30/04/2010

HENRI SCHALLER: UN LEADER

 

 

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damassines

Un leader: Henri Schaller

Présenter un leader vaut mieux qu’une théorie laborieuse sur le leadership. Un Jurassien, Henri Schaller de Corban surgit dans ma mémoire, il était guide, leader et avançait dans la vie avec les gens de tous les jours.  Google ne me trouve quasiment rien de lui et j'ai recours à mes mes souvenirs.

Henri Schaller est née en 1886 à Corban, en « Terre sainte », vallée de Delémont, d’une famille de 12 enfants. Il fut prêtre,  journaliste directeur du journal Le pays - fondé par Ernest Daucourt en 1873. Le Pays parut quotidiennement dès 1923. Schaller fut  Président de la Presse catholique romande et Directeur de la Bonne Presse du Jura. Il mourut en 1985 à Porrentruy.

A l’occasion de ses 93 ans, Le Pays publie une interview de Henri Schaller toute scintillante de son humour et de sa sagesse. Il tire de son sac des souvenirs une historiette alors qu’il avait quatre ou cinq ans:

« Notre maison était située à quelque distance de la Scheulte, bordée à l’époque de buissons. Il n’y avait pas de murs de protection non plus. Tout le monde à l’époque allait aux poissons dans cette rivière… Un soir, c’était après l’angélus, comme nous étions dix garçons et deux filles, papa faisait le tour des chambres, il y avait trois ou quatre chambres où l’on dormait, puis il faisait encore une tournée après la prière du soir. Au coin de la chambre des parents en bas dormait l’avant-dernier qui s’appelait Edouard.

Ce soir-là donc, papa fit comme de coutume sa dernière inspection des chambres avec une dernière invocation. Et voici que mon frère Eugène va au-devant de papa et crie : « Papa, Henri n’est pas au lit ! – « Henri n’est pas au lit ? Mon Dieu, où est-ce qu’il est ? Est-ce qu’il s’est levé ? Est-ce qu’il est allé à la grange ? » Comme c’était l’automne et comme il avait plu, l’eau de la rivière avait grossi.

» L’inquiétude gagna donc rapidement tout le monde. On organisa immédiatement des recherches, en alertant vis-à-vis où vivait l’oncle, ainsi que chez le Basile, de l’autre côté de la rivière, en criant : « Henri est tombé à l’eau… Henri est tombé à l’eau… » On se met donc avec des lanternes à explorer le bord de la rivière, sur plus de deux cents mètres du côté de Courchapoix. On revient bredouille. Ce sont alors des cris, la désolation, c’est la marraine qui vient, la tante Marie, la tante Marianne, les cousins et cousines, tout le monde se désespérant : « Henri est tombé à l’eau… Henri est tombé à l’eau… » Mais voilà qu’un de mes frères, Jean, a l’idée de passer dans la chambre du bas. » J’aimais beaucoup le petit dernier, Edouard, qui dormait en bas dans son petit lit. Après avoir bien soupé donc, une bonne soupe aux pommes de terre avec du bon pain de ménage fait par nous, j’étais allé me pencher sur le petit lit d’Edouard, et, en le contemplant, je m’étais endormi et avais tout simplement glissé avec lui dans le petit lit ! C’est mon frère Jean, qui alla voir finalement dans la chambre du bas et me découvrit.

« On m’avait donc cherché en vain pendant une heure et demie ! Voilà que tout le monde accourt en criant : « Il est là… Henri est là… » De la désolation, on passe alors au bonheur, aux cris de joie, au magnificat après un « De profundis » manqué. Ce fut une véritable fête, c’est là que j’ai pris conscience qu’on m’aimait beaucoup et je n’ai jamais eu tant de baisers dans ma vie… »

http://www.corban.ch/modules/historique/Histoire_corban.pdf


C’est peut-être cette expérience de l’amour de son entourage qui alluma le feu dans le cœur du gamin, l’amour de tous, au-delà de toutes frontières. Il était un passeur d'Amour à travers ses Francs propos. Il ne songeait pas à faire carrière vers le haut. Il était terrien avant tout et c’est à partir de son contact quotidien avec les petites gens qu’il devint Leader, (je ne sais d'où lui est venu ce titre de Monseigneur)  et exerça une grande influence sur la mentalité de la population du Canton du Jura. Une influence de solidarité, même si le mot n’existait pas encore (ce mot me semble-t-il naquit avec Solidarnosc de Lech Walesa), et d’ouverture qui nous faisait espérer et lutter pour un Jura libre et pour un Vatican II !

Le territoire jurassien est minuscule mais tellement grand de cœur et d’ouverture ! Henri Schaller était conscient des valeurs enfouies dans le labeur quotidien des Jurassiens. Il les cultivait avec sa plume, comme Gilbert Salem met en lumière l’âme vaudoise quand sa plume rend vivante l’histoire des quartiers de Lausanne, des coins secrets, des rivières du Canton de Vaud et des Vaudois.  Henri Schaller rencontrait les gens au bistrot, dans le train, à la foire, et dans la cuisine de nos fermes. On aimait parler avec lui car on savait qu’il écoutait.

Chaque semaine, Le Pays publiait une note, l’ancêtre d’un blog , mettant en exergue une anecdote : qui ce laboureur, qui ce gamin, cette jeune fille, cette maman, ce médecin, ce curé, qui tout un chacun ! On s’y retrouvait et les voisins itou ! La Marie, le Joseph, la Catherine, le Marcel ! Henri Schaller recueillait dans son panier à fruits des histoires du peuple, comme autant de damassines « rose-rouge côté soleil et jaune-orange côté ombre ». Il les ramassait dans son panier et il en faisait un élixir qu’on goûtait en lisant le Franc-propos au Pays et bien sûr en le discutant ! C'était du journalisme de proximité qui nous connectait aux affaires du monde!

J’ai devant moi le précieux livre publié en janvier 1962 sur les Presses de l’Imprimerie jurassienne : et intitulé : FRANCS PROPOS. Il y en a 248 cueillis entre dix mille. Il les signait LEFRANC !

Nous devons beaucoup à ce leader au franc parler ! Surtout peut-être la prise de conscience que la dignité humaine est le droit de chaque personne. Il faut la conquérir, en être fier et surtout savoir qu’elle est le droit de chaque humain au quatre coins du monde !

Juste un extrait : « Monsieur Z. se fait gloire d’être incrédule. Cette qualité… ne l’empêche pas d’avoir du cœur ! S’il supporte tout juste les curés, il aime les Sœurs et il s’en justifie : « Quand j’étais malade plume41.jpgà l’hôpital les curés sont venus me molester pour « sauver mon âme » alors que les Sœurs ont soigné mon corps sans conditions ! »

Voilà un leader authentique: il faisait siennes nos expériences de vie et ce qu'il écrivait, en tant que premier blogueur au quotidien, avait une résonance en notre cœur et en notre intelligence.

Malheureusement, je n'ai pas de photo de Henri Schaller et quant à la couverture de Francs Propos, mon HP scanjet s'obstine à ne pas marcher.

 

 

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28/04/2010

LEADERSHIP

 

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Un leader ne naît pas à sa naissance, il le devient !

 

Ma première expérience de leadership fut dans notre ferme jurassienne à quelques kilomètres de la France, la patrie de notre maman.  Papa était né en 1880 et maman en 1888. Ils formaient un couple et une équipe avec leurs huit enfants nés en époque de guerre et d’après guerre. Étrange, la pauvreté régnait dans la région, mais je ne me suis jamais sentie pauvre ! Au contraire, un de mes premiers souvenirs fut la remarque qu’un visiteur fit à Papa sous les 2 tilleuls géants : « On devrait vous taxer pour l’air pur que vous respirez ! » Le citadin avait un regard soucieux, mes parents un regard paisiblement clair ! Papa ne dit rien. Quand je lui demandai ce que le visiteur avait dit, Papa me dit : « Dis merci au Bon Dieu pour l’air pur et les tilleuls ». J’avais six ou sept ans et j’étais la cinquième de la fratrie. Une famille à qui je pense avec la nostalgie de l’enfance qui idéalise tout. Quitte à mûrir sous les coups de ma croissance.

Le mot « leadership » n’existait pas encore. On disait peut-être « guide » proche du guidon d’un vélo ! Mais j’en apprenais le sens par leadership.jpgla peine que prenaient les parents afin de nous responsabiliser les uns envers les autres en prenant soin des plus faibles, envers les vieillards de l’hospice leur jour libre, envers la jument et la vache qui mettaient bas le poulain et le veau, en soignant les lapins, en donnant du grain aux poules, en étant attentifs au comportement des animaux de la ferme, en pompant l’eau du puits pour leur breuvage et pour nos lessives. On se sentait responsable de la terre, du grand jardin, des champs.

 

Prendre conscience de l’impulsion de vie dans le vécu quotidien des saisons, colorées de pleurs, de malheurs et de bonheurs, les nôtres et ceux des autres, c’était comme la flamme fragile d’une bougie !  Oh ! Il fallait être responsable envers les passants frontaliers de l’époque et de la région. « Attention de ne pas suivre un inconnu et de ne pas parler avec n’importe qui ! » Lorsque les parents étaient aux champs et qu’on gardait la maison.

 

Les visites étaient nombreuses jusque tard dans la soirée quand des chasseurs aimaient raconter leurs histoires de chasse et discuter d’affaires politiques : entre Berne et le Jura, et surtout du sort des gens au-delà de la frontière, souvent de la parenté et des amis, de la région du Doubs, de Belfort, de l’Alsace martyre disait maman, de l’Allemagne, de l’Autriche et au-delà. J’entendais très rarement parler d’argent. Le pain quotidien, c’était de l’or. L’esprit fataliste n’existait pas chez mes parents, un « monde meilleur se faisait ». A travers les guerres, après les guerres on verrait peut-être un vrai Leader surgir ici et là… Conrad Adenauer et Charles de Gaule ! Maman vibrait, Papa réfléchissait. Les deux avaient des idées politiques contrastées et vivement discutées, entre eux deux et avec les passants et visiteurs.

J’essayais de tout comprendre sans jamais prendre la parole jusqu’au jour béni où je pus lire les livres d’école et tout ce qui me tombait sous la main y compris les feuilletons du Quotidien « Le Pays » et les Francs-propos d’Henri  Schaller ! Les parents d’abord, avec le vieil oncle Émile et la vieille tante Louise, puis les enfants s’arrachaient les feuilles, lisaient, se les repassaient, chacun son tour, avant de les replier, d’en faire des petits carrés de papier de toilette, des petits bateaux et des avions !

 

Oui, c’est dans cette grande chambre et sous les tilleuls que j’ai rêvé de pays lointains ;  nous avions vu des cavaliers sénégalais de l’armée française galoper sur la route bordée d’une haie et j’ai vu la couleur de leur peau.

 

La vie bouge, rien n’est statique, et le monde se construit, toujours plus beau et meilleur. Je croyais ferme au Bien, au Beau, au Bon ! Et quand on croit, on met la main à la pâte ! Quelle audace, cet idéal hérité de nos ancêtres. Pour construire un monde parfait ! Oh ! Je me souviens des désillusions et des colères durant les crises d’adolescence où tout allait trop lentement alors qu’on se projette dans l’avenir sans trop de réflexion et qu’on apprend la patience du temps qui passe et la nécessité de gagner son pain à la sueur de son front !

 

Il me semble que c’était l’apprentissage d’un certain type de « leadership » à partir de la pratique des aînés, des leaders. Pour mes parents, les leaders politiques étaient le sujet de leurs vigoureuses discussions ! Bien avant l’apparition de la radio. Mais quelle ouverture sur le monde nous apportait ce Telefunken !

 

Papa et maman n’étaient pas des « meneurs d’hommes » ils ne faisaient pas de Politique mais étaient politisés. Ils éveillaient ce qui se cache de meilleur dans chaque personne ! Merci à eux !

 

Ma conclusion toute personnelle : une personne nommée à un poste, Katutura1.gifen politique, en sport, en économie, en finance, en religion n’est pas automatiquement un leader ! Tout au plus est-il un bon fonctionnaire et c’est déjà beaucoup.

Un Leader ne naît pas à sa naissance ! Je pense que « Born to lead » est un leurre. L’apprentissage se fait parfois en prison comme notre Mandela ! Lui,  un vrai Leader. Et s’il s’en va, son esprit nous anime.

 

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27/04/2010

LEADERSHIP

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Leadership

 

« Le monde est en manque de leadership ». J’ai lu, et tout récemment entendu cette remarque concernant l'Église et ses ramifications, les ordres, congrégations, mouvements religieux. « C’est comme du bois mort qui flotte à la dérive » (sic).

 

Manque de leadership dans le monde politique, le monde du travail, de l’économie, de la culture et de la religion. On pare aux urgences. Le long terme est au-delà des  nuages.

 

J’entends souvent : « Il faut profiter ». Profiter de ce qui reste de temps, de « choses », de vie. « Nous disparaîtrons avant que disparaisse la planète, et une autre espèce humaine naîtra de nos cendres » ! S’engager dans une réflexion constructive est périlleux, tant les protagonistes semblent fixés sur l’inévitable. Je veux dire la NON-VIE. La mort douce.

 

Il me semble que les personnes les plus positives sont encore celles qui luttent pour leur survie au cœur des catastrophes naturelles, des guerres, du terrorisme des « trônes et des dominations ». Les ouvriers, les paysans, les poètes, les écrivains, les handicapés, celles et ceux qui informent le public sur les événements du monde quitte à se faire assassiner lorsque la vérité éclaire l’illusion des mensonges systémiques !

 

Après avoir joui d'une généreuse semaine de réflexion, de prière,  je suis confrontée à la question : « Comment partager « l’espérance qui est en nous et dont il faut rendre compte » (Première lettre de Pierre 3, 15) dans ce chassé-croisé de peurs de tout et de rien, de recherche effrénée de sécurités? Une larme coule sur Haïti, alors que l'attention se fixe la Grèce en manque d'Euros. Comment partager l'espérance concrètement?

 

C’est l’espérance qui motive cette note pour mon blog sur la carence de leadership aujourd’hui. Les relations existent mais sans réseaux de solidarité qui nous rassembleraient en un mouvement. Nous sommes des millions de gens de bonne volonté dispersées qui avons besoin de leadership pour se rencontrer en avançant vers un avenir commun. Et j'aimerais partgaer mon espérance renouvelée en la foi en tous les hommes. Et en l'esprit d'un leader.

 

Au lieu de plancher sur la signification de ce mot anglais intraduisible « leadership », je présente simplement une personne: Nelson Mandela.

La question lui fut posée : « Durant vos 27 années de prison, avez-vous jamais pensé être président ? » La réponse : « En prison, mes camarades m’ont toujours appelé comme ça, Président ! »(*)

 

Richard Stengel a écrit récemment « Mandela’s way : fifteen lessons on Life, Love and Courage », j'y trouve la sagesse et la substance d’un vrai leader dans les 15 conseils donnés, que j'ai traduits et fortement raccourcis :

 

1. Sache que le courage n’exclut pas la peur. Ne permets pas à la peur de te dominer. Dans les affaires quotidiennes, fais comme si tu n’avais pas peur.

2. Le calme aide les gens à agir avec justice. Réfléchis, analyse, puis parle et agis.

3. Sois devant, debout : il faut qu'on te voie aux commandes qui font avancer la justice et la paix.

4. Sois derrière et au milieu : « empower », fortifie les membres du mouvement. Sois au milieu d’eux et que « la pensée du pasteur soit la résonnance de celle des moutons » (Sr Gemma)

5. Que ton apparence et ton comportement soient dignes et respectueux ! Ouverts et à l’écoute.

6. Que ton but soit clair ! Les Droits humains pour tous, sans considération de race, de classe, de sexe.

7. Vois ce qui est bon dans l’autre. Crois en la vérité de l’autre jusqu’à preuve du contraire.

8. Connais l’ennemi. Apprends sa langue, détecte ses faiblesses, partage ses intérêts (voir le film Invictus).

9. Reste proche de tes rivaux. Garde contact. Les factions sont ainsi évitées.

10. Sois capable de dire NON s’il le faut, afin d’être fidèle au but à atteindre.

11. Ne sois pas naïf. Considère le long terme. Vois le fils rouge de l’Histoire à construire. Ne cherche pas d’abord à changer les choses proches de toi. Dépasses les frontières.

12. L’Amour fait la différence. Un révolutionnaire sait aimer.

13. Se retirer est un élément important du leadership. Le pouvoir n’est pas le but. Le but est la construction d’une société démocratique et où la justice règne.

14. Accepte les contradictions et tes limites. Sois compatissant envers celles et ceux qui se mettent au travers de ton chemin.

15. Finalement, fais du jardinage. Là, fais pousser de belles fleurs, mais avant tout, cultive ta paix intérieure.

 

http://ncronline.org/blogs/road-peace/mandelas-way

www.randomhouse.com.gif

 

(Lire le texte original au blog anglais)

 

À bientôt

21:44 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : mandela | |  Facebook | | | |

15/04/2010

NUAGE DE CENDRES


 

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Le nuage, le destin et Ospel

 

Ce matin, ce mot entendu à la RSR1ère : « Il faudrait éviter de s’en référer toujours à une personnalité… »  (ce n’est pas une citation). Et j’ai vu défiler quelques-uns de ces personnages :

Marcel Ospel : ce nom revient et ne sonne pas mal avec el et el. Une marche à deux temps. Mais comment comprendre l’enjeu des milliards à gogo, composés des économies d’ouvriers honnêtes confiées en « lieu sûr » en « mains sûres ». Comment ne pas voir des gens qui ont faim jetés en tôle parce qu’ils ont volé, jetés dehors parce qu’ils n’ont pas payé le loyer, mis sur une liste de renvois parce qu’ils n’ont pas obéi à des consignes qu’ils ne comprenaient pas, ruinés pour avoir eu confiance ce qu’une assurance leur promettait… Comment ne pas voir les milliards d’humains, des chiffres sans nom qui n’ont jamais vu un centime, dont le seul bonus de survie est peut-être un demi-verre d’eau ou quelques miettes de pain ? Ils ne s’appellent ni Ospel, ni Winniger, ni Marc Rich qui fut bien vu à Zoug.

Face à face, les SDF, les chômeurs, les non-nommés : « Personne ne sait mon nom ! » (James Baldwin)  Et nous vivons côte à côte sur une même planète ? Et nous avançons sur un chemin vers l’arrivée où nous serons tous rassemblés ???

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C’est presque comme ce nuage de cendres que crache le volcan et se promène dans notre ciel printanier. Cela effraye les avions, les passagers, et tue les oiseaux par milliers sans doutes et puis quand la pluie cendrée, fragmentée arrosera nos prairies, et entrera par infraction dans nos poumons. Sans « early warning system! » Serions nous alors tentés de croire à une attaque terroriste ? Combien re rendez-vous annulés ?

Peut-être qu’un vrai danger planétaire pourrait tous nous rendre frères humains, avec la nature, les oiseaux, les fleurs, les petits enfants, les vieillards et tous ceux qui se trouvent entre les deux !

Le nuage de cendres d’aujourd’hui, ressemble de loin ou de moins loin à celle des palestiniens fuyant les pharaons, l’esclavage. « L'Eternel allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider dans leur chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils marchassent jour et nuit. » (Exode 13.21)

Quand nous pérégrinons sous le nuage de cendres, les leaders sont à la queue, il n’y a plus d’Ospel ni de Rich, à moins qu’ils ne se réfugient dans les rangs des va nu-pieds, dépouillés de leurs carcans, un beau sac de jute sur les épaules vers un destin commun.

Comme chaque année, je ferai ma retraite une semaine durant, et je me réjouis de revenir parmi vous. Claire Marie

P.S. http://www.beobachtungsstelle.ch/

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13/04/2010

INTERVIEW

 

 

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Soeur Marie-Gabrielle

 

INTERVIEW | Abbesse du seul monastère du canton de Vaud, celui de Sainte-Claire, à Jongny, Sœur Marie-Gabrielle souhaite l’abolition du célibat des prêtres.

 

http://www.24heures.ch/vaud-regions/actu/soeur-marie-gabrielle-aimerais-eglise-dise-simplement-peche-2010-04-11

http://www.info.rsr.ch/fr/news/Soeur_Marie_Gabrielle_cesser_le_culte_du_secret.html?siteSect=2010&sid=11955907&cKey=1271066293000

http://www.info.rsr.ch/fr/.../Soeur_Marie_Gabrielle_cesser_le_culte_du_secret.html?...

Merci à Francine Brunschwig pour cette excellente interview

12.04.2010 | 00:03

 

Sœur Marie-Gabrielle : «J’aimerais que mon Eglise dise simplement: nous avons péché»

 

J’ai la grande chance d’être abonnée à 24 Heures, ne serait-ce que pour l’interview publiée hier, le 12.04.2010.

 

Il aurait suffit, il suffirait de peu pour mettre au clair les gens qui constituent l’Eglise de la base, confrontée au pitoyable comportement de l’Institution, qui tente à tout prix de sauver la face plutôt que de se montrer telle quelle. Sœur Marie Gabrielle, à Jongny, l’a dit avec une intelligente lucidité : je me permets de citer ce qui suit et que vous trouvez à l’adresse de 24 Heures. C'est la dernière rponse à la dernière question:

 

Qu’attendez-vous de votre Eglise en ce moment? (F.B.)


– Qu’elle se débarrasse du culte du secret, ce qu’elle est d’ailleurs en train de faire. Nous devons nous battre pour que justice soit faite. Le goût du secret constitue un problème de toute la société, dont les hommes d’Eglise font partie. J’aimerais aussi que lorsque mon Eglise est attaquée, elle ne tente pas de se justifier, de s’expliquer, mais qu’elle dise simplement: Oui, nous avons péché, mais nous allons réparer, revenir à l’essentiel de ce que nous comprenons de l’Evangile, soit la relation, le respect de l’autre, le partage du pain. Mais je demande aussi aux autres, aux médias notamment, de ne pas s’acharner. Je perçois de la malveillance, comme une volonté d’achever un malade.

 

Je suis heureuse d’insérer ce précieux billet de Sœur Marie Gabrielle suite à ce que dit le professeur Hermann-Josef Venetz dans le billet « Méditation dominicale » de dimanche passé.

 

J’ai rencontré par ici aujourd’hui des gens aux sourires épanouis. Dans un soupir de soulagement : quelqu’un vient de me dire : « Enfin un peu de courage ! » Pour ma part, je crois, qu’en notre cœur, nous ne nous débarrasserons pas si facilement du virus de la « trouillardise »; il faut beaucoup d’exercices pour y arriver, il faut aussi, comme le dit si bien Albert Nolan dans « Suivre Jésus aujourd’hui » (Cerf 2009) « Etre  prêt à perdre sa bonne renommée ». Mais la « bonne renommée » de quiconque, y compris celle de l’institution ecclésiastique n’y gagnerait-elle pas si elle disait, comme le souhaite Sr Marie Gabrielle : 1644415328.jpg« Nous avons péché ». Mais sans y être contraint ! Il ne s'agit pas tellement de mots, il s'agit du comportement. Quelle hypocrisie qu’une réputation de « sainteté » assise sur des dissimulations en chaînes ! On fait si souvent « Comme si » ! Ce cher Luc (12 :2) rapporte que Jésus a dit : « Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert,, ni de secret qui ne doive être connu. » Je me demande bien ce que Jésus a voulu dire par ça ???

 

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10/04/2010

REFLEXION DOMINICALE

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Pâques 2010 (Berne-Bethlehem)

Prédication inspirée de Luc 24,1-2.

Prédicateur: Hermann-Josef Venetz

En ce qui concerne le matin de Pâques, les quatre évangélistes du Nouveau Testament ont leur propre version de l’événement, de telle sorte qu'on ne saurait vraiment savoir ce qui s’est vraiment passé. Voici ce qu’ils ont en commun:



1.   Des femmes furent les premières à venir au tombeau et elles l'ont trouvé vide.



2.   L’ange leur a annoncé la nouvelle de la Résurrection de Jésus et les a envoyées porter la nouvelle aux apôtres et aux disciples, ce qu’elle firent.



3.   Les apôtres ont eu de grosses difficultés à croire ce que leur disaient les femmes. En plus, Luc dit que les apôtres auraient qualifié les paroles des femmes de jacasserie.



On trouve des choses semblables dans presque tous les récits de ce matin de Pâques, en plus de quelques minimes variantes. Mais ce qui m’intéresse le plus est la réaction des apôtres et des disciples qui avaient vécu durant bien des mois en compagnie de Jésus.

La lecture des évangiles ne nous en apprend pas beaucoup plus à ce sujet. Luc raconte que, malgré la nouvelle annoncée par les femmes, deux des disciples quittèrent Jérusalem convaincus que « l’affaire Jésus » appartenait au passé. Sur la route, ils rencontrèrent un homme et ne le reconnurent pas du tout. C’est seulement lorsqu’il se mit à partager avec eux le pain que leurs yeux s'ouvrirent: c’était Jésus. « Se levant à l'heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient assemblés avec eux, et ils dirent : Le Seigneur est réellement ressuscité » (Luc 24,13-34).


Et lorsque le Ressuscité vint vers les disciples tandis qu'ils parlaient de la sorte: « Ils furent saisis de frayeur et d'épouvante, ils croyaient voir un esprit. Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi pareilles pensées s'élèvent-elles dans vos cœurs ? » (Luc 24,36-38).



Dans l'Évangile de Jean, Marie Madeleine est la seule qui vint au tombeau qu’elle trouva vide; elle s’en alla de suite dire à Pierre et  au disciple que Jésus aimait ce qu’elle avait vu... Lorsque Marie Madeleine revint au tombeau, Jésus se fit reconnaître spécialement à elle en l’appelant par son nom, et il l’envoya de suite dire à ses frères qu’Il s’en retournait au Père. Marie accomplit sa tâche sans tarder et expliqua aux disciples: J'ai vu le Seigneur! Et quelle fut la réaction des disciples ? Le même soir nous les trouvons tout apeurés derrière une porte close (Jean 20,1-2.11-18.19).



Mathieu rapporte que, sur l’ordre des femmes, ils se sont quand même rendus en Galilée où Jésus leur avait donné rendez-vous. Mais que font-ils quand ils voient Jésus ? Matthieu dit: « Et quand ils le virent, ils se prosternèrent; d'aucuns cependant doutèrent » (Mt 28,16-17).



C’est ainsi qu’apparaissent les apôtres et les disciples de Jésus à Pâques. Bien que certains soient tombés à ses pieds comme le dit Matthieu, on peut dire, en gros que bon nombre d'entre eux étaient incrédules, sceptiques, trouillards et qu’en fait, seules les femmes ont pris le risque de la foi.

 

Et que fait Jésus maintenant avec ces incrédules, ces sceptiques, ces trouillards? On écoute et on est étonné! Il les envoie dans le monde entier : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28,19-20). Je pense que Jésus prend un grand risque car Il connaît les siens! Et toute l'histoire de l'Église-institution jusqu'à aujourd'hui, révèle en plein jour, la nature et l'envergure de ce risque de la confiance!



L'Église ne se porte pas bien. Il est vrai qu'aujourd’hui, ce ne sont certes plus les mêmes apôtres et disciples qu'autrefois qui sont au travail, mais ce sont néanmoins principalement des hommes qui s’affublent volontiers du titre de « successeurs des apôtres » comme le catéchisme nous l’a enseigné. Il faut reconnaître qu'à l’époque, on ne nous a pas clairement appris que les Apôtres, envoyés par le Ressuscité dans le monde entier, n’étaient pas seulement des Apôtres, mais qu'ils étaient également des gens pleins de doutes, Ils étaient des septiques, des trouillards, des hommes de peu de foi. Des gens de peu de courage et de peu de confiance.

Mais s’il en est ainsi, pourquoi donc penser que les successeurs actuels des apôtres soient plus parfaits que ceux que Jésus a envoyés? Des gens pleins de doutes, des sceptiques, des trouillards. L'église n’a jamais eu des chefs parfaits, ni au temps des apôtres ni plus tard. Et on ne devrait pas faire comme s'il y en avait aujourd’hui. Je suis heureux et reconnaissant que les évangélistes n'aient pas caché les faiblesses et les erreurs des apôtres, je suis reconnaissant qu’ils n’aient pas balayé sous le tapis leurs bavures et leurs fautes. Je ne dis pas cela à la légère comme si je voulais dire: « Les successeurs des apôtres actuels ne doivent donc pas être meilleurs que leurs prédécesseurs et maîtres qui se nommaient Pierre, Jean et bien d'autres encore!» Non! Je dis que les évangélistes pourraient nous apprendre à confronter nos problèmes avec franchise, droiture, modestie ainsi qu'avec une approche crédible, ouverte à la reconnaissance publique de nos manques et de nos fautes. Ceci concerne aussi les autorités de l'Église-institution. Pourquoi sont-elles incapables, face à des cas bien précis, d'admettre leurs graves erreurs et leurs dissimulations? Pourquoi dissimuler ou simplement ne pas admettre l'évidence? Les autorités font ainsi penser qu'elles sont davantage préoccupées de leur réputation personnelle et de celle de l'Église-institution, que du devoir de respecter et de promouvoir la dignité humaine des victimes? L'ironie est qu'un tel comportement se retourne contre elle, et porte atteinte à sa  réputation.

Mais maintenant, je dois encore vous dire quelque chose que nous n’avions guère appris  au catéchisme: Ce ne sont pas seulement le pape, les évêques, éventuellement les prêtres qui marchent à la suite des apôtres, mais ce sont aussi nous tous et d'autres encore, les laïcs, les femmes, les hommes, tous, nous sommes envoyés dans le monde entier, proclamer à tous les peuples le message de la Vie nouvelle! Le message de l'invincible Espérance! Tous, nous voulons faire l'expérience vécue au quotidien de ce que signifie la Vie nouvelle et l'inébranlable Espérance de Pâques! Cette expérience de Vie n’est pas une affaire individuelle seulement, comme par exemple lorsque nous reconnaissons nos fautes dans le secret du confessionnal, dans une chambrette privée, ou à demi mots inaudibles. Au contraire, nous voulons faire une expérience de Vie en reconnaissant publiquement nos erreurs, nos fautes, notre hypocrisie. Car les gens ont droit à notre témoignage de vie authentique, tout en restant conscients que nous sommes encore très très loin de la « Vie en plénitude » (Jean 10, 10) promise par Jésus. Là est notre espérance!



Aujourd'hui, l'Église ne va pas bien. Je l’ai déjà dit et tout le monde le sait. Mais je reste convaincu: il ne s'agit pas uniquement, mais aussi de l'Église, cette Église avec tous ses manques, ses rides, ses fautes est envoyée à ce monde déchiré, tourmenté afin d'être un témoignage de Vie nouvelle à notre monde déchiré, tourmenté! Et je suis aussi fermement convaincu que nous tous sommes l'Église. Tous, avec nos faiblesses et nos fautes, nous sommes envoyés au monde, d'abord à notre environnement concret, afin de proclamer que la mort n'aura pas le dernier mot, que la paix et la justice pour tous dans un monde nouveau est possible. Et que personne ne nous ôtera cette Espérance. Relever ce défi et réussir malgré tout ce qui vient d'arriver? C’est possible?

e6f01c09ec60dfd0-1-.jpgLa foi en Jésus ressuscité nous encourage et nous donne la force de prendre le risque. Je dirais même, parce que c’est ma conviction: Yes we can. Nous le pouvons. Amen.

 

(traduction: Claire-Marie Jeannotat, ce qui est souligné est de moi)
Avec reconnaissance à l'auteur.

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09/04/2010

LAMBEAU D'ESPERANCE

 

Pourquoi ne pas partager un lambeau de beauté dans un monde si compliqué?

Avec ma profonde reconnaissance envers « Le Guichet du Savoir »

http://www.guichetdusavoir.org/ipb/index.php?showtopic=18...

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L'arc-en-ciel, trouvé dans: Trésor de la poésie universelle


Afrique équatoriale. Pygmées

Arc-en-ciel, oh! Arc-en-ciel,
Toi qui brilles là-haut, si haut,
Par-dessus la forêt si grande,
Au milieu des nuages noirs,
Partageant le ciel sombre.

Tu as renversé sous toi,
Vainqueur dans la lutte,
Le tonnerre qui grondait,
Qui grondait si fort, l'irrité!
Etait-il fâché contre nous?

Au milieu des nuages noirs,
Partageant le ciel sombre
Comme le couteau qui tranche le fruit trop mûr,
Arc-en-ciel, Arc-en-ciel!

Et il a pris la fuite,
Le tonnerre tueur des hommes,
Comme l'antilope devant la panthère,
Et il a pris la fuite,
Arc-en-ciel, Arc-en-ciel!

Arc puissant du Chasseur de là-haut,
Du chasseur qui poursuit le troupeau des nuages
Comme un troupeau d'éléphants effrayés,
Arc-en-ciel, dis-lui notre merci!

Dis-lui: Ne sois pas fâché!
Dis-lui: Ne sois pas irrité!
Dis-lui: Ne nous tue pas!
Car nous avons très peur,
Arc-en-ciel, Arc-en-ciel !

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08/04/2010

Eugène Terreblanche

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Eugène Terreblanche, sa modeste maison

Une image chasse l’autre, ainsi que fonctionnent les médias. De temps en temps un article de fond, une analyse, une recherche de vérité pour mieux comprendre « la Chose ». C'est quoi?

Il m’arrive de regarder un « Crimi » à la TV. : les arabesques de Jessica Fletcher !

Il y a la victime et le coupable. L’ambiance suinte la suspicion. L’innocence écrite sur les visages blêmit, revient jusqu’au moment où tout s’arrête. D’une brèche surgit la vérité jusque là non dite. Face au coupable. La victime ne reviendra pas. Mais l’air est respirable et le dénouement permet aux protagonistes de faire le deuil et de poursuivre le chemin. Libérés.

Jessica Fletcher divertit les spectateurs et « La Chose » finit bien.

Il y a d’autres « Choses » qui ne sont pas du cinéma. Et qui ne finissent pas bien! Par exemple « le meurtre de d’Eugène Terreblanche » à Ventersdorp où il sera enterré demain, vendredi, près de sa maison.

Les deux meurtriers présumés (leur salaire mensuel de 30 Euros, n’avait pas été payé depuis plusieurs mois). Ils ont respectivement 16 et 28 ans. La mère du plus jeune aurait elle-même averti la police. Ils sont incarcérés alors que les préparations pour l’ensevelissement de Terreblanche près de sa maison sont en cours. En fait, je présume que ce sera simple.

http://info.rsr.ch/fr/rsr.html?siteSect=5001&broadcastId=741120&bcItemId=11943218

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Le dénouement de « La chose » paraît facile. Mais c’est un leurre! Analyser d'abord: d’où vient Terreblanche, et d’où viennent les deux domestiques agricoles ! Quel est leur origine, leur passé, leur contexte actuel?

Quelle est la cause, dans ce pays qui se reconstruit, des tensions raciales persistantes?

Il n’y avait pas de complot, à Ventersdorp, ce genre de « choses » s’inscrit dans l’actualité quasi quotidienne de l'Afrique du Sud! Si les médias en parlent, c’est à cause de la personnalité de Terreblanche peut-être,  et, tout aussi important pour les Européens, parce que la Coupe du Monde 2010, débute ce 11 juin 2010.

Les dirigeants, Zuma en tête, appellent à la retenue, et même le Mouvement AWB en la personne du nouveau dirigeant Steyn van Ronge affirme que le but du Mouvement “est de retourner à Dieu et à l’Unité du Volk! »

http://www.mg.co.za/article/2010-04-06-free-state-farmer-is-new-awb-leader

Ce qu’on oublie, c’est que des millions de jeunes désœuvrés  rejoignent, eux, le dangereux leader de la Ligue de la Jeunesse de l’ANC, Julius Malema qui chante devant à l’antenne (SABC) « Tuez le Boer ! », qu’il n’'est toujours pas muselé par le Président Zuma qui lui, chantait peu avant son élection « Apporte moi ma mitraillette ! » Il promettait du travail et du pain, il fut élu, comme pourrait l’être son dauphin Malema pour les même motifs. Comme le fut Hitler.

Voilà, le nœud , le dénouement est-il possible ? Demain, à Ventersdorp. Les Afrikaners vont prier et chanter des Cantiques aux même mélodies et paroles, que ceux de nos églises catholiques et réformées. Sincèrement.

Les Africains chanteront Nkozi Sikelele iAfrika , une voix immense et un seul cœur,  et l’herbe, la steppe, le sable du Karoo, le fleuve Orange supplieront Modimo Notre seigneur de nous aider à croire qu’Il est ressuscité au cœur des masses et sur les places publiques ! A quoi sert Pâques sinon?

Il y a bien quelques éléments d’un crimi dans le drame de notre Afrique du Sud. Mais il y a un élément majeur et positif indéniable : On met les cartes sur la table et on ne fait pas comme si !

L'hypocrisie est démasquée par la force des choses!

Jésus avait dit : « La Vérité vous rendra libre » Jean 8 :32. C’est un peu comme si Jésus donnait la clé de la liberté. Se montrer tel qu’on est… péniblement en train de devenir meilleur, ne serait-ce que dans notre propre intérêt dans un monde – le meilleur des mondes et le pire des mondes - y compris dans celui de l'Église Catholique où « La Chose » attend son analyse et sa résurrection.

 

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05/04/2010

TERREBLANCHE

 

 

000_Par3157677_0.jpgVentersdorp en Afrique du Sud

Eugène Terreblanche assassiné hier à sa ferme.

Assassiné chez lui vraisemblablement suite à une dispute avec 2 domestiques africains qu'il n'aurait pas payé. On sait que c'est le vendredi que les ouvriers recevoivent  leur maigre salaire en cash. Ce jour de paye n'est souvent pas respecté par les patrons et ce n'est pas la première fois que la patience des ouvriers est mise à rude épreuve d'autant plus que leurs familles dépendent de cet argent pour le pain de la semaine qui vient.


Ce serait la raison de la dispute, de la perte de patience des domestiques, qui se seraient jetés sur le patron avec les outils qui se trouvaient sous la main.


Je dis pitié pour les domestiques assassins et pour Terreblanche assassiné, lui qui a vécu avec la haine de la race noire au coeur. Et qui n'hésitait pas à les ruer de coups!

C'est parce que j'ai vu cet homme de près que je me sens obligée de relater l'incident suivant survenu à l'Université de Prétoria en 1979.

Une rencontre avait été organisée pour les enseignants pour une mise au point au sujet de la commémoration, le 16 décembre, de la bataille de Blood River où les Zoulous furent décimés. Un Historien et Théologien afrikaner avait achevé et publié son travail. Le 16 décembre devrait être une occasion de revoir ce qui s'était vraiment passé à Blood River, de dialoguer avec les étudiants africains noirs et blancs sur l'héritage commun à toutes les races et ethnies du pays.

Mandela était encore en prison mais des efforts multiples comme celui du Professeur Floors van Jaarsveld faisaient espérer un avenir libéré du terrorisme blanc. Que cette rencontre eut lieu à l'Université de Prétoria et que le conférencier fut un intellectuel Afrikaner était un signe d'ouverture jamais encore vécu!


Je me rendis à cette conférence et je m'en souvien comme si c'était hier. Le professeur van Jaarsveld parlait comme le pédagogue qu'il était. Nous prenions des notes. Une demi-heure, plus ou moins et la porte latérale est violemment ouverte, une file d'hommes tout de noir vêtus marchent au pas militaire jusqu'à la table du professeur Van Jaarsveld encore occupé à parler, nous étions paralysés, pas de Securitas! Les intrus étaient armés. Ils s'emparent de Jaarsveld, lui versent du goudron liquide sur la tête, le visage et tout le corps en même temps qu'ils dispersent des sacs de plumes blanches sur lui et à travers l'aula. Les premières rangées de pupitres sont saccagées, le reste du goudron est versé par terre.

Une harangue en hissant le drapeau du mouvement AWB (Akrikaanse Weerstand Beweging) 200px-Three_sevens.svg.pngavertissant le public du danger du Swart Gevaar, le danger noir. Or des amis africains noirs étaient dans l'audience à nos côtés.

La Police appelée est extrêmement lente, On se précipite pour s'ocupper de la victime à même le sol, râle. Les terroristes hissent le drapeau afrikaner, sortent, la main levée. Style nazi. Eugène Terreblanche en tête! La haine incarnée.

Van Jaarsveld est gravement brûlé au visage et aux mains. Un médecin, une ambulance.

Il fallut du temps pour qu'agisse la police. En fait je ne suis pas sûre qu'il y ait eu des arrestations!

Terreblanche a organisé plusieurs attentats et agressions de ce genre et pire! Il fut condamné, relâché. Il demeura jusqu'à ce samedi pascal, le symbole de la haine envers les Non-Blancs.

Mandela et le nouveau gouvernement l'ont laissé en paix, il pouvait vivre sa vie dans sa ferme à Ventersdorp exploitant les domestiques noirs à volonté!

Ce meurtre nous attriste mais pas sa disparition. Il n'a jamais imploré le pardon, nous ne pouvons que lui pardonner collectivement. Que Dieu ait son âme.


http://www.tdg.ch/depeches/monde/afrique-sud-leader-extreme-droite-terreblanche-tue-ferme-police

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20100404.FAP7712/mort-d-eugene-terreblanche-un-membre-de-l-awb-parle-de-declaration-de-guerre-le-president-zuma-appelle-au-calme.html


 

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04/04/2010

JESUS AIMAIT LA VIE

 


Des chers amis de Chambésy m'ont envoyé ce très beau texte et je suis très heureuse de le partager avec tous!Les femmes ont trouvé la pierre roulée et Jésus libéré! Elle n'ont pas douté un moment, mais les apôtres sans foi et peureux ne voulaient pas croire! Merci à Vous2!

 

 

Tombeau-vide-Marie-Madeleine.jpg

"...Sa vie, il l’aimait.

Nous gardons des traces de son passage, dans nos cœurs et dans les livres qui ont raconté son histoire, même si de sa vie, il n’a jamais rien écrit.

C’était un voyageur, un vagabond du bon Dieu.

Impatient, c’était un homme du chemin, pas de la maison. Quand il consentait à s’asseoir, c’était pour mettre les autres debout. Lui marchait et entraînait les autres à sa suite. Il marchait sans se lasser sur cette terre qui l’avait vu naître. Attentif à la vie de la nature, enraciné en Dieu qu’il appelait son Père, son enseignement porte la trace de ses promenades à travers les champs. Il appelait les autres ses frères et il aimait la compagnie des femmes.

Même ses ennemis pour lesquels il lui arrivait d’éprouver de la colère, il ne les a jamais condamnés. Il aimait les humbles dont il partageait la vie.

Il avait cette faculté d’aider sans humilier, de sauver sans mettre en dépendance, d’aimer sans contraindre. Il a vécu en faisant ce qu’il disait. Il est mort d’avoir fait ce qu’il a dit.

On ne supporte pas une telle clarté...
La résurrection, c’est un mot savant qui veut dire une chose toute simple : la mort n’est plus le dernier mot de la vie. Au matin de Pâques, les femmes d’abord, découvrent que le tombeau est vide.

C ’est simple mais comme elles, dans un premier temps, on a de la peine à y croire ". 

Quand on est prisonnier des tombeaux dans lesquels il nous arrive de croupir, quand on vit crucifié aux bois de la maladie, de la solitude, de la dépression, de l’échec, du découragement face à ce monde cruel on a de la peine à croire que la vie est forcément au bout, que l’amour n’est pas très loin, que les pierres, toutes les pierres se roulent…

Ce n’est pas évident de se dire et de proclamer qu’il n’y a rien ni aucun lieu de cette terre qui ne puisse être visité par le souffle du dieu qui vient relever, redresser, ressusciter.

On a de la peine à le croire, pourtant, c’est bien cette expérience dont nous sommes aujourd’hui les témoins.

Avec les disciples de l'Évangile, avec les hommes et les femmes qui ont vu le Ressuscité, avec ceux et celles qui célèbrent aujourd'hui  ce Dieu qui vient nous donner sans cesse de nouvelles raisons de croire et d’espérer...

Belle journée de Pâques !

Nous 2 de  Chambésy

20:29 Publié dans Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pâques | |  Facebook | | | |

03/04/2010

INSURRECTION RESURRECTION

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La résurrection en directe !

A quoi serviraient ces interminables liturgies pascales sans la pratique pascale ?

Chaque battement de cœur, chaque souffle est une dynamique de vie ! Comme pour Jésus et son dernier souffle, ou plutôt, comme sa belle parole que je murmure chaque soir avant de fermer les yeux : « Mon Dieu je remets mon même entre tes mains ».

Il a ajouté : « C’est accompli ». Quel accomplissement ? Il a fait ce qui fut sa raison d’être : « Donner publiquement aux enfants et aux femmes leur dignité propre. Guérir les souffrants, encourager chacun à s’assumer, libérer les « gens de trop » de leur timidité, de leur peur face aux puissants… » Mais Luc nous raconte tout ça en quelques pages.  Et je rougis de plaisir, oui, quand je rencontre tellement de gens qui, forts de son Esprit, continuent aujourd’hui son travail : dans la construction, dans les bureaux, les hôpitaux, les écoles, par la plume, la pelle, le scalpel, la casserole, et les mains nues qui pétrissent la pâte de notre pain quotidien. L’Eucharistie. C’est la résurrection en directe.

Et toutes ces « petites mains » de la famille humaine annoncent la Bonne Nouvelle, dénonçent les injustices, les scandales, proposent la vérité au risque parfois de leur « bonne réputation » ! Ces « petites mains » femmes et hommes, sont les bâtisseurs d’un monde nouveau et, oui, ces derniers temps, d’une Église nouvelle (Église signifie une assemblée, une famille élargie, un peuple en chemin).

Mais il nous faut bien toute l’énergie qui surgit des multiples tombeaux sociaux, culturels 3261032676_e7a48a6b17.jpget religieux pour continuer le travail du « Ressuscité ». Nous sommes ses « petites mains » guidées par sa vision et sa résilience face aux trônes et aux dominations !

J’ai compris combien les images, les liturgies et les flots de mots bibliques de la saison pascale étaient  futiles sans la dynamique quotidienne du mystère pascal !

Quand j’ai compris la résurrection ! C’était en 1977 et voici en quelques mots l’histoire :

« Le 18 Décembre 1946, en Afrique du Sud naît Steve Biko, 12 Septembre 1977, il est torturé à mort à Prétoria il avait 30 ans, martyr de la lutte contre l'apartheid en Afrique du sud.
Il avait appelé les Sud-africains à faire surgir du tombeau de l’apartheid leur esprit ! Pour libérer de ses chaînes le plus beau pays du monde, celui de Invictus ! Steve disait : "L'arme la plus puissante dans les mains de l'oppresseur est
l'esprit de l'opprimé".

Je me souviens du jour de sa mort en 1977. La radio, les journaux, le bouche à oreille : "Steve a tout donné, son Esprit est libéré, sa Vie est une dynamique (dynamite disaient nos jeunes) de résurrection, de vie nouvelle. C’est à nous la suite !
Une vibration pascale, une lumière d’espérance s’attardaient sur les visages des petits et des grands. Il ne sera pas mort en vain, Steve. La marche vers la liberté continue.  "Un point de non-retour", ce fut le début de la fin de l'apartheid. J’ai eu le privilège et la douleur d’être sur place ce jour-là ! La force organisée de la jeunesse sud africaine  toutes races confondues fut la grande peur des autorités et la répression fut sans pitié ! Combien de blessés, d’emprisonnés, de morts. Les funérailles étaient des célébrations pascales mouillées de larmes, une force de vie nouvelle ! Les prêtres totalement engagés dans notre lutte ne se distinguaient pas du reste si ce n’était pour quelques gestes de bénédiction !

Conséquence : les Forces de l’Ordre interdirent les funérailles publiques. Raison : c’était une « liturgie politique » ! Les interdictions furent ignorées le plus souvent possible ou alors, les funérailles prirent une autre forme tout aussi unies au mystère pascal.

Et Pâques aujourd’hui : la résurrection n’est-elle pas une insurrection ? Dans quel but ? En Suisse? Éradiquer la pauvreté, les bonus de la honte, les complots politiques, les mensonges, les hypocrisies rampantes ! Je suis vulnérable. Nous le sommes tous. Mais Pâques en directe nous pousse en avant. Jusq'au moment où nous pourrons dire: C'est accompli!

 

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01/04/2010

COMME UNE COMEDIE HUMAINE

Jeudi et vendredi de ce début d'avril 2010

 

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L'Occident « chrétien » se souvient de Jésus de Nazareth. Sa vie, sa lutte, ses conflits avec les autorités du Temple et de l'empire, l'arrestation, le procès, la condamnation, l'exécution et la suite qu'on dit être la Résurrection.

Le devoir de mémoire ou bien la force de l'Esprit de cette mémoire vivante? Le vécu de Jésus aujourd'hui?

 

Derrière l'écran de mon ordinateur, l'homme Jésus assis sur une roche, les mains jointes, les pieds nus, son regard plongé jusque sur les touches du clavier et dans mon cœur, ce jeudi soir, je crois.

 

Inutile de feuilleter les livres liturgiques et de rabâcher des textes en attendant l'Amen final. Un coup d'œil autour de nous suffit. C'est le choc, l'effroi. Mais c'est aussi l'immense espérance que la souffrance et la mort n'ont pas le dernier mot. Nous restons figés « au bord du chaos de notre planète malade tout en « sachant » que notre Histoire est en train de préparer gigantesque bond en avant!

 

Avec Jésus au désert regarder la réalité en face, prendre conscience de ce qui se passe sans toutefois gaspiller trop d'énergie à pointer du doigt telle ou telle personne, sans négliger pourtant les systèmes corrompus et qui corrompent! Difficile d'exister hors du péché de ces systèmes!

 

La réalité: est-ce que le progrès humain découle du progrès de l'économie et de la politique? Le manque de profs dans les écoles, parce qu'on a peur des élèves. Le manque de médecins généralistes qui coûtent trop cher aux Caisses maladies? Le fric s'accumule dans la mesure ou les ouvriers redondants chôment. Les bonus « nécessaires à la survie de coffres-forts et du veau d'or. » dans les couloirs et les parvis des Temples.

 

La cécité, la surdité, l'amnésie, les dénis de crimes des gardiens des Temples et, à intervalles accélérés, le chant du coq: « Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois Matt. 26:34 ». Les « excuses cum demande de pardon » télévisées d'institutions par un porte-parole lisant un texte préparé. Puis dans ce crépuscule poussiéreux on entend comme le bruissement tourmenté de tiges d'herbe sèche et drue des « non-nommés soupçonnés d'être prédateurs et/ou victimes de mauvaises pensées contre la pureté comme le catéchisme l'écrivait pour les enfants. »

 

Les « lieux saints seulement » ne sont pas seuls, il y a des « boîtes » économiques à suicides (telécom France), des réseaux de drogues bon marché, des complots diplomatiques dans les coulisses d'institutions et de partis politiques en vue d'une nomination. L'outrageante business des religions dans des États férocement pro-lifers au USA mais pas seulement! Puis ces fausses notes porteuses d'un mépris méprisable: la « jacasserie » qui s'écoule comme une bavure dans les égouts des masses qui n'y comprennent rien. Comme un grincement de dents ou de tôle rouillée.

 

Jésus est pleinement homme et même s'il gémit « Pourquoi, Abba, m'as-tu abandonné? » le désespoir n'aura pas le dernier mot. Il scrute les rein et les cœurs et « ce qui se passe » des signes de vie au-delà des murs, des puissances et des dominations.

  • Par exemple: les instituteurs d'une école laïque français se cotisent spontanément pour permettre à l'un d'entre eux de rester plusieurs semaines auprès de son enfant de 11 ans qui se meure d'un cancer

  • Cette femme sans domicile fixe qui trouve un lit et une présence dans l'étroit deux pièces d'une étrangère

  • Cette famille qui abandonne les lapins en chocolats pour mettre leurs sous pour Haïti

  • Cette infirmière épuisée qui prolonge son temps de travail afin d'aider un peu l'infirmière sensée la remplacer à telle heure fixe

  • Et ce matin sur la RSR 1ère vers 8h15 l'invitée Claire Clivaz théologienne et pasteur, professeure de Nouveau Testament à l'Université de Lausanne, qui publie "L'ange et la sueur de sang" aux Éditions Peeters, et qui commente simplement et clairement sans langue de bois, certain faits scabreux. (http://www.rsr.ch/la-1ere/les-emissions)

 

  • "Le début d'une ère nouvelle" en commençant par une une meilleure connaissance des débuts de l'univers et de la particule Dieu. Les scientifiques espèrent percer certains mystères de l'Univers que nous habitons et qui nous habite. Et mon ami Albert Nolan de jubiler: « ,,,la science devient un tremplin vers la spiritualité et la mystique » (Suivre Jésus aujourd'hui par A. Nolan, la science après Einstein, chapitre 4, page 70)

     

  • les excellentes émissions de la RSR 1ère « à vue d'esprit » http://www.rsr.ch/espace-2/a-vue-d-esprit


    Passer de la défiguration à la transfiguration

    Solidaire de la parole des pauvres

     

  • La résurrection, une insurrectionsemaine-sainte-cest-propre-histoire-partants--L-1.jpeg

 

Mais j'espère revenir à cette insurrection résurrection dimanche!

 

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