12/11/2009

INTEGRATION

 

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Intégrez-vous ! Je suis perplexe !

Les étrangers doivent s’intégrer, les musulmans bien intégrés ne posent pas de problème.

J’ai enseigné le français à des étrangers afin qu’ils s’intègrent. Intégration obligatoire pour l’obtention de permis…

Mais aujourd'hui, il y a parfois de quoi n’y plus rien comprendre tant on martèle ce mot "intégration!

Mais faites un petit tour dans l'Histoire de l'Afrique par exemple. Les marchands, les militaires, les missionnaires, (j’étais du lot) tous ces étrangers se sont-ils intégrés dans « leur pays d’accueil » ?

Ont-ils appris les langues, respecté les croyances, les mœurs, la culture, l’architecture des lieux de prière, la musique, chants, danses, les jeux, la nourriture ? Les Sangomas (médecins guérisseurs) ? Les chefs et la terre ? Le Bohobe et le Modimo (pain et Dieu) ?  Tout ça était hors jeu sinon pour quelques anthropologues, ethnologues ou « chercheurs ».

Non, la population était supposée être sauvage et païenne, esclaves. L’envahisseur civilisait, baptisait et le baptême libérait l’esclave et le plaçait dans la sphère qui allait faire de lui un civilisé chrétien. Puis il devait s’intégrer à la civilisation occidentale chrétienne. En quelques décennies. Je ne m’étends pas sur les conséquences quant à l’être et l’âme africains.

C’était une intégration qui me paraît à rebours de ce qu’on exige des étrangers de notre époque ici en Suisse. Ironie. Un monde sens dessus-dessous. Être convivial malgré tout, s’expliquer, dialoguer ? Créer un monde égalitaire ? UNIS?

Elle est étrange l’histoire des habitants de notre minuscule planète.

Je reste perplexe ! Que je le veuille ou pas, c’est Jésus de Nazareth, ce « paysan juif » Fils de l’Homme qui donne la réponse claire comme du cristal : sa personne, sa vie, ce qu’Il dit et ce qu’il fait, tout cela 24f64e1a987233a20cafd2bca9267028_Gaia_3D_Puzzle_Screensaver.jpgmet la société sens dessus-dessous !

Que pense-t-il de l’intégration des européens en Afrique au cours de l’histoire et de celle des africains en Europe actuellement?

 

21:25 Publié dans Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : intégration | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour. Je découvre votre Blog, intéressant à bien des égards.
Une suissesse amie vient de me faire parvenir une affichette au sujet des prochaines votations suisses (29 novembre). Je ne suis pas très religieux et ne vote pas dans ce charmant pays, mais j'ai apprécié l'intention.
Il y a longtemps que j'évite de me mêler de ces questions, mais il me faut vraiment réagir aujourd'hui car, voyez-vous, au-delà de la problématique artificielle dite "des Minarets", je supporte de moins en moins d'être confronté aux délires politiques et "religieux" que suscite ce faux débat. Manifestement élaboré en dessous de la ceinture, il me semble faire partie d'une instrumentalisations bien suspecte, qui provoque à l'égard des étrangers (et supposés tels) une suspicion croissante, qui trouble l'esprit d'un nombre étonnant de "braves gens" (parfois encouragés il est vrai par une certaine méchanceté et des préjugés avérés, distillés et nourris, comme par capillarité).
Et dire que, diplômé avec mention de la Sorbonne, j'avais précisément quitté la France pour échapper à tout cela, trouvant les Suisses généralement plus éduqués, plus courtois, plus honnêtes et plus sincères que nombre de mes compatriotes "gaulois" ;-(
Ces jours-ci, en dépit de mon prénom (que je ne renie en aucune manière), je songe souvent :
- à mon "païs" Saint-Augustin, aujourd'hui encore considéré comme le père de l'Eglise Latine,
- au curé de mon enfance (je fus jadis "enfant de coeur" dans l'Eglise catholique d'un petit village des Hautes-Alpes, près de Gap), à mes instituteurs républicains qui m'éduquèrent pour une société idéale où tout le monde finirait bien par être beau et gentil (comme le titre fameux d'un film de Jean Yanne),
- à tous ces textes et ces conférences que je fis (après mes années de révolte) pour enseigner erga omnes tolérance, respect d'autrui et savoir bien vivre ensemble,
- à mon mariage dans une cathédrale, avec une fille de famille "catholique radicale" du Nord de la France,
- à mes enfants, tous baptisés selon le rite romain, suivant le voeu respectable et respecté de leur mère,
- au regard oblique dont me gratifient parfois fonctionnaires, douaniers ou policiers (suisses ou français) qui contrôlent (c'est leur travail, mais il y a certainement des façons plus avenantes de le faire) mes papiers, quand je m'avise de faire une démarche ou de traverser la frontière, dans un sens ou dans l'autre,
- au bureau que j'ai enfin pu créer voici deux ans et demi dans le Canton de Vaud, après m'y être fait gravement exploiter (dans tous les sens du terme) et spolier d'indicible façon (ni permis de séjour ni bilatérales quand je suis arrivé ici la première fois), sous le regard complice d'honnêtes gens, des Ponce-Pilate "de qualité" (pas seulement des "Suisses", loin s'en faut), de droite comme de gauche, agnostiques ou "chrétiens" allégués, tous "corps de métiers" confondus,
- à mes aimables clients, pour la plupart étrangers, dont je m'efforce aujourd'hui d'attirer les capitaux en Suisse, qui viennent y créer des entreprises ou investir dans son économie, créer des emplois, payer des impôts.
Oui, ne m'en veuillez pas trop, mais je n'ai plus vingt ans et quelle que soit la direction (religieuse, "laïque" ou politique) vers laquelle je pourrais actuellement me tourner, les "braves gens" commencent à sérieusement me faire peur.
Peut-être un jour, quand je serai las d'être aussi systématiquement mis au pied du foulard, de la burqua ou du minaret, je dirai par le menu détail mes années helvétiques, dans un ouvrage "hot", qui pourrait bien s'appeler "Les aventures d'un mouton noir au Pays de Guillaume Tell".
En attendant, je retourne travailler et faire mes paiements.
Je vous souhaite une excellente soirée.
Respectueusement.
Hachemi

Écrit par : Hachemi | 13/11/2009

Merci beaucoup, ce que vous dites me touche. Et j'espère bientôt lire le "sort d'un mouton noir au Pays de Guillaume Tell".
Bonne journée
claire marie

Écrit par : cmj | 13/11/2009

"...je dirai par le menu détail mes années helvétiques, dans un ouvrage "hot", qui pourrait bien s'appeler "Les aventures d'un mouton noir au Pays de Guillaume Tell"."

Et vous expliquerez bien pourquoi vous êtes resté, malgré les regards obliques, malgré l'exploitation et les spoliations, malgré les "mises au pied" de toute sorte et maintenant malgré la peur des "braves gens", parce que ça reste l'aspect le plus intrigant de votre parcours...

Écrit par : Scipion | 13/11/2009

Oui, cela sera indispensable en effet (le "parcours" fut long, complexe et parfois bien cruellement tumultueux).
En vérité, je ne suis intervenu sur ce site chrétien que par rapport à des comportements (condamnés par l'Eglise, je crois) qui tendent à rendre tout étranger (ou supposé tel) comptable de ses peurs. De la peur à la violence, fut-elle gesticulaire (comme toujours dans un premier temps), il n'y a malheureusement qu'un pas.
Pardonnez-moi si je me trompe, mais votre suggestion semble malicieuse, comme une manière de dire : "si tu n'es pas content, il faut rentrer chez toi".
Si tel est bien le cas, sachez que l'"argument" (si l'on peut dire) est fort commun par ici : mille fois servi, mille fois entendu. Sommaire, spécieux, usé et surtout stérile.
S'agissant de votre questionnement latéral ("ça reste l'aspect le plus intrigant de votre parcours"), je pourrais longuement gloser sur l'"état de contrainte" et l'"état de nécessité", dans leurs versions laïques (droit positif) ou religieuses (Christianisme, Islam).
Je pourrais vous dire aussi que mon pays n'existe plus et que l'entreprise coloniale (incluant sa participation suisse, capitalistique et humaine) a très gravement compromis ses chances d'un jour se reconstituer.
Je pourrais encore évoquer l'origine de nombreux suisses (surtout romands), souvent issus de populations qui avaient elles-mêmes été persécutées, en France ou ailleurs, qui aurait dû les rendre conséquemment plus que quiconque soucieux de ne pas faire subir à autrui ce qu'ils n'aimeraient pas qu'on leur fasse (ou ce que leurs ancêtres endurèrent).
Je pourrais vous dire aussi qu'il y a des fondamentaux constitutionnels et des conventions internationales que les autorités helvétiques ont l'obligation de respecter, et le devoir de faire respecter (elles s'efforcent de le faire, je le sais), mais qu'il y a dans ce pays aussi des forces centrifuges manifestement capables de fissurer la cohésion normative d'un Etat de droit.
Nul état d'esprit polémique en moi. Juste un peu de tristesse.
Avec une espérance cependant.
Car je sais l'Homme (au sens large, Mesdames) capable du pire comme du meilleur.
Que tous ceux qui vivent au sein d'une même société puissent trouver le chemin de la paix et de la bonne entente, dans la dignitié et le respect mutuel.
N'est-il pas écrit que tout est possible aux gens de bonne volonté?
Quelles que puissent être nos confessions ou nos convictions politiques respectives, ne laissons pas nos coeurs et nos âmes se faire enfermer dans le cachot infect et puant de la peur, de l'égoïsme et de l'intolérance.
Mes "origines" multiples m'ont personnellement rendu attentif à ce qui rapproche. Plutôt qu'à ce qui divise.
En ces temps tourmentés pour la tolérance, pareil état d'esprit peut être une source de souffrance. J'assume volontiers, mais ne garderai pas pour autant le silence.
Je vous souhaite une bien belle journée.
Respectueusement.
Hachemi

NB : votre pseudonyme est fort intéressant, Cher Monsieur. Savez-vous que lors de la prise de Carthage, Scipion se fit livrer les soldats de l'armée romaine qui avaient été faits prisonniers par l'ennemi pour les faire crucifier à la croix des esclaves au motif d'avoir été déserteurs à la patrie ? Il pouvait cependant être parfois clément : les soldats alliés non romains qui avaient été faits prisonniers furent seulement décapités.

Écrit par : Hachemi | 13/11/2009

Il y a dans l'islam une substitution a la chrétienté et a la loi de Dieu qui ne doit pas nous détourner de la loi universelle du Créateur.

il ne peut y avoir d'intégration sans brimer une partie de l'individu ,cela semble incompatible au monde musulman et trés acceptable au Chrétien,

Le Christ a bien chassés les vendeurs du temple parce qu'ils avaient transformé sa maison en maison d'habiles preneurs.

Seigneur aidez-nous on en a bien besoin en ces temps!

Écrit par : 100blagues | 13/11/2009

"Je pourrais encore évoquer l'origine de nombreux suisses (surtout romands), souvent issus de populations qui avaient elles-mêmes été persécutées, en France ou ailleurs, qui aurait dû les rendre conséquemment plus que quiconque soucieux de ne pas faire subir à autrui ce qu'ils n'aimeraient pas qu'on leur fasse (ou ce que leurs ancêtres endurèrent)."

On ne peut pas comparer. A l'époque, la Suisse comptait un million d'habitants, les réfugiés étaient en nombre relativement limité et, linguistiquement ecomme religieusement, ils étaient très proches des populations d'accueil.

Aujourd'hui, c'est très différent. Le problème actuel vient d'une immigration étrangère à tous les points de vue, civilisation comprise. Ils pratiquent une religion qui tente de nous conquérir depuis 1298 ans, et avec laquelle nous n'avons jamais cessé d'être en guerre.

En quarante ans, en Europe de l'Ouest, les fidèles de cette religion conquérante ont passé de quelques dizaines de milliers à dix-sept millions. Des musulmans, comme Ayaan Hirsi Ali, nous exhortent de fermer les vannes. De fait, il n'y a pas un seul pays où leur intégration ne provoque de problèmes et ne se heurte à de grosses difficultés.

Aux Pays-Bas, des revendications ont déjà été formulées pour la création d'enclaves musulmanes à statut spécial. Et c'est normal, puisque nous ne sommes pas faits pour vivre ensemble.

Comme je l'ai déjà publié ailleurs : Qui peut croire que les musulmanes et les musulmans sont à l’aise dans notre société de libération sexuelle, de sollicitation permanente de la libido, de « mariage » des invertis et d’omniprésence de l’« alcool social » ?

Alors, ils supportent, ils subissent et ils subiront jusqu'au moment où ils s'estimeront assez forts - ou, alors, où ils nous estimeront assez faibles - pour exiger de ne plus avoir à subir. Alors c'est pour ne pas donner cette impression que nous nous battons en commençant par ce symbole arrogant de prise de possession d'un territoire qu'est le minaret.

P.S. - Pour Scipion, je crains que vous ne confondiez Publius Cornelius Scipio Africanus (Scipion l'Africain) et Scipio Æmilianus Africanus Numantinus (Scipion Emilien). En outre, je me suis laissé dire que les prisonniers en question étaient en réalité des déserteurs.

Écrit par : Scipion | 13/11/2009

Cher Monsieur,
De façon générale, s'agissant des problèmes liés à l'immigration (qui sont assez éloignés de la préoccupation que je souhaitais ici exprimer), peut-être que les pays occidentaux auraient intérêt à faire en sorte que ces personnes "déplacées" (j'insiste sur le mot, encore que celui de "déporté", politique ou économique, pourrait être plus adapté) aient envie de rester dans leur pays.
Pour ce faire, sans doute faudrait-il que les pays qui se plaignent de l'immigration commencent par cesser de soutenir les dictatures qui gouvernent ces pays, de créer dans ces contrées un climat d'assiégés en essayant systématiquement d'y imposer des conceptions économiques, culturelles et sociétales totalement étrangères à l'histoire et aux traditions multiséculaires de ces pays.
Ne croyez vous pas qu'il y a une sorte d'irréductible contradiction entre le fait :
- d'une part, se plaindre de l'immigration et,
- d'autre part, soutenir aveuglément les dictatures infectes et la gangrène corruptive qui la provoquent dans les pays d'origine?
Les immigrés (ou les émigrés suivant la perspective adoptée) ne sont souvent que des pauvres gens qui votent avec "leurs pieds".
Dans nombre de pays, peu de choses ont en vérité changé depuis la colonisation:
- les gouverneurs des colonies d'antan (il me souvient que l'un d'entre eux avait fait punir un indigène pour "délit d'outrage par regard", parcequ'il avait refusé de baisser les yeux lors d'un défilé à la gloire de la puissance occupante) ont souvent été remplacés par des marionnettes politiques qui ne se soucient pas beaucoup, reconnaissons-le, du bien-être de leurs populations ;
- le procédé politique est tout à fait comparable à celui qui consiste à sous-traiter la torture dans des pays démunis de toute protection juridique sérieuse en matière de droits de l'homme, histoire d'en tirer éventuellement profit, tout en se lavant les mains de ce qui se passe dans ces "bantoustans" prétendument "indépendants".
J'avais souvent (vainement) soulevé le problème jadis, dans des milieux divers et (a)variés, mais cela n'avait eu pour résultat que de m'attirer les foudres des bons penseurs, de gauche comme de droite. Au point de provoquer ma ruine et mon exil, en Suisse précisément (vous savez presque tout à présent).
Bien courtoisement à vous.

NB :
- s'agissant de Scipion, afin d'éviter les malentendus, il serait bon (comme il est en principe d'usage de le faire) de préciser celui qui aura votre préférence (Scipion Africanus Major ou Scipion Emilien), étant entendu que cette discussion ne saurait de quelque manière que ce soit se placer un plan martial, surtout sur un site chrétien d'accueil aussi aimable ;-)
- personnellement, je ne me laisse jamais dire quoique ce soit sans vérifier ce qu'il en est vraiment. Je n'y parviens pas toujours je vous le concède, mais en ce cas je me fais en principe une règle d'exprimer mon incertitude. S'agissant de l'anecdote relative au sort réservé aux soldats de Rome, elle est attestée par d'excellents historiens. Si vous avez des sources différentes et fiables, je vous serais humblement reconnaissant de me permettre d'améliorer mes connaissances ;-)

Écrit par : Hachemi | 13/11/2009

cher Monsieur Hachemi, merci encore de votre partage. Ce que vous écrivez révèle ce que, seuls, des personnes ayant une sensibilité humaine mûrie par l'expérience, ressentent et, oui, souffrent, dans les systèmes à cage qui forment aussi des mentalités à cage.
La pensée ne peut pas avancer tant que les débats ne sont que des combats où le plus brutal (pas le plus fort ni le plus intelligent) gagne! Alors qu'un débat respectueux de l'autre, respectueux de sa liberté (laquelle est réciproque) d'être soi-même, et de le dire sans l'imposer, nous rapprocherait. Ces partages m'aident à mûrir ma manière de penser, de réfléchir.
Je dois dire que c'est d'abord en Afrique du sud et au-delà que j'ai appris la valeur des débats. Les protagonistes s'écoutent, et prennent le temps! réfléchissent, s'expriment. Tant mieux si c'est contradictoire (et en Afrique du Sud, l'ambiance était marquée par la "contradiction" et les contrastes.)
Ceci dit, dans notre volonté de construire une nation humanisée et sans murs, nous étions unis dans l'action, donc nous étions forcément dans l'illégalité selon les lois racistes de l'apartheid.
Notre énergie avait sa source en notre créateur, le même Dieu pour chacun, pour tous.
Les religions qui divisent disparaissaient. (Mais leurs chefs, pas tous évidemment, lâches et/ou peureux, attendaient dans les coulisses de la prudence alias neutralité!)

Nous étions humains et conscients de notre responsabilité de construire et de consolider cette famille humaine au niveau africain, planétaire (selon moi aujourd'hui).
Aujourd'hui, les religions en tant qu'instituions avec leurs chefs, recommencent les divisions d'antan. La plupart du temps, elles flirtent avec le politique et vice versa. Et l'apartheid revient comme une pieuvre, en Suisse aussi!
La preuve, la "blind spot" de certains helvètes qui ne peuvent pas voir que les musulmans, les juifs, les hindous, les chrétiens etc, sont des humains et que nous sommes sœurs et frères. Il n'y a qu'une destination pour tous.

Écrit par : cmj | 14/11/2009

Parler de l'immigration en tant que telle nous entraînerait beaucoup trop loin, de surcroît sur un fil qui ne nous appartient pas. Je ne retiendrai donc que deux points qui me paraissent essentiels.

Vous demandez : "Ne croyez vous pas qu'il y a une sorte d'irréductible contradiction entre le fait :
- d'une part, se plaindre de l'immigration et,
- d'autre part, soutenir aveuglément les dictatures infectes et la gangrène corruptive qui la provoquent dans les pays d'origine?"

Tout d'abord, je ne pense pas que ce soient les mêmes qui se plaignent de l'immigration et qui soutiennent aveuglément... Ensuite, je n'ai pas vraiment le sentiment que les pays qui NE subissent PAS "les dictatures infectes et..." se portent perceptiblement mieux que ceux qui subissent "les dictatures infectes et..."

"Dans nombre de pays, peu de choses ont en vérité changé depuis la colonisation..."

Ce n'est peut-être pas un hasard si, dans ces mêmes pays, peu de choses avaient changé au cours des mille cinq cents ans qui ont précédé la colonisation.

Pour Scipion, il s'agit bien évidemment de Publius Cornelius Scipio Africanus, l'autre, son petit-fils adoptif, pourrait-on dire, n'étant connu que de quelques lettrés. Dont vous et moi, bien entendu. Pour ce qui est des Romains crucifiés, il s'agit d'un souvenir de lecture dont je serais bien en peine de retrouver la source.

Écrit par : Scipion | 14/11/2009

"Ceci dit, dans notre volonté de construire une nation humanisée et sans murs, nous étions unis dans l'action, donc nous étions forcément dans l'illégalité selon les lois racistes de l'apartheid."

Ma soeur, Comment ressentez-vous le fait que cette nation désormais "humanisée et sans murs", détienne toute une série de records du monde dans le domaine de la criminalité dure (homicides, viols, etc.) et qu'en vingt ans, dans le classement des indices du développement humain (IDH) établi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), elle ait passé du 89e au 129e rang ?

Écrit par : Scipion | 14/11/2009

Bonjour ma Soeur, Bonjour Scipion,
Merci pour vos messages et pour votre aimable attention.
De fait, depuis que je suis arrivé en Suisse (voici une dizaine d'années), j'ai appris à me faire "discret", même dans la souffrance, ce qui n'est assurément pas chose facile pour un tempérament méridional ;-)
Bien au delà d’une éventuelle réglementation des constructions (je reconnais à chaque Nation le droit de légiférer pour son ordre juridique interne, dans le respect des lois et des traités internationaux qui s'imposent à elle, surtout quand le pays concerné a choisi comme la Suisse d'adhérer au système des Nations-Unies et au Conseil de l'Europe), ce qui m’a fait réagir dans cette affaire (celle de l'initiative dite "Minarets"), ce sont les procédés utilisés, qui consistent à l'évidence (et bien que leurs auteurs s'en défendent grossièrement) à diaboliser toute une communauté, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur des gens qui comme moi, ne cherchent qu’à travailler, à s’occuper de leurs enfants, à s'acquitter de leurs devoirs envers la société dans laquelle ils vivent et dont le seul tort est manifestement d’avoir un nom "dérangeant".
J'espère n'avoir choqué/dérangé personne au cours de ces échanges et suis heureux d'avoir appris ce matin que les représentants de l'Eglise s'étaient déterminés contre ce genre de procédés.
Je vous souhaite un excellent week-end, en adressant à tous les gens de bonne volonté mon amitié et mes voeux de paix les plus sincères.
Respectueusement.
Hachemi

Écrit par : Hachemi | 14/11/2009

"Les immigrés (ou les émigrés suivant la perspective adoptée) ne sont souvent que des pauvres gens qui votent avec "leurs pieds"."
Trop simple, cet argument. Les familles envoient les meilleurs d'entre eux à l'émigration. Charge à ceux-ci de les entretenir ensuite. Même s'il se fait éhonteusement exploiter ici en Europe, l'émigré s'arrangera pour rentrer chez lui chargé de cadeaux, pour faire bonne figure. Ce qui a contribué à créer puis à perpétuer le mythe de l'eldorado européen, et qui explique le saignement de l'Afrique de ses forces vives. Il est d'ailleurs quasiment comique de comparer les arguments actuels de Hachemi avec ceux de Catherine Coquery-Vidrovitch, selon laquelle la traite est le facteur principal de sous-développement du continent africain*. Ce qui était un crime autrefois, pour lequel ces gens demandent des indemnités, devient tout d'un coup un droit : celui de se faire esclave en Europe ?
Rappelons en outre que chaque voyage en Europe coûte entre 1000 et 10'000 Euros, ce qui représente une perte colossale financière en termes d'investissements sur terre africaine et engraisse une sale mafia de passeurs...
Arrivés ici, les meilleurs de chez eux concurrencent facilement les moins bons d'ici. Que cela plaise aux libéraux cyniques, c'est compréhensible. Mais pour les gens qui se piquent de bons sentiments, cela l'est nettement moins.

* Elle n'aborde quasiment pas la traite du côté oriental. Dois-je dire évidemment ?

Écrit par : Géo | 14/11/2009

@scipion: La FIFA vient de déclarer que l'Afrique du Sud est absolument prête, infrastructure et tout pour recevoir la Coupe du monde 2010. Que la criminalité et la violence ont reculé, annonce la FIFA, que tout va bien dans le meilleur des mondes!!!
Sachez que durant les interminables années de l'apartheid, la presse ne rapportait pas les crimes quotidiens perpétrés par la Police ou par n'importe quel homme ou femme blancarmés!!!!. Après 19 années vécues dans ce contexte avant le premier retour de qq semaines en Suisse, on nous interdisait de parler de ce qui se passait. Scandale!
Après 1994, la presse rapporte le nom de chaque blanc abattu! Quand les noirs étaient abattus, ce n'était qu'un chiffre, un nombre! La plupart du temps 20, 30 50 abattus. Sans nom.

Écrit par : cmj | 14/11/2009

"La FIFA vient de déclarer que l'Afrique du Sud est absolument prête, infrastructure et tout pour recevoir la Coupe du monde 2010. Que la criminalité et la violence ont reculé, annonce la FIFA, que tout va bien dans le meilleur des mondes!!!"

On ne sait plus qui croire :

Citation 1 - 12 novembre : "La criminalité en Afrique du Sud "est la plus violente au monde", a reconnu, jeudi, le président sud-africain, Jacob Zuma, dans une déclaration tendant à justifier des changements portant notamment sur l'usage de la force létale apportés par le Parlement à l'article 49 du Code de procédure pénale du pays."

Citation 2 - 13 novembre : "Le ministre adjoint de la police a appelé jeudi les policiers «à tirer sur les salauds» pour lutter contre le très fort taux de criminalité en Afrique du Sud, cinq jours après la mort d’un garçon de trois ans confondu avec un meurtrier présumé. «Oui, tirer sur les salauds, des durs à cuire, des criminels incorrigibles», a déclaré le ministre adjoint Fikile Mbalula lors d’une conférence de presse au Cap (sud-ouest)."

Citation 3 - 14 novembre : "La police sud-africaine n'a pas de "permis de tuer", a déclaré vendredi le président Jacob Zuma au lendemain de l'appel "à tirer sur les salauds" du ministre adjoint de la police dans la lutte contre les criminels.

"Aucun officier de police n'a le droit de tirer sur des sucpects dans des circonstances autres que celles autorisées par la loi. La loi ne donne pas à la police un permis de tuer", affirme Zuma dans un communiqué."

Écrit par : Scipion | 14/11/2009

"La FIFA vient de déclarer que l'Afrique du Sud est absolument prête, infrastructure et tout pour recevoir la Coupe du monde 2010. Que la criminalité et la violence ont reculé, annonce la FIFA, que tout va bien dans le meilleur des mondes!!!"

Reste à savoir si la FIFA, qui a parié sur la RAS, est le meilleur juge de ces questions...
En fait, la situation est devenue tellement catastrophique qu'il serait normal qu'elle s'améliore un peu...
A lire les recommandations de ce site : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs_909/pays_12191/afrique-du-sud_12193/index.html
On sent que ce n'est pas encore gagné et que les Blancs vont continuer à fuir au Mozambique pour y refaire leur vie...

Écrit par : Géo | 15/11/2009

Pour Géo : aucune contradiction entre les arguments des un-e-s et des autres! Les pays pauvres le sont tellement qu'il serait pour le moins délicat d'interdire à certains de ses habitants de le quitter pour tenter leur chance ailleurs! Il s'agit aussi parfois de pays en guerre, affamés (plus d'un milliard de sous-nutrits aujourd'hui sur la planète!). Après tout, les Européens n'ont rien fait d'autre au 19ème siècle, s'arrogeant le droit d'aller où bon leur semblait, en envahissant certains pays par la violence etc. Pour assouvir leur soif d'argent, ou pour tenter leur chance ailleurs suite à famines ou guerres (cf la famine en Irlande avec des millions d'émigrants en peu de temps dans un pays qui s'en est bien remis). La circulation des personnes devrait être un droit! On vit sur une planète avec des problèmes communs ou plutôt qui devraient l'être.
Ceci posé, il y a des profiteurs de cette misère humaine, ce contre quoi il faut lutter! Les patrons sans âme, les passeurs...
Et aider les pays pauvres devrait être un devoir! Annulation d'une dette à taux d'intérêt monstrueux que certains pays ont déjà remboursé plusieurs fois en montant (mais qu'il continuent à rembourser), aide ciblée et concrète d'un montant beacuoup plus important (et non transfert de fonds à des dirigeants corrompus). Une goutte de l'argent mobilisé pour aider les banques et les seigneurs de la finance lors de cette crise (qui aura rendu un fier service à certains) supprimerait la faim dans le monde. De quoi s'étrangler!!

Écrit par : aurmor | 19/11/2009

Aurmor@ Je viens d'écrire cela à propos de la dette. Il s'agit d'une réponse à DJ qui prétend que l'Afrique décolle économiquement :
D'où viennent les richesses de l'Afrique ? Exclusivement de matières premières et du pétrole en particulier. Toute la production de toutes les matières premières africaines dépend avant tout de la fluctuation des conflits. Seule une zone comme Cabinda, avec le passé militaire des FAPLAs, peut se considérer comme assez sûre. Donc, variation de la production, qui s'ajoute à la variation des cours. Il ne vous a pas échappé que l'or est quelque peu monté, ces temps. Allez voir sur Google ce que signifie JCIC, Ashanti Goldfields, etc... et vous verrez que si l'or et le pétrole augmentent, les revenus africains vont augmenter aussi. Tout cela ne fait pas une économie très saine. Mais la Russie, me direz-vous ? La Russie ne joue pas le même jeu que l'Afrique pour le reste. Elle ne produit pas que trois mangues séchées et deux balles de coton. Les fameuses organisations financières internationales dont les Africains se plaignent paient toutes les infrastructures possibles et imaginables : allez voir un panneau de chantier, les Africains adorent cela : Construction de la route de A à B, Ministère de ci, Direction de ça, entreprise machin, etc..et tout en bas, en petit, financement Banque Mondiale, kreditanstalt für Wiederaufbau, Caisse Française de Développement.
Après ? Le scénario est bien rodé. Les Africains se plaignent de la lourdeur de leur dette, et appuyés par toute la bienpensance européenne, la dette finit par être annullée.
Il la compte parmi les incomes, l'annulation de dettes en gros, votre Bourguignon ?

Et nous n'avons pas abordé le sujet de l'économie informelle, ni celui tout aussi rigolo des douanes...

Écrit par : Géo | 19/11/2009

"Aurmor@ Je viens d'écrire cela à propos de la dette. Il s'agit d'une réponse à DJ qui prétend que l'Afrique décolle économiquement :"

Ce n'est pas moi qui le prétend,mais les études économiques.Si l'une des parties de l'Afrique décolle,c'est qu'elle a pris le train du commerce mondial.Si ses richesses dépendent exclusivement de matières premières et bien tant mieux pour l'instant.Avant elle avait également ses matières premières et restait dans la misère.Il faut bien un début à quelque part.

Je précise bien à Géo,que ce n'est pas tout le continent,mais une partie de l'Afrique subsaharienne.

D.J

Écrit par : D.J | 19/11/2009

Je dit décollé,mais ce n'est ni comme la Chine ou l'Inde.Ce qui manque à l'Afrique pour devenir une puissance économique et un tissu industriel inexistant pour l'instant.On ne sort pas de décennies de charité du jour au lendemain.

D.J

Écrit par : D.J | 19/11/2009

@ aurmor

"Et aider les pays pauvres devrait être un devoir!"

Le fait est que cette aide, actuellement, les rend encore plus pauvres. Je viens d'expliquer cela dans un autre fil http://lengablog.blog.24heures.ch/archive/2009/11/18/essai.html

Écrit par : Ngabo | 19/11/2009

Bonjour
En écrivant au journal le "24 heures" pour dire (n° du 25 novembre 2009) ma préoccupation quant aux réactions que pouvait ces derniers temps susciter la simple possession d'un nom et d'un prénom particuliers, je ne m'attendais assurément pas à lancer dans ce quotidien une manière de ...concours de l'intégration !

Entre autres spéculations de désagréable perception, un certain M. Nabil Malek(1) est venu péremptoirement affirmer (n° du 5 décembre 2009) : "M. Ayad se dit préoccupé par la montée possible d’un «anti-islamisme radical» en Suisse".
Or, en dépit des guillemets dont M. Malek les a assortis, il est patent que je n'ai jamais utilisé les mots «anti-islamisme radical». Ceci m'a donné la fâcheuse impression (mais peut-être me trompé-je) d'une intention malicieuse, consistant à araser sans façon mon propos pour abusivement le remodeler à convenance (de l'"isme", comme suffixe poisseux de la guérilla sémantique islamophobe ordinaire).

M. Nabil Malek a beau me suggérer à sa manière (merci de la bonne intention, qui comme chacun sait, peut être chaudement pavée) de n'avoir pas peur ("Que M. Ayad n’ait pas peur"), de compter sur la protection de la démocratie helvétique ("cette démocratie protège le pays"), d'évoquer le "peuple souverain" (celui dont le scrutin vient précisément de déstabiliser la Suisse) et la sagesse des braves gens ("les «braves gens» sont en général très sages"), le souci que j'exprimais n'a fait qu'anticiper ce qui a jailli des urnes lors de la votation sur les Minarets. Je ne songe pas ici aux conceptions architecturales des uns ou des autres, mais au climat détestable que ce scrutin a révélé et dont les conséquences en Suisse et dans le monde ne me paraissent pas spécialement de bon augure.

L'antienne consistant à évoquer qui se passe dans d'autres contrées m'est irrecevable : variété de français par filiation et citoyen UE, je n'accepte pas que l'on puisse essayer de m'en rendre comptable ("Pensez-vous que cela serait possible au Caire, à Riyad ou encore à Alger ou à Damas?") et cela ne saurait de toute façon justifier ce qui ne peut l'être au regard des engagements internationaux de la Suisse en matière de droits de l'homme.

Je ne nie pas l'importance des problèmes liés à ce qu'il est aujourd'hui convenu d'appeler la "multiculturalité", mais il me semble qu'il y a d'autres moyens de les régler que de se laisser intoxiquer par la peur, la haine, l'exclusion et le rejet.

En dépit des terribles difficultés rencontrées lors de mon installation en Suisse (pour la plupart liées à ma vulnérabilité extrême de l'époque : les bilatérales n'étaient pas encore entrées en vigueur, j'ai survécu en Helvétie en m'y faisant dramatiquement exploiter durant les premières années), j'aime sincèrement ce beau pays dont j'ai souvent eu à défendre les qualités à l'étranger, vantant en particulier l'extraordinaire capacité de sa population à travailler et à vivre bien ensemble, au-delà de ses frontières culturelles et linguistiques intérieures, dans le respect de ses minorités.
J'en étais presque venu à penser la Confédération Helvétique comme une clé prodigieuse pour une sorte de rédemption terrestre fraternelle de ce monde fragmenté, un modèle universel capable d'assurer la promotion et le rapprochement des êtres humains au lieu de les diviser.

N'était-ce vraiment là qu'un rêve ? Parfois me vient l'envie de fredonner avec tristesse un poème fameux de Baudelaire ("Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine, Qui vous mangera de baisers, Que j'ai gardé la forme et l'essence divine, De mes amours décomposés!").
Mais c'est bientôt Noël, chers amis Helvètes !
Depuis quelques jours, me reviennent en mémoire quelques vieux chants familiers de mon enfance, fort encourageants pour l'espérance : "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté".

Civilités empressées.

Hachemi

Écrit par : Hachemi | 08/12/2009

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