30/08/2011

QUI SERA L'éVÊQUE?

 

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Qui sera l'évêque?

Le 14 mai 2011 j'écrivais déjà un petit billet sur ce qui tourmente pas mal de catholiques en Suisse Française notamment Genève, Vaud et Fribourg.

Je tiens à remercier (et beaucoup n'osent même pas le dire haut et fort!) l'Abbé Claude Ducarroz pour la clarté de l'analyse qu'il a donné sur le choix l'évêque « absent qui fait problème »! La Liberté du 27 août 2011.


Selon moi le problème est davantage celui de la hiérarchie que celui du « Peuple de Dieu qui avance lentement le long des longues longues pleines » accompagné par la guitare du Jésuite Aimé Duval! Ce peuple qui craint le chômage, la précarité, les taxes, les impôts et le souci du pain pour les enfants! Et qui avance dans la Foi simple et vraie du Peuple de Dieu!


Merci aussi au quotidien La Liberté qui a publié, samedi passé donc, l'interview de Claude Ducarroz avec le journaliste Pascal Fleury, au sujet « de la procédure pour la succession de l'évêque (Genoud R.I.P.). Cette procédure traine et semble « enlisée dans les méandres du Vatican ». Le gros titre de la page « Claude Ducarroz se  fâche », provoque peut-être la curiosité mais il est maladroit.  Claude Ducarroz tente d'exposer courageusement la vérité. Nous en sommes reconnaissants car, selon les gens des rues comme nous, qui sommes l'Église Peuple de Dieu sans qui la hiérarchie n'a pas de raison d'être, les laïcs semblent être « en marge » de l'œil du Vatican rivé sur l'institution qui « n'avance ni ne recule » alors que les gens, eux, avancent sous le regard du Bon Pasteur Jésus.

 

Claude Ducarroz, Président des consulteurs du diocèse, dans cette affaire de consultation, a donc raison de manifester publiquement ce que ressentent, en silence, les paroissiens et, surtout d'analyser les causes de cette affaire! APIC (27 août 2011 | 18h07) en donne la meilleur version. Lisons, c'est court. Écoutons aussi l'excellent « Juste Ciel » à la RSR 1ère. Également intéressant les réaction dans le journal « le Temps » .


Si Jésus était vraiment vivant par son Esprit saint aujourd'hui: que dirait-il?

Mon billet du 14 mai 2011 dans le présent blog avait déjà eu une petite idée à ce sujet:

« On présenta deux disciples qui avaient connu Jésus: Joseph Barnabas, surnommé Justus et Matthias. Puis l'assemblée fit cette prière : « Toi, Seigneur, qui connais le cœur de tous les hommes, montre-nous lequel des deux tu as choisi. On tira au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut dès lors associé aux onze Apôtres. » http://katutura.blog.tdg.ch/tag/%C3%A9v%C3%AAque


057A-2.jpgEh! bien pourquoi ne pas pratiquer la Foi en l'Esprit Saint comme le firent les Apôtres, prendre trois parmi les nombreux pasteurs proches des gens, ayant concrètement la qualité indispensable: l'écoute des plus petits et son corolaire: l'empathie! Tirer au sort, accueillir et travailler avec celui qui assumera ce service.

« So help us God! »


 

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26/08/2011

Qui donc est Kramskoy?

 

« Mais qui donc est Kramskoy ?

J’ai envie de poursuivre un peu l’exploration de cet homme. »

 

images.jpgEmbarrassée: comment faire justice à « cet homme » dans un petit billet? Et je connais si peu, et mal, la vraie Russie, celle des Tsars et des moujiks, celle des milliardaires russes et celle des esclaves modernes? La Russie qu'a connu Kramskoy et celle que connaissent des artistes contemporains, selon

Amnesty International!

 

J'essaie malgré tout: Ivan Kramskoy, est né dans une famille de petite bourgeoisie. Il étudia de 1857 à 1863 à l'Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg. Il réagit contre l'art académique – son contrôle sur les artistes – et fut l'initiateur de la "révolte des quatorze" qui se termina par l'expulsion des élèves qui y avaient participé, lesquels se réunirent plus tard en un groupe appelé l' Artel des Artistes.

 

Je trouve : Musée d'Orsay: « Kramskoy a été l’un des fondateurs du groupe des peintres dit "les ambulants" qui, après l’abolition du servage (1861) et dans le bouillonnement intellectuel de la 2e moitié du XIXe siècle, s’intéressent à la société, à la nature, sortent leurs chevalets et inventent les expositions nomades. La peinture religieuse russe montrée dans les églises était flamboyante, joyeuse, presque naïve! »

 

L'évangile est une source importante d'inspiration pour les artistes « ambulants » russe, et c'est surtout une force morale qui s'exprime dans l'action pour la justice.

 

Voilà, Kramskoy veut partager ses talents, sa passion pour ce qui est vrai et beau et juste avec ses compatriotes talentueux et sans ressources. Une espèce d'université des « grassroots » comme Nelson Mandela avait créé l'université pour les prisonniers politiques à Robben Island. Avec les résultats que l'ont sait!

Réaliser un idéal en conflit avec l'Establishment, favorise la prise de conscience de notre responsabilité personnelle et nous permet de poursuivre l'œuvre du Créateur comme Jésus de Nazareth le fit et le fait dans le chaos actuel, si nous ne sommes pas trop paresseux!

 

Kramskoy connaissait les multiples oppressions de la plèbe russe, et il reconnut (je l'ai raconté dans mon précédent billet) au cœur de cette populace, l'HOMME dont il fit « Christ au désert »! Personnellement, je le contemple sans me poser de questions telle est l'évidence d'un vécu qui semble s'allonger inutilement! Cependant selon Jean-Pierre Porcher, le portrait du Christ suscite plein de questions:

Pourquoi cette tristesse du Christ? Quel est ce désert? Le permafrost? La glace, la pierre? Les Russes connaissent mieux que nous les espaces vides et infinis, les grandes plaines, mais aussi les forêts, les "montagnes russes" de Sibérie, les fleuves gigantesques.

A sa première exposition, ce Christ a provoqué des discussions sans fin (les interminables discussions morales dans Dostoïevski autour du bien, du mal, du permis, de l’interdit, de la transgression, de l’être social et de l’individu). On appelait ce Christ "le Hamlet russe".

Pourquoi les Russes méditent-ils pareillement devant ce tableau ? » Pourquoi? « Kramskoy, écrit encore Porcher, met le sujet face au spectateur. Ce dernier devient alors un témoin direct. Que se passe-t-il dans le secret de ce dernier ? Comment le sujet du tableau imprègne-t-il alors celui qui le regarde ? » Jean-Pierre Porcher plonge le visiteur de Claustra de Saint-Merry (exposition 2010) dans une expérience étrange et permet de tisser des éléments de réponse, en interrogeant la sensibilité de l’homme contemporain à partir de celle de l’homme du XIXe.

Ma réflexion: « L'homme contemporain », c'est moi, c'est nous, plongés dans le chaos de notre actualité mondiale. Mais notre contemplation serait oiseuse, stérile, au pire un refuge dans une sorte de religiosité débile et égoïste, alors qu'elle ne peut être qu'une source d'énergie qui mène à l'action avec la ténacité de Jésus, l'adorable « entêtement » de son amour pour l'Homme de son temps et du nôtre!

Kramskoy aussi fut tenace: il mourut le 24 mars 1887 pinceau en main en créant le portrait de Rauhphus.

 

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23/08/2011

JESUS ET IVAN KRAMSKOY

 

 

"En hommage à Gilbert Salem qui me donna il y a bien longtemps, une simple feuille A4 avec le "Christ au désert".

 

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Portraits du Christ : les grands artistes, Raphaël, Rembrandt et bien d’autres, étaient influencés par leur milieu, leur époque  et surtout leurs mécènes et protecteurs ecclésiastiques qui, trop souvent, imposaient leur contrôle et paralysaient l’inspiration de l’artiste !

L’art,  pour ces mécènes, devaient exalter la force, la richesse, le paraître, le prestige, en utilisant le divin pour souder le tout !

L’artiste est un homme au regard centré sur la vérité humaine, et c’est à celui qui regarde et contemple de reconnaître le divin, les traits du Christ dans ses œuvres !

Il serait fascinant de découvrir combien de chef-d’œuvres - nés de l’inévitable tension entre le pouvoir religieux et financier et la passion de la vérité – restent inachevés !

« En Russie,  le Tsar Nicholas I avait décrété officiel, le style néo-classique. Il exigea le contrôle des artistes et de leurs œuvres, allant jusqu’à surveiller les étudiants durant leurs travaux, surveillant par-dessus leurs épaules ! »

Extraire la vérité libératrice ne peut se faire à partir de modèles et de moules imposés ! Kramskoy fut l’un de ces artistes au génie libérateur ! Et se libérer lui-même  en rompant avec l’Académie !

Et j’en reviens à  au choc de Robert Hossein évoqué dans mon précédent billet.

Ivan Kramskoy, le grand peintre russe a fait l’expérience de ce « moment » unique qu’il a accueilli et il a su ce qu’il pouvait et devait peindre « le Christ  au  désert » qui m’accompagne au quotidien dans mes efforts.

Écoutez Ivan Kramskoy : « Un jour alors que je réfléchissais profondément, j'ai vu une forme assise dans une position de d’intense réflexion.  J'ai commencé par la regarder, la scruter attentivement, je contournais la forme en marchant à pas lents et durant tout le temps de mon observation, elle n'eut pas le moindre mouvement, elle ne m'a pas remarqué. Ses pensées étaient profondément intérieures et concentrées. Elle ne me remarqua pas, restant toujours dans la même position...

J'ai réalisé alors que je n'avais rien à inventer, je devais copier ce que j’avais vu.  Ce que je fis. Lorsque ce fut accompli,  je lui ai donné un nom audacieux.  Etait-il le Christ? Je ne sais pas. Le lendemain, à l'heure du soleil levant, la forme avait disparu. »

(D'une lettre de Kramskoy à V.M. Garshin, le 16 février 1878) (ma traduction cm) (C’était en 1872)


« En 1873, l’Académie des Beaux Arts voulu honorer Kramskoy, en lui offrant un "Professorat"! Il refusa disant qu’il voulait rester fidèle à son engagement d’indépendance de l’Académie ! »  (idem cm)


Mais qui donc est Kramskoy ? J’ai envie de poursuivre un peu l’exploration de ce type d’homme dont nous avons un besoin urgent aujourd’hui.

 

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21/08/2011

Jésus et Robert Hossein

 

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« J’ai eu un choc violent : il s’est passé quelques chose ici… » C’est Robert Hossein qui parle. Moment unique de la conception dans l’histoire d’une vie. «Il arrive un moment où vous êtes inspiré non pas par vous-même ni par vos ambitions mais par le regard que vous posez sur tous ceux qui souffrent ! Vous devez remercier les pauvres et tous ceux qui souffrent de nous donner l’occasion de partager ! » Hossein sait ce qu’il doit faire : sur cette esplanade de Lourdes, Jésus doit y retrouver sa place ! Robert Hossein dit : "Jésus, son message de libération, de guérison, et les gens auxquels Il s’est identifié."

Robert Hossein se met en route et doit vaincre les obstacles : «Jamais un spectacle n'avait été monté dans ce lieu : je me suis rapproché des différentes autorités et je me suis heurté à un refus absolu. Après un an d'acharnement, j'ai réussi à obtenir l'autorisation pour une unique représentation. » L’autorité ecclésiastique étant particulièrement coriace, la faire fléchir tenait d’un tour de force.

Un autre obstacle : les 5 millions à trouver car le spectacle sera gratuit ! Il fait la manche, on le laisse tomber pensant qu’il est fou, il s’explique :  « Il faut le faire pour l'espérance,  pour tous ceux qui crèvent et tous les jeunes qui aspirent à vivre dignement... Les trois quarts de l'humanité vivent mal, il faut avoir le sens du partage. » Des cœurs et des bourses se sont ouverts, ayant pris conscience du « sens du partage ». C’est religieux tout ça ? Robert Hossein : « Cela n'a rien à voir avec la religion. L'unique but est de réunir, dans la communion de l'espérance, croyants et athées, laïcs et pratiquants. Je n'essaie de convertir personne. Ma seule conviction est qu'il faut se dépêcher, aider les gens, sinon cette planète va nous péter à la gueule !…La planète souffre et les humains agonisent. C’est pourtant une histoire d’Amour, si elle est loupée, elle recommencera, il y a des milliards de planètes dans les galaxies et l’histoire d’Amour se refera… mais ailleurs ! » Rien de plus actuel selon moi !

Ma réflexion : c’est simplement un sentiment de grande reconnaissance envers tous les milliers de gens sur l’esplanade de Lourdes, tous acteurs, nul ne pouvait être spectateur !

Mon affection pour Robert Hossein et sa parole « Il arrive un moment » ce moment fut aussi le mien, il m’a permis de concevoir ce qui deviendra le « chemin » de ma vie et son sens. Ce « moment » est celui de nous tous, si nous savions apprécier la beauté de chacun! Quelle bonheur!

Mais qui est cet homme, d'où vient-il? Robert Hossein, qui a l'audace d'actualiser sous nos yeux par France 3, Jésus parmi nous? Il mentionne ses « merveilleux parents: «Il a par son père, une origine persane, et russe par sa mère. Son père était un compositeur français. Outre ses compositions pour le cinéma, il laisse une œuvre symphonique intéressante et fut un improvisateur extraordinaire tant au tar (luth perse) qu'au piano. Il se convertit au Zoroastrisme, religion qui influencera beaucoup de ses œuvres. » J'aimerais en dire plus. Je m'arrête ici ajoutant juste un lien juste pour le plaisir de connaître un peu mieux ce grand homme. Et ce vrai disciple de Jésus.

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20/08/2011

FRANCE 3

 

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Le samedi 13 août 2011, « Une Femme nommée Marie »,  est projeté sur la TV France 3. Robert Hossein , le metteur en scène, avec l’énergie de sa passion pour la Vérité me fascine. Et sa conviction renouvèle la mienne comme celle, je suis sûre des 2 millions de spectateurs qui auront « vu et cru » ! L’adolescente, Bernadette Soubirous dit à Marie, une femme français simple et belle : « Raconte-moi Jésus ».  Ce sera fait en une vingtaine de tableaux.

 

Et Jésus, le paysan juif et nazaréen, nous emmène avec lui dès son baptême au Jourdain jusqu’à l’exécution au Golgotha et jusqu’à la résurrection dans la Galilée d’aujourd’hui en notre compagnie. !

Marie et Bernadette restent à l’arrière plan, à leur place toutes les deux, et leur discrétion révèle Jésus, le Fils de l’Homme durant sa vie active, engagée, dure. Comme par miracle, ou par grâce totale, nous sommes happés dans le Chemin, Jésus et dans la vérité des paroles sobres rapportées par Mathieu, Luc, Marc et Jean. Nous sommes là, tour à tour attirés, instruits, avertis et Oh ! Guéris de notre médiocrité. Nous souffrons de la main mise des Grands Prêtres, des Hérode, des Ponce Pilate et de nos trahisons au moment où souffrir et mourir avec Lui nous dépasse. Lui, Jésus en vêtements de tous les jours comme une immense tendresse nous remet debout et nous prend avec dans l’annonce de la Bonne Nouvelle dans nos Galilées actuelles. Nous avons quasiment fait l’expérience du mystère pascal non dilué, dans toute sa cruauté … doutant de nous-mêmes face aux milliers d'handicapés, de malades, d’infirmes, auxquels, comme Lui aujourd’hui, nous sommes identifiés ne serait-ce que par solidarité humaine!

Le récit inachevé me rend silencieuse jusqu’au plus profond de mon cœur. Et quand Françoise me dit : « N’as-tu pas remarqué que le Jésus de l’esplanade avait exactement le même visage que le « Christ au désert » qui surplombe ton ordinateur ? La possibilité d’une différence ne m’avait jamais effleurée.

Voici l’adresse où tout est dit dans la plus grande simplicité et transparence  par Robert Hossein au sujet de la conception, de la réalisation « Une Femme nommée Marie. »

http://regionrama.com/culture/65-une-femme-nommee-marie-u...

Je l’ai écouté plusieurs fois et je comprends toujours mieux que la Bonne Nouvelle de Jésus est à notre portée dans le monde enténébré… si nous redoublons de bonne volonté « pendant qu’il est temps. »


Bon dimanche et je reviendrai sur « Le Christ au Désert », et sur l’intuition de Robert Hossein !

 

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16/08/2011

Reflexion

 

 

think-and-pray.jpgRéflexions

Le problème des médias est que le temps de la réflexion n'existe plus, ni pour les journalistes, les éditorialistes, les envoyés spéciaux. Leur travail ressemble à la TV-publicité: une poule, un œuf débouche sur la Migros = consommez!! Un corps nu, une crème amincissante, un centimètre = consommez! Une bouille dégringole, suivi d'une femme, un verre de lait = consommez!

Une espèce de mentalité subtilement débile nous atteint, mais oui. La réflexion n'existe plus.

De même en ce qui concerne l'actualité:

Ainsi les émeutes en Angleterre: splash! Comme la Pub! Londres brûle. Les Hooligans pillent des appareils TV, des objets numériques. On met le feu, Dieu sait comment aux grandes ou petites surfaces, on se défile et ça brûle jusqu'à en sentir le roussi et la fumée chez nous.

C'est dans la tête que cela s'introduit. Mais pas le temps de réfléchir quand D. Cameron visiblement irrité d'avoir ses vacances interrompues vocifèrent comme s'il avait apprit par cœur le langage de G. W. Bush. Sa colère a des échos jusque chez nous!

Normalement les policiers anglais sont proches des civils et ne font pas peur, (sauf dans les rues de Belfast en son temps!) Mais Cameron leur tape sur les doigts et ipso facto fait venir un Bill Bratton le superflic des USA. Ah la sécurité, quelle pub!

Mais le temps passe et les incendies s'éteignent étrangement rapidement, les propriétaires, les victimes, les blessés s'aident entre eux, comme des signes d'humanité.

Quel avenir pour la jeunesse londonienne majoritaire et pauvre? Être soumis et silencieux sous la domination des forces de l'Ordre? La dignité humaine, c'est pour qui? Est-ce cela: Suivre Jésus aujourd'hui dans une Europe qui prétend avoir des valeurs civilisées et chrétiennes?


Plus de publicité, mais un peu de vérité!



Je sais que des centres de jeunes sont ouverts et que des laïcs innombrables, des sœurs, des pasteurs n'hésitent pas à secourir – souvent sans rien dire – comme le Bon Pasteur. Je l'ai vu – à Hackney et je l'ai vu à Ealing – les hooligans ne sont pas des brutes, ni les vieux, ni les vieilles. C'est le système pervers, qui est la cause radicale du desarroi d'une jeunesse marginalisée géographiquement, culturellement, économiquement. Si les jeunes n'ont pas la parole, la leur, en politique y compris, s'ils n'ont pas l'espoir de pouvoir un jour participer au bien commun, alors l'indifférence des "Forces de l'ordre, encore fois, tue! Mais, il est tellement facile d'accuser les "victimes" des systèmes plutôt que celles et ceux qui en profitent.

Mais lisons le point de vue d’un lecteur britannique paru dans The Telegraph:

14 août 2011

Je crois que la criminalité dans nos rues ne peut pas être dissociée de la perte de toute moralité dans les échelons les plus élevés de la société britannique moderne. Ces deux dernières décennies ont vu une baisse terrifiante des normes de moralité traditionnelle des élites britanniques. Nos politiciens actuels trouvent tout à fait normal de mentir, de tricher et de voler. Rappelons que Tony Blair a entraîné le pays dans une guerre en Irak sur le fondement de mensonges et que des soldats britanniques sont morts sur le fondement de ces mensonges. (Cliquer pour lire la suite.)

Au cours des deux dernières décennies est apparue une culture quasi-universelle de l’égoïsme et de la cupidité. Comment s’étonner alors que les enfants de Tottenham aient oublié, en grandissant, qu’ils avaient des droits et des devoirs ? Nos politiciens sont mauvais. Durant des années ils se sont voilés la face et ont essentiellement cherché à s’enrichir. Dois-je rappeler que David Cameron, l’actuel Premier ministre britannique, a des voyous dans sa propre équipe, mais ne semble pas en être gêné ? Quelle différence y a t-il entre un jeune délinquant qui vole des ordinateurs et un député qui détourne de l’argent public pour accaparer des ordinateurs portables pour des amis ? Certes, il y a une différence entre la tricherie par évasion fiscale et des vols de délinquants, mais il est choquant d’entendre des politiciens tricheurs réclamer une action draconienne contre des délinquants qui volent.

Le Premier ministre parle de restaurer la morale pour les délinquants sans s’exprimer d’une manière générale, sans dire que cette morale s’applique aussi aux riches et aux puissants, que lui-même fréquentent. La vérité tragique est que D. Cameron, en dissociant la morale entre le sommet du pouvoir et les pauvres, devient vulnérable et perd toute crédibilité.

Gardons en mémoire que beaucoup de nos jeunes ne connaissent rien aux règles élémentaires de la civilité. La culture de la cupidité telle qu’on nous la sert à la télévision depuis des années explique les tristes scènes que nous vivons en Angleterre. Cette culture de la cupidité sévit aussi dans les conseils d’administration de nos sociétés, dans la police, dans les structures de notre monde politique. Ce n’est pas seulement à la jeunesse qu’il faut inculquer la morale, mais c’est l’Angleterre qui a besoin d’une réforme morale. (Source : The Telegraph) http://liesidotorg.wordpress.com/2011/08/14/emeutes-en-an...

Disons aussi que

L’église anglicane d’Angleterre a ouvert les portes de ses églises pour venir en aide aux victimes des  violences qui sévissent à Tottenham depuis le 6 août, en nettoyant  les débris, assistant les victimes et en offrant un lieu calme pour la prière et le recueillement.

http://www.radiovm.com/Nouvelles/Details.aspx?/=A&n=28189


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12/08/2011

VOIR JUGER AGIR

 

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Se taire

Le silence est d’or

L’hypocrisie déguisée en sainteté pour l’occasion

Se taire, oublier, trahir son intégrité

Et celle des autres, « faire comme si »

Jouer le jeu de la complicité pragmatique

Se trahir et s’incliner

Docilement et se laver les mains

De sa propre lâcheté

 

Le moment vient, brutal

Dire « Non »,

Dire « ça suffit » Faire voler en éclat

le silence collectif

Honteusement respectueux, puis

Assumer le silence de

La reconnaissance inavouée

 

Être conscient de l’urgence

De témoigner du temps vécu, aujourd’hui

Déployer l’énergie du corps et du cœur

A faire surgir de nos ténèbres

La lumière, le feu, le souffle...

La tendresse, oui la tendresse

Trop longtemps abandonnée

Sous le masque de la paresse!

J’écris ces quelques lignes ce soir, en sachant qu’on nettoie les rues de Genève des  ordures « roms », qu’on accepte la perspective des mesures de contrainte quitte à provoquer la mort, donc le meurtre « involontaire » dira-t-on ! Qu’on reste bouche bée, l’œil et l’oreille somnolents face aux caprices de Mammon, eurofrancs dollars, qu’on reste de pierre face à la classe des voyous « à liquider s’il vous plaît » pour s’occuper et protéger les meilleurs… à Healing, Tottenham, partout bien sûr! Je vois poindre dans le lointain proche  « l'envie » d'une pureté raciale! Cela commence comme ça, en Norvège, mais pas seulement.

Je perçois la crainte de commentaires et de débats autour de moi et c'est inacceptable! La responsabilité , ce n'est qu'un mot?

C'est ma conviction profonde, Oui, il faut analyser les causes de la réalité, chercher la vérité de la situation.

Oui, - au moins si l’on se dit chrétiens – il faut chercher et trouver la vérité du jugement de Jésus sur cette réalité.

Oui il faut chercher et trouver ensemble la vérité de l’action qui reconnaît les fautes collectives et individuelles, qui guérit, qui construit la nature humaine blessée de notre monde.



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11/08/2011

Marché folklorique BULLE

 

Le marché folklorique à Bulle

 

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J’aime ce jour de marché à Bulle. Le soleil brille ce jeudi, 11 août 2011 et les gens se promènent dans la rue du Marché, la Grand-Rue, l’Avenue de la gare, toutes sont bordées de stands offrant les fruits de la terre et du travail des gens ! L’air frémit de bonjours sonores, d'embrassades, de poignées de mains rugueuses, de grands éclats de rire des retrouvailles comme si on ne s’était jamais quitté !

Les enfants d’abord, quels beaux spécimens de notre espèce humain; je reprends fierté au contact de ces regards d’enfants qui font jaillir notre innocence retrouvée ! Un ou deux bébés dans la poussette, un autre sur les bras de papa, de maman, sur la poitrine ou sur le dos ! Les yeux de ces petits s’accrochent aux miens l’espace de quelques pas, tendresse furtive comme par effraction, et nous passons.

Les parents, ou géniteurs, les grands-parents, les grandes sœurs et les grands frères s’occupent des plus jeunes, de loin, discrètement. Une atmosphère de confiance, de sécurité qui va de soi.

images (48).jpgDes femmes à la poitrine généreuse ou plate, des hommes à barbe fournie, soyeuse peut-être, et ce regard terrien qui te fait confiance, mais pas trop sous ce Capet à la ressemblance de celui d’un cardinal si ce n’était pour sa couleur bleutée. On sent la campagne et la ville qui se donnent la main et partagent la vie et le pain.

Au stand du Radeau d’Orsonnens j’achète un petit pain aux graines de courge. J’ai une longue conversation et je découvre l’histoire de ce précieux pain-là ! Mais lisez! http://www.leradeau.ch/

J’aimerais parler à chaque artisan, écouter ce qu’ils vivent. A l’un j’ai posé l’imprudente question : « La récession, ça vous inquiète ? » Il me toise comme si j’étais une poupée russe et il répond : « Avec tout ce que j’ai vécu, aucune récession ne peut m’effrayer ! » Et j’éprouve soudain un grand respect pour cet homme dans la soixantaine.

Sur mon retour vers le No 10 de la Rue du Marché, je m’arrête au stand, là, qui offre de très belles choses sculptées, brodées, cousues, modelées en faveur de l’Orphelinat des enfants de Bethléem où les Sœurs de la charité sont engagées ! Je ne savais pas! Mais écoutez:

http://videos.tf1.fr/jt-20h/ces-orphelins-palestiniens-nes-a-bethleem-6196083.html

Et voyez aussihttp://www.creche-bethleem.ch/spip.php?article390

Mais encore l’engagement du Jean Bernard Liviot SJ, un fin connaisseur et un grand ami de la « Crèche de Bethléem » en Palestine donc, dans l’interview accordée à Jacques Berset (Apic) http://www.aider-beit-sahour.ch/documents/apic_12_2008_pere_livio.pdf

Voilà, ma visite au marché si riches de découvertes en plus d'un pèlerinage, des questions surgissent... sans réponse:

La communion entre les Peuples, c'est quoi, c'est qui?

Pourquoi tant de souffrance en Palestine ? En Libye ? En Syrie? Chez nous?

Pourquoi le peuple affamé de justice et de pain en Somalie, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest?

7709314225_la-carte-des-emeutes-a-londres.jpgEt pourquoi l’arrogance de David Cameron (à la Bush, oui!) irrité comme c’est pas possible de devoir interrompre ses vacances hautement sécurisées en Italie, pour faire face aux émeutes des « voyous à la Sarkozy » dans son pays ! La Belle Angleterre !

Certes, le splash des noces princières à Westminster en début mai, c’était plus agréable que la rage à Hackney, Islington, Healing et d’autres encore. David Cameron leur a-t-il jamais payé une visite d’amitié ? A ses compatriotes des zones à risques?

Le Marché folklorique à Bulle plie bagage et je continue mon pèlerinage. Sous ma fenêtre des voix mâles et quelque peu rauques et fribourgeoises chantent à tue tête: « Mes amis de la table ronde, dites-moi si ce vin est bon... dites-moi oui oui oui... »

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06/08/2011

JOIE ET ESPERANCE!

 

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JOIE ET ESPÉRANCE

 

Comment trouver un sens à la vie sinon en ce qui nous dépasse?

 

Le palestinien, Jésus, à l'écart sur une colline, a ressenti en lui l'énergie nécessaire pour être fidèle à lui-même, à sa Mission, à Dieu, son Père et le nôtre. Il a été tenté comme vous, comme moi (Lc 4:1-13) tout au long par l'attrait de l'abondance, de la puissance, du prestige. Jésus a résisté, combattu. Il a montré à tous comment résister et combattre, se libérer. Les gardiens des systèmes l'ont tué.

 

N'en sommes-nous pas au même point aujourd'hui? Aujourd'hui, les systèmes tremblent et vacillent, s'effritent y compris et on pourrait le regretter, la hiérarchie catholique. claire-marie

 

En 2004 à Johannesburg, répondant à la demande de Sœurs dominicaines, Nolan a écrit: « J'ai eu à affronter tôt, dans ma vie de dominicain sud-africain, la crise théologique de l'apartheid. Je l'appelle délibérément crise théologique parce que c'était une forme d'oppression horrible, légitimée, encouragée et présentée comme la manière chrétienne d'agir en de telles circonstances. C’était une "hérésie" qui exigeait une réfutation théologique, tâche à laquelle je m'étais attelé avec d'autres. »

http://www.dsiop.org/site/images/stories/Albert%20Nolan_fra.pdf

 

J'ai souvent eu recours à Albert dans ma réflexion sur mon blog. Je me permets de partager ce qui suit et qui est pour moi une grande consolation et un encouragement.

 

Le 18 mars 2011, Albert célébrait, avec son confrère Grégoire, 50 ans de vie sacerdotale. Voici ma traduction de ce qu’a dit Albert:

 

Les prêtres ordonnés dans les années soixante, juste avant ou durant le Concile œcuménique, se sont donnés le nom de la génération Gaudium et Spes, d'après le fameux document de Vatican II sur l'Église dans le monde moderne. C'est le latin pour « Joie et Espérance. » (Albert est du nombre)

Pour nous, le Concile était une source de grande joie et d'espérance. Nous étions pleins d'enthousiasme et exubérance pour l'avenir! Enfin l'Église était en train de changer au-delà même de notre espérance la plus folle, enfin elle rejoindrait le monde moderne!

Nous étions heureux et fiers d'être des prêtres catholiques. Nous pouvions nous éloigner de cléricalisme et de l'étroitesse d'esprit du passé. Nous avons accueilli l'œcuménisme et nous nous sommes efforcés de travailler davantage avec les gens que pour les gens! Notre vie était pleine de joie et d'espérance.
Mais ce ne fut pas de longue durée et bientôt les gains de Vatican II furent peu à peu inversés, un à un, lentement mais sûrement.

Cela débuta avec l’encyclique Humanae Vitae de Paul VI qui interdit la médication contraceptive. Quel coup! Quel désappointement ce fut !  Cependant, nous avons persévéré.

Une des décisions la plus importante du Concile fut ce qu’on nomme « la Collégialité », c’est-à-dire, que le pape et les évêques gouverneraient ensemble l'Église.

Cette décision ne fut jamais implémentée. Nous sommes directement revenus à l'Église hiérarchique du passé où tout est décidé par le Pape et la Curie romaine, lesquels  consolidèrent leur pouvoir en nomment dans différentes régions du monde des évêques de plus en plus conservateurs.

Celles et ceux d’entre vous qui n’ont jamais fait l’expérience de la liturgie pré-Vatican en latin ne peuvent guère s’imaginer notre bonheur et enthousiasme lorsque la Messe fut célébrée en « anglais » ou dans les différentes langues vernaculaires, les gens purent enfin participer à l’Eucharistie. A l’heure qu’il est, des changements liturgiques  bienvenus de Vatican II sont d’une manière subtile inversés afin de satisfaire celles et ceux qui n’ont jamais voulu évoluer.

Nous étions supposés devenir le Peuple de Dieu ouvert au dialogue avec le monde. Nous avons commencé de faire ça. Mais graduellement l'Église institutionnelle s’est retirée du dialogue et les théologiens  concernés par les idées nouvelles furent censurés et réduits au silence.

La liberté  de Vatican II est maintenant remplacée par l’exercice du contrôle.

 

 

Mais ce n'est pas toute l'Histoire


Telle est l’Histoire des 50 dernières années pour ce qui concerne l'Église institutionnelle.  Ainsi vue, c’est une bien triste histoire de régression ! Mais ce n’est pas toute l’Histoire.

Sous cette surface, il y a eu l’émergence d’un renouveau intellectuel et spirituel remarquable au sein du laïcat, parmi de nombreux prêtres et religieux, surtout parmi les Sœurs.

Même celles et ceux qui ont quitté l'Église et qui ne vont plus à la messe, font l’expérience d’un désir profond de spiritualité.  C’est la raison pour laquelle les ouvrages spirituels sont mille fois meilleurs et plus profond que les livres d’avant-Vatican II.  Aujourd’hui, les chrétiens lisent des livres d’auteurs mystiques, et ils pratiquent la méditation et la prière contemplative comme jamais ils ne l’avaient fait auparavant. Et ceci n’est pas le propre des religieux/ses et des prêtres mais de laïcs, surtout de la par des laïcs.

En plus de ceci, nous avons aujourd’hui une connaissance beaucoup plus profonde des Écritures, surtout des Évangiles et donc de Jésus lui-même. Et il ne s’agit pas seulement de professeurs biblistes. Nombreux sont les catholiques ordinaires qui apprécient la Bible bien davantage que par le passé.

Ce qui est plus important est que le renouveau intellectuel et spirituel d’aujourd’hui insiste tout particulièrement sur la Justice sociale, ainsi que de la justice concernant l’écologie.  Toujours plus de Chrétiens dans le monde reconnaissent l’importance d’œuvrer à  promouvoir la Justice, la Paix et l’Intégrité de la création.

C’est donc ici (en dessous et au-delà des structures visibles de l'Église) que les vrais changements ont lieu. C’est ici que le future est en train de naître.

De 1962 à 1965, le Concile Vatican II a semé des graines de renouveau au-delà de toutes frontières, comme le semeur de la parabole – dans l'Église et au-delà de l'Église. Des graines tombèrent sur la terre dure, d’autres sur des roches et d’autres parmi les épines. Mais d’autres encore tombèrent sur la bonne terre et, aujourd’hui, ces graines, souvent cachées et dans le silence, portent des fruits  à raison de trente, de soixante, et de cent pour un.

Au cours des 50 années écoulées, Grégoire et moi avons eu le privilège de semer des graines de renouveau spirituel et intellectuel. Nous en sommes extrêmement reconnaissants envers Dieu et envers tous ceux et celles qui ont semé en nous des graines, même bien avant le Concile Vatican II.


C’est ce privilège que nous aimerions célébrer aujourd’hui à l’occasion des 50 années de ministère sacerdotal. Et c’est pour cette raison que nous sommes

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toujours la génération de la Joie et de l’Espérance – Gaudium et Spes.

Ma note : je suis infiniment reconnaissante envers Albert Nolan et j’ai rarement traduit un texte avec autant de bonheur. C’est ce que tant d’entre nous, de la génération Gaudium et Spes, ont vécu et vivent aujourd’hui !  claire-marie jeannotat


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03/08/2011

RETOURNEMENT, il est grand temps

 

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La réalité et le sens de la vie

La déplorable médiocrité de la parole théologique aujourd’hui, nous pousse à rechercher le sens de la vie « hors les murs » (Paul de Tarse aux Hébreux, 13 : « Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre.  Car nous n'avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir... ») http://www.biblestudytools.com/lsg/hebreux/13.html.

La « spiritualité de la base » révèle la sève prophétique. Puisque les veines, qui permettraient à la sève de monter dans l’arbre, paraissent bouchées, la sève s’étend latéralement en  un réseau de vie communautaire élargi, consolidé au ras des pâquerettes où elle est née d’une graine enfouie dans la mort.

Combien de temps faudra-t-il à l’arbre institutionnel desséché et vaticanesque pour son « Retournement » à l'origine, c'est-à-dire aux racines racines ?

Je crois que le monde a la grande chance de prendre conscience de la gravité de la situation, grâce aux médias, aux souffrances des victimes, des marginalisés qui nous entourent, à leur comportement qui révèle leur angoisse, leur désarroi, leur désespoir…  La théologie, les sermons du dimanche pourraient capter ces symptômes et permettre à la Bonne Nouvelle (Basilea) d’émerger du chaos comme une humble flamme d’espérance (SPES) et de joie (GAUDIUM ! Il faudrait articuler la parole de Dieu à partir de l’expérience de vie du Peuple en errance aujourd’hui !!! Alors les fidèles pourraient dire « Parole du Seigneur » sans mauvaise conscience !

Aujoud'hui est le temps du Kairos, le moment de décision entre la « la Vie et la Mort » (Deutéronome 30:20), les événements, la souffrance de l'espèce humaine, le dépérissement de la faune et flore: aucune parole ne peut imaginer son degré de cruauté et d'inhumanité. Ces « Plaies d'Égypte » alias tsunamis, famines, tremblements de terre, guerres sans compter, et Oh! Abomination: le « veau d’or »  adoré des milliardaires, agonise sous l'œil consterné de Madame Lagarde!

La terre, notre seule maison, est en dépression profonde et elle pleure.  Jésus a daigné la visiter, l'habiter et la construire avec nous, avec ses mains et les nôtres. Jésus tour à tour aimé, harcelé, finalement jugé d'agitateur et crucifié! Comme « l'empereur » crucifie quiconque cherche et dit la vérité: journalistes, prophètes, théologiens de la libération, économistes, philosophes, hommes et femmes de science et d’humanité.  Le Pouvoir impérial pervers dédaigne les racines et la sève! Mais son trône tremble.

Notre dernière planche de salut, à nous, est un « printemps  planétaire",  nourri de d’un humanisme spirituel. Jésus attend de nous rassembler, sans contrainte, ni dogme, ni cri d’appel, simplement en permettant à l’amour originel qui nous habite malgré tout, de surgir et d’être cette sève !

Pourquoi laisser la sève mourir en nous ? Laissez Dieu être qui Il est : la sève!

Et si la nostalgie du mot Église nous rend triste, pas de problème :  nous pouvons ramener l'Église à son origine : là où deux ou trois se retrouvent et partagent: c’est la graine du royaume, « basilea » car « C’est ainsi qu’elle a commencé », cette église.

Pendant mes vacances j’ai trouvé dans une bibliothèque un livre très accessible que j'ai dévoré, un vrai « fortifiant »: « C’est ainsi que l'Église a commencé » par Hermann-Josef Venetz (traduit pas Jean-Pierre Bagot) au éditions du Cerf 1986. !!!

http://librairie-en-ligne.gibertjeune.fr/GIBERTJ/fr/BOOK/...

Je me sens réconfortée, en tant que simple « sœur », car je suis redevable à l'Église malgré sa misère et ses trahisons, car sa décrépitude m'a forcée à retrouver Jésus "hors des murs", l'Eglise d'avant le christianisme".

Le terme « basilea » ne me lâche pas dès les années soixante en Afrique du Sud! Nous partagions des signes d’espérance avec Albert Nolan, dans la clandestinité, oui car l’Institution ecclésiastique romaine ne condamnait pas officiellement l’apartheid !

En fait  notre réalité ressemblait fort à celle d’aujourd’hui au niveau mondial, donc en Suisse, donc à Bulle : une multiplicité d'apartheid banalisés! L’insécurité ambiante et les défis, on les dissout dans des cantiques pieux. Un avenir sans issu? « pour les autres » là-bas, quand à nous, on est « à l’abri » …pour l'instant. On attend et on a peur des caprices de notre franc CH! Je suis dans le lot des spectateurs tv!

On détourne notre regard de celui de Jésus, car "il pleure sur Jérusalem et sur nous".

Je retourne à l'écran! Qu'impliquerait un retournement collectif vers la sève et vers Jésus? En Afrique du Sud, cela impliquait l’impensable et l’impossible, c’est-à-dire : vivre avec, et partager la gouvernance, le pouvoir avec les Noirs ! Impensable ! Sauf pour les fous.

couv5578g_200.jpgEt pourtant c'est advenu! Mais l'urgence de ce retournement n’arrivait pas de la chair théologique jusqu’aux petites gens. Non ! La théologie du retournement était aussi médiocre qu’elle ne l’est aujourd’hui dans nos églises! C'est de la théologie contextuelle et libératrice dans les sous-sols proches de la sève qu'est venu le pénible retournement...qui n'est pas achevé!

D’où l’infinie « compassionis » de l’Esprit qui nous fortifiait quand nous étions à deux ou trois et plus – ou seul – dans quelque « prison » d'État ou d’Institution. De ce « basilea » est « Jésus avant le christianisme » , l'Évangile de la libération traduit de l’anglais par Jean-Marie Dumortier, très accessible dans nos librairies, paru d’abord en 1973. http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_...

xl6vrztp.jpgL’urgence ne permettait pas des études poussées qui auraient facilité aux sud-africains blancs la compréhension du « Basilea », la petite graine de moutarde. Les Blancs on d'autant plus de mérite qu'ils ont trouvé, en eux, la force du retournement! Si nous, les Blancs sud-africains avions eu accès aux recherches éclairant l'Eglise des débuts, nous aurions mieux compris et acceptés « Jésus avant le Christianisme » de Nolan. Je perçois Venets qui creuse le sillon et Nolan qui sème la graine de moutarde que nourrie de la sève.

Ces livres ne servent à rien si je ne me mets pas au travail de chercher la Vérité et de dire, malgré les conséquences, ce qui doit être dit, dans l'entourage quand c'est possible, et au-delà des frontières.

complément d'Albert :

« La théologie médiocre que nous entendons si souvent lors des

homélies dominicales et dans les classes de catéchisme n'a d'autre résultat que d'aggraver le

problème et de nous plonger davantage dans la crise. » (A.Nolan) 3


Albert Nolan

Johannesburg février 2004

http://www.dsiop.org/site/images/stories/Albert%20Nolan_fra.pdf

 

 


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01/08/2011

Premier août 2011

 

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1er août 2011

 

Le blog Katutura me permet de dire tout haut que j’aime bien la Suisse, mon pays natal, mais pas au-dessus de tout.

 

Comme chaque petit suisse, l’enfance d’abord, les chants sur la colline, en famille et un modeste feu surveillé de près ! Et la Prière « Seigneur accorde ton secours au beau pays que mon cœur aime, que j’aimerai toujours, que j’aimerai quand même ! »

 

Je l’aime « quand même » quand mon pays a l’air « d’un long fleuve tranquille » où vogue à la dérive une barque « trop pleine », ou l’air d’une Place financière et d’un Paradis fiscal bétonné,  ou l’air d’un immense EMS pour des retraités en trop bonne santé pour mourir et en trop mauvaise santé pour satisfaire un système à rentabilité  obligée ! Je ne l’aime pas lorsque le béton et les autoroutes mettent à mort nos prairies, quand les motards et les moteurs nous cassent les pieds et noient le chant des oiseaux, quand l’eau des sources est remplacée par du coca-cola, quand nos politiciens profitent d’une estrade festive pour haranguer les gens en brandissant le danger des étrangers, même hors de frontières scrutées jour et nuit !

 

Je l’aime, ce pays, quand un frisson patriotique soulève les jupes à dentelles  et ébouriffe les tignasses mâles sur le plancher des vaches  villageoises ! Je l’aime quand on joue au foot pour s’amuser, qu’on travaille pour gagner son pain quotidien, qu’on partage un papet vaudois ou une raclette fribourgeoise par plaisir d’être ensemble, qu’on se mette en grève par solidarité, qu’on aille voter par devoir civique !

Je l’aime quand les citoyens s’insurgent contre les hommes et femmes d’affaires corrompus, quand on revendique les droits des sans-voix, des sans-papiers, des sans-domicile fixes. J’aime cette Confederatio Helvetica et ces helvètes qui se serrent les coudes confrontés à la « menace nazie et populiste passée ou actuelle !»

Je l’aime lorsque nous rêvons tout haut de transformer les usines à canons en socs de charrue,  lorsque nous sommons nos autorités fédérales de cesser de «  contourner régulièrement et de manipuler la législation en matière d’exportation de matériel de guerre… http://juliette.abandokwe.over-blog.com/article-armes-de-...

Lorsque nous faisons sérieusement campagne pour la mutation de nos soldats en travailleurs sociaux.  Et quand nous demandons que finisse enfin la présence d'une armée suisse dans l'État du Vatican!

(Incidemment je viens de voir Jean-Marc Richard (TSR) en relation, toute cette soirée du 1er août avec le Vatican et son armée suisse!!! C'était en fait une promotion avec une semaine offerte pour aller sur place et jouir de l'hospitalité de cette armée! Une telle offre ne fut pas faite de se rendre à l'hôpital Schweizer à Haïti! Et la question vitale: est-ce que cela reflète la Bonne Nouvelle de Jésus, et l'esprit de Jésus ressuscité?)

Et nous aimons les innombrables Suisses engagés bénévolement dans tous les groupes ou organisations non gouvernementales, ou individuellement, afin de soulager celles et ceux qui souffrent, victimes de structures injustes ou de catastrophes naturelles. Et tous nos compatriotes suisses ou étrangers qui chez nous soulagent, inspirent, encouragent, font surgir l’espérance dans notre précarité. Merci !

Au-delà et pour rester dans la réalité de l'Histoire suisse, je me permets de partager, même si cela paraît être en tangente de mon texte, le blog de l’Historien Charles Heimberg. Sa réflexion (en 2008) sur notre fête patriotique est actuelle :

PremierAout2010_168.jpg« Qu’elle qu’en soit la pertinence historique, cette fête patriotique a un grand défaut : à l’instar du pacte qu’elle célèbre, elle ne promeut pas la démocratie, et en tout cas pas la démocratie moderne dans une société de masse au caractère multiculturel prononcé ; elle ne promeut guère que l’indépendance contre l’extérieur et contre l’étranger. C’est la raison pour laquelle, à l’heure de la montée, en Suisse et ailleurs, du national-populisme xénophobe, cette célébration ne va guère dans le sens de l’affirmation des droits démocratiques de tous. » 31 juillet 2008.

http://icp.ge.ch/po/cliotexte/la-confederation-suisse-au-...origines-de-la-confederation

http://blogs.mediapart.fr/blog/charles-heimberg/270711/il...

 

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