30/05/2011

L'ESSENTIEL AUJOURD'HUI

 

Dialogue intelligent

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Les miracles et moulages du temps passé

Ne sont pas essentiels …

Il suffit d’être ensemble

Frères et sœurs unis

Dans ton Esprit

 

Les langues de feu la glossolalie la jubilation

Ne sont pas essentiels …

Il suffit d’un mot de vérité

Pour comprendre ce qui est juste

Pour nous comprendre les uns les autres

Dans ton Esprit

 

Le bruissement céleste la tempête sur les peuples

Et les nations

Ne sont pas essentiels …

Il suffit du souffle, Ton souffle

Pour transformer notre coin de monde

Partager avec nous Ton Esprit de Vie

qui nous guérit et transforme notre terre

 

La ruée vers les extases les acclamations

les gesticulations

Ne sont pas essentiels …

Il suffit d’un peu d’enthousiasme

Pour garder courage

Que ton Esprit, ton Esprit Saint soit nôtre

Pour ne pas perdre courage

 

Par Lothar Zenetti

(ma traduction avec beaucoup de reconnaissance envers l'auteur!)

Lothar Zenetti

Der bekannte Theologe und Schriftsteller war zu einem Leseabend am 27. Oktober 1982 in Maria Hilf zu Gast. Zenetti war ab 1962 Stadtjugendpfarrer in lothar_zenetti[7598dd71e4c450d1c3396a6962373145].jpgFrankfurt, seit 1969 Pfarrer der St.-Wendel-Gemeinde in Frankfurt-Sachsenhausen, Hörfunkbeauftragter beim Hessischen Rundfunk 1982 - 1992. Er schrieb zahlreiche Bücher und Texte neuer geistlicher Lieder. Er erhielt u. a. den Preis "Humor in der Kirche".

 

In einem wunderschönen Text von Lothar Zenetti, er heißt

"Pfingstlied heute", steht:

 

Die Wunder von damals müssen's nicht sein,
auch nicht die Formen von gestern,
nur lasst uns zusammen Gemeinde sein,
eins, wie Brüder und Schwestern.

Auch Zungen von Feuer müssen's nicht sein,
Sprachen, die jauchzend verstehen,
nur gib uns ein Wort, darin Wahrheit ist,
dass wir, was recht ist, verstehen.

Ein Brausen vom Himmel muss es nicht sein,
Sturm über Völkern und Ländern,
nur gib uns den Atem, ein kleines Stück
unsere Welt zu verändern.

Der Rausch der Verzückung muss es nicht sein,
Jubel und Gestikulieren,
nur gib uns ein wenig Begeisterung,
dass wir den Mut nicht verlieren.

Un mot de Claire-Marie: je reviens d'une semaine de silence, on dit aussi "retraite" à Menzingen, canton Zoug!

La "mise à jour" était guidée par un homme à la parole aussi simple que celle de Jésus! Et c'était en allemand, une belle langue. Je ne peux m'empêcher de partager cette pensée de Lothar Zenetti que j'ai essayé de traduire avec un immense plaisir! Et je suis heureuse d'être de retour et de vous retrouver tous!

 

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17/05/2011

Pourquoi c'est comme ça?

 

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Pourquoi c’est comme ça ?

Lundi matin, la catéchiste s’efforçait d’aider les enfants, de 10 à 12 ans, à prier. Une méthode consiste à montrer de belles images : les beautés de la nature, les saisons, les rivières, les chats, les oiseaux, les chevaux… Les enfants explorent et choisissent une image qui leur convient, la contemplent et dans le silence arrivent Celui qui est au-delà, le créateur de la beauté… ! Ils restent quelques instants, tête à tête avec Lui. Quelle belle prière.

 

Et pourtant une image parmi d’autres montrait la vérité de notre société : des enfants réfugiés en pleur que nos policiers renvoient d’où ils viennent. Qu’importe, c’est la loi. L’image de mendiants arrêtés au coin des rues, la main tendue : « à vot bon cœur ».

 

La petite fille du « Caté » s’arrête devant ces images si proches de notre actualité et demande : « Pourquoi c’est comme ça ? » . Sœur Gilberte m’a raconté combien cette question enfantine la poursuivait ! Et moi donc !

 

La question de l’enfant rejoint celle du vieillard. Quel que soit l’espace de temps entre les deux : « Pourquoi c’est comme ça ? » est la question théologique qui nous confronte et reste sans réponse. A moins que…

 

Qu’une « Bonne sœur soit miraculeusement guérie pour satisfaire à Jean-Paul II », alors que, pendant ce même temps, des milliers, des millions de personnes, dont une majorité d’enfants, crèvent littéralement de faim, de soif, de maladies diverses … Que des milliers d’autres viennent de décéder ou ont tout perdu suite aux graves intempéries de ces derniers mois, et j’en passe ! Parmi ces personnes précitées, n’y en a-t-il pas qui ont pourtant beaucoup prié ? Nous sommes-nous pas dans la triste théologie de la prédestination ?  Dieu choisirait « les siens » et abandonnerait « les autres autres » !

Les autres, c’est qui ? Regarde le monde et tu sauras.

La question lancinante de l’enfant et du vieillard : « Pourquoi c’est comme ça ? » n’a pas de réponse.

Il est facile de croire en Dieu quand tout est beau, quand tout semble bon et bien. Quand le chant des oiseaux  le cricri des grillons, le regard des enfants au Marché du jeudi,  les étoiles dans le ciel noir, la  noblesse d’une pivoine, le parfum d’un lilas, ou, simplement, le regard amoureux de deux êtres  enlacés …  ouvrent les pétales de ton cœur et tu te sens UN avec l’adorable créateur.  Face à la beauté, il  ne s’agit pas de croire en Dieu, la foi est superflue, puisqu’il s’agit d’une expérience de Vie. Jésus a fait cette expérience, sur les rives du lac de Tibériade, et tôt le matin dans les forêts d’oliviers, en compagnie d’enfants, de femmes, de gens éparpillés sur son chemin. Cette expérience a marqué Jésus au-delà de sa crucifixion.

 

Mais ce qui est difficile, au-delà de la raison, c’est de réciter ces mots « Je crois en Dieu » alors que, selon Jésus, Lui, se trouve aujourd’hui en prison et attend là, il est nu,  sans toit et attend là, il est étranger, éternel migrant et attend là,  et Oh ! il a faim et attend … qui ? quoi ? « Pourquoi c’est comme ça ? »

 

Cette attente… et le défi, c’est peut-être un essai de réponse à la question de la fillette et à la mienne. Je dis peut-être car, vraiment, si tous les chrétiens, moi y compris,  relevaient le défi comme le fit Jésus chez lui, on saurait qu’Il est vraiment ressuscité, et pas pour rien.

(Je m’inspire de la Réflexion de Jean-Baptiste Metz : Memoria Passionis, cm)

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15/05/2011

On ne voit bien qu'avec le coeur

17 REMBRANDT 1638 APPARITION A MARIE MADELEIN.jpg Rambrandt

 

 

Pâques 2011 (Berne-Bethlehem)

 

Joh 20,1-10.11-18

C'est une histoire compliquée. Elle commence avec Marie de Magdala qui se hâte de grand matin vers la tombe qu'elle trouve vide. Elle informe sans tarder les deux disciples, soit Simon Pierre et celui que Jésus aimait. L'évangéliste abandonne pour un moment Marie Madeleine et se tourne entièrement vers les deux disciples avant de revenir vers Marie. C'était évidemment important pour lui. Mais regardons attentivement ce qu'il en est vraiment.

 

Les deux disciples se hâtent vers la tombe, mais l'un, le disciple que Jésus aimait, court plus vite – pas simplement parce qu'il est plus jeune, mais, bien plutôt parce que le message de Marie lui donne des ailes. Il arrive le premier à la tombe mais attend et permet à Pierre de le devancer. Celui-ci sera donc le „premier“, comme une préséance quasiment officielle. Il voit les draps de lin qui avaient enveloppé le cadavre, à côté de cela, il voit le linge ayant enveloppé la tête du mort, ce linge bien plié, placé là, juste à côté. Aucun signe d'émotion chez Pierre. Le plus jeune disciple entre aussi dans la tombe. Il est écrit :  Il a vu et il a cru!

 

Voici deux manières de percevoir: Pierre voit ce qui est sous ses yeux: le drap et le linge. L'autre disciple que Jésus aimait voit aussi ces objets, mais sa réaction va au-delà de ce qu'il voit: il voit et il croit. Son regard transcende l'objet et scrute l'au-delà des choses. Le disciple qui aimait Jésus, voit avec le cœur. Pour ceux qui aiment, la mort n'a pas le dernier mot.

 

Mais qui donc a le dernier mot? Les deux disciples sont quelque peu perturbés. Ni l'un ni l'autre ne peuvent en dire davantage! Pierre qui devrait être le porte-parole officiel est tellement énigmatique qu'on ne peut le comprendre.

Le disciple que Jésus aimait, ne peut pas parler de son amour. C'est un mystère inexprimable.

Peut-être que les deux expériences prennent un sens dans leur contexte: les deux témoins „n'avaient pas compris ce que dit l'Ecriture: Jésus devait ressusciter des morts“. Nous sommes confrontés au langage codé de la parole de Dieu. Mais vraiment, il s'agit de la Parole de la Sainte Ecriture qui signifie toujours que Dieu ne veut pas la mort des justes. Il ne les abandonne pas. Et c'est précisément lorsqu'il est question de la Résurrection que Dieu agit. C'est Lui qui ressuscite le mort, c'est Lui qui est le dernier mot. Et c'est ainsi que nos deux chers disciples, n'étant pas encore arrivés à accepter ce mystère, s'en retournèrent à la maison.

Que faire maintenant! Nous serions dans une impasse si Marie Madeleine n'était pas là. L'évangéliste reprend le fil de l'histoire. Comme l'ont fait les deux disciples, Marie Madeleine aussi se penche et regarde dans la tombe, elle ne voit ni les draps de lin pliés ni le linge à côté, qui avait enveloppé le cadavre de Jésus; elle voit deux anges tout de blanc vêtu, donc deux messagers de Dieu, l'un assis à la tête et l'autre assis au pied du lieu où avait reposé le cadavre de Jésus. Ces deux messagers ne prennent pas la place du cadavre disparu, ils sont à la place de Dieu. Maria se met immédiatement à la recherche de Dieu et trouve, après des efforts parfois confus, l'homme qui lui dit: „Femme pourquoi pleures-tu?“ Il dit: „Maria!“. Elle reconnaît, celui que son cœur aime parce qu'Il l'a appelée par son nom! Mais Il ne lui accorde pas le temps d'un tête-à-tête. Il la charge immédiatement d'une Mission: Va trouver les Frères et les Soeurs et dis-leurs de ma part: „Je vais chez mon Père et votre Père, chez mon Dieu et votre Dieu“. C'est ce que signifie la Résurrection: Le Dieu du Messie est celui qui donne la Vie et crée la communauté. Il est notre Père et notre Mère.

Il est presque impossible de résumer de telles histoires sans perdre des choses qui sont évidentes dans le contexte de l'histoire étudiée. J’essaie quand même de le faire car je pense que c'est un défi pour notre cheminement dans la foi:

 

· Pierre reconnaît le fait et cela est certainement très important, mais pas suffisant pour aller plus loin. L'acceptation s'adresse plutôt à l'historien et aux personnes qui demandent des faits concrets et visibles pour être valables. Mais cela reste incomplet, jadis comme aujourd'hui.

· Pour comprendre ce qui s'est passé en ce temps là et ce qui se passe aujourd’hui, nous avons avant tout besoin des yeux du coeur. Le disciple que Jésus aimait voyait les choses avec les yeux du coeur. Et pour lui, la mort, les guerres, les catastrophes ne pouvaient avoir le dernier mot. C'est l'Amour qui a le dernier mot.

· Marie de Magdala fait un pas de plus, un pas essentiel à la Résurrection et à notre résurrection : Elle se met en route et annonce aux Frères et Sœurs l'expérience qu'elle a faite lors de sa rencontre avec le Ressuscité. Elle sait maintenant que Dieu a le dernier mot. Dieu qui est Amour, veut absolument que nous ayons la Vie et la Vie en abondance. Dieu qui est notre Père et Mère. La Résurrection exige de nous que nous la proclamions parmi nous et jusqu'aux confins de la terre afin que nous faisions tous l'expérience de la Résurrection. Sans attendre, faisons le premier pas et allons au-delà de notre profession de foi en Dieu en partageant le pain.

Hermann Josef Venetz

traduction: Claire-Marie Jeannotat

avec l'aimable permission de l'auteur



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14/05/2011

Comme ça pourrait être simple !

 

 

Trouver un évêque comme Matthias

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aujourd'hui

 

Un évêque, selon Jésus, c’est un pasteur. Un pasteur connaît des ouailles et vice-versa. Un évêque, c’est un successeur des douze apôtres, choisi comme pour Matthias, parmi les disciples, afin de prendre soins des membres du mouvement -  les adeptes de la Voie – rassemblés en petites communautés de base, de vie, de partage, de foi. L’évêque peut être membre d’une des communautés tout en étant disponible à toutes. L’évêque doit les visiter, les écouter, les encourager, les guérir, leur parler de Jésus parfois, mais avant tout, l’évêque doit être un frère de tous, il doit être prêt à se mouiller pour faire justice aux petits et aux pauvres s’il veut suivre Jésus.

Si le pasteur évêque disparaît pour une raison ou une autre, le « collège » ou le groupe d’ évêques restants ont le devoir de demander conseil aux fidèles, de choisir avec eux quelqu’un qui serai, lui, confirmé évêque par et pour ses ouailles et par le collège des « onze ».

 

Après la mort de Jésus, les « onze » apôtres se mirent à chercher un « douzième » afin de combler le vide qu’avait laissé Judas. Aujourd’hui, 14 mai 2011, dans les églises, l’évangile a raconté ce qui s’était passé en lisant les  Actes des Apôtres 1,15-17.20-26). On présenta deux disciples qui avaient connu Jésus: Joseph Barsabbas, surnommé Justus et Matthias. Puis l'assemblée fit cette prière : « Toi, Seigneur, qui connais le cœur de tous les hommes, montre-nous lequel des deux tu as choisi. On tira au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut dès lors associé aux onze Apôtres. »

C’était normal, on n’en fit pas l’éloge, raconte « La Légende dorée ». Matthias se mit à la tâche, ayant reçu en partage la Judée, où il se livra avec ardeur à la prédication, il devait beaucoup se déplacer pour rejoindre les petites communautés chrétiennes dispersées dans toute la région.  Il allait son chemin « faisant du bien », comme Jésus.

Avant qu’il fut choisi – tiré au sort – on ne savait quasiment rien de lui. D’autres sources racontent que Matthias était trois ans plus jeune que Jésus, qu’il serait né à Bethlehem, que son nom signifie « Don de Dieu », qu’il aurait été invité aux Noce de Cana et que Jésus l’aurait invité à se joindre au 72 disciples. Mais il resta effacé. Quoiqu’il en soit, c’est dans les Actes des Apôtres qu’il apparaît pour remplacer Juda comme cité plus haut. Et j’aime bien Matthias.

Avec plaisir, j’ajoute qu’en Gruyère, j’entends dire que Matthias est un  Saint de Glace et qu’il est le patron des charpentier et des tailleurs.

Mais à l’époque des origines chrétiennes, voilà comment cela se faisait! Point de Hiérarchie, ni d’enquêtes secrètes, « On avait foi  et confiance à la prière à l’Esprit saint des petites gens !»

Aujourd’hui, on en est douloureusement témoins, on fait des listes, on les scrute, on les refait. Une deux, trois, je ne sais. Les médias en parlent.

Si on prenait Jésus au sérieux, réellement et vraiment vivant dans le plus petit de nos frères et sœurs, comme cela simplifierait les choses « les modes d’emploi. »

 

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Nous les  « ouailles » nous sommes votre raison d’être et vous devrez rendre compte devant le Seigneur de votre Mission envers Jésus qui a dit à Pierre « Pais mes brebis, pais mes agneaux ».

Même s’il faut prendre en considération le développement de l’institution, il existe dans la communauté des chrétiens de notre Eglise locale, régionale, de nombreux « Apôtres » fidèles, aptes, qu’ils soient charpentiers, tailleurs, diacres, journalistes ou porteurs de Bonnes Nouvelles. Nous en connaissons. Pourquoi ne pas prendre le risque de la confiance ! Le risque de la confiance en l’Esprit qui anime chacun !

Vous, qui hésitez depuis de longs mois, répètent des prêtres et des fidèles impatients, vous qui connaissez bien l’honnêteté des fribourgeois, des vaudois, des genevois, vous en connaissez comme nous, peut-être même pas aussi bien que nous, n’ayez pas peur pour forme, pensez aux contenu et appelez-les, tirez au sort.  Comme le veut Vatican II : « Retournez à vos origines, Go back to your roots ! », c’est-à-dire à l’Esprit des premières communautés chrétiennes !

Et s’il vous plaît, permettez à ce « serviteur » qui aura été choisi, de prendre place au dernier échelon de l’échelle ecclésiastique. Ils s’y sentiront moins seuls. Et les fidèles aussi. Voir Tribune de Genève.

 

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11/05/2011

Le Passé Présent

 

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C’est le printemps et, si ce n’était le climat mécontent des excès d’une croissance effrénée, et qui s'échauffe et tarit nos sources, je pourrais jouir de la brise à travers les giboulées frémissantes sous un soleil taquin !

Alchemille-18-avril-2009-015.jpgJe pourrais guetter l’apparition de chaque petite fleur dans les prés, sur les talus, entre les pierres du ruisseau limpide : pâquerettes, pervenches, violettes sous la mousse soyeuse, primevères et tout un parterre qu’aucun artiste humain n’aurait pu imaginer, sinon le grand artiste amoureux des plus petites choses !

Et je pourrais, à plat ventre me perdre devant cette goutte de rosée blottie au cœur d’une feuille d’Achemilla et qui repose comme une grosse larme ronde jusqu’à ce qu’un rayon de soleil s’en empare pour lui tout seul. Et l'aspire!

Et je pourrais rester aux aguets, tôt le matin, quatre sous dans la poche de 680_P1110601rr_Ea2-850.jpgmon tablier à carreaux jaunes et bruns, afin d'attraper ma chance du tout premier coucou de l'an dans cette branche d’arbre qui le dérobe à mes yeux !

 

Et je pourrais guetter le vol plané de mes hirondelles qui reprennent possession de leurs nids sous le plafond en bois de ma chambre, et j’étendrai sur le plancher un petit tapis pour recueillir ce qu’elles jettent ou laisse tomber par mégarde et j’attendrai la couvée et la nichée. Quel bonheur, quelques duvets s’envolent, des becs affamés piaillent, papa et maman s’agitent, il faut nourrir ces adorables oisillons et leur apporter de tendres petits vers de terre, des graines, des bouts d’herbe humide, une gouttelette, une encore! Elever des oisillons est un travail à plein temps.

images (26).jpgLe couple se partage la tâche!

 

Bientôt, trop tôt peut-être, l’heure du grand courage, sonne! On sort la tête un centimètre, puis deux, on revient en arrière, on s’agrippe au bord du nid, on explore, on regarde vers la lumière, on ouvre une aile minuscule, puis l’autre – j’ai mis des ficelles épaisses d’un mur à l’autre juste au cas – je retiens mon souffle, j’attends ce miracle de liberté : « Voles de tes propres ailes, mon amour ! » Juste le temps de ne rien voir du miracle, l'hirondelle adolescente plonge dans l’espace immense pour elle, elle fait un tour, elle revient, repart, elle bat des ailes et s’envole dans l’inconnu, elle atterrit dans les branches vertes et ses petites pattes aux griffes menues s’agrippent aux moindres tiges souples d’un buisson, et son arrogant petit bec picote un insecte, quel régal; elle va même gober une mouche, une libellule, elle ne connaît plus la peur, l'instinct de survie s'éveille, c'est un jeu, elle gazouille tant qu'elle peut, elle rentre par la fenêtre qui restera grande ouverte jusqu’à l’automne. Elle vire et virevolte avec quatre ou cinq frères et sœurs. Déjà les queues s’allongent légèrement fourchues pour un meilleur équilibre, allez savoir ! Un petit ventre blanc et le reste noir bleuté, elles appartiennent au ciel, les hirondelles et m'ont fait le grand honneur et l'immense bonheur d’habiter chez moi ! Au Clos du Doubs au temps de ma jeunesse.

Une fois partie pour l’Afrique du Sud, maman m’a écrit que les hirondelles n’étaient plus revenues dans la chambre aux fenêtres ouvertes, elles avaient choisi un autre endroit sous les poutres de notre ferme pour y construire leur nid et y faire leurs nichées.

dyn002_original_355_426_jpeg_2624585_dec9a80d1f7b66563b3bffc8c9c8e14a.jpg En Afrique, j’ai vu des hirondelles. Les mêmes? Je ne crois pas. Elles restaient alignées sur des fils téléphoniques... mais où étaient les nids ? Elles étaient noires et blanches en un seul et même oiseau au pays de l’apartheid, mes hirondelles. Que le Bon Dieu fait bien les choses !

« Je pourrais », ai-je répété ? Mais je peux, bien sûr, dans la plénitude du moment présent.

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08/05/2011

Trois Medias Splash

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(LES PELERINS D EMMAUS PARIS musée du Louvre).

Ce dimanche-ci deux hommes marchent vers Emmaüs :

Quel sens a la rencontre pour le christianisme en devenir ? Qu’est devenue l'Église des Petites gens ? Quel sens actuel à Rome, à Londres, à Abbottabad. Show, Utopie, Désespoir ? Ou le contraire ?

Ils parlent de l’actualité : l’homme de Nazareth qu’ils avaient bien connu aurait  été crucifié alors qu’il était proche du petit peuple et on espérait qu’il allait "libérer Israël ." Des femmes avaient raconté qu’elles avaient vu Jésus ressuscité, la parole de femmes aurait du être ratifiée par des hommes ! A l’époque déjà.

Un inconnu se mêle à leur conversation, il écoute, il interroge… il est agréable et va partager un snack à l’auberge avec eux. Il voit la confusion des deux malheureux et leur dit : « Mais ce qui s’est passé, est-ce que cela ne correspond pas à vos Écritures ? » Il leur explique gentiment le contenu des Écritures et ils réalisent que « ça colle .» C’est comme du pain partagé mais Jésus s’en va.

C’est à eux de vivre ce qu’ils commencent enfin à comprendre : continuer l’œuvre de libération de Jésus à la manière de Jésus : solidaire des opprimés, des marginalisés, encourager les pauvres à se mettre debout, à lutter pour le droit à se nourrir eux-mêmes, à se confronter aux trônes et aux dominations dedans et hors des synagogues, des temps, des palais et des dominations. Par l’action quotidienne « Non-Violence active ! »

Par ses paroles et ses actions, Jésus avaient mis les valeurs des chefs politiques et religieux sens dessus dessous. Radicalement. On reconnaîtrait les membres de son mouvement à LUI, Jésus « à la solidarité qu’ils ont les uns en envers les autres. » L’Esprit de Jésus est dorénavant LA force en nous, Il appartient à « l’humanité tout entière ».

Malheureusement, au 4ème siècle « le christianisme sous sa forme catholique (universelle) a été décrété religion d'État par l’empereur Théodose en 380 ! » Fatalement, le mouvement des premières communautés chrétiennes est devenu l’otage de la Puissance impériale de Rome ! Les leaders religieux, eux en premier lieu otages, assument le style de vie des empereurs, de là, il n’y a qu’un pas vers la loyauté servile aux dominations « protectrices » à conditions que le que le peuple soit, comme au temps de Jésus sous les Romains et les chefs des synagogues, soumis, sourds, muets! Malheurs aux velléités de solidarité et de révolte!

"Ce christianisme "impérial" est devenu un « grand phénomène religieux du monde occidental… mais Jésus est bien plus que le fondateur d’une grande religion. Il se tient debout devant le Christianisme, tel le juge de tout ce qui a été fait en son nom. Le Christianisme ne peut revendiquer la possession exclusive de Jésus qui appartient à l’humanité tout entière. " (Jésus before Christianity, Albert Nolan, OP, l'Évangile de la libération, Ed. Ouvrières 1979, Introduction).

Mais pourquoi ma réflexion sur l’évangile d’aujourd’hui ?

Trois « splash » largement médiatisés en trois jours, et je me demande le rapport entre l'Évangile d’aujourd’hui, Luc 24,13-35, c’est-à-dire la rencontre des hommes d’Emmanus avec Jésus d’une part et les rencontres à Londres, à Rome et à Abbottabad d'autre part, quel sens a le quotidien de William et Kate, de Jean-Paul et Benoît XVI, de Ben Laden et de ses proches? Quelles réponses?

1. Le vendredi 29 avril, William et Catherine sont mariés à Londres. Incroyable show. Comme un conte dans le sillage de Diana et sa destinée, par le lien de la bague léguée à Kate.

2. Le dimanche 1er mai, Rome, un million accouru pour la béatification de Jean-Paul II (sous pression de l’acclamation santo subito). Parmi les pèlerins, la miraculée, Sœur Marie Simone-Pierre portant une fiole de sang de Jean-Paul, Berlusconi et Mugabe lequel a été accueilli par l'ambassadeur du Zimbabwe en Italie, et l'ambassadeur auprès du Vatican Mary Sibusisiwe Mubi. Pourquoi s’offusquer de la présence du tyran sanguinaire Mugabe ? Cela nous regarde-t-il? Les chefs d'États décident et choisissent. Alors ? Ce qui me choque profondément c’est l'Église qui est au Zimbabwe qui, elle, VIT est crie sa souffrance au Dieu de Jean-Paul II. Sans miracle ! Sinon la trahison. Le Peuple du Zimbabwe regarde l’écran TV et désespère. Que le Peuple polonais exulte avec Solidarnosc, cela nous réjouit et qu’il honore son pape, tant mieux. Mais le reste? Les communautés de base et les théologiens de la libération? Qu'en pensons-nous?

3. Le dimanche 1er au 2 mai, à Abbottabad, Oussama Ben Laden, le « mal incarné » de l’Axe du mal et du monde entier, est abattu d’une balle dans la tête. « Justice est faite » annonce Obama au monde entier et aux USA. Toujours en préambule de l'annonce, le carnage de Ground Zero et du Pentagone. Le « mal incarné » est tué. Enfin le Bien, enfin la Paix !

mchma36b.jpgQuel lien, quel message le repas d’Emmaüs avec Jésus ressuscité aujourd’hui ? Dans notre monde. L’enfer existe-t-il pour les Ben Laden et le paradis … pour les autres ? l'Église officielle prononce des décisions, que ressent l'Église Corps du Christ quand elle partage un morceau de Pain à Emmaüs ? RIEN ! UN CRI. L’Abandon du Père. Jésus vit cet abandon aujourd’hui (Mt 27,46).

J’aimerai qu’il en soit autrement.

 

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07/05/2011

« Justice est faite » Vraiment ?

 

 

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US Army photo
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L’espoir d’un avenir humain pousse comme une fleur vigoureuse sous le ciel orageux du printemps arabe. C’est héroïque : les peuples qui se mettent debout, mains nues, face aux pouvoirs et aux dominations et disent : cela suffit. C’est un printemps douloureux, irréversible. L’homme debout, c’est la gloire du Créateur. Il n’y a pas d’autre gloire !

 

En même temps: dans la nuit de samedi à dimanche, 1er mai ((11:38PM) Barack Obama le visage d’acier déclare, … « J'ai déterminé que nous avions suffisamment de renseignements pour agir, et ai autorisé une opération destinée à capturer Oussama Ben Laden et à le présenter devant la justice…. Nous pouvons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers à cause du terrorisme d'al-Qaida: justice est faite. »

Ce n'est pas tellement que Justice doit être faite, mais c'est la manière dont cette « Justice est faite » sans que nul ne puisse voir « qu'elle est faite» par des êtres humains! Envers les 3000 victimes au Ground Zero...envers les 100 000 victimes en Irak!

« Lorsque la justice se marie avec le canon, c'est plus souvent pour le pire, l'un servant de masque à l'autre » (Jean Noël Cuénod, Trib de Genève 04.05.2011).

De plus, le déferlement de déclarations versus démentis, vérités versus contre-vérités ne formait plus qu’un sandwich indigeste que les médias nous offraient en pâture.

Mais non, nombreux sont les journalistes qui présentent cet « événement peu glorieux du Pouvoir américain » à la lumière du passé à partir de sources interposées! : « Ben Laden est une fabrication des Occidentaux notamment des Américains qui l'avaient érigé et financé contre les Soviétiques qui, lors de « la guerre froide » avaient envahi l'Afghanistan. » (Le Point) Point besoin de références spéciales, nos réfugiés afghans de l’époque, encore chez nous aujourd’hui, en sont la référence vivante.

Je ne peux, non plus, nier la haine destructrice de Ben Laden et Al Quaeda envers les USA et toux ceux qui « leur ressemblent » y compris une multitude d’Arabes. On ne peut nier la haine envers les « Terroristes dans les vastes zones de l’Axe du mal » selon la théorie Yankee de G.W. Bush.  Et cette théorie simpliste pollue les mentalités jusque chez nous!

Mais comment y voir clair, et comment se faire une opinion qui n’est pas nourrie par les sandwichs éclairs ?

J’ai enfin trouvé l’excellent article de David Cornu : Et voici ce que j’apprécie : « La mort de Ben Laden ou la preuve par l’image » http://www.mediateur.edipresse.ch/

« Le constat ne tient pas lieu d’excuse; la recherche de la vérité de fait reste impérative, dès le début des opérations. Mais il permet de relativiser les défaillances médiatiques. Avide de tout savoir sans attendre, le public n’est pas déchargé de toute responsabilité. L’immédiate circulation des informations suppose aussi, de sa part, une crédulité sélective et de moins en moins primesautière. »

Prendre le temps de réfléchir au rythme du déroulement de l’Histoire permet de chercher un Sens dans l’absurde de la haine, de la violence confrontée à l’empathie purement humaine, la soif de paix dans ce que nous vivons tous, partout. Aujourd'hui.

Encore un signe de lucidité : Ce soir le journal de notre TSR à 19h30  termine par la « Chronique libre du cinéaste Jacob Berger ». Chacun regarde, comprend, se « se fait une opinion » à partir de son propre pont de vue. Beauty is in the eye of the Beholder…and so is sin”.  C'est objectif?

Peut-être que notre espèce humaine est-elle en train de s’approcher d’un “point de vue commun”, celui de l’Homme de Nazareth. Mais regardez Jacob Berger !

http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/#id=3126309

Non, M. Obama, « Justice n’est pas faite » aussi longtemps qu’elle le sera en tuant l’ennemi sans le juger, full_18172.jpget même en le jugeant, en le condamnant à mort, aussi longtemps que la peine de mort existe aux USA comme ailleurs, aussi longtemps que l’opportunisme et la volonté de domination impérialiste sont tributaires du Pentagone ! Et j'ose douter qu'au fond de leurs coeurs endeuillés, les personnes que vous consolez sous l'objectif de la télévision world wide, soient en parfaite harmonie avec vous...!


 

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04/05/2011

Cuernica

images (23).jpgSi jamais vous mettez les pieds dans ma petite hutte à angles droits, bien nommée KATUTURA,  votre regard se portera par de-là la fenêtre sur les vieux tilleuls  de la Place du Marché sous un ciel  aux nuages  et soleil en liberté !

Sur les trottoirs les gens de Bulle, pas trop pressés, des enfants aux mains des grand-mamans ou blottis dans des poussettes à côtés des peluches poilues!

En deçà de la fenêtre, l’espace et l’ordinateur qui, patiemment attend la frappe sans stress  de mes doigts. Au mur, le « Christ au désert » cadeau d’un ami honoré qui n’aurait jamais imaginé l’influence du grand Ivan Nikolaïevitch Kramskoï sur moi.  L’Esprit du Christ au désert est hors cadre et hors image. Je l’écoute et le découvre dans le petit livre des Évangiles. Il met en lumière l’actualité comme je la perçois en moi, autour de moi et dans le monde, par le « World Wide Web ».

Chacun perçoit et ressent l’actualité de son Businessmen on World Wide Web.jpgpoint de vue. De sa réalité. Cela donne de l’importance au World Wide Web et, lorsqu’il y a échange et débat – aussi contradictoire – d'un blog à l'autre, le regard de Jésus pénètre le tissu social et favorise la prise de conscience collective toujours plus profonde. Notre manière d’être et d’agir s’humanise. Des petites lumières d’espérance défient les ténèbres.

Ces ténèbres sont représentées, sur le mur fané de mon bureau, juste à côté du Christ au désert et c’est le large tableau de Cuernica : « Guernica est une lutte révolutionnaire par la peinture, le manifeste politique de Picasso et l’emblème de la participation du peintre aux drames de son temps : la violence, la barbarie et la guerre. » Je veux participer à cette lutte révolutionnaire en permettant au regard de Jésus de dire son jugement, selon la souffrance des victimes de notre Cuernica aujourd’hui :

Nos chômeurs, nos « surplus people », nos blessés par l’arrogance confrontés aux méandres de l’Assistance sociale et de l’Assurance invalidité…

Les gens assoiffés de spiritualité, les « pauvres d’esprit » sans importance face aux fastes ecclésiastiques déversées sur les écrans TV, leur seul passe-temps !

Les « faibles dans leurs corps », incapables de se défendre contre les actes de pédophilie.

Des milliards d’individus marginalisés, exclus « parce qu’il n’y a aucune place pour eux dans l’économie, ils ne sont ni producteurs, ni consommateurs. Ils ne sont rien du tout. » (A.N).

Les mendiants: en Suisse, par exemple, là où il y a encore des « couvents », des personnes bien intentionnées envoient ces mendiants à la « porte des Pauvres des bonnes Sœurs. » Honneur à elles, bien imparfaitement, elles partageront.

Mais pour les mendiants, ce partage humiliant, est une petite lueur d’espérance.

Le partage pourrait s’élargir, bien au-delà des heures d’ouverture de « Caritas », et de « Couvents » et prendre le chemin rugueux orienté vers la justice économique. Et l’engagement politique !

Aujourd’hui, j’aurais souhaité prier pour que s’allument des lumières d’espérances au Cuernica du Pakistan, de la Syrie, de la Libye… J’ai, hier soir, écouté Infra rouge au sujet de Osama Ben Laden. L’un des participants a dit : « On ne donne pas les morts en spectacle .»

images (1).jpgCuernica n’est pas un spectacle, c’est une réalité qui nous concerne. Elle m’oblige à prier avec Jésus. Mais c’est un CRI. « C’est une transcendance par en-bas. C’est tout. Dieu s’est rendu proche ! » (J.B. Metz)

Ah! J’oubliais autre chose que celui/celle qui mettrait les pieds dans mon petit bureau trouverait: C’est une belle famille de chevaux des Franches-Montagnes photographiée par mon ami Pierre, c’est le Doubs et son enclos et c’est la mer agitée de Van Gogh et ce sont les photos de petits enfants qui font leur apparition dans ce qui ne devrait jamais être, pour eux, Cuernica !

 

21:55 Publié dans Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cri | |  Facebook | | | |

01/05/2011

Une Suisse solidaire

stylo_plume.jpg1er mai 2011

 

Un autre Suisse est possible

http://www.sp-ps.ch/fre/Medias/Communiques/2011/1er-mai-Christian-Levrat-president-du-PS-presente-un-message-video

Merci à Chrisrian Levrat!

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Nous voulons "le plus grand bien pour le plus grand nombre".

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