02/08/2010

L’école, les vacances et rougir

 Juste une réflexion plutôt personnelle!

2e89a425-79b1-496b-8cc1-37ce1d8ae88f.jpg

 J’emmène mes amis au Jura en 1920. Garçons et filles de la 1ère à la 9ème dans une seule classe de l’école de Montenol s’appliquent pour avoir de bonnes notes sur le carnet qui sera présenté aux parents et signé par eux avant de le rapporter à M. le Régent. Ne pas avoir à rougir nous dit l'instituteur! La meilleure note était 1 et la pire était 5 ce qui voulait dire Nul ! Les notes 2 ou 3  ne plaisaient pas aux parents, nous étions rarement punis, mais :  « J’attendais beaucoup mieux de toi » me faisait rougir !

Ah ! Rougir, ça révèle un péché qu’on a jamais commis ! J’avais le don de rougir au moindre coup d’œil de n’importe qui. Le cou, les joues, le front prenaient la couleur rose pastel, rouge tomate, rouge bordeaux, rose rouge, comme si je me sentais coupable alors que je n’avais rien fait de mal ! Je sentais qu’on me voyait et que le regard lisait mes pensées ou ce que je ressentais. Même s'il n’en était rien ! Je rougissais même par plaisir, par dépit, par surprise.

J’ai perdu ce précieux, gracieux, malheureux don « de rougir » et je me demande pourquoi ? Avec le passage des années, rougir, c’est fini. Je peux faire la plus grande bêtise sans rougir. « J’affabule pour mieux dire la vérité » sans rougir, sauf que mes joues ont gardé la couleur de rose fanée que j’aime bien. En Afrique du Sud, je rougissais sous les yeux de mes étudiants à la peau cuivrée ! Eux ne rougissaient pas, bien que leur peau frémisse de ce je ne sais quoi quand j’enseignais l’Histoire bidon des Blancs. Aujourd’hui, pour moi, rougir, c’est fini. Pourquoi donc ?

Je regarde autour de moi et mon Dieu que les visages sont pâles, sérieux, comme du papier d'imprimerie, sans remous épidermiques apparents! Sur la route comme dans la maison, au marché du jeudi, comme à l'église, je passe d’un visage à l’autre, on a quasiment pas le temps de se regarder ! Pas le temps de rougir, ce serait printanier pourtant ! Un regard parfois s'allume de l'intérieur et invite l'amitié. Mais je ne vois personne rougir et très rarement sourire. Sauf, ici et là, ces petits enfants aux grands yeux qui m’appellent, on se tient par le regard jusqu’à ce que la main de maman ou de papa nous arrache l’un de l’autre. Juste le temps de rougir de tendresse qui me fait rougir de bonheur ! Et retrouver, l’espace d’un flash, ce que j’étais.

Prendre conscience de la souffrance intolérable des gens dans les catastrophes qui se multiplient autour de nous, ça fait pleurer et prier! Qu’on le veuille ou pas ! Rougir grâce à ce qui reste d'humain en nous, nous préservant du pire péché : l’indifférence !

 Ce qui m’a fait rêver ce petit billet ce soir, c’est de voir, au télé journal Sarkosi marteler qu’il va nettoyer la France de tout ce qui n’est pas vraiment français, sans rougir ! Sarkosi, ni Putin, ni 91812460dsc00980-jpg.jpgses semblables politiciens qui, eux, apprennent l’art de mentir sans rougir. Ni banquiers, ni même les cardinaux enveloppés de pourpre, assénant des des chiffres et des mots alors que leur peau reste lisse comme du marbre. Sans rougir, ni même pâlir ! Comment est-ce possible ?


22:39 Publié dans Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Hélas je crois que c'est la pratique journalière, c'est l'habitude, c'est la politique dans le plus mauvais sens du mot qui rend possible cette indifférence aux autres. Et c'est bien dommage et dommageable.
Amicales salutations.
PS : Votre photo de fleur est superbe.

Écrit par : Graindesel | 04/08/2010

merci, c'est vrai ce que vous dites, on peut parfois comprendre cette "indifférence" comme une espèce de protection face à ce qui dérangeait notre quiétude et qui nous endort parfois!

Écrit par : cmj | 04/08/2010

Les commentaires sont fermés.