10/03/2008

Doris Lessing - IV

La faille

 

 

 

 

 

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 Le 30 décembre 2007, j’écrivais dans mon blog Katutura:

 

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«…Partir lutter là où la «faille» est la plus inhumaine – la faille dans la création, en l’homme – cela crève les yeux.» Quelle faille? Je trouve des synonymes de ce mot, la faille: la craquelure, la fêlure, la lézarde. La création et les créatures sont craquelées, fêlés, lézardés dès l’origine. Moi y compris. La création est en chantier. Nous sommes inachevés. Si le Créateur avait fabriqué une chose parfaite, finie, avec la marque infaillible «heaven made» que la vie serait monotone! Un monde sans faille ni fêlure, qu’en serait-il des défis à relever, des pulsions pour créer, pour inventer… absence de soif, de faim, d’appétit, de rêve, d’idéal.

 

 

Cette espèce de paradis, comme on dit, serait un reposoir quelconque, un peu comme les images de ce jardin d’Eden, avec une femme, un homme de couleur assez claire, qui se demandent quoi faire de leur vie. Ils naissent adultes. Ils n’auront d’enfants qu’après la «chute»?

 

 

Toutes les créatures de la planète seraient donc des fruits de cette «chute». Moi, vous, Doris Lessing y compris.

 

 

Un seul a réchappé à la «chute», mais il est organiquement lié à la nôtre dès sa naissance, surtout aujourd’hui… entre les murs mêmes d’institutions qui se réclament de Lui. Voyez notre planète ensanglantée du sang des innocents en Irak, à Gaza, pas un endroit sans violence, active, rampante, dormante, prête à bondir. Elle nous habite en même temps que l’amour. Quelle faille!

 

 

Le SEUL grand SEUL, c’est «Jésus, le Chemin, sinon l’arrivée, la Vérité, la Vie»… (Gertrud von Lefort).

 

 

Doris Lessing se sent solidaire de Lui, implicitement quand elle dit: «Toute ma vie, je me suis sentie proche des gens qui avaient eu une enfance difficile, je les ai compris et parfois même j’ai vécu avec eux» (Dans ma peau, p. 37). Doris raconte pourquoi elle ressent la souffrance des petits, des pauvres: c’est parce que, dès sa naissance, elle a connu les multiples chemins à parcourir et le pénible cheminement. Elle parle d’elle, elle écrit son autobiographie, mais c’est une autobiographie inclusive de tous, exclusive de personne. Un cheminement.

 

 

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