17/10/2010

MEDITATION DOMINICALE

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La parabole du Juge sans pitié : Lc 18,1-8

 

Prier c’est aussi dire à Dieu ce qui me manque. C’est aussi prendre conscience de ce qui m’est dû et prier pour avoir la force de le revendiquer ! C’est difficile car l’église a (trop) souvent,  enseigné la soumission à ce que disent les ecclésiastiques, les directeurs de conscience, les dogmes, les autorités de tout bord.

 

Au temps de Jésus et dans son contexte, les femmes (et les enfants) étaient culturellement êtres inférieures, des « servantes des seigneurs », des femmes qui refoulent les humiliations dans leur cœur ! En silence.

 

Cela agace Jésus pour qui nous sommes tous égaux. Tous. Mais nous devons lutter pour conquérir notre dignité humaine sans se décourager jamais. Et Dieu sait que c’est épuisant ! Voici cette histoire dans la traduction œcuménique de la Bible.  Cela pourrait se passer à Bulle, à Lausanne, à Delémont, ici et maintenant :

 

« Il y avait dans une ville un

juge qui n'avait ni crainte de Dieu ni

respect des hommes.

 

Et il y avait dans

cette ville une veuve qui venait lui dire :

Rends-moi justice contre mon adversaire.”

 

Il s'y refusa longtemps. Et puis il se dit :

Même si je ne crains pas Dieu ni ne

respecte les hommes, eh bien ! parce que

cette veuve m'ennuie, je vais lui rendre

justice, pour qu'elle ne vienne pas sans fin

me casser la tête.” »

 

Et Jésus conclut :

« Écoutez bien ce

que dit ce juge sans justice.

Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient

Vers lui jour et nuit ? Et il les fait attendre !

Je vous le déclare :il leur fera justice bien vite.

Mais le Fils de l'homme, quand il

viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

 

Des juges, des supérieurs, des autorités sans vergogne qui ignorent celles et ceux qui viennent leur demander de les écouter, Oh ! il y en a ! Combien de fois, surtout si les demandeurs sont des femmes, des étrangers, des balayeuses de rue, des mendiantes, devront-elles attendre, attendre, repartir avec des papiers à remplir, remplir, revenir, repartir, être envoyés à un autre fonctionnaire, encore, encore… J’en ai fait l’expérience seule, et/ou avec d’autres. Et on revient si le courage tient bon, une fois, deux fois.

Jusqu’à forcer la  porte d’un chef pour lui faire face !

 

Selon Jésus, mon entêtement devrait avoir raison de cet homme de pouvoir, ce juge qui devrait enfin  « écouter ma revendication » ne serait-ce que pour que j’arrête de lui casser les pieds, ou la tête ! Et Jésus montre ce type, en fait quasiment l’éloge pour me donner à moi, une veuve, femme, étrangère, l’audace de changer ma vulnérabilité en une volonté d’acier, ne serait-ce que pour survivre !

Le juge de l’histoire de Jésus écoute et rend justice à la petite vieille veuve pour avoir la paix ! Parce qu’elle ne s’est pas découragée ! Et Jésus « loue », devant ses apôtres, ceux d’hier et d’aujourd’hui, ce fonctionnaire malhonnête forcé à faire son travail par … une femme marginalisée, une veuve seule, mais une personne animée par la Foi en elle-même jusqu’au bout.

Jésus n’a vraiment pas la langue de bois ! Que d’exemples concrets autour de nous, mais je ne veux pas penser pour les autres… Chacun a certainement des exemples plus percutants que les miens à partager…

Et pourtant la dernière réflexion de Jésus rejoint ce soir ma tristesse : « Jésus, le Fils de l’Homme, notre frère, trouve-t-il, sur la terre, dans nos villes en 2010,  des femmes et des hommes qui croient en Lui et en eux-mêmes ? »

 

00:27 Publié dans Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : veuve | |  Facebook | | | |

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