16/08/2013

Mourir: c'est avancer

 Hier soir, un groupe d’amis était réunis à la morgue, en souvenir de N. un jeune homme de 27 ans, et un ami, décédé quelques jours auparavant tout près d’ici. Comment ? Le cœur a lâché. Pourquoi ? Pas de réponse. Ce beau jeune homme était né pour vivre hors des étroites frontières de notre société. Il a rejoint le Hors espace-temps. Il avait écrit en 2008 : « Mourir , c’est avancer ». 

 Le peuple égyptien, comme tant d’autres qui revendique son droit à la dignité humaine, sait ce que signifie : « Mourir, c’est avancer ». Pas en 2011 seulement

 Le peuple s’est révolté parce que le Président démocratiquement élu ne plaisait pas à tout un pan de la population. Depuis de nombreuses années Mugabe trahit la confiance qui lui a été faite : il est devenu un dangereux César. Dans les deux cas – qui ne se ressemblent pas mais qui ont des éléments communs – il y a l’armée et les intérêts de « puissances et de dominations » au-dedans et en dehors des frontières.

 Aujourd’hui, « vendredi de la colère », la violence est à son comble : mais ils sont là, debout face aux tanks (de quelle provenance ?) face à l’armée sans tête ni cœur, face à un gouvernement fantoche dont le vice-président Mohamed El Baradei, prix Nobel de la Paix vient de démissionner  après l’intervention sanglante de l’armée pour déloger les islamistes pro-Morsi -  démocratiquement élu - de deux places du Caire. "Il m'est devenu difficile de continuer à assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles je ne suis pas d'accord et dont je redoute les conséquences", a dit El Baradei dans sa lettre de démission.

 Un autre prix Nobel devrait démissionner «--- s’il lui était difficile de continuer à assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles il  ne peut être d'accord --- » C'est Obama : qu'a-t-il fait de son Prix Nobel  de la paix ? Est-ce une licence pour armer l'armée égyptienne ?

 La colère gronde après  que la démocratie à été bafouée, la seule révolte possible : « Sit in » en groupe – sans armes - le temps qu’il faut pour éveiller l’attention des autorités nationales et du monde. Ce devait être pacifique et aboutir, d’abord à un dialogue, si possible, au retour du président afin qu’il puisse partir « démocratiquement » s’il ne remplissait pas son mandat. Éviter la violence et préserver la dignité d’un peuple et d’une nation. C’est utopique?

 Et nos sœurs et frères chrétiens : les Coptes (signifie : Égyptiens)?

« Après que le patriarche de l’Église copte d’Égypte, le pope Tawadros II, a ouvertement approuvé la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée, la minorité chrétienne redoute les représailles » Mais était-ce très prudent de prendre parti au nom de la communauté Copte à un tel moment alors que le pape François s’efforce de créer des liens et de s'adresser personnellement « aux musulmans du monde entier »

 Irréaliste? On dirait que la violence est une fatalité inhérante à notre nature humaine. Dès lors prier signifie quoi si nous ne l'a créons pas: la justice ? Dès l’origine des temps : la violence agit, blesse, tue. La violence verbale, religieuse, psychique et systémique. Les armes au service de Mammon. Pourquoi ne pas faire campagne contre la fabrication et la vente d'armes. Prier pour la paix sans actions concrètes, n'est-ce pas être complice de l'hypocrisie ?

 Le Nouvel Observateur en directe :

 Aux États Unis, Le New York Times a appelé le Président à Obama à s’opposer « sans équivoque au comportement de l’armée égyptienne ... suspendre immédiatement l'aide militaire ».

 Ma prière : ces quelques lignes ne sont qu'une réflexion sous le regard de Jésus au désert, si proche de l’Égypte qui l'avait accueilli petit enfant ! Jésus qui, lui, sait, comme notre ami dans son poème que : « mourir c'est avancer ».

Et n'oublions pas les chiffoniers du Caire, aimés de Sr Emmanuelle et qui ramassent les déchets des riches... pour survivre!


22:39 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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