08/12/2012

 À croquer

 

Fotolia_14800638.jpg

Il n’y a pas très longtemps que je me trouvais encore une fois à Cologne, la ville où a grandi saint Hermann. Dans l’église Sainte Marie du Capitole  se trouve une statue de Marie devant laquelle le jeune Hermann venait souvent prier. Une femme aurait observé  comment le jeune garçon se plaisait à offrir une pomme à la mère de Dieu. Vraisemblablement l’offrande de saint Hermann a dû être remarquée car aujourd’hui encore – et je l’ai remarqué lors de ma dernière visite – on trouve des pommes aux pieds de cette statue du 12ème siècle, des pommes rouges, appétissantes, fraîches, croquantes. A croquer!

  Hermann qui devint plus tard un moine de l’Ordre des Prémontrés à Steinfeld, reçu de ses confrères le nom d’Hermann-Josef à cause de sa dévotion mystique envers Marie. Hermann-Josef doit sa renommée davantage aux pommes qu’il offrait à la mère de Dieu qu’aux hymnes qu’il composait en son honneur.

 Comme une pomme à croquer : c’est ainsi que je considère la vraie piété et la bonne théologie : concrète, fraîche, nourrissante, saine et appétissante, justement à croquer. Tellement éloignée de certains signes de piété actuels dans  l’Église, des signes privés de signification concrète! Par exemple, des hosties fades et qui fondent sur la langue avant qu’on ait essayé de les mâcher. Un calice en or dans lequel on peut à peine goûter le vin.  Des onctions d’huiles où le chiffon qui sert à essuyer au plus vite les traces de saint chrême ou d’huile est de la plus grande importance. Le lavement des pieds, où un seul pied est humecté et essuyé, après avoir été nettoyé auparavant avec soin.

 

Fotolia_16045433.jpg

Je chante la pomme d’Hermann-Josef dans laquelle on peut mordre, comme il se doit. Je me permets d’imaginer que le saint s’attendait  à ce que la mère de Dieu puisse réellement morde dans la pomme, comme il se doit. Qu’au moins ce simple geste soit accordé à la mère de Dieu, après que la théologie officielle l’ait privée de concevoir et de mettre au monde son enfant, comme il se serait dû.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable autorisation de l’auteur

15:37 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Un hymne au péché originel et à la liberté de Dieu offerte aux êtres humains pour qu'ils grandissent en Amour, en Sagesse, et en Conscience? Très belle journée à vous, très chère Claire-Marie.

Écrit par : pachakmac | 08/12/2012

Hermann-Josef n'a rien contre la "théologie officielle", si?

Grand mystère dans la réponse de Marie: "comment se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme?"

L'Annonciation est conjuguée au futur: "tu concevras et enfanteras un fils".

Fiancée à Joseph, Marie aurait dû trouver tout simplement logique que cette annonce signifie : vous aurez un enfant, avec Joseph, et il sera le Messie. Tout comme sa parente, Élizabeth, qui, bien que vieille, était enceinte de Zacharie, son époux.

Mais dans la réponse de Marie, il y a vraisemblablement un voeu d'abstinence.

Écrit par : Sérum | 08/12/2012

Les commentaires sont fermés.