31/07/2013

1er Août 2013

La Patrie

 

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A Indwe, Afrique du Sud, une douzaine de jeunes métis et moi parlions de « Chez Nous » dans le coin le plus insalubre et le plus éloigné du village Boer-Indwe. Rejetés par les Noirs, méprisés par les Blancs, les Métis ou « die Bruinmense » ou « die Kleurlinge ». Ils parlaient l'Afrikaans (pour comprendre les ordres des patrons blancs) et n'avaient pas d'autre langage.

 Nous avons dit le mot : Paradys... wat is dit ?

 Ag tog, dis net 'n klein stukkie groen gras om daarop te sit...

Un p'tit coin d'herbe verte... un p'tit coin d'paradis.

 Telle était la patrie dans l'imaginaire des adorables misérables fripouilles sans autre lieu pour dormir que la zone des égoûts des Blancs.

 'n Stukkie groen gras! C'est la patrie.

 Le Clos-du-Doubs, c'est la terre jurassienne, helvétique, c'est notre patrie. Notre Paradis.

 Demain, le 1er août 2013, on se sent, on se sait suisse et fier de l'être, même lorsque notre président de la confédération dit ce soir au téléjournal: “Nous sommes un peuple modeste!” En toute simplicité! Je ne lui donne pas tort.

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 Le patriotisme grandit en nous, petits helvètes aux taches de rousseur égayant nos frimousses sous l'ombre de nos tignasses rousses, nous poussons comme l'herbe drue de nos pâturages au rythme des années d'école, au rythme des chants, des apprentissages, des diplômes ou autres qualifications, des kiosques à musique, des amours, des liturgies ... du berceau à la tombe.Et nous laissons des traces ...

 L'écharde dans la chair de saint Paul nous embête bien un peu car: ”Oui, le paradis fiscal nous angoisse davantage qu'un “petit coin d'herbe verte”. Oui, nous sommes d'humbles David et nous allons montrer aux Goliath jaloux de notre paradis: qui nous sommes! Petite fronde en main ou une arbalète!

 Nous sommes un “peuple modeste” dit humblement Ueli Maurer, notre président au tléjournal ce soir! Merci, Monsieur le Président, ça fait chaud au coeur. Et demain nous chanterons ensemble:

 

7989242-mano-humana-y-mariposas-multicolores-hierba-y-un-s-mbolo-del-medio-ambiente-collage.jpgPeuple des bergers
Est libre sur sa terre
Le péril l'a forgé
Pour la paix, pour la guerre
Nul ne peut le soumettre
Par l'épée ou par l'or ...” (René Morax)

 

Que Dieu bénisse et protège notre petit coin d'paradis suisse!

 

Et que Dieu bénisse et protège le p'tit coin d'herbe verte de mes amis d'Indwe!

 

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30/07/2013

Évitez la papolâtrie

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Changer d'ordinateur pour moi, c'est pas facile. Enfin, cela paraît marcher : merci mon Dieu ! Et merci à tous ceux et à toutes celles qui m'ont aidée !

 Je voudrais écrire un court billet au sujet de l'évêque de Rome à Rio de Janeiro.

 Nous en sommes conscients : souvent, les média « font » les guerres sur les écrans, et les petites gens font la guerre contre la mort pour sauver leur peau ! Marshall McLuhan voit clair: «le médium est le message» . Où trouver le cœur des protagonistes ? Et son corps ?

 François « est l'avération du fameux aphorisme de McLuhan (1): La légende veut qu'Archimède ait dit : « Donnez-moi un point d'appui et je soulèverai le monde. » S'il vivait aujourd'hui, il montrerait nos médias du doigt et dirait : « Je prendrai vos yeux, vos oreilles, vos nerfs et vos cerveaux comme points d'appui, et je déplacerai le monde au rythme et à la façon qu'il me plaira. »

 Carlo Maria Martini a écrit en 1991 ("Il lembo del mantello") que les médias sont «une atmosphère, un milieu dans lequel on est immergés, qui nous enveloppe et nous pénètre de tous côtés».

 Et François endosse toute l'humanité, comme si c'était sa peau, selon la prémonition de McLuhan. François veut témoigner de Jésus, le fils de l'homme : un flot de « bonnes dépêches » avec la forme et le contenu appropriés aux personnes présentes.

 « François, donc, EST le message, qui se répand sur différentes plate formes, jusque sur le réseau. Le réseau est très utilisé, et il est même possible de recevoir en restant connectés... une indulgence plénière». Dit-on.

 « L'annonce par le Vatican de la possibilité pour ceux qui suivront les JMJ à distance par les réseaux sociaux (notamment Twitter) de bénéficier d'une indulgence plénière a beaucoup fait parler. Mais sait-on encore de quoi on parle quand on évoque ce vieux sujet de discorde qu'est l'indulgence ? Le point sur une pratique ancienne, à l'heure du numérique. » (La VIE)

 C'est vrai, et c'est mon désir inassouvi de toujours : il a crié, crié : dialogue, dialogue, dialogue ! On a hurlé l'assentiment, certainement sincère ! On va certainement concrétiser cette prière de François chacun dans son contexte : fut-il dans les favelas, fut-il ailleurs... et même chez nous.

 Ma pensée : la chape de plomb des années écoulées semble se transformer en un voilier poussé par la samba brésilienne qui nous fait tanguer au souffle de l'Esprit...

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Monseigneur Pedro Casaldaliga, évêque émérite de Sao Felix do Araguaia, au Brésil, a pu réintégrer sa maison et sa communauté au sein de l’Etat du Mato Grosso, où il vit depuis 1968.APIC | 08 janvier 2013

 

 

 

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21/07/2013

Rendez le ciel aux oiseaux!

Après l'émission Mise au Point 21.07.2013 RTS1

 Rendez le ciel aux oiseaux

Impossible d’aller se reposer sans évoquer « Mise au point » : cette plongée à Alep et le martyre du petit Peuple Syrien. Le retour en Syrie avec Sébastien Faure qui a été « retrouver » les personnes qu’il avait rencontrées et filmées il y a neuf mois. Jetez un coup d’œil sur mon blog d'il y a 9 mois et voyez aujourd'hui ! Neuf mois de souffrance et de desespoir. Et nous savons : Les femmes, les enfants, les pères, les mères, les combattants, les vivants et les morts. Et la cage aux oiseaux offerts à qui les désirent, et l’enfant et l’oiseau :

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et la prière, non le cri qui monte du cœur vers Dieu vengeur : Rendez donc le ciel aux oiseaux, la terre et la paix aux enfants et au peuple. Faites justice aux bourreaux et à la « Communauté internationale », à nous, à moi, changez nos cœurs de pierre en cœurs de chair et que la souffrance des Innocents soit nôtre alors que c’est le Serviteur souffrant qui meurt en Syrie.

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20/07/2013

Abolir les frontières

 

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 Les frontières offrent la sécurité. Là où les frontières tombent, les gens se sentent vulnérables. Il est des personnes pour qui la sécurité représente le besoin le plus important et la condition sine qua non d’une vie sociale paisible entre les concitoyens. La plupart des gens sont convaincus  que « la paix et la sécurité » sont liées et sont en tête de leurs priorités.

 Il ne s’agit pas seulement de frontières étatiques : il y a aussi les frontières  relationnelles, les frontières culturelles, religieuses et confessionnelles pour empêcher les rencontres entre les gens. Quiconque efface de telles frontières désécurise les gens et est rejeté par la société ».

  On ne peut (presque) dire que du bien de Jésus de Nazareth : il s’engageait pour les pauvres, il guérissait les malades et les libérait des diverses possessions. Ni les autorités d’occupation romaines ni les gens pieux ne pouvaient le lui reprocher, en son temps comme aujourd’hui.

  Ce qui lui a été fatal, c’est la liberté avec laquelle il franchissait les frontières : qu’il allât manger et boire avec le collecteur d’impôts, Levi, et avec d’autres gens mal vus ;   qu’il ait laissé faire la femme de mauvaise réputation qui, après lui avoir lavé les pieds les a séchés avec sa chevelure et les a même embrassés ; qu’il ait suivi le soldat païen pour aller guérir son fils : qu’il n’ait pas voué la femme adultère à sa « juste peine » de lapidation.

 Et de plus il parlait d’un Dieu, « qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et fait pleuvoir sur les justes et les injustes » (Mathieu 5 :45). Il efface ainsi les frontières entre le bien et le mal, le juste et l’injuste.

 Le Dieu de Jésus n’est pas un baliseur de frontières ; pour lui,  pas question de récompenser les bons et de punir les méchants, sa préoccupation première est la réconciliation. Cela n’a rien à voir avec de l’indifférence, il s’agit bien plus d’amour sans frontières et sans entraves

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable autorisation de l’auteur

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18/07/2013

Les frontières visibles et invisibles

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La frontière : une ligne, un mur, un espace neutre, en bref c’est ce qui sépare, protège, sécurise le dedans du dehors. Les frontières étatiques,  exemple : d’un côté la Suisse, de l’autre côté, la France, l’Allemagne, l’Italie. La Suisse est intéressante parce que son territoire et sa population un condensé de la société, de la culture, de la langue, des  trois pays frontaliers. 

 Une espèce de « communauté de base européenne » qui survit grâce à une certaine intelligence patriotique dont la source se trouve être, peut-être, au Grüli. Ce que je dis est bien trop beau, et d’autant plus fragile que l’EGO helvétique se replie sur son bien-être « économique », en incluant les riches et excluant les pauvres.

 Notre frontière est donc une passoire pour les uns et un mur pour les autres. C’est selon. Mais c’est plus complexe.

 Ayant vécu mon enfance et adolescence au Jura tout proche de la France et non loin de l’Allemagne, le concept « frontière » signifiait la porosité, la perméabilité et l’interdépendance  pratique !

 Et il y a des frontières invisibles, pires que les frontières visibles ! Exemples :

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  Des institutions religieuses, caritatives, partis politiques, devraient être un lieu encourageant et facilitant le rayonnement des membres à l’intérieur et à l’extérieur des frontières institutionnelles. Lorsque l’institution est self-centered, elle peut ressembler à une gated community cherchant à se perpétuer même au prix d’en perdre son origine, son charisme, le sens de sa Mission donc de sa raison d’être. Quiconque remet les frontières institutionnelles en question, « désécurise  les gens et est, soit rejeté » (H.V), soit neutralisé ou marginalisé. C’est lié aux effets deshumanisants des frontières relationnelles.

 glissant-246717-jpg_137963.JPGSelon le poète martiniquais Edouard Glissant (décédé en 2011)

 « Le Divers n’est donné à chacun que comme une relation, non comme un absolu pouvoir ni une unique possession. Le divers renaît quand les hommes se diversifient concrètement dans leurs libertés différentes. Alors il n’exige plus que l’on renonce à soi. L’Autre est en moi, parce que je suis moi. » L’Intention poétique, p.101,  Edouard Glissant

Des frontières à être dépassées, absolument, sont les frontières culturelles, linguistiques et même religieuses à condition d’être un peu curieux, intéressé, fantaisiste, audacieux, on peut les dépasser, et les outrepasser…

 Encore Edouard Glissant : « Il n’est frontière qu’on n’outrepasse A défaut de montagnes ou de mers, l’homme a inventé toutes sortes de frontières pour se protéger de l’Autre : grillages, barbelés, murs, barrières électrifiées, etc. Aucune, pourtant, n’a résisté à l’irrépressible volonté – ou nécessité – de passer outre.

 Franchir la frontière est un privilège dont nul ne devrait être privé, sous quelque raison que ce soit. Il n’y a de frontière que pour cette plénitude enfin de l’outrepasser, et à travers elle de partager à plein souffle les différences… La Relation n’est pas confusion ou dilution. Je peux changer en échangeant avec l’autre, sans me perdre pourtant ni me dénaturer.»  

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16/07/2013

"Justifier ce qui est noralement coupable"

Depuis plusieurs jours, je réfléchis sur le vécu de Trayvon Martin et de George Zimmerman. Ayant écouté la radio, lu les journaux (les blogs aussi), l’émotion empêche d’abord une réflexion informée, et un regard un peu plus objectif, élargi débouche sur la ou les racines de ce drame qui est emblématique d’une société violente mondialisée. Et j'essaie d'y voir un peu plus clair !

Ce type de violence est le fruit de structures systémiques et medical-examiner-trayvon-martin-lived-in-pain-for-up-to-10-minutes.jpgpénétrant notre être profond. Si les journaux essayent  d’être objectifs, les analyses n’arrivent plus à exposer les vraies causes de cette maladie quasi terminale pour notre espèce humaine.  Je l’ai dit : des systèmes verrouillés, et oui, protégés et fatalement, organiquement contaminé et « promus » par la force des armes !

 J'ai finalement consulté Wikipedia :

 Trayvon Martin, 17 ans,  lycéen vif et en pleine crise d’adolescence accélérée par le contexte complexe, familial, social, culturel dans son corps qui devient masculin. Qu’il soit allé acheter des bons-bons  et un coca quelconque (sans alcool) pour rentrer à la maison, est un signe désarmant par son semblant enfantin !  Ses parents, divorcés, des amis, amies  forment  un réseau de relations distendu : à la fois un repère et un piège selon les circonstances.

 Trayvon Martin n’avait pas d’armes sur lui, il avait la défense de ses membres musclés, confronté à, et poursuivi par George Zimmerman, un volontaire de 28 ans, avec un passé de violence, était armé d’un pistolet... on peine à croire cependant qu’il ait « tiré pour tuer » s'est-il senti surpris par la vivacité musclées de l’adolescent et son instinct « trigger happy » agit ?

 George Zimmerman habitait dans cette région-là et le portrait succinct qu’en fait Wikipedia montre le type américain, brut, pas très dégourdi à première vue avec des visées de « pouvoir » qui aboutit nécessairement au port d’armes et au travail de surveillant « volontaire » qui ignore les ordres de la Police et s'attaque aux plus faibles. C’est à Retreat at Twin Lakes à Sanford, un « multi-ethnique Home Gated community » qu’il habite, fait ses tournées de nuit, et que le drame a eu lieu.

 (J’ai visité des sud-africains, en 1999, résidant dans un « home gated community » et j’ai immédiatement réalisé la nocivité de ce lieu sur d’anciennes connaissances. Ce couple et leurs voisins, en plus d’être « gated » c’est-à-dire encerclés d’une barrière sécurisée, avaient pourtant peur de tout ! Et la peur en plus de securitas payant, les avait menés être « accrocs » d’armes à feu ! J’imagine alors la mentalité à Sandford)

 Le procès – projeté sur les écrans – divertit les uns, blesse les autres, c’est selon mais empoisonne les téléspectateurs ... les média font leur travail, jusqu’à la prochaine fois.

 Zimmermann a été acquitté, les Etats-Unis sont divisés, le racisme « refait feu de brousse », c’est une spiral de violence dans les têtes, les cœurs, tous victimes des systèmes de violence mondialisés, entretenus par le marché des armes lucratif – chez nous aussi - comme dit plus haut.

 Au de-là du verdict qui innocente un coupable et condamne la victime morte (qui avait le « profil d’une délinquant » dès l'abord !!! sic ! ) au de-là de Obama qui ose dire,  face à sa race, face au peuple dont il a la charge : « Trayvon pourrait être mon fils, mais « le Jury a parlé ».

 Résultat, en bref :  Les « jeunes », africains sont des délinquants en puissance : aux États-Unis comme en Suisse quand il s’agit de demandeurs d’asile d’emblée qualifiés de criminels … Donc, la « Justice américaine » et nos « Lois sur l’asile », nous amènent (si nous obéissons) à la déchéance : « Justifier, ce qui est moralement coupable. »  

 Quelle serait votre prière ce soir ?

Ma prière : je ne sais pas.

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13/07/2013

La mystique du quotidien

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 crédit: le jardinier

Plus que toute autre prière, le Notre Père dirige notre attention sur  la réalité concrète de notre vie quotidienne.

 Il n'y a tout simplement rien dans notre vie privée et sociale, qui ne puisse être intégré dans la prière du Notre Père.

 Quelle que soit la nature de nos soupirs, de nos plaintes, de nos espoirs, de nos joies : tous trouvent leur propre valeur et leur dignité dans le Notre Père. Ainsi, nous constatons que notre réalité quotidienne reçoit une dimension profonde et imprévue. Nos soupirs sont plus que des soupirs, nos plaintes plus que des plaintes et nos joies sont plus que des joies.

Et nos frères et sœurs humains, proches ou lointains ne sont pas seulement nos compagnons et nos compagnes, ils sont nos frères et nos sœurs, fils et filles : tous enfants d’un Dieu qui les aime passionnément.

 Le Notre Père nous invite à transcender nos limites vers la plénitude divine.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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09/07/2013

La Commission Tiers-Monde de l'Eglise catholique

 

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La COTMEC

 

La COTMEC supprimée, l'Eglise catholique fait-elle fausse route? 09/07/13 dans les blogs de la TdG.

 Protestant et citoyen

 Allons dans l’excellent blog de Daniel Neeser,  pasteur à Montbrillant et au Service de formation des adultes de l'Eglise. (09/07/2013)

 Lisons ce qu’écrit le Pasteur Daniel Neeser et épluchez les journaux au sujet de cette décision d’évacuer La Commission Tiers monde de l’Eglise Catholique, sans dialogue approfondi et élargi avec les responsables de la Cotmec et avec les membres, les personnes encouragées par son travail obstiné pour un monde plus juste.

 Quand vous aurez lu Daniel Neeser, vous pouvez lire ce qui suit et comprendre pourquoi je ne pouvais pas me taire à moins de rejoindre le fleuve de l’indifférence mondialisé  (pape François) :

Ma réflexion : « Où trouver en Suisse, une organisation, un mouvement, qui analyse les structures d’apartheid dans les années quatre-vingt alors que je rentrais d’Afrique du Sud, avec la mission d’informer, chez nous,  sur ce qui se passait au ras des pâquerettes dans ce pays du Sud où nos banques suisses faisaient des profits !

 J’ai dû chercher hors de l’Eglise catholique en Suisse française à l’époque, et j’ai trouvé le Conseil Œcuménique des Eglises (dont l’Eglise catholique n’est pas membre), le Mouvement anti-apartheid, avec l’héroïque Marianne Laufer, le Pasteur Alain Perrot principalement.  La Déclaration de Berne, et enfin, la COTMEC  Commission Tiers-monde de l’Eglise catholique où j’ai eu la chance de rencontrer Dominique Froidevaux !

 Je me souviens de l’interview de Dominique, qui me permettait pour la première fois, en Suisse, de parler de l’Apartheid sur les ondes dans mon pays natal ! C’était au 16 Boulevard du Pont d’ Arve à Genève ; c’est encore lui que me facilita la venue en Suisse du Secrétaire général de Catholic Institute for International Relations, Ian Linden, (aujourd’hui « Progressio ».)

 La solidarité engagée, au delà de nos frontières, donnait un sens à notre engagement humain et chrétien.

 Puis,  il y a eu la Jeunesse étudiante chrétienne, vibrante et engagée des années quatre-vingt à Genève notamment. L’évêque Farine s’en souvient-il ? Il en était l’aumônier.

 Je sais que l’Eglise catholique à Genève n’est pas riche, et je me souviens des affiches dans les trams de la ville pour récolter des sous. Aujourd’hui, notre pape François, dit prophétiquement : «Comme je souhaite une Eglise pauvre pour les pauvres ».

 Si les finances de l’Eglise ne sont pas la raison pour l’évacuation de la Commission tiers-monde, COTMEC, alors, la motivation, c’est quoi ?

 « Une pastorale des rues », oui cela se fait et je connais des personnes engagées dans cette pastorale comme elles le sont pour les requérants d’Asile, l’AGORA par exemple, vous connaissez ? (Aumônerie genevoise œcuménique auprès de requérants d’asile et des réfugiés).  

 Le pape François est allé hier à Lampedusa et il a serré la main en accueillant ceux que la pauvreté force à quitter leur patrie ? Pourquoi ne pas aller jeter un coup d’œil là où la pastorale est une urgence ?

 Aller donner un coup de main au « bureau » de la COTMEC ou, plus exposé, descendre dans la rue et joindre votre voix à celles et à ceux qui font une vraie pastoral des rues. Mais je vous demande pardon, Monseigneur, au cas où vous l’auriez déjà montré publiquement, ce témoignage de solidarité ; au cas où vous  seriez, en personne, à Vernier, à Frambois, boire un café avec « EUX ».

 N’est-ce pas urgent de soutenir tous les efforts de la COTMEC qui pose la question lancinante et tellement inconfortable : Pourquoi sont-ils pauvres ?  Pourquoi ne pas aider par tous les moyens, celles et ceux qui s’efforcent de trouver une réponse honnête à cette question compliquée et qu'on aime pas aborder !?

 On se souvient  de l’initiative Minder : y a-t-il une relation causale entre les salaires abusifs des uns et la pauvreté des autres par exemple?

 Ma prière : Esprit ressuscité, aide-nous à prendre conscience qu’un cœur de pierre peut engendrer un cœur de chair. (Jésus aussi s’est mis en colère et il l’a montré).

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07/07/2013

La Banque du Vatican et Jésus

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Ce n’est pas par plaisir que j’ai publié cette petite réflexion sur « La banque du Vatican » car l’hypocrisie nous guette et c’est peu dire, Jésus avait averti : Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ! Saint Luc 6, 39-42

 A quoi cela sert-il de râler sur le système bancaire et financier en Suisse et au-delà et rester silencieux sur la Banque de l’Institution catholique dont mous sommes membres ? Même si le siège centrale est dans « l’État »  du Vatican , l'Institut pour les œuvres de religion (IOR ) est aussi nommé  « Banque du Vatican ». Amalgame dangereux. Qu’en est-il de Jésus qui est la raison d’être de l’Église ?

Le journal Catholique La Croix suit l’actualité et rapporte des actions et des paroles de François, mais je n’y trouve pas beaucoup d’analyse de la situation financière du Vatican ni de ses dérives. Dommage car c’est justement par là qu’un journal chrétien devrait commencer. L’évêque de Rome, François est confronté (grâce à la presse italienne entre autre et the National Catholic Reporter  (NCR) au péché structurel des finances et qui ôtent à l’institution sa crédibilité. Aurons - nous l’honnêteté d’être au moins solidaires de cet homme venu juste au dernier moment pour « sauver ce qui reste à sauver » ou alors, le laisserons-nous faire le « sale boulot », seul comme Jésus au Jardin des oliviers… et continuer notre route « comme si » ? 

Une des premières déclarations de François a été : « Comme je désire une Église pauvre pour les pauvres ». Il sait de quoi il parle : l’Argentine n’est-elle pas un microcosme du reste du monde comme l’est l’Afrique du Sud ?

Quelle motivation nous pousse à exiger une Église qui œuvre de toutes ses forces pour « le plus grand bien pour le plus grand nombre » ? Pas l’amour de la pauvreté ! Mais nous savons qu’il faut passer par la privation et la pauvreté  dans notre lutte pour la justice économique et sociale !

Ce soir, je voudrais me rassurer en laissant parler Jésus, n’est-il pas le VERBE !

L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé,

Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une année de grâce du Seigneur. (Luc 4 : 18,19)

 Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques ;

 qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins ;

 qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l'apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. (Marc 12 :40)

 Pour ce soir : Beaucoup de charités sont faites par une foule de gens et de leurs actions généreuses, mais cela perpétue l’injustice si nous ne nous attaquons pas aux injustices des systèmes qui causent la misère de millions d’êtres humains.

Pour équilibrer charité et justice, nous trouvons une aide et une inspiration chez Jean-Pierre Besse « Défi Michée» / « Stop Pauvreté 2015 » »

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06/07/2013

Le Notre Père : Tout un monde

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 crédit: Fr Maximino Cerezo Barredo

Ce qui distingue cette prière d’une manière particulière c’est que c’est la prière de Jésus lui-même, et qu’il a exhorté ses disciples à en faire LEUR prière.   Elle résume l’immense préoccupation de Jésus et témoigne de sa  praxis libératrice d’une manière authentique et unique.

 Des millions de gens, croyants ou rongés par le doute ont répété cette prière à travers les siècles, et la prient encore et toujours.

 Ils prient cette prière de mille manières  différentes : ils la murmurent, ils la chantent, ils la méditent, ils en savourent chaque parole ; ils demeurent silencieusement en prière dans leur petite chambre, lors d’une promenade,  dans une église, au cimetière ou dans un train. Ils cherchent à partager avec d’autres l’expérience du Notre Père. Beaucoup ne peuvent prier cette prière qu’en groupe car c’est avant tout une prière communautaire : le « nous » prédomine.

 Cette prière incite à être solidaire avec tous ceux et toutes celles qui prient le Père commun : les opprimés qui ont faim de justice ; les marginalisés qui cherchent la volonté de Dieu ; les affamés, victimes  de notre système économique ; les endettés qui ne peuvent plus sortir de la misère ;  celles et ceux qui se sentent coupables et qui implorent le pardon ; les faibles qui résistent difficilement aux tentations ; avec les croyants de toutes confessions et de toutes religions ; oui, même avec les incroyants dont Dieu est également père et mère.

 Il y a mille occasions et mille possibilités de se plonger encore et encore dans le monde particulier et profond de cette prière.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction: Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l‘auteur

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03/07/2013

La banque du Vatican

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La banque du Vatican

 Le 30 juin, le « denier de Saint Pierre » devrait être collecté dans toutes les églises catholiques du monde. Cette collecte rappelle la pratique des premières communautés de base  mentionnée dans les Actes des Apôtres  4, 34 et 11, 29.  Les fidèles qui venaient prier, les gens mieux lotis apportaient de quoi soulager la misère de leurs frères et soeurs pauvres.

 Le partage faisait partie intégrante de la liturgie locale, régionale Aujourd’hui, ce 30 juin, il y a une quête à la messe: le « denier de saint Pierre ». Qu'en est-il en réalité ?  Partager avec les plus proches est donc une  pratique très ancienne. Avant d’être religieuse, elle est simplement humaine et normale. Ce n'est pas l'assistance sociale où l'on envoie si facilement les pauvres !

 A ma connaissance, « Le denier de Saint Pierre » récolté dans les églises du monde parvient aux nonces apostoliques censés transmettre les millions récoltés, à l’Institut pour les œuvres de religions (IOR) dite la Banque du Vatican. C’est la principale institution financière  du Saint Siège. »

 Je ne sais pas si ce rappel de l’origine fut donné aux fidèles dimanche passée, peut-être oui, peut-être non.

 C’est une évidence, même au Vatican et surtout là, que servir Mammon et Dieu est impossible.

 La Bourse du Vatican sent le pourri. Déjà du temps de Marcinkus (rip), en 1982, (J’étais de retour en Suisse et suivais les activités des œuvres pontificales missionnaires à Fribourg !) c'était donc Marcinkus qui présidait les Œuvres de religion (IOR) et je cite :

« La Banco Ambrosiano fait faillite et il fait la une des journaux. La loge P2 et Roberto Calvi sont identifiés comme étant au cœur de cette grande affaire politico-financière. Il a été établi que l’IOR, à l’époque dirigé par ,Marcinkus a eu un rôle déterminant dans le krach de la Banco Ambrosiano de Roberto Calvi, dans une intrigue bancaire compliquée concernant entre autres Michele Sindona et le “Maître Vénérable” de la loge P2, Licio Gelli. » 

 Peut-on séparer le Denier de Saint Pierre de la Banque du Vatican ? Faire comme si... ?

 En plus du Denier de Saint Pierre, laSainte enfance missionnaire :

 En Afrique les Ecoles catholiques encourageaient les écoliers à offrir le « cent c’est-à-dire  le sous », si possible au quotidien, à l’organisation pontificale de la « Sainte Enfance missionnaire » (du type du Denier de Saint Pierre).

 J’ai vécu ceci dès les années cinquante : Dans chaque classe  une charte  était  pendue au mur : elle représentait une échelle avec 30 échelons, chaque échelon valait un sous. Quand l’écolier apportait son sous, il avait droit à un petit « nègre ... noir : ton frère !» en papier qu’il  épinglait au premier échelon. Si tu es fidèle et généreux, ton petit nègre en papier grimpera tous les échelons jusqu’au sommet pour 30 sous. Ces sous tombaient dans des boîtes portées à la supérieure qui les ouvrait en la présence des « maîtresses » chaque samedi après le repas de midi et il fallait compter sous par sous ces aumônes (des plus pauvres !!!) pour former un capital s’il vous plaît, en faire des rouleaux de 100x cent sous afin d’aller les transformer en chèques à l’adresse de la Nonciature qui devrait les faire parvenir à Rome, à la Banque du Vatican aussi nommée Institut pour les œuvres de religion. (IOR).

 La « Sainte enfance africaine » ne posait pas de questions, nous non plus ! Que pensons-nous face à la réalité actuelle ? Voyons donc ! Les enfants aident les enfants ! « Et ces échanges payent, puisque, de petits dons en petits dons, les enfants missionnaires du monde entier rassemblent à eux seuls 40 millions de dollars chaque année, pour financer 2 600 projets ! »

 Nous recevions des encouragements de Rome … pour persévérer et être généreux !  Et combien de nos enfants avaient faim et soif ? Sans soins médicaux parce qu’inabordables ! La direction de l’école préparait si possible une soupe protéinée par jour, et,si c’était la saison une mandarine. Quelle était la nourriture des africains dans le township ? « Quand j’ai faim je m’appelle aujourd’hui » comme le chante Gabriela Mistral.

 Le Denier de Saint Pierre, la Sainte enfance missionnaire, deux exemples dont j’ai été témoin et quand on peut enfin espérer que crèvent les abcès de la corruption, il faut partager et élargir cette espérance, avec foi et avec fougue ! Face à l'Evangile qui est sa raison d'être. Assumer son péché et sa trahison : D’abord à Rome qui se dit mandaté par les Saints Apôtres et vicariat de Jésus au monde !

Mais le mot « réforme » est faible lorsqu'il s'agit de la Banque du Vatican face à l'Evangile de Jésus. Et le pape François y risque sa peau, la banques est un terrible Goliath mais François une courageux David. Soyons solidaires. Tous les catholiques, moi y compris devraient ensemble remercier l’Esprit pour la résurrection de Jésus de ces ruines ! Publiquement.

Cela ne sera pas facile mais les enfants qui ont donné leur sous quotidien et les gens qui payent leur denier annuel ont droit à la transparence. Et nous aussi.

11:21 Publié dans Église(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |