09/10/2013

La Genève internationale

 La Genève internationale devint pour moi, le point de rencontre avec l’Afrique du Sud dès 1980, après mon retour au pays.  A l’ONU, j’ai trouvé des informations, des mouvements participant activement à la lutte anti-apartheid et, le plus important, des personnes engagées par exemple, comme au Conseil œcuménique des Églises, au Mouvement apartheid suisse, aux bureaux de la Jeunesse étudiante chrétienne.

En plus de mon « vécu sud-africain », des informations, des contacts et des relations avec l’Afrique du Sud m’ont grandement aidée à donner mon témoignage plus élargi, là où c’était souhaité, de participer activement, parfois audacieusement à ce qui rayonnait depuis Genève. 

Un réseau de personnes très engagées, théoriquement articulées, travaillaient à informer, à conscientiser mes compatriotes sur la réalité de l’apartheid, ce « crime contrel’humanité ».

Mon expérience était celle du petit peuple, celle de la société civile en lutte frontale ou tangente  contre l’autorité du régime an place, qui nous tenait dans une espèce de ghetto constamment sous l’œil du South African State Security Bureau(SABSS).

 Donc les citoyens de la Genève internationale et des sud-africains comme moi, avions la chance de nous rencontrer, de créer un nouveau réseau de relations critiques … aussi envers notre politique économique et financière helvétique !

 J’aurais envie de nommer et de remercier, en les nommant, tant de personnes activement engagées à Genève et de Genève pour la justice dans le monde.

 Ma question aujourd'hui: Est-ce que la Genève internationale absorbait alors (dans les années ’70, ’80 etc) Genève, la ville et le canton, les frontaliers y compris, ou était-ce le contraire ? Je ne sais pas mais il m’est difficile de séparer les habitants de cette région en "deux Genève". Ce serait une amputation!

La blogosphère de la Tribune de Genève est le reflet d’une population politisée et ouverte (un peu comme mon Jura natal) et l’insidieux cheminement vers la droite sonne comme un « early warning system » qui menace le "vivre ensemble genevois" et bien au-delà. Qu’est-ce que le bien commun ? Des frontières étanches ou tout au moins assez poreuses pour qu’on y fasse des fissures ? Si, en Afrique du sud,  nous avions accepté ces frontières raciales sans les détecter,  les combattre, l’apartheid existerait aujourd’hui… au niveau le plus pervers : les lois.

 Genève, je l'espère, va éviter un tel avenir! Les résultats de votes protestataires sont dangereux, en France par exemple bien que… et, dans des proportions différentes au Moyen Orient...

 Après le 6 octobre les partis politiques de l’Etat de Genève confrontent les résultats du  vote protestataire.

 "Quand quelque chose ne marche pas bien, on se tourne vers celui qui fait des promesses aux masses". C’est ce que disait ma maman en parlant du nazisme à venir dans les années trente et je m’en souviens bien ! Cette femme jurassienne était lucide !

 Ma réflexion : à lire ce que disent les « party leaders », les simples citoyens à Genève, on perçoit la confusion irritée face au résultat humiliant pour les uns et un feu d’artifice pour le MCG. .

 Hier soir j’ai écouté Infrarouge « Comment expliquer la victoire de ce parti, qui parle "d'épidémie" en évoquant les 80'000 frontaliers qui viennent chaque jour travailler à Genève? »

 David Berger avait du mal à  contenir Eric Stauffer qui parle beaucoup, beaucoup, répète les mêmes choses, et s’agrippe à sa parole davantage que ses interlocuteurs qu’il pousse à la défensive...

 Ce n’était pas un débat, comme trop souvent sur l’écran, c’était un combat.

 La pensée n’avance pas. Au contraire, comme l’a remarqué l’invité Moreno Bernasconi du Tessin, une polarisation divise un peuple qui a droit à un avenir en harmonie avec soi et avec les voisins outre-frontières.   

 Pour moi, je souhaite vraiment que La Genève internationale reste celle qui nous a accueillis dans les années les plus dures de la lutte anti-apartheid, et qui accueille les  étrangers, leur permet, avec sa générosité, son esprit, son savoir faire, ses relations au service du bien commun, de participer activement à la création d'un monde sans frontières.

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Commentaires

Moi aussi, je crois dans l'esprit de Genève. Etrangère accueillie à Genève d'abord comme stagéaire aux Nations Unies, puis étudiante, j'étais séduite par tout ce monde venu de beaucoup de pays différents. A Genève, j'ai eu la grande chance d'apprendre plusieurs cultures et cuisines. A Genève, j'ai appris l'ouverture vers l'autre des genevois, qui me corrigeaient tout gentillement quoique fermement lorsque je faisais un faux pas dû à mon ignorance des moeurs ici. J'apprends encore tous les jours des amis genevois et étrangers. C'est un privilège unique.

Écrit par : Carol Scheller | 09/10/2013

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