23/11/2012

Ne m'appelez pas sainte!

 

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 Dorothy Day (21.11.12):

 «Ne m'appelez pas sainte . Je ne veux pas être mise au rancart aussi facilement. »

1897-1980

 A l'époque, 19ème, 20ème siècle jusqu'à aujourd'hui, les riches accumulaient les richesses et des pauvres étaient privés du peu qu’ils avaient.  Telle est la dynamique des  divinités : L'argent, le profit, la propriété, le marché des marchandises, les valeurs boursières et longue est la litanie …

 Simone Weil, (voir mon blog du 14.1.,12),Dorothy Day auraient pu avoir une vie relativement confortable , en fait toutes les deux ont parcouru leur chemin de femmes : amour,  mariage, avortement, enfants, divorces, une vie en plénitude ; le travail, études, écritures, voyages ; et puis, le choc ! Le monde ouvriers, les pauvres, les exploités. Le danger des divisions, des replis identitaires mesquins en même temps le besoin des autres pour survivre, la prise de conscience, la nécessité de solidarité , la « lutte des classes », « œuvrer à se mettre debout face aux réalités ».

 Dorothy et Simone vivaient comme « si la vérité était vraie ! »

 Dorothy Day, aux Etats-Unis où elle est née, s’engage pour des campagnes de défense des pauvres, des abandonnés, des affamés, des sans foyer. Son engagement est radical, il veut aller à la racine de l’injustice, elle se frotte aux anarchistes, partage les idées de la gauche américaine. Elle perd la foi en Dieu, le Dieu de l’Institution, mais elle se convertit au Dieu des pauvres et quel défi ! Les pauvres la convertissent et elle revient à l’Eglise, peuple de Dieu, celle des pauvres et des mal-aimés.

  Mariage douloureux. Après un avortement, elle a encore une petite fille, Tamar qui sera baptisée avec sa maman !

  Elle trouve des gens engagés dans l’Eglise, avec eux, elle crée « Le mouvement catholique ouvrier » qui encourage la lutte, défend la non-violence, prône l’hospitalité envers les pauvres.

  Comme elle est journaliste, elle fonde le Catholic Workerdestiné à défendre les droits des petits ouvriers.

 Elle milite et manifeste haut et fort, elle est emprisonnée plusieurs fois, elle fait une grève de la faim. Elle trouve du travail pour des chômeurs sur des « fermes collectives ». En fait elle veut mettre en pratique « la doctrine sociale de l’Eglise »

 (Cette doctrine sociale de l’Eglise est-elle vraiment enseignée dans nos églises ?)

 En résumé de cette trop courte esquisse, Dorothy « brûle jusqu’au bout » et la bougie a remet son âme à Dieu qu’elle a aimé dans les mal-aimés de notre monde.

 C’était le 29 novembre 1980 à New York. Dorothy était profondément « pacifiste » et opposée à toute idée de guerre. « Ce paradoxe la fit mal voir à droite comme à gauche, jusqu'à ce que la gauche cherche à la récupérer et que la droite, toujours aussi intelligente, à l’instar de l’Eglise catholique cherche à en faire « une sainte ».

 Nous savons que les évêques catholiques américains (pas tous)  avait préféré Mitt Romney à Barack Obama (voir la presse durant la campagne électorale). Obama gagnant, le Vatican le félicite, et l’épiscopat américain, est embarrassé !

 Alors, je cite : « Mgr Dolan a notamment cité Dorothy Day, fondatrice avec le français Peter Maurin du mouvement laïc Catholic Worker. Les évêques américains défendent le projet de canonisation de cette Américaine anarchiste, pacifiste et totalement consacrée à la cause des pauvres. »

 Mais Dorothy ne serait pas contente ! Elle n'est pas contente !Ecoutez :

 « Ne me considérez pas comme une sainte. Je ne veux pas qu'on puisse se débarrasser de moi aussi facilement. »

 

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"Nos problèmes viennent de notre acceptation de ce système pourri" 

22:38 Publié dans Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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