15/08/2010

EVASION

 

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Évasion

J'en ai rêvé et j'ai tellement désiré passer quelques précieux moments au bord de l'eau.

Et le miracle est d'autant plus merveilleux que j'y avais presque renoncé, mais c'est venu et dès demain et pour un beau mois je pourrais m'évader, hors d'une multitudes de murs, au grand large, au bord d'un Lac, peut-être d'une clarté autre que notre Léman, mais d'une profondeur qui rejoint votre MOI profond quand vous êtes libre et libéré.

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Comme Le lac de Tibériade, là où Jésus aimait s'évader et et sentir accueilli par la tendresse vigoureuse des vagues. L'eau accueille les turbulences accumulée et tendrement m'entraîne au cœur des vagues frémissantes vers une Vie renouvelée car « 'esprit d'Elohim plane au-dessus des eaux". Il apaise les discordances, le bruit des mots , les vanités,les blessures, les inquiétudes, les tourbillons, les colères. Il souffle comme la main amie sur mon front tourmenté la fraîcheur du SILENCE de son immense pour la terre, pour l'univers, pour moi, petite vibration de son origine faite femme. Pour Dieu fait homme en nous.

Oh! je me réjouis de revoir le calme, la paix, la musique du silence et là-bas3532042038_337b3d2373.jpg l'horizon.

L'eau bleu comme le ciel, il ne font qu'UN. Et moi avec, le temps de quelques semaines.

 

 

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13/08/2010

PRIERE DU SOIR

 

Prière de ce soir avec Pedro Arrupe

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Enseigne-moi ta manière de te comporter avec les disciples, avec les pécheurs, avec les enfants,  avec les Pharisiens, ou avec Pilate et Hérode. Et encore avec Jean-Baptiste avant sa naissance et plus tard au bord du Jourdain. Enseigne-moi comment tu agissais avec tes disciples, surtout avec les plus intimes : avec Pierre, avec Jean ... et aussi avec le traître Judas.

Communique-moi la délicatesse avec laquelle tu leur as préparé à manger au bord du lac de Tibériade ou tu leur as lavé les pieds.

Que j'apprenne de toi, comme l'a fait saint Ignace, ta manière de manger et de boire, comment tu prenais part aux repas de fête , quel était ton comportement quand tu avais faim et soif , quand tu ressentais la fatigue après les voyages, quand tu avais besoin de repos et de sommeil.

Enseigne-moi à souffrir avec ceux qui souffrent : avec les pauvres, les lépreux, les aveugles, les paralytiques. Montre-moi comment tu témoignais de tes émotions très profondes quand tu en vins à verser des larmes ou quand tu as ressenti cette angoisse mortelle qui te fit suer du sang et qui nécessita la conso­lation d'un ange.

Et surtout je veux apprendre la manière dont tu as témoigné cette extrême douleur sur la croix, lorsque tu t'es senti abandonné par le Père.

Tu étais sévère, il est vrai, avec les gens malintentionnés. Mais il est vrai aussi que ta bonté attirait les multitudes au point qu'elles oubliaient de manger ; que les malades étaient sûrs que tu aurais pitié d'eux ; que ta connaissance de la vie quotidienne te permettait de parler en paraboles à la portée des gens simples; que ton amitié s'étendait à tous, mais avec une spéciale attention pour certains : Jean ou Lazare, Marthe et Marie; que tu savais remplir d'une joie sereine une fête de famille, à Cana par exemple.

Apprends-moi ta manière de regarder : comment tu as regardé Pierre pour l'appeler à ta suite ou pour le relever après sa faute ou comment tu as regardé le jeune homme riche qui ne s'est pas décidé à te suivre, ou comment tu regardais avec bonté les foules qui se pressaient autour de toi ou comment tu regardais avec colère les Pharisiens .

Je voudrais te connaître comme tu étais : ton image devant moi suffirait à me changer. Le centurion de Capharnaüm s'est senti écrasé par ta bonté. Sous ton regard, Pilate se sent incertain, et son épouse est effrayée . Le centurion qui te voit mourir proclame ta divinité alors même que tu rends l'âme.

Je voudrais entendre ta voix comme dans la synagogue de Capharnaüm ou comme sur le Mont des Béatitudes ou quand tu t'adressais aux foules. 

Enseigne-nous ta manière d'agir pour qu'elle devienne, aujourd'hui, notre manière et que nous soyons tes compagnons, et tes collaborateurs et tes collaboratrices.

(J'ai légèrement adapté, ici et là, la prière de Pedro Arrupe à ma pensée, claire-marie)

http://www.jesuites.com/histoire/arrupe/priere.htmlimage003.gif


et à Haïti aujourd'hui

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12/08/2010

LE PERE ARRUPE

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 Un prophète, le Père Pedro Arrupe SJ

« Il existe un poète aux odes insondées,
Plus vaste que les cieux, plus grand que l'infini ;
Son cœur est l'océan où naissent les idées,
L'univers à genoux chante son nom béni.

Son regard rajeunit les croyances ridées ;
Il sculpte au cœur humain l'espoir dans le granit,
Il calme de la mer les vagues débordées ;
Aigle impossible, il a l'immensité pour nid.

Sa plume est le soleil ; son poème, le monde ;
Les monts et les forêts que la tempête émonde,
Les océans profonds que tord le vent du flux,

Sont les notes sans fin de sa vaste harmonie ;

L'homme est l'écho complet de son œuvre infinie.
Ce poète, c'est Dieu ; mais on ne le lit plus.

Etienne Eggis
(1830-1867)

Un prophète, Pedro Arrupe, jésuite, est selon moi : « 

l'écho complet de l’oeuvre infinie de Dieu, mais on ne le connaît pas ! » Il est témoin des ravages de la première bombe atomique sur Hiroshima et Nagazaki en 1945. On préfère taire son action! Je voudrais me souvenir de ce prophète jésuite honnis des autorités vaticanes à l'époque! Je voudrais l'honorer et le prier de nous inspirer par sa vie et sa vision!

A Nagazaki, le premier à recueillir les agonisants dans ce qui restait du Noviciat des Jésuites et à se familiariser avec la mort de Jésus aujourd’hui. J’étais là et tu étais là…Pedro Arrupe. " J'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !"
Mattieu 25 :31-46

Et pourtant, les 6 et 9 août 2010, Pedro Arrupe est resté dans l’ombre de la bombe. A l’écart des médias, et hors les murs de l’Institution comme Saul le disait déjà aux gens d’Ephèse 13.12-14 : « C'est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, (sa vie) a souffert hors de la porte. Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre. » Silence !

Né en 1907 et mort en 1991, il avait fait des études en médecine et au moment de l’explosion de la bombe atomique soigna sans relâche les victimes, les brûlés, les mourants. Plus tard il alla célébrer la première Eucharistie dans la cathédrale éventrée.

Nommé supérieur provincial du Japon en 1958, il est élu « général » le 22 mai 1965. A ce titre, il participe à la quatrième session du Concile de Vatican II. Il participe à tous les synodes des évêques (six sessions entre 1967 et 1980). « Ce qui ne veut pas dire » précise-t-il « que je considère ma vie comme particulièrement extraordinaire » !

Il a un cœur qui va droit à la réalité des victimes de l’injustice. En Amérique latine, il pousse la Compagnie à prendre sa part dans la lutte sociale et à s'engager en faveur des pauvres et des marginaux, comme de toutes les victimes de l’injustice. Mais il sait que des oppositions viendront « d’où on les attend le moins ! » Du Pape et du Vatican ! Combattu et méprisé par la curie romaine, il est humilié et désavoué publiquement par Jean-Paul II qui, dès lors, vise à remettre de l'ordre chez les Jésuites soupçonnée de collusion avec la "théologie de la libération". !!!

 Le journaliste Etienne Séguier écrit en février 2004 dans l’hebdomadaire La Vie :

C’est en revenant des Philippines, que le Père Arrupe est atteint, le 7 août 1981, d’une thrombose cérébrale. Jean-Paul II, sans état d’âme, écrit en ces termes de Castelgandolfo au Père Arrupe le 5 octobre 1981 :

 « La préoccupation que j’ai éprouvé à la nouvelle de votre maladie, comme je vous l’ai écrit le 27 août, ne m’a pas quitté tandis que je suivais ces dernières semaines l’évolution de votre état de santé. […] Votre maladie m’a fait percevoir de façon encore plus vive la signification du désir que vous m’avez manifesté dès l’an passé de présenter votre démission à la Congrégation générale … ».

arbre_fleurs.JPGC’est l’approche de Jean-Paul II. Et le coup de grâce infligé à celui qui le dérange : le prophète !

Pedro Arrupe meurt à Rome le 5 février 1991 à l’âge de 83 ans.

« Le regard de Dieu rajeunit les croyances ridées… » Est-ce possible ?

 

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10/08/2010

Mon Dieu QU'AVONS-NOUS FAIT?

 

Le Japon : Hiroshima, la bombe, la renaissance.

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Hiroshima et Nagasaki

Mon Dieu, qu'avons-nous fait ?

Comment en est-on arrivé à faucher, l’espace d’un flash,  des centaines de milliers de  personnes à Hiroshima et Nagazaki ? En connaissance de causes ! Vraiment ?

Qui allait gagner cette guerre mondiale ? En l’absence de dialogue, c’est la force brute.

Imaginer un moyen : anéantir l’ennemi d’un seul coup au moyen d’une bombe. Einstein découvre l’incroyable équation entre matière et énergie : E = mc2. Une chance « pour un monde meilleur ». Selon son emploi lorsque « la solution finale est plus facile que le dialogue ! »

En fait, il s’agissait de l’Allemagne,  des USA et des autres. Les Japonais seront sacrifiés pour en finir. Si je ne détruis pas l’ennemi, je serai détruit par lui.

Il fallait devancer les Allemands et mettre au point l'arme nucléaire avant ceux-ci. En 1939, des scientifiques allemands réfugiés aux États-Unis, font pression sur Albert Einstein pour de signer une lettre à Franklin Roosevelt, président des États-Unis, visant à  le prévenir  des dangers de l'énergie nucléaire. http://mendeleiev.cyberscol.qc.ca/carrefour/rescol99/bombe-3.html

Face au danger potentiel d'une arme nucléaire allemande le président américain donna son accord. Le 16 décembre 1941, le "Projet Manhattan" fut lancé.  (Voir La petite histoire du projet Manhattan http://www.astrosurf.com/luxorion/histoire-manhattan-proj...)

Einstein prit la responsabilité totale des conséquences  possibles de « la plus grande erreur de sa vie ». Il ne participera pas au projet Manhattan et écrira une deuxième lettre à Roosevelt début 1945 pour le supplier de ne pas utiliser l'arme nucléaire. En vain !

Après la guerre et le carnage Einstein militera pour un désarmement atomique mondial, jusqu’à sa mort en 1955. Il confiera à Linus Pauling : « j’ai fait une grande erreur dans ma vie, quand j’ai signé cette lettre [de 1939] ».

«Le 30 juillet, la décision définitive est prise. "Nous n'avons plus le choix", reconnaît Truman. (Successeur de Roosevelt).

Il envoie ce mémo à Stimson : "Suggestions approuvées. Lâchez la bombe dès que vous serez prêts… » Le 6 août, à 8 h 15 minutes et 17 secondes : "Little Boy" est lâché sur Hiroshima par le B-29 "Enola Gay" du colonel Paul Tibbets (509ème escadrille de bombardiers). La ville est rayée de la carte, il y a 70 000 morts. Deux autres B-29 l'escortent, emportant les instruments scientifiques destinés à l'analyse de  l’explosion.

Le commandant de bord Paul Tibbets décida de baptiser le B-29 avec un nom unique, celui de sa mère (Enola Gay), pour placer l'avion et son équipage « sous une bonne étoile !!!» comme il le dira lors d'une interview.

Trois jours après, Bockscar, un autre B-29 piloté par le major Charles Sweeney, largua une bombe A au plutonium surnommée Fat Man sur Nagasaki.

Le Japon doit se résoudre à "accepter l'inacceptable". Les Américains ont accepté de laisser l'Empereur en place. Le 15 août, le Japon annonce officiellement qu'il capitule sans condition.

L'opinion publique américaine n'en a pas voulu à Harry Truman d'avoir ordonné la destruction atomique des villes japonaises. Bien au contraire. Les équipages des B-29 ont été traités en héros. De son vivant, Truman a été plus critiqué pour son programme social et ses projets de loi en faveur des noirs que pour l'utilisation de la bombe.

(En fait les USA voulaient aussi impressionner la Russie et quiconque deviendrait une menace !)

La moralité, en temps de guerre, c'est une question de statistiques.

En 1995, dans ses mémoires, l'amiral Leahy, chef d'état-major particulier des présidents Roosevelt puis Truman, expliquait :

"Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre. (...) L'utilisation à Hiroshima et à Nagasaki de cette arme barbare ne nous a pas aidés à remporter la guerre. (...) En étant le premier pays à utiliser la bombe atomique, nous avons adopté (...) la règle éthique des barbares."

Quant au général Eisenhower, il écrivait lui aussi dans ses Mémoires : "À ce moment précis [août 1945], le Japon cherchait le moyen de capituler en sauvant un peu la face. (...) Il n'était pas nécessaire de frapper avec cette chose horrible."

Comme quoi l'interprétation du passé a toujours constitué un champs de bataille idéologique.

Quant au général Eisenhower, devenu président des États-Unis de 1953 à 1961, il écrivait lui aussi dans ses Mémoires : "À ce moment précis [août 1945], le Japon cherchait le moyen de capituler en sauvant un peu la face. (...) Il n’était pas nécessaire de frapper avec cette chose horrible".

Nous nous résumerons en une phrase: la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. A. Camus

La souffrances des survivants:

·         L'envoyé spécial de notre RSR et TVS, notre journaliste Georges Baumgartner rencontre en 1995 Keiko Ogura, une survivante à l'explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, le 6 août 1945. Ces rescapés sont appelés en japonais Hibakusha, soit littéralement «victimes de la bombe». Elle témoigne afin de transmettre le souvenir de cette expérience horrifiante.

En effet, des milliers de Japonais sont irradiés par les 2 bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki en août 1945. En plus des souffrances physiques, ils sont aussi rejetés par leurs concitoyens par peur d'une contagion.

 « Les États-Unis n'ont jamais accepté de présenter des excuses pour les quelque 210'000 morts, pour la plupart des civils innocents. »

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombardements_atomiques_de_Hiroshima_et_Nagasaki

http://aerostories.free.fr/hiroshima/page9.html

http://webduweb.free.fr/complot.htm

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Le Peace Memorial Park, le Musée de la Bombe, l'Hypocentre et le Memorial Hall.

(Ce billet est motivé par le désir de savoir un peu mieux ce que nous avons célébré le 6 et le 9 août 2010, claire-marie)

16:16 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bombe aromique | |  Facebook | | | |

07/08/2010

LA BOMBE

 

La BOMBE

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Il y a 65 ans qu’une bombe a réduit en cendres la terre et les humains de Hiroshima et Nagazaki, 250 000 morts selon wikipedia. C’était le 6 et le 9 août 1945.

http://www.24heures.ch/depeches/monde/etats-unis-representes-premiere-fois-hiroshima

« Par tous les rêves piétinés,
Par l'espérance abandonnée,
À Hiroshima, ou plus loin,
Peut-être viendra-t-elle demain,
La Paix! »

D’une chanson « méconnue de Moustaki » qu’on trouve à l’adresse : http://salem.blog.24heures.ch/

Que dire alors qu’on n’a pas vécu ce carnage ? On aimerait se taire, prier. Et « s’ils se taisent, les pierres crieront » (Lc 19,40).

En fait je suis surprise qu’à l’époque en Suisse – j’étais aux études dans une institution catholique – on n'ait pas ou peu entendu parler de ce « crime contre l’humanité ».

155230_13887355_460x306.jpgAujourd’hui, j’entends : « La bombe avait fait cesser la guerre ». Alors on comprend que les États Unis, les alliés, la France, la Grande-Bretagne tardent à demander pardon. Pour la première fois, (voir 24 heures plus haut) John Roos, ambassadeur des USA au Japon et d’autres diplomates ont « assisté vendredi, aux cérémonies marquant la destruction, il y a 65 ans, de la ville de Hiroshima par une bombe atomique américaine ».

« L'ambassadeur américain, John Roos, a déposé  une gerbe en mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit là d'une première reconnaissance des souffrances japonaises.  Mais les États-Unis n'ont jamais présenté d'excuses pour avoir pris pour cibles des populations civiles à Hiroshima et à Nagasaki. »

Et je pense à « l’espérance abandonnée » de Moustaki. Les morts ne racontent pas leur vécu et il reste peu de survivants témoins.

Trois témoins « étrangers » pourtant, accomplissant leur tâche : un médecin, un  journaliste, et un missionnaire. Aucun n’avait l’appui des médias ni la cote des américains et des occidentaux pour publier leurs témoignages.

  • Le médecin, Marcel Junod, médecin suisse de la Croix-Rouge au Japon sera le premier médecin étranger de l'histoire à visiter Hiroshima où il atterrit, vers midi, le 8 septembre 1945, plus d'un mois après la funeste explosion. « Les bombardements aériens ont tout dévoré [...] Vers douze heures, nous survolons Hiroshima. Moi et mes collègues regardons avec anxiété par les hublots et découvrons une vision que personne n'a jamais vue auparavant. Le centre-ville a été aplati comme le creux de la main. Plus rien. C'est une vision d'effroi.» Le silence est brisé. Marcel Junod, et à travers lui le CICR, porte à ce moment précis le premier regard du monde extérieur sur la tragédie. Dans ce qui reste d’un hôpital il dit «les patients se blottissent dans des coins. Les autres, allongés par terre, meurent…  Il n'y a ni eau, ni sanitaire, ni cuisine. Des milliers de mouches volent au-dessus des blessures et des brûlures. Tout est incroyablement sale… de multiples hémorragies provoquées par la radioactivité… pas de traitement.» «Après ce que je viens de voir comme témoin de cette nouvelle arme, je n'ai aucun doute: le monde, aujourd'hui, est confronté avec le choix de continuer à exister ou d'être annihilé si cette bombe est à nouveau utilisée.»

  • Le journaliste Wilfred Burchett, premier journaliste à être entré à Hiroshima. Sans lui, le monde aurait sans doute longtemps ignoré les ravages des radiations. Ravages immédiatement niés par l'état-major américain. Lorsqu’il arrive, après vingt heures de voyage de Tokio, il saute du train, en pleine nuit, dans ce qu'il reste de la gare d'Hiroshima. la ville n'est pas encore sous contrôle américain ... il ne découvre la cité qu'au petit matin. Il est le premier journaliste occidental à contempler ce champ de ruines mais surtout à visiter les hôpitaux où des gens meurent d'une façon inconnue: "A Hiroshima, trente jours après la première bombe atomique qui détruisit la ville et fit trembler le monde, des gens, qui n'avaient pas été atteints pendant le cataclysme, sont encore aujourd'hui en train de mourir, mystérieusement, horriblement, d'un mal inconnu pour lequel je n'ai pas d'autre nom que celui de peste atomique [ ... ]. Sans raison apparente, leur santé vacille. Ils perdent l'appétit. Leur cheveux tombent. Des taches bleuâtres apparaissent sur leur corps. Et puis ils se mettent à saigner, des oreilles, du nez, de la bouche.

  • Le Missionnaire : Pedro Arrupe, le Jésuite, désireux d'être missionnaire, il part en 1938 pour le Japon. En 1945, il est à Hiroshima quand explose la première bombe atomique, il se dévoue sans compter auprès des blessés. Plus tard, il est supérieur des jésuites du Japon, d'où il est appelé pour être élu supérieur général des jésuites en 1965. Mais Pedro Arrupe n'aura pas la cote du Vatican, lui. http://www.jesuites.com/histoire/arrupe/itineraire.html

 (Je vais revenir sur le Padre Arrupe SJ dans un prochain billet)

Mais si j’enseignais l’Histoire, je m’y prendrais comment pour faire justice à l’Histoire des Grassroots, celle des victimes qui, elles, jamais ne parleront ? Il est parfois plus commode de se passer de témoins et de faire confiance aux livres officiels et aux statistiques. Et satisfaire ainsi à l’exigence de rechercher la vérité ? J’essaierai de revenir sur cette Histoire difficile.

 

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04/08/2010

ETINCELLE DANS LE CHAOS

 

Jésus au cœur de la réalité 

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Être conscient de la réalité humaine de notre monde nous coupe le souffle, nous ôte la parole. Le suprême égoïsme serait de se réfugier dans une tour d’ivoire pour « garder la paix », la tranquillité. Ce serait l’indifférence !

 Mais voilà : indépendants, nous sommes interdépendants ; solitaires, nous sommes solidaires. Notre demeure est hors frontière, hors patrie, hors planète, puisque, nous sommes UN  dans l’Univers qui se déploie. L’infiniment grand dans l’infiniment petit (moi) ou le contraire. La souffrance de l’un est celle de tous et l’espérance de l’un est celle de tous, et, en Jésus, l’irréconciliable est déjà, et pas encore, réconcilié (Col 1 :20). C’est simplement le mystère de l’Amour. Mais l’Amour est l’énergie de la lutte pour hausser la voix face à l’actualité, par la prière peut-être, pas une prière de repos, mais une prière de révolte dans la confiance et les contradictions. Une prière qui agit dans la mesure de mes moyens, consciente  de ne pas être immunisée contre les tentations au désert comme Jésus les a connues au désert : faire du spectaculaire plutôt que de labourer la terre !

 Mais comment donc réconcilier cette foi avec l’intolérable souffrance humaine, en nous, autour de nous, comment réconcilier l’espérance qui nous maintient debout dans la tempête qui tue les uns, épargne les autres ?

Comment réconcilier ce qui reste d’humain en l’homme avec l’intolérable souffrance des gens qui ont faim, soif, qui sont perdus dans les catastrophes à répétition : l’eau au Pakistan, en Chine, le feu en Russie, le poison persistant à Tchernobyl et Bophal , la violence en Afghanistan, en Irak, l’agitation, la mort, la corruption chez nous ? Être conscient de la réalité ne veut pas dire l’accepter, cela signifie plutôt permettre l’empathie de motiver l’action, si petite soit-elle, pour allumer dans ce chaos, une étincelle de vie. Et ce n’est pas facile, on devient facilement spectateur quand on est « au repos ».

 

L’actualité est notre quotidien. Nos journalistes le disent avec leur plume, ou en « dévidant » à toute vitesse les bulletins d’information etincelle.jpgjusqu’au délire à la radio. Bonnes Nouvelles ? Tout le contraire ! Tant et si bien que l’intelligente et engagée Mishael Hussein  présentatrice du « BBC  World News » s’excuse   quasiment de « rambling on » dévider non stop ces NEWS de guerre, de sang, de souffrance ! Pour le moment, ajoute-t-elle comme pour s’excuser !

(c’est ma prière du soir)

 

 

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02/08/2010

L’école, les vacances et rougir

 Juste une réflexion plutôt personnelle!

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 J’emmène mes amis au Jura en 1920. Garçons et filles de la 1ère à la 9ème dans une seule classe de l’école de Montenol s’appliquent pour avoir de bonnes notes sur le carnet qui sera présenté aux parents et signé par eux avant de le rapporter à M. le Régent. Ne pas avoir à rougir nous dit l'instituteur! La meilleure note était 1 et la pire était 5 ce qui voulait dire Nul ! Les notes 2 ou 3  ne plaisaient pas aux parents, nous étions rarement punis, mais :  « J’attendais beaucoup mieux de toi » me faisait rougir !

Ah ! Rougir, ça révèle un péché qu’on a jamais commis ! J’avais le don de rougir au moindre coup d’œil de n’importe qui. Le cou, les joues, le front prenaient la couleur rose pastel, rouge tomate, rouge bordeaux, rose rouge, comme si je me sentais coupable alors que je n’avais rien fait de mal ! Je sentais qu’on me voyait et que le regard lisait mes pensées ou ce que je ressentais. Même s'il n’en était rien ! Je rougissais même par plaisir, par dépit, par surprise.

J’ai perdu ce précieux, gracieux, malheureux don « de rougir » et je me demande pourquoi ? Avec le passage des années, rougir, c’est fini. Je peux faire la plus grande bêtise sans rougir. « J’affabule pour mieux dire la vérité » sans rougir, sauf que mes joues ont gardé la couleur de rose fanée que j’aime bien. En Afrique du Sud, je rougissais sous les yeux de mes étudiants à la peau cuivrée ! Eux ne rougissaient pas, bien que leur peau frémisse de ce je ne sais quoi quand j’enseignais l’Histoire bidon des Blancs. Aujourd’hui, pour moi, rougir, c’est fini. Pourquoi donc ?

Je regarde autour de moi et mon Dieu que les visages sont pâles, sérieux, comme du papier d'imprimerie, sans remous épidermiques apparents! Sur la route comme dans la maison, au marché du jeudi, comme à l'église, je passe d’un visage à l’autre, on a quasiment pas le temps de se regarder ! Pas le temps de rougir, ce serait printanier pourtant ! Un regard parfois s'allume de l'intérieur et invite l'amitié. Mais je ne vois personne rougir et très rarement sourire. Sauf, ici et là, ces petits enfants aux grands yeux qui m’appellent, on se tient par le regard jusqu’à ce que la main de maman ou de papa nous arrache l’un de l’autre. Juste le temps de rougir de tendresse qui me fait rougir de bonheur ! Et retrouver, l’espace d’un flash, ce que j’étais.

Prendre conscience de la souffrance intolérable des gens dans les catastrophes qui se multiplient autour de nous, ça fait pleurer et prier! Qu’on le veuille ou pas ! Rougir grâce à ce qui reste d'humain en nous, nous préservant du pire péché : l’indifférence !

 Ce qui m’a fait rêver ce petit billet ce soir, c’est de voir, au télé journal Sarkosi marteler qu’il va nettoyer la France de tout ce qui n’est pas vraiment français, sans rougir ! Sarkosi, ni Putin, ni 91812460dsc00980-jpg.jpgses semblables politiciens qui, eux, apprennent l’art de mentir sans rougir. Ni banquiers, ni même les cardinaux enveloppés de pourpre, assénant des des chiffres et des mots alors que leur peau reste lisse comme du marbre. Sans rougir, ni même pâlir ! Comment est-ce possible ?


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