08/04/2008

Le Zimbabwe aujourd'hui

985645386.jpgLa foi d’un peuple à l’infinie patience – à l’impitoyable épreuve des élections au «Pays des pierres», le Zimbabwe bien-aimé!

Le seul objet dans mon petit coin de méditation: c’est une madone noire zimbabwéenne sculptée dans du bois proche de la Mission «Driefontein» et que j’ai reçu en cadeau avant de quitter le pays en 1980 juste après son indépendance.

Cette femme zimbabwéenne tisse un arc-en-ciel des fils douloureux de l’histoire de son merveilleux pays, l’histoire d’un peuple à l’infinie patience, patience sous la domination blanche, patience sous la domination noire… en espérant que cette patience au-delà de l’entendement humain, engendre une étincelle d’indépendance.1436116719.jpg

 

Mais la grande et passionnée Doris Lessing, qui a grandi, vécu, lutté et souffert au Zimbabwe, avait écrit en 2003 dans le Monde Diplomatique:

«Vous tenez entre vos mains le bijou de l’Afrique, dirent les présidents Samora Machel du Mozambique et Julius Nyerere de Tanzanie à M. Robert Mugabe le 18 avril 1980, jour de l’indépendance du Zimbabwe, et maintenant, prenez-en grand soin…»

Vingt-trois ans plus tard, le bijou est bien abîmé. […] Le nom d’un seul homme est attaché à ce désastre. Ou plutôt cette tragédie. Celui de M. Robert Mugabe. Contrairement à la réputation qu’il avait à ses débuts, le président zimbabwéen n’a jamais été qu’un petit homme sans envergure. Il a apporté la tragédie à son pays.…»
(Extrait de «Pleure, ô Zimbabwe bien-aimé», par Doris Lessing, Le Monde diplomatique
, en août 2003).

Doris, moi, mes consœurs et amis, et le peuple de ce pays bien-aimé, restons dans l’incertitude, l’angoisse en attendant le dénouement des élections d’il y a une semaine et dont Mugabe ne veut pas faire connaître les résultats. Car il a perdu. Il préfère sa geôle à sa liberté et à la survie de son peuple que sa folie est en train de massacrer. Un peuple à l’infinie patience. Doris Lessing de retour au Zimbabwe il y a quelques années:

«Et si l’on pousse jusqu’aux villages, on sent la force du peuple. Les Shonas par exemple, sont bien dans leur peau, pleins d’humour et d’initiative. Ils ont un seul défaut: ils sont trop patients. J’ai entendu un jour un célèbre écrivain zimbabwéen s’en plaindre: «Quel est notre problème? Nous vous avons tolérés trop longtemps, vous autres Blancs, et maintenant nous tolérons cette bande de voleurs.» Ces voleurs; c’est Mugabe et sa clique.

Mais Mwari, le Dieu du Mashonaland, du Zimbabwe et de l’Univers, souffle quelque part, où il veut, on ne sait trop où, un souffle de raison pour Mugabe peut-être… un souffle de vie pour ce peuple héroïque, ce peuple bien-aimé…

C’est ma prière ce soir auprès de la Vierge noire, une belle femme, une mère, une épouse qui libère qui elle enfante!

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Commentaires

J'aimerais mettre le blog à jour pour ce qui concerne le Zimbabwe, je le fais au moyen de ce petit commentaire.
Les "présidents" de différents pays d'Afrique, y compris l'Afrique du Sud, sont vraisemblablement en Zambie, avec Mugabe et des représentants du MDC (l'opposition) pour faire le jour sur le résultat des élection (d'il y a deux semaines!!!), élections qu'aurait gagné le MDC. Je ne sais ce que rapportent les agences de presse ces trois derniers jours en Suisse, mais "Zimbabwe today", informe et je sais que c'est la meilleure source d'information. Elle vient de la base, les grassroots, cela dépasse l'imagination! Est-ce qu'on peut laisser faire sans même enquêter, sans protester, sans s'indigner pendant qu'agonize un peuple qui depuis des années est à la merci d'un homme devenu "fou"? et que la communauté internationale, spectatrice du drame, ne bouge pas? Pourquoi? Pas pire que le Darfour m'a-t-on rétorqué! Avons-nous fait l'expérience des petites gens du Darfour et de celles du Zimbabwe?
Ma conscience m'interpelle: qu'as-tu fait de ton frère? et je n'ai rien à répondre sinon un murmure de prière comme le "frère" anonyme!

Écrit par : cmj | 11/04/2008

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