09/05/2010

MEDITATION DOMINICALE


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Jésus savait lire même s’il n’écrivait pas

La chronique de Fabrizio Sabelli : Il l’écoute à la radio, la lit sur mon blog et inspire ma prière contemplative de ce dimanche matin, sous le ciel gris bleu… je perçois son regard, «Il pleure sur Jérusalem » selon Luc 19, 41. Il pleure sur notre espèce humaine et sur notre monde. J’entends des érudits qui raillent, se fâchent et clament qu’il faut arrêter de mettre le doigt sur l’absurde et voir positif, mais L’Esprit de Jésus dit : « S’ils se taisent, les pierres crieront », selon Luc, idem. Et c’est vrai que la nature tremble, gémit, crie, se révolte et engloutit des millions de « surplus people ». Et que restera-t-il de celles et de ceux qui comptent ???  Des trônes et des dominations ? Seuls assis sur le sommet de l’arbre sans racines ?

« Au-delà d’un seuil », comme je le comprends, le « seuil » c’est lorsque « le travail des hommes produit le plus grand bien pour le plus grand nombre ».  Et l’au-delà du seuil, c’est :

Les oiseaux d’acier remplacent-t-ils les hirondelles, les mésanges, les rossignols qui ne polluent ni n’accumulent, ni ne font d’heures supplémentaires ! Marc 6,26 nous dit, à nous qui avons peur de l’avenir ou « d’imaginer l’inimaginable » « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? ». Je me demande si je vaux mieux qu’un petit oiseau ? Et ceux des G7 ou G8 ou des bonus bancaires ?

« Au-delà d’un seuil » : lorsque les soins de la santé seront accessibles au plus grand nombre. Et que les médicaments seront destinés à toutes celles et tous ceux qui en ont besoin, les sidéens y compris, au fin fond de la brousse comme à la bahnhofstrasse ! Avec ou sans argent ! Avec des bonus ou une bourse vide.

Quelle audace, ce rêve ! Et pourtant, c’est encore Jésus selon Matthieu 6, 25 « Ne vous inquiétez pas (ou ne soyez pas en souci) pour votre vie… » et encore : « Qui de vous par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? » selon Matthieu 6, 27.

Jésus parle haut et fort aujourd’hui chez nous, comme chez lui autrefois, voici la solution  « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice… et toutes choses vous seront données par-dessus » selon Matthieu 6, 33.

C’est clair : chercher signifie, je crois, faire partie de celles et de ceux qui selon saint Paul aux Romains 8,22 « Gémissent et sont dans le travail de l’enfantement jusqu’à cette heure. » Et ils sont nombreux souvent ignorés des médias.

La Chronique de Fabrizio met le doigt sur les faits et nous provoque à imaginer l’inimaginable, pas pour accepter la mort, mais justement pour travailler à l’enfantement d’un nouveau nouveau. Il y a mille manières de le faire, construire un réseau de relations qui ressemblerait aux premières communautés « chrétiennes en mouvement » serait une force ! Au-delà des systèmes, de leurs maîtres et contremaîtres !


10:49 Publié dans Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : fabrizio | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour chère Soeur. je viens de poser un comm sur le blog collectif de gauche "Combat" concernant ce manque d'égalité de richesse entre nous. le modèle ultra-libérale est en train d'emporter la démocratie sociale dans un cyclone dont elle ne se sauvera pas. Nous aurons les favelas chez nous. Cela a déjà commencé. c'est le retour aux monarchies d'antan sous des formes moins centralisées. Les châteaux forts se construisent, les grosses familles de riches se partagent de plus en plus les biens de la Terre. Et quand l'Europe crashera pour de bon, cela sera le signe de la mort de la Révolution de 1789. Je suis très pessimiste en la circonstance mais je ne vois pas comment réveiller les majorités gavées comme des oies par les biens matériels de notre monde tout en laissant couler de plus en plus de chômeurs, d'employés au statut précaires, de familles proche de la faillite financière et devant avoir recours aux services sociaux. Bonne journée à vous. P.S. Que se passera-t-il après? Aucune idée. Détruire l'Etat social c'est détruire l'humanité en nous et l'Humanité.

Écrit par : pachakmac | 10/05/2010

@ Pachakmac, merci, j'ai visité "combat" et lu votre commentaire toujours "to the point". Je vous souhaite une bonne nuit.

@ Yann, merci. Oui j'ai aussi entendu cette info. Et une de mes consœurs a relevé encore une fois le cynisme, dans le management de cette catastrophe! On se sent "petit" mais, au moins, nous sommes conscients de la réalité.

Écrit par : cmj | 10/05/2010

bonsoir, chère Claire-Marie. Je ne me couche pas à l'heure des enfants...:))) Alors merci de votre mot. Oui. Tout semble si triste en ce monde des affaires. Et le pire de tout, c'est cette rechute de la Bourse après des énormes prises de bénéfices...puis ce sursaut d'aujourd'hui. Les vampires et la Pieuvre sont à l'oeuvre. Quand je pense que tout cet argent déposé par nos Etats dans des poches criminelles pourrait servir à inventer enfin la société verte que l'on rêve, on accepterait plus facilement les sacrifices et les impôts à venir. Mais là, plus personne n'a envie d'enrichir les caisses de l'Etat si c'est pour donner l'argent à ces brigands de la finance qui ne sont même pas mis en tôle quand leur faute est flagrante (Ospel & all the Stars). Ce monde n'est désormais plus gouvernable avec ce manque d'idéal dans les hautes sphères de la société. Nous allons nous écraser comme des nazes. C'est d'une tristesse absolue de renier ainsi les acquis issus du siècle des Lumières. Pourquoi philosopher encore? Pourquoi écrire, monter du théâtre ou du cinéma, si tous les efforts restent inopérants pour changer ce monde? Bonne nuit ma Soeur.

Écrit par : pachakmac | 10/05/2010

Cher Pachakmac, vous connaissez le mot "résilience"? Vous savez, Katutura est un mot herero, de la namibie, qui signifie, on n'a pas "ici-bas" de cité permanente (terme biblique) et, quand les gens du township Katutura furent déportés (par la force) dans un no man's land, et "dumped" là sans rien sinon une espèce de robinet à eau tous les 200 mètres, et un WC (4 tôles et un seau) ils s'exclamèrent "Aikona Katutura": Non nous n'avons pas ici de cité qui durent. Euc m'ont appris ce que veut dire "résilience". J'ai un ami anthropologue, (Wade Pendleton) il a étudié Katutura et a écrit un livre "Katutura, a place where we stay". Il a eu la bonté de me l'envoyer! La résilience est implantée en nous, je crois, et c'est la raison de nos échanges et de nos partages. Amitiés, claire-marie

Écrit par : cmj | 10/05/2010

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