cela que je conçois l'économie libérale et démocratique qui devrait être la priorité de nos politiciens.

Écrit par : pachakmac | 12/11/2013

merci beaucoup. Je comprends. Mais peut-être que: "dire non au ravage de l'idéologie néolibérale" demande de nous, de moi, c'est, je pense de a)prendre conscience de ce qui est, et où cela nous mène
b)la conscience collective est plus difficile, mais c'est nécessaire pour une lutte de classe collective. (Mais c'est mon "background" qui m'aide à voir les choses ainsi).

Écrit par : cmj | 13/11/2013

Bonsoir Claire-Marie. La conscience collective est porteuse de solidarité...mais aussi de tyrannie, hélas. La pensée libérale est porteuse de liberté...mais aussi de cynisme et d'individualisme le plus exacerbé, hélas. Entre les deux options de société, mon coeur balance, bien évidemment. Je vous comprends bien. Votre façon de porter la parole du Christ au coeur de notre monde est douée de grande intelligence de coeur. Cette intelligence ne peut se développer dans tous ces effets que si l'être humain est à la fois conscient de son appartenance à la communauté humaine et conscient de sa liberté et de sa responsabilité individuelle. Notre société appelle trop à l'engouement médiatique pour des bêtises et des séductions sans suite. Hors l'humain a besoin de continuité, de permanence, et de relations durables. L'instabilité et la précarité ne contribuent pas à l'établissement de relations durables...sauf si chacun et chacune acceptent sa propre précarité en ce monde et reconnaissent la part d'instabilité de l'autre. La foi chrétienne aide à cette acceptation. En cela, je reconnais l'Eglise du Christ.

Trés belle soirée, chère Claire-Marie.

Écrit par : pachakmac | 18/11/2013

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