08/03/2013

Hugo Chavez

Nous sommes dans un monde impitoyable : le monde occidental capitaliste et la mort de Hugo Chavez démontrent la mauvaise foi, les partis pris ou simplement le manque d’information  de certains de nos médias. J’ai été choquée en lisant ce qu’en disait la Liberté de Fribourg ! Je cite : « VENEZUELA  • Le président Hugo Chavez décédé mardi laisse une économie dévastée qui survit grâce aux pétrodollars. La redistribution de cette rente a fait reculer la pauvreté. Bilan peu glorieux ».

 Heureusement d’autres journaux et médias existent, au-delà de nos frontières !

 Je sais que Hugo Chavez n’est pas Nelson Mandela ! Ni son langage, ni sa diplomatie, mais les deux avaient connu la prison et tous les deux aspiraient « au plus grand bien pour le plus grand nombre » dans leur pays où régnait et où règne encore l’injustice.

 Dans nos régions, depuis que ce leader charismatique est mort,  Mahmoud Ahmadinejad,  Bashar Al-Assadet, Mouammar Kadhafi sont nommés plus souvent que Chavez et les présidents des pays latino-américains ! Comment ça ? A nous de chercher honnêtement une réponse!

 A Rome cependant, « le cardinal du Venezuela Jorge Urosa Savino, archevêque de Caracas  a manifesté sa participation » au deuil du pays. L’archevêque a exprimé ses condoléances à la famille du président défunt. Aujourd’hui, même s’il critiquait la politique de Chavez, (et cela va quasiment de soi en tant qu’autorité ecclésiastique) ce « papabile » célèbre une messe en action de grâce pour Hugo Chavez. Merci.

 Hugo Chavez était chrétien à sa manière frustre peut-être, il avait le vocabulaire des pauvres, mais je suis sûre que notre Seigneur Bien – aimé aura dit à Chavez qui aimait tant la vie : « Aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis ! »


 


P.S. Et voici un entretien (BBC) de Steve Sackur avec Hugo Chavez qui montre qu’il est possible de se parler honnêtement face à face sans langue de bois !

23:36 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Un dictateur rouge est mort !
Un salaud de moins sur Terre !

Écrit par : Victor Winteregg | 09/03/2013

Bonjour chère Claire-Marie. Vous êtes très attachée à la justice et cela vous honore. Je ne partage pas votre point de vue sur Hugo Chavez dont le parcours politique est inquiétant. Certes, les démocraties ont beaucoup à se reprocher. Certes, Hugo Chavez a été élu comme... Berlusconi en Italie, ou le président iranien actuel... ou Hitler... par la voie des urnes. Donc l'élection démocratique n'est pas encore une preuve de gouvernance démocratique par son dirigeant. Sans le pétrole et sa main-mise par l'Etat, Chavez n'aurait jamais fait le parcours qu'il a fait...ou alors il l'aurait fait en agissant avec la violence de l'armée... On ne peut pas vouloir la liberté d'un peuple si on le soumet aux subventions étatiques grâce aux richesses naturelles d'un pays plutôt qu'en l'émancipant. Je reconnais certaines qualités à Chavez comme la lutte contre l'analphabétisme et la diminution de la mortalité infantile. Mais aussi beaucoup de tares. Car les richesses du sol s'épuisent un jour et si les êtres humains sont habitués à recevoir gratuitement une aide contre un bulletin de vote dans l'urne, ils n'apprennent plus à être créatifs pour développer leur propre autonomie et leur propre liberté.

Je ne pense pas non plus que Chavez a fait tout faux. Les stigmates d'une Amérique latine dominée par des dictatures eux-mêmes soutenues et mises au pouvoir par une Amérique du Nord sont encore bien présents. Cependant je me méfie de l'idolâtrie et du culte de la personnalité qu'il s'est dédié et qui lui est désormais dédié. On connaît trop où cela mène généralement. Le respect de la Constitution vénézuélienne est déjà violée par le probable successeur à Chavez. Tout cela parce que le Commandante a instauré le culte du Chavisme, nouvel opium du peuple. C'est grave. Et je n'aime pas ça. Désolé d'être moins enthousiaste et optimiste que vous sur l'héritage laissé par Hugo Chavez.

Très belle journée à vous.

Écrit par : pachakmac | 09/03/2013

"Donc l'élection démocratique n'est pas encore une preuve de gouvernance démocratique par son dirigeant."

Un point godwin pour votre comparaison avec Hitler, qui n'a jamais obtenu que 33% des votes et qui est arrivé au pouvoir par des coups de force successifs et qui a mis fin au processus démocratique, notamment par l'élimination physique des ses opposants. Votre comparaison est de parfaite mauvaise foi. Chavez a été élu comme Mitterrand, comme Chirac, comme Sarkozy, comme Hollande, comme Obama, mais pas comme Bush fils qui est parvenu au pouvoir grâce à une fraude massive en Floride et dont les conséquences sont celles que nous connaissons. Il n'a jamais remis en cause le processus démocratique. Et que cela vous fasse mal qu'il ait utilisé la rente pétrolière pour la majorité des personnes démunies de son pays plutôt qu'elle ne profite à une minorité de possédants qui viennent planquer "leur" argent dans des paradis fiscaux n'indique qu'une seule chose: votre parti pris en faveur de l'injustice et votre plébiscite de la dictature de la bourgeoisie. Car ce n'est en expatriant la rente du pétrole que le niveau de vie du pays, c'est-à-dire de la majorité de la population, va changer. Or des changements sous l'ère Chavez il y en a eu : éducation, santé, etc. Oui, le seul tort de Chavez c'est d'avoir exercé la dictature de la majorité sur la minorité revancharde qui n'a jamais accepté le choix démocratique du peuple vénézuélien. Rendu plus autonome par le fait qu'il est mieux éduqué et en meilleure santé.

Écrit par : Johann | 09/03/2013

« Je ne partage pas votre point de vue sur Hugo Chavez dont le parcours politique est inquiétant. »

Le plus inquiétant en fait, c’est l’ignorance de certains gens qui se permettent de donner leur avis concernant les réalités de l’Amérique Centrale et du Sud. Car c’est en partie en s’appuyant sur cette ignorance que certains pouvoirs peuvent agir en toute liberté pour garder leur véritable mainmise des richesses des peuples de ce continent.

Par exemple :

« Sans le pétrole et sa main-mise par l'Etat, Chavez n'aurait jamais fait le parcours qu'il a fait...ou alors il l'aurait fait en agissant avec la violence de l'armée.. »

De tout temps, la fonction des armées en Amérique Centrale et du Sud et compris le Mexique, a été de défendre la situation et le pouvoir des oligarchies locales qui spoliaient et spolient la richesse produite et extraite par leurs peuples et exportent celle-ci à l’Occident et surtout aux États Unis, perpétuant ainsi la pauvreté extrême de ces populations et leur impossibilité à se défendre et à défendre ce que leur revient de droit et de par leur labeur. Donc d’une part il n’aurait jamais pu s’appuyer sur l’armée (et avec violence) pour s’éterniser au pouvoir, bien au contraire, et d’autre part, Chávez a réussi l’exploit inouï de récupérer les biens de son peuple malgré le pouvoir de l’oligarchie locale et de ses puissants alliés, les États Unis.

Et aussi :

« On ne peut pas vouloir la liberté d'un peuple si on le soumet aux subventions étatiques grâce aux richesses naturelles d'un pays plutôt qu'en l'émancipant. »

Pour émanciper un peuple il faut commencer en lui rendant son dû. En distribuant plus équitablement la richesse du pays à la population, celle-ci peut enfin prendre soin de sa progéniture, de l’envoyer à l’école, de lui donner accès aux soins médicaux. C’est donc une population plus saine, mieux éduquée qui va être aux commandes du pays dans le futur.

Et :

« Cependant je me méfie de l'idolâtrie et du culte de la personnalité qu'il s'est dédié et qui lui est désormais dédié. »

L’amour que lui porte son peuple n’est que la réponse toute naturelle à l’extraordinaire amour que Chávez avait pour son peuple. Ce qui fait de Chávez un être exceptionnel c’est qu’il puisait sa force et sa conviction justement dans ce profonde, honnête et inébranlable amour qu’il avait pour son peuple, cette loyauté totale envers les siens. Castro avait bien raison en disant, qu’il en faudrait des milliers comme lui.

Écrit par : Daniel | 09/03/2013

L'hagiographie a commencé. Saint-Chavez, sancto subito, priez pour nous pauvres pécheurs helvètes qui travaillons durs dans un pays des banques et qui pourtant ne croyons pas à la liberté des peuples à travers le communisme...et sur tout en l'armée du Commandante comme menace au cas où son plan démocratique aurait mal tourné ou tournera mal. Mais je sais, j'étais du côté d'Allende quand la CIA foutait son bordel en Amérique du Sud pour éviter la réalité socialiste d'un homme qui n'avait pas du tout le goût du culte de la personnalité, au contraire de Chavez. Et je suis du côté de l'Amérique et de l'Europe quand elles sont menacées par des régimes dictatoriaux qui veulent la perte des libertés fondamentales, dont celles de la presse et de l'expression. Iran, Chine, Libye de Kadhafi, et autres perles démocratiques comme ami de Chavez. Super! Bush n'est plus là. Et ce Bush-là, je ne l'ai jamais eu en mon coeur. Guerre de m... en Irak pour le pétrole. Désolé, je regarde les hommes et les femmes dans leur manière de gouverner et d'agir. Chavez a soutenu la révolution populaire. Mais, au contraire de Mandela, il a voulu se créer et se faire des ennemis parmi les peuples démocrates. Cela, je ne l'avale pas. Désolé. Il aurait pu mieux choisir ses amitiés... Personne ne l'a obligé a vilipendé les peuples libres du nord. Mais on le sait. Chez nous aussi un certain Jean Ziegler a trouvé certains de ses amis parmi les dictateurs...Au nom de l'idéal du rêve marxiste...On peut tout. C'est cela la religion sans limite , qu'elle soit laïque, ultra-libérale ou ultra-gauche, ou ultra religieuse.

Attendons demain, voir de quoi le chavisme est capable dans ses gênes démocrates légués à son peuple. Personnellement, je ne me fais pas trop d'illusions.

Écrit par : pachakmac | 09/03/2013

« "Donne-moi ta couronne, Jésus Christ, (..). Mais laisse-moi la vie, parce qu'il me reste des choses à faire pour ce peuple et ce pays", priait le président Chávez le 5 avril 2012, lors d'une messe pour sa santé. »

La disparition de Hugo Chávez est une immense perte non seulement pour le Venezuela sinon pour toute l'Amérique Latine.

Écrit par : Daniel | 09/03/2013

Daniel, bravo! C'est très clair. Le problème, c'est que l'oligarchie, les ploutocrates se sont donnés les moyens de vider la cervelle de beaucoup trop de monde. Ou de les acheter.

Écrit par : Johann | 09/03/2013

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