21/07/2011

Lutte économique en Afrique du Sud

 

Fêter Mandela , c’est bien !12.jpg

Reconstruire l’Afrique du Sud, c’est urgent !

L’ambiance festive du jour anniversaire de Nelson Mandela nous assure que quelque chose d’unique, un miracle s’est passé en Afrique du Sud. Mais quoi ? De l’enfer des divisions, à travers la lutte noble et douloureuse d’un peuple, la création de la jeune démocratie : l’Afrique du Sud et son premier Président : Nelson Mandela. La nouvelle Constitution; un gouvernement qui souhaite construire une nation réconciliée.

Les deux longues années durant lesquelles la Commission pour la Vérité et la Réconciliation a sondé la souffrance des victimes, mortes et vivantes, face à face aux bourreaux avouant et implorant le pardon. L'amnistie et le pardon, forcément inachevé et fragile, c'est un signe d'espoir! Et la lente consolidation de l’Afrique du Sud post-apartheid sur des bases multi-raciales, multi-éthniques ! Sur des bases économiques visant au plus grand bien pour le plus grand nombre: une utopie créatrice?

 

Mais les structures géo-économiques de l’ancien régime sont résistantes! Long est le chemin pour la transformation des anciens bantoustans, des townships, des zones « blanches » en un territoire accessible à tous. Les nouveaux dirigeants politiques en majorité africains, les nouveaux industriels et commerçants africains, une élite émergente déménage dans des zones précédemment européennes et le style de vie de cette nouvelle classe aisée se distance graduellement de la majorité noire, la solidarité sonne creux et le niveau de vie reste en dessous du minimum vital. Mandela le savait et n’a cessé d’appeler à l’élimination de la pauvreté dégradante fruit de l’apartheid économique.

images (33).jpg Plusieurs années durant, la société civile, vibrante et créatrice interpelle les nouvelles autorités pour plus de justice! En plus un traumatisme nouveau, le  SIDA, se répand chez les plus pauvres d’abord, et la réponse du ministère de la santé est totalement inadéquate. Ainsi ma consœur Rita (récemment décédée), responsable de la formation continue du corps enseignant dans la région du Nord de Prétoria,  me disait que 40% du corps enseignant était atteint de HIV. Enrayer cette pandémie prendra des décennies !

Pour les travailleurs, la lutte continue.

Les grèves sont nécessaires pour la survie des travailleurs et COSATU : Lisez ce qui suit, signée par Sophie Bouillon:

« Lundi 18 juillet, alors que la majorité des Sud-Africains célébraient les 93 ans de leur héros national Nelson Mandela, des milliers d’ouvriers battaient toujours le pavé, après deux semaines de grèves. Eux aussi avaient une pensée pour «Madiba». Sur leur pancarte, ils l’appellent au secours: «Nelson, mon ami, on est encore en train de souffrir ici. i»Un vieux mineur soulève un lourd bâton dans les airs:

«On a appris Le Toyi-Toyi [danse de protestation née pendant l’apartheid, nldr] pour réclamer nos droits politiques. Aujourd’hui, on l’utilise pour défendre nos droits économiques. On a porté ce gouvernement au pouvoir en manifestant dans la violence. Maintenant qu’ils sont là-haut, ils doivent nous écouter.»  Par Sophie Bouillon

http://www.slateafrique.com/14653/le-temps-des-greves-en-afrique-du-sud

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Des travailleurs du COSATU (principale organisation syndicale du pays) en grève à Durban, Afrique du Sud, le 12 juillet 2011

Chez nous, en Suisse, nous avons été généreusement engagés pour lutter contre l’apartheid racial.  Dès 1994, une espèce de « Struggle fatigue » nous rend paresseux ou, et c’est pire, indifférents.

Tout reste à faire et transformer les structures d’apartheid économique est un défi, le relever est un devoir de solidarité. C’est ainsi que nous serons fidèles à l’esprit de Mandela, au-delà de l’euphorie d’un anniversaire.

 

08:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syndicats | |  Facebook | | | |

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