13/05/2016

Soyez saints

 

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Anne Frank

L’Eternel  dit à Moïse :

Rapporte mes paroles à la communauté des Israélites : Soyez saints car moi l’Eternel votre Dieu, je suis saint. ...

Lorsque vous engrangez votre moisson, ne  récoltez pas jusque tout au bord du champ, ne glanez pas les épis qui restent. De même dans les vignes ne grappillez pas les raisins tombés au sol. Laissez-les aux pauvres et aux étrangers.

Je suis l’Eternel votre Dieu ! (d’après le Lévitique 19,9-10).

 

Dieu a de grandes exigences envers ceux qu’il a élus : ils doivent être saints comme il l’est lui-même. Saint est un qualificatif qui, selon la Bible, est réservé à Dieu. Lorsque nous disons que Dieu est saint, nous exprimons là son mystère originel. C’est vrai que nous parlons aussi de ‚saint’ pour des personnes, des lieux ou des événements, mais uniquement quand ils sont en étroit contact avec Dieu et ont ainsi part à son mystère. Il existe des personnes, des lieux et des événements qui révèlent le mystère de Dieu en le rendant visible ou du moins en le laissant pressentir. Le texte ci-dessus témoigne clairement et concrètement de la manière dont les hommes réalisent le mystère de Dieu : ils ne moissonnent pas leur champ jusque dans les bords, ils laissent des épis à glaner aux pauvres et aux étrangers.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

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06/05/2016

Plus que jamais construire des ponts et abattre des murs

 

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Aller auprès de François afin d'écouter la Parole de Jésus:c'est urgent. Avec toute ma reconnaissance, je publie ce qui suit :

"Le symbole est fort : l’Europe, divisée, malade, aux abois, espère trouver auprès du pape François un peu de soutien moral. Les présidents des trois principales institutions de l’Union, Jean-Claude Juncker pour la commission, Donald Tusk pour le Conseil et Martin Schulz, pour le Parlement européen, se rendent à Rome, vendredi 6 mai, pour lui remettre le prix Charlemagne.

Ce prix a été créé en 1948 en Allemagne, pour distinguer des personnes « ayant œuvré pour l’unification européenne ». MM. Schulz, Juncker et Tusk l’ont tous trois déjà reçu. Il est d’ordinaire remis dans la ville d’Aix-la-Chapelle, mais le pape a demandé à le recevoir au Vatican. La cérémonie aura lieu à midi, dans la Sala Regia du Vatican, et sera ponctuée par les discours des trois présidents européens, et clôturée par celui du pape.

Parmi les invités, sont attendus la chancelière allemande, Angela Merkel, Matteo Renzi, le premier ministre italien, le roi Felipe d’Espagne, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne. La France sera représentée par la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem. M. Schulz, principal artisan du choix du pape pour le prix, devait s’exprimer sur les « valeurs » européennes, M. Juncker sur « l’Europe » et M. Tusk, ex-premier ministre Polonais, sur « la chrétienté ».

Alors que l’Europe traverse une crise existentielle, les dirigeants européens espèrent trouver auprès du pape un peu de soutien à leur tentative de maintenir ensemble des pays de plus en plus divisés. En cause, la crise migratoire qui a profondément creusé le fossé entre Etats membres ; certains, à l’Est et au centre (en Hongrie, Autriche, Pologne, Slovaquie…), refusant de « prendre leur part ». Plane aussi la menace terroriste, qui a durci la réaction des populations à l’égard des migrants. Et la montée, de plus en plus préoccupante, des populistes anti-Européens, désormais présents sur l’ensemble du continent. »


Merci cher François !

 

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02/05/2016

L'amour n'a pas besoin de preuve

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Les Pharisiens arrivèrent et commencèrent à discuter avec Jésus pour lui tendre un piège. Ils lui demandèrent de montrer par un signe du ciel qu’il venait de  Dieu. Jésus soupira profondément et dit : „Pourquoi cette génération réclame-t-elle un signe ? Amen. Je vous le déclare: Aucun signe ne leur sera donné !“ Puis il les quitta, remonta dans la barque et parti vers l’autre côté du lac. (Selon Marc 8,11-13)

 

Lorsque, dans une relation amoureuse, le partenaire exige de sa partenaire une preuve d’amour ou un signe fort prouvant ses sentiments, sans doute que l’amour est sur le déclin. Pourquoi ? Quand on exige de sa partenaire une preuve d’amour, on la met sous pression, et c’est tout sauf aimer. La partenaire ne sait alors plus comment réagir. Car tous les mots qu’elle pourra trouver pour se justifier, son partenaire n’en croira rien, ils seront inutiles.

 

Dans notre récit, Jésus ne peut également rien faire. Il peut produire autant de miracles qu’il veut, et aussi importants qu’ils soient, les gens ne le croient pas, ils n’ont pas confiance en lui, ils ne  se laissent pas impressionner. Ils pensent : ‚Il fait commerce avec le diable’. Ce n’est pas pour punir les gens de leur incrédulité que Jésus ne répond pas à leurs exigences. Jésus ne veut  pas être un magicien, il veut tout simplement aimer. C’est tout autre chose. S’il aime, il ne veut et ne peut mettre aucune pression; car là où l’on exerce une pression, l’amour ne peut prospérer. Et c’est valable réciproquement.

 

Nous ne voulons pas mettre Dieu sous pression en lui réclamant des miracles, ce n’est pas ça l’amour. En retour, Dieu ne nous met jamais sous pression non plus. Comme nous, il sait que l’amour n’est possible que dans la liberté.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

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12/04/2016

Où trouver Dieu?

 

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Où sinon peut-on trouver un Dieu tel que toi ? tu effaces la faute, tu pardonnes le péché, ta colère ne dure pas toujours, tu prends plaisir à nous manifester ta bonté, tu auras pitié de nous, tu ne tiendras pas compte de nos fautes, tu jetteras nos péchés au fond de la mer. Tu témoigneras ta confiance à Jacob et tes faveurs à Abraham, comme tu l’as promis autrefois à nos ancêtres (d’après Michée 7,18-20).

Dans les derniers versets du Livre de Michée – qui vécut et oeuvra au VIIIe s. av. J.-C. – le prophète exprime son grand étonnement : Où trouver un Dieu tel que toi ? Cela nous fait du bien de nous rappeler ce que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël a d’incomparable. Une prière très ancienne commence ainsi :  Tu démontres ta puissance par-dessus tout en .... c’est là que nous sommes curieux de savoir comment ça continue : est-ce par la magnificence de la création, est-ce par les miracles racontés dans la Bible… Non, rien de tout cela. L’ancienne prière continue ainsi :

Tu démontres ta puissance dans le fait que tu nous ménages et que tu nous témoignes ta miséricorde.

C’est là que Dieu est incomparable. Michée nous le décrit par sept phrases marquantes :

-       il efface nos fautes,

-       il ne s’intéresse pas à nos crimes,

-       il ne sombre pas dans la colère,

-       il nous offre sa présence de Dieu aimant la communauté,

-       il nous témoigne sa tendresse maternelle,

-       il détruit nos fautes et les efface,

-       il fait disparaître nos péchés.

 

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Ainsi – comme si tout avait été oublié – il remet en lumière la fidélité originelle promise à nos ancêtres. Alors comment ne pas être émerveillé devant un tel Dieu, ce Dieu qui nous permet à tout moment de tout recommencer ?!

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

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21/03/2016

Ne détourne pas les yeux du pauvre qui tend la main

 

Vida.jpgLe Livre de Jésus Ben Sira (L’Ecclésiaste) – vraisemblablement écrit vers 180 av. J.-C. – est considéré par l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes comme faisant partie de l’Ancien Testament. Les Eglises réformées le placent plutôt, comme Livre de sagesse, parmi les Apocryphes tout en lui accordant une haute considération. On peut lire au début du quatrième chapitre :

... ne refuse pas au pauvre ce qui est vital pour lui, ne fais pas attendre celui qui manque de tout, ne laisse pas souffrir celui qui a faim ni s’irriter celui qui est dans la misère, ne le rends pas encore  plus aigri; il a besoin de quelque chose, donne-le-lui sans le faire attendre. Ne repousse pas celui qui mendie par nécessité et ne refuse pas de voir le pauvre. Ne détourne pas les yeux du pauvre qui tend la main; ne lui donne pas l’occasion de te maudire, car s’il le fait, poussé par l’amertume, Dieu, son Créateur, entendra sa prière.....“

C’est une supplique que l’on retrouve tout au long de la Bible: l’attention portée aux pauvres et aux nécessiteux, aux aigris, aux étrangers, aux veuves et aux orphelins.

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La législation israélite et les exhortations prophétiques se mesurent au degré d’attention qu’ils portent aux déshérités. Le Dieu d’Israël a effectivement pris leur parti – quelle qu’en soit la raison – et cela ne changera jamais. Il se tient aux côtés des plus petits. Il s’en fait même leur défenseur. Et Jésus de Nazareth, son mandataire, s’identifie à eux.

J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger....

J’étais un étranger et vous m’avez accueilli....  (Matthieu 25,35)

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

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14/03/2016

La drachme retrouvée

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Les collecteurs d’impôts et les pécheurs s’approchaient tous de lui pour l’écouter. Et les pharisiens et les scribes murmuraient; ils disaient : „Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux !“.

Alors Jésus leur dit cette parabole : ... quelle femme, si elle a dix pièces d’argent et qu’elle en perde une, n’allume pas une lampe, ne balaie pas la maison et ne cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle l’ait retrouvée ? Et quand elle l’a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines, et leur dit : ‚Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, la pièce que j’avais perdue !’

C’est ainsi, je vous le déclare, qu’il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit.“ (Selon Luc, 15,1-3; 8-10.)

On décrit ici avec force détails tout ce que la femme entreprend en vue de retrouver la pièce perdue. A l’époque les sols n’étaient pas faits de parquet. Allumer une lampe nécessitait du temps et de l’adresse. Il semble bien que cette pièce d’argent était d’une importance vitale pour la femme.

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Cette parabole est une parabole du Royaume de Dieu. Le rôle principal en est confié à une femme qui allume une lampe, retourne toute sa maison sens dessus-dessous, fouille dans tous les coins, à quatre pattes, pour retrouver cette pièce d’argent. Mais c’est aussi une femme qui saute de joie en retrouvant la pièce perdue et qui invite toutes ses amies et voisines pour fêter l’événement, fête qui lui coûtera sans doute plus que la valeur de la pièce. Un peu fou, non ?

Cette femme représente-t-elle Dieu ? Et à quoi correspond vraiment ce que la femme cherche avec tant d’énergie ? Est-ce que cela pourrait être nous ? Sommes-nous si importants pour Dieu ? D’une importance vitale ?

Peut-être devrions-nous nous habituer gentiment à une image de Dieu un peu étrange.....

Hermann-Josef Venetz

Traduction  Christiane Gaeumann

 

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07/03/2016

Jonas

 

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Se pencher sur le Livre de Jonas est toujours enrichissant. Ce livre fait partie de la Bible hébraïque, que nous appelons l’Ancien Testament. Contrairement aux autres livres de prophètes, il ne s’agit pas d’une collections de paroles de prophètes mais bien du récit du destin du prophète Jonas. Ce dernier devait aller à Ninive, ville de mauvaise réputation, réprimander les habitants et tenter de les convaincre de changer de voie. C’est donc ce que Jonas fait en menaçant la ville et ses  habitants d’anéantissement :

Encore quarante jours et Ninive sera anéantie !

Ainsi tout le monde, y compris le roi de Ninive et les bêtes, se recouvrirent de sacs et de cendre. Le récit continue ainsi :

Et Dieu vit leurs oeuvres, qu’ils revenaient de leur mauvaise voie; et Dieu se repentit du mal qu’il avait parlé de leur faire, et il ne le fit pas (Jonas 3).

Jonas se sent alors trompé, il est irrité et en colère car Dieu n’a pas mis en oeuvre ce qu’Il avait demandé au prophète d’annoncer. Dieu tente de l’amadouer en lui envoyant un buisson pour lui faire de l’ombre et atténuer sa mauvaise humeur. Mais lorsque le lendemain le soleil brûlant et un ver ont eu raison du buisson, Jonas n’en peut plus : et maintenant  je t’en prie, prends-moi ma vie car mieux me vaut la mort que la vie, dit-il.

 

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Il n’est pas nécessaire de lire plus longuement pour constater que Jonas n’est pas une figure historique, c’est plutôt la caricature d’un prophète. Le livre est doté d’une profondeur d’esprit assortie de charme et de malice. Il ne se termine pas en happy end ni en tragédie mais par une question. Et ce n’est qu’à la fin du livre, en parvenant à la question, que nous constatons que Jonas le récalcitrant porte moins les traits d’un prophète que les nôtres :

Fais-tu bien de t’irriter à cause de la plante ? Tu as pitié du buisson pour lequel tu n’as pas travaillé et que tu n’as pas fait croître; qui est né en une nuit et a péri en une nuit; et moi je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville dans laquelle il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne savent pas distinguer entre leur droite et leur gauche – et aussi beaucoup de bétail ? (Jonas 4).

 

Et ainsi se termine le livre. Ninive ? Ninive est partout. Jonas ? il nous représente. A sa place nous répondons à la question posée par Dieu. Comme Jonas, nous sommes de mauvaise humeur en constatant que Dieu est charitable envers ceux dont nous pensons qu’ils ne le méritent pas. Comme Jonas nous devons aussi apprendre que Dieu est un Dieu de miséricorde et qu’il peut regretter les maux dont il a menacé les humains. Et avec Jonas, il nous faut aussi apprendre que l’Eternel ne laisse personne interférer dans ses plans.

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

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15/02/2016

ce qui sépare unit

J'ai lu quelque part ces lignes  attribuées à Simone Weil

Simone
Weil
:
mystique
chrétienne
hors
de
l’Église

« Deux prisonniers, chacun dans sa cellule, communiquaient en tapant sur le mur de la cellule voisine.

Le mur est ce qui les sépare tout en leur permettant de communiquer. Il en va de même pour nous et pour Dieu.

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Chaque séparation est un lien. »

Toujours au sujet de l'Amour et de Simone Weil j'ai grappillé et j'ai trouvé :

« Mais l'Amour clairvoyant, me voyant hésiter

Dès ma première entrée,

Se rapprocha de moi, demandant doucement

S'il me manquait quelque chose.

« Un invité, répondis-je

, digne d'être ici. »

L'Amour dit : « Tu seras lui. »

Moi, le méchant, l'ingrat ? Ah ! mon aimé,

Je ne puis te regarder.

L'Amour prit ma main et répondit en souriant

« Qui a fait ces yeux sinon moi ?

C'est vrai, Seigneur, mais je les ai

souillés ; que ma honte aille où elle mé-

rite.

Et ne sais-tu pas, dit l'Amour,

qui en a pris sur lui le blâme ?

Mon aimé, alors je servirai.

Il faut t'asseoir, dit l'Amour, et goûter à mes mets. »

Ainsi je m'assis et je mangeai.

 

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11/02/2016

Il viendra juger les vivants et les morts

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Chaque fois que je prononce le Credo, je me heurte à cette phrase. Comment la comprendre ? Dois-je désirer cette venue ou dois-je plutôt la craindre ? Comment me comporterai-je devant le juge ?

Des images bibliques de juge apparaissent qui viendra pour rassembler les peuples afin de les séparer en chèvres et en moutons (Matthieu 25,31-46), les uns recevant le Royaume et les autres destinés au feu éternel.

Les représentations du Jugement dernier que l’on trouve dans beaucoup d’églises ne nous aident pas. Les images de damnés s’abîmant dans les flammes de l’enfer nous ont marqués profondément. Je ne veux pas tout simplement jeter par-dessus bord ces représentations si fortement ancrées dans l’imaginaire collectif. Mais il existe d’autres possibilités de comprendre le terme juger.

Le juge tel qu’il est représenté dans la Bible, entre autres, n’est pas en priorité la personne qui, après avoir tenu le registre des comptes, récompense ou puni, mais il est celui qui rend la justice à ceux qui souffrent d’injustice. Dans les psaumes, c’est ce que, par exemple, implorent ceux qui sont persécutés : que Dieu déclare clairement au monde quel est son camp et à tous les oppresseurs, les persécuteurs, qu’il leur reproche sévèrement la mauvaise direction qu’ils prennent, ils devraient en avoir honte devant toute la terre.

La  question n’est pas, en priorité, de récompenser ou de punir mais simplement il est nécessaire que la justice, le droit s’imposent pour être mise en lumière, que ceux qui toute leur vie ont été puni à cause de leur fidélité ne soit plus des victimes mais puissent se relever, être réhabilités.

Cette image du juge qui viendra n’a pas pour objectif d’effrayer les gens, bien au contraire ! C’est une annonce d’espoir et de libération pour ceux qui souffrent d’injustice: justice doit leur être rendue. Et pas seulement dans l’’au-delà’. Celui qui viendra, celui qui apportera le droit aux victimes de non-droit, leur donnera une voix déjà maintenant. Ils ne seront plus victimes, ils seront désormais le sujet de leur propre histoire.

Pour nous, cela signifie que nous n’avons plus à accepter l’injustice et la violence, la répression et les persécutions, mais nous devons exiger des changements. Ainsi notre représentation de celui qui viendra correspond à une image d’espérance. Ces changements, déjà perceptibles et tangibles parmi nous, ont pour noms  justice, amour et paix.

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

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05/02/2016

Dans la main de Dieu

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J’ai chez moi un calendrier dont je détache chaque jour une page. Et chaque jour on peut y  lire une nouvelle pensée. Sur le dernier feuillet de l’année, il était écrit :

J’ai demandé à l’ange chargé de passer de l’année qui finit à la nouvelle année : ‚Donne-moi une lampe afin que je puisse marcher avec assurance vers l’incertitude de la nouvelle vie.’ Mais il me répondit : ‚Avance dans l’incertitude en plaçant ta main dans la main de Dieu; cela vaut mieux qu’une lampe et c’est plus sûr que la lumière sur le chemin.’

 

En dessous du texte, pas d’indication précise de la source, pas de nom de mystique ou d’un Père de l’Eglise, mais tout simplement : texte chinois.

 

Ce petit texte me poursuit, il me rappelle des situations et des récits bibliques. Dès le commencement de l’histoire de Dieu avec les hommes, l’Eternel dit à Abraham : Quitte ton pays,  ta parenté.... pour le pays que je t’indiquerai... et je te bénirai... Et Abraham se mit en marche sans posséder autre chose que la ‚main’ de Dieu, sa bénédiction (Genèse 12, 1ss).  

 

Je pense aussi à Moïse et au buisson ardent. L’Eternel lui dit : Maintenant va, je t’envoie auprès de Pharaon, fais sortir d’Egypte mon peuple, les Israélites ... je serai avec toi.

Après bien des résistances et moultes discussions, Moïse et Aaron se mettent en marche sur le rude chemin du pays de Pharaon, puis, accompagné de leur peuple, sur le chemin à travers le désert, plus pénible encore, n’ayant rien d’autre ‚en main’ que le nom de Dieu Je-suis-celui-qui-est (Exode 3).

 

Et je pense encore aux disciples sur la montagne, en Galilée, quand le Ressuscité leur dit : Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit... Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à l’accomplissement du monde et de l’âge. Et ils se mirent en marche sans rien d’autre ‚en main’ que cette promesse d’accompagnement (Matthieu 28,16-20).

 

Dieu est ainsi : il est partout, prêt à la rencontre. Il nous envoie dans l’incertitude. Mais sa main est présente, elle signifie lumière et sécurité.

 

Hermann-Josef Venetz

traduction : Christiane Gaeumann

 

 

 

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01/02/2016

Le joueur de flûte

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 Ernst Ludwig Kirchner (German, 1880-1938) - "Der Flötenspieler (Hans Staub)" [The flute player (Hans Staub)], 1922–23 - Oil on canvas - Kirchner Museum Davos

Un jour, j’ai reçu une magnifique gravure sur bois pour une occasion particulière. Elle représente un groupe de personnages sombres, figés, tristes et froids. Devant eux, un flûtiste danse et joue avec légèreté. Et au-dessous une phrase tracée au crayon : J’ai joué de la flûte et vous n’avez pas dansé !

Cette image rappelle la parabole rapportée dans leurs évangiles par Luc et par Matthieu (Luc, 7,31-35; Matthieu 11, 17-19). Des enfants désireux de jouer proposent à leurs camarades : »Venez, on va jouer au mariage«, »Venez, on va jouer à l’enterrement«. Mais les autres enfants ne réagissent pas, ils n’ont pas envie de jouer à ça. Ce n’est pas intéressant.

Cette image m’incite parfois, le soir, à un examen de conscience. Je me demande où et quand, au cours de la journée, le joueur de flûte a-t-il joué pour moi et je n’ai pas dansé ? Et je me souviens d’occasions concrètes où je me suis comporté comme le personnage sombre et triste de ma gravure. Je repense à cette voisine dont le mari est à l’hôpital, atteint du cancer. Si je m’arrête dans la rue quand je la rencontre, elle ne me lâche plus durant au moins une demi-heure. Ou alors je pense à mon collègue, il m’a invité à boire l’apéritif, mais je sais que je ne peux plus supporter ses éternelles plaisanteries, toujours les mêmes. Je pense encore à ce sans-abri qui vend des journaux un peu spéciaux devant la Poste. J’ai fait comme si j’avais déjà ce journal. Je pense aussi à ce petit groupe de personnes engagées qui voulaient m’inviter à venir à la démonstration en faveur des sans-papiers... Et comme à chaque fois, j’ai refusé d’un geste nonchalant de la main. Je n’ai pas du tout réalisé qu’à chaque fois, c’était le joueur de flûte qui voulait que je danse à la noce.

Mais parfois, il y a eu des moments où j’ai dansé. Et c’était les meilleurs de la journée.

Qu’est-ce que cette parabole veut me dire ? Vas-y, va jouer ! Entre dans la danse ! participe à la fête si le joueur de flûte t’y invite si affectueusement !

Car le temps de fêter est arrivé.

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

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26/01/2016

La miséricorde

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Chaque fois que je prononce le Credo, je me heurte à cette phrase. Comment la comprendre ? Dois-je désirer cette venue ou dois-je plutôt la craindre ? Comment me comporterai-je devant le juge ?

Des images bibliques de juge apparaissent qui viendra pour rassembler les peuples afin de les séparer en chèvres et en moutons (Matthieu 25,31-46), les uns recevant le Royaume et les autres destinés au feu éternel.

Les représentations du Jugement dernier que l’on trouve dans beaucoup d’églises ne nous aident pas. Les images de damnés s’abîmant dans les flammes de l’enfer nous ont marqués profondément. Je ne veux pas tout simplement jeter par-dessus bord ces représentations si fortement ancrées dans l’imaginaire collectif. Mais il existe d’autres possibilités de comprendre le terme juger.

Le juge tel qu’il est représenté dans la Bible, entre autres, n’est pas en priorité la personne qui, après avoir tenu le registre des comptes, récompense ou puni, mais il est celui qui rend la justice à ceux qui souffrent d’injustice. Dans les psaumes, c’est ce que, par exemple, implorent ceux qui sont persécutés : que Dieu déclare clairement au monde quel est son camp et à tous les oppresseurs, les persécuteurs, qu’il leur reproche sévèrement la mauvaise direction qu’ils prennent, ils devraient en avoir honte devant toute la terre.

 

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La  question n’est pas, en priorité, de récompenser ou de punir mais simplement il est nécessaire que la justice, le droit s’imposent pour être mise en lumière, que ceux qui toute leur vie ont été puni à cause de leur fidélité ne soit plus des victimes mais puissent se relever, être réhabilités.

Cette image du juge qui viendra n’a pas pour objectif d’effrayer les gens, bien au contraire ! C’est une annonce d’espoir et de libération pour ceux qui souffrent d’injustice: justice doit leur être rendue. Et pas seulement dans l’’au-delà’. Celui qui viendra, celui qui apportera le droit aux victimes de non-droit, leur donnera une voix déjà maintenant. Ils ne seront plus victimes, ils seront désormais le sujet de leur propre histoire.

Pour nous, cela signifie que nous n’avons plus à accepter l’injustice et la violence, la répression et les persécutions, mais nous devons exiger des changements. Ainsi notre représentation de celui qui viendra correspond à une image d’espérance. Ces changements, déjà perceptibles et tangibles parmi nous, ont pour noms  justice, amour et paix.

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

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18/01/2016

La Bible et l’esprit du temps

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Femmes, soyez soumises à vos maris !

On trouve cette invite dans la Bible. Au chapitre 5,22 de la lettre à la communeauté chrétienne d’Ephèse. Il n’y a pas si longtemps, cette phrase faisait partie de la liturgie du mariage religieux. Aujourd’hui on préfère de plus en plus éviter des lectures de ce type; ce texte n’est plus adapté à notre vision du monde et des hommes.

Mais n’est-ce pas utiliser la Bible à notre convenance ? N’essayons-nous pas d’adapter la Bible  à l’esprit de notre temps ?

Et oui, l’esprit du temps ! Nous oublions trop souvent qu’à l’époque biblique il existait également un esprit du temps, et les auteurs de la Bible en prévenaient leurs lecteurs, sauf qu’ils y cédaient régulièrement eux-mêmes.

Dans cette même Lettre aux Ephésiens, nous pouvons lire, quelques versets plus loin :

Esclaves, obéissez à vos maîtres d’ici-bas humblement, avec crainte et tremblement… (Ephésiens 6,5).

Je ne doute pas un instant que ce soit des hommes  – les maîtres – qui ont rédigé ces appels aux femmes comme aux esclaves. Ils ont fait passer dans les écrits bibliques l’esprit de leur temps qui veut que les hommes dominent les femmes et les ‚maîtres’ leurs ‚sujets’. Ils n’ont jamais adhéré à l’école du Nazaréen pour qui les femmes ne valent pas moins que les hommes et qui n’approuve pas l’esclavage. Au contraire Jésus est investi de la mission divine qui tend à tout prix à libérer le peuple de l’esclavage et, avec son peuple, il croit à l’égalité entre les hommes et les femmes, créés à l’image de Dieu.

Du temps de Jésus comme du temps de la lettre aux Ephésiens, le monde est persuadé que la femme est un être de second rang et que l’esclavage est justifié. Les soulèvements d’esclaves et les tentatives revendicatrices pour l’égalité des sexes sont réprimées brutalement par les ‚maîtres’. Quand le rédacteur de la lettre aux Ephésiens incite les esclaves à obéir à leur maître et les femmes à se soumettre à leurs maris, il est dans l’esprit de son temps mais en contradiction avec l’esprit de Jésus, qui est venu pour libérer les hommes de contraintes en particulier politiques, économiques et religieuses.

En lisant la Bible nous devons tenir compte de l’esprit du temps des rédacteurs. Ils n’ont pas toujours su se laisser guider par le bon esprit – ils succombent souvent à l’esprit de leur temps. On peut comprendre cette tentation, car l’Eglise elle-même n’en a pas toujours été préservée ultérieurement.

Prenons donc garde, en lisant la Bible, à l’esprit du temps, respectivement à celui de l’époque comme à celui d’aujourd’hui. Cela exige de nous une attention critique envers notre temps comme en ce qui concerne la Bible.

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

 

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31/12/2015

Bonne et heureuse année 2016

 

 

Ne sommes-nous pas tous des réfugiés ?

Je souhaite que

nos cœurs

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s'ouvrent

et deviennent

accueils sans frontières

 

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29/12/2015

Le boeuf et l’âne

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Il existe plusieurs sortes de crèches, et elles correspondent grosso modo à ce que nous lisons dans les évangiles : la Sainte famille, la multitude des anges, les bergers avec leur troupeau, les rois mages .... (Luc 2,1-20; Matthieu 2,1-12). Mais dans presque chacune des crèches nous trouvons aussi ce qui n’apparaît dans aucun évangile : le bœuf et l’âne. Et je suis rassuré de les voir là.

J’ai aussi une explication pour leur présence. Noël est la fête de l’amour et de la paix. A Noël, nous essayons d’être particulièrement aimable et en paix les uns envers les autres. Et c’est justement à Noël que nous avons les plus grandes difficultés à l’être vraiment – peut-être parce que nous avons trop d’attentes. Nous en sommes contrariés; ce ne sont bien sûr pas les conditions idéales pour aller vers son prochain avec amour.

Se rendre à la crèche peut alors nous consoler. Mais s’identifier à ses personnages n’est certainement pas facile. La Sainte famille est déjà très loin de nous. Les bergers sont peut-être amusants et les anges parfois aussi, mais on ne souhaite pas se comparer à eux. Quant aux trois rois mages, ils planent bien au-dessus de nous. C’est là que je suis heureux d’y rencontrer l’âne et le boeuf. Ils sont très ordinaires et on n’attend pas de message spécial de leur part. Je me reconnais plutôt bien en eux. Je ne suis rien de particulier et je n’ai rien de spécial à dire. Alors si le bœuf et l’âne ont leur place près de la crèche, je me dis que j’y ai peut-être aussi la mienne.

Certes le boeuf et l’âne n’apparaissent pas dans les évangiles. Mais ils ne sont pas là tout à fait par hasard. Quand il est question de la crèche, c’est le prophète Esaïe qui me vient à l’esprit, son Livre débute en mentionnant la crèche :

J’ai nourri et élevé des fils, et ils se sont rebellés contre moi. Le boeuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître... mon peuple n’a point d’intelligence.

Le peuple dont il parle, j’en fait aussi partie. En effet, je suis souvent aussi abstrus qu’un bœuf et aussi obstiné qu’un âne. Mais si le boeuf et l’âne font partie de la crèche, j’ai donc aussi ma chance.

C’est peut-être là le message de Noël et la raison de nous adresser les uns les autres des vœux de bonheur : Dieu s’est fait homme, c’est pourquoi nous avons tous notre chance. Même le bœuf

 

et l’âne. Même toi et – peut-être – même moi.

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

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21/12/2015

Les bergers d'abord (zu Lukas 2,8-14)

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Ce n’est pas au chevet de Marie, de Joseph et de l’enfant nouveau-né que le messager de Dieu se rend en premier. La gloire de l’Eternel n’illumine pas d’abord la Sainte famille. Les armées célestes n’entonnent pas le Gloria autour de la crèche.

Au centre, ce sont les bergers. C’est à eux qu’apparaît le messager de Dieu, comme s’ils étaient les personnes les plus dignes de recevoir la bonne nouvelle. Ils sont les premiers à baigner dans la lumière de Dieu, les premiers à percevoir le cantique céleste : Gloire à Dieu dans les cieux très hauts, et paix sur la terre pour ceux qu’il aime. Devant Dieu, ce ne sont pas les riches et les célèbres, les braves et les purs qui se tiennent au premier rang. Paix, joie, bonheur et lumière... c’est ce qui caractérise d’abord ceux dont Dieu se sent particulièrement proche. Et pour mieux le faire comprendre, le messager de Dieu ne met pas en lumière les prêtres ou les gens importants en priorité mais bien les bergers, qui ne sont pas toujours particulièrement aimables ni drôles, mais plutôt hirsutes, têtus et plutôt rudes.

Tout est différent de nos attentes : le message – le Sauveur et Seigneur apparaît en nouveau-né dans la crèche; les gens à qui s’adresse le message – des gens qui n’ont pas particulièrement bonne réputation. Tout est différent de nos attentes.

Ce qui compte, ce ne sont pas nos efforts, ce n’est pas se montrer le plus courageux et le meilleur. Voici le message de Noël: ce qui compte, c’est que Dieu se porte garant des plus petits et des délaissés.

C’est aussi ce qui nous soude les uns aux autres et nous permet de prendre un nouvel essor.

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

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16/12/2015

Liberté et responsabilité

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Saint Paul est l’un des théologiens qui s’est investi le plus intensément en faveur de la liberté. Son Épitre aux communautés chrétiennes de Galatie (au centre de la Turquie actuelle) est un fervent plaidoyer pour la liberté. Paul voyait la liberté sociale et politique comme la liberté religieuse mises en danger.

C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis

écrit-il dans son Épitre aux Galates 5,1, et quelques versets plus loin il répète :

c’est à la liberté que vous avez été appelés.

Paul appelle ses compagnons chrétiens à sortir de leur étroitesse d’esprit et de leur mesquinerie. Son appel est toujours valable aujourd’hui.

Non seulement dans les cercles critiques mais également dans les cercles restés fidèles à l’Église, on parle de réforme stagnante. C’est ainsi que depuis un certain temps, des laïcs engagés se sont réunis en une diète pour discuter de questions brûlantes, comme ce thème sur les droits de l’homme dans l’Église. Il y a quelques années déjà, on pouvait lire dans un rapport final :

Les règles actuellement en vigueur dans l’Église sont discriminantes pour les laïcs, en particulier pour les femmes, les divorcés remariés et les personnes éprouvant une attirance sexuelle pour les individus de même sexe. Ces discriminations sont fondamentalement incompatibles avec les droits de l’homme et l’Évangile. Elles portent gravement préjudice à la crédibilité de l’Église catholique. Les responsables ecclésiaux doivent prendre position fermement pour l’élimination de telles discriminations ... tant au sein de l’Église de Suisse que dans l’Église universelle.

On dirait bien que les gens en ont assez de ces excuses cousues de fil blanc et même carrément indignes tels que : ‚l ’Église ne peut pas se le permettre’, les choses ne sont pas encore réglées du point de vue théologique’, nous devons avoir des égards envers l’Église universelle’, ou tout autre prétexte.

Pour les participants à la diète – comme pour moi –, une chose est claire : liberté ne signifie pas faire ce qu’on veut: liberté signifie faire ce qu’il y a à faire et en prendre la responsabilité.

 

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12/12/2015

L'espérance, c'est autrement

 

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Le pessimiste prétend : »Je ne suis pas pessimiste mais réaliste; je vois les choses comme elles sont.« L’optimiste affirme : »Je ne suis pas optimiste mais réaliste; je vois les choses comme elles sont.«

On peut comprendre de telles affirmations. On reproche au pessimiste de voir tout en noir et même de noircir les choses plus que nécessaire. Quant à l’optimiste, on le traite de rêveur, on lui reproche de voir tout en rose.

Les optimistes comme les pessimistes se veulent réalistes. Ils ont de bonnes raisons pour assumer leur point de vue sans qu’on puisse leur reprocher leur naïveté. On doit prendre leurs raisons au sérieux, elles sont vérifiables et intelligibles. Il existe de bonnes raisons pour évaluer le développement de l’économie suisse avec optimisme. Il existe tout autant de bonnes raisons pour poser sur le développement économique de la Suisse un regard pessimiste. Et demain tout peut changer.

Voici un autre exemple. Il y a des jours où je suis plutôt pessimiste lorsque je pense au développement de l’Eglise. Puis, d’autres jours, je me trouve plutôt des raisons d’être optimiste au sujet de ce même développpement. Je suis en mesure de justifier tant le pessimisme que l’optimisme de mon estimation soit-disant réaliste. Il y a les observations concrètes et les expériences; il y a aussi les preuves historiques; il y a les calculs et les pronostiques de personnes compétentes. Mais tous ces calculs et tous ces pronostiques peuvent être demain complètement différents.

L’espérance, c’est autre chose. Elle est au-delà de l’optimisme et du pessimisme. Elle ne se base pas sur des évaluations, des calculs ou des pronostiques, aussi réalistes soient-ils. L’espérance touche à la foi. Et je ne pense pas là à la théologie ou à un savoir particulier.  La foi, c’est pour moi une relation. Une relation à un autre, à un ,toi’.

Ou pour le dire autrement : ce n’est pas l’optimisme qui me pousse, ni même avec toutes ses bonnes raisons aussi réalistes soient-elles – ce serait un support trop fragile pour moi. Ce qui me porte, c’est la relation à un ,toi’ que je nomme Dieu. Ce ‚toi’ ne change pas périodiquement. Il est le ‚toi’ qui m’a mené à la vie et qui m’appelle par mon nom. Celui qui a des projets pour moi, qui me fait confiance et aussi qui me soutient quand tous les calculs et les pronostiques ont tendance à la baisse.

                                         

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

 

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30/11/2015

Demeurez !

 

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Dans son discours d’adieu (Evangile de Jean 14-17) très ferme et serein, Jésus dit à ses disciples Restez unis à moi et je demeurerai en vous. Un tableau idyllique se présente  à nous.

Mais, quand au cours d’un petit nombre de  versets on rencontre pas moins de neuf fois le mot demeurer, on peut se demander avec raison si ce terme n’a pas posé quelque problème aux chrétiens d’alors. On discerne dans cet évangile qui, en apparence, décrit paisiblement la communauté choisie par l’Évangéliste, les fissures  évidentes de cette communauté – si cette dernière n’est pas déjà complètement divisée.

Certains veulent voir en Jésus de Nazareth, crucifié et ressuscité, comme une sorte de nouveau Moïse. Dans l’Ancien Testament, on annonce un prophète qui, à l’instar de Moïse, parlera au peuple pour lui transmettre ce que Dieu lui ordonnera, un prophète qui lira les signes et accomplira des miracles comme Moïse (Deutéronome 18,18).  Et là, le regard illuminé, ils racontent comment Jésus a partagé quelques pains pour nourrir des miliers de gens.

Mais pour d’autres, cela ne suffisait pas. Jésus de Nazareth, avec ses souffrances, sa mort et sa résurrection, n’était pas persuasif, ni ses miracles d’ailleurs. Tout ceci n’était bon que pour les ‚simples croyants’. Pour les véritables ‚initiés’, seul le Christ, qui est la parole, la vérité et la vie était digne de leur investissement. Ils se voyaient appelés à de grandes choses, ils vivaient déjà l’accomplissement et jetaient un regard de pitié et même de mépris sur ceux qui n’avaient pas les moyens de se projeter au-delà du quotidien. 

Les deux groupes de personnes contestaient réciproquement la solidité de leur foi.

L’Evangéliste Jean ne voulait pas, de prime abord, décider de la ‚vraie foi’. Il voulait que tous demeurent malgré les différences dans leurs convictions religieuses. Il souhaitait qu’ils restent ensemble, qu’ils apprennent les uns des autres et qu’ils soient présents les uns aux autres.

Ce qui est déterminant, ce n’est pas la ‚vraie foi’, là-dessus on peut toujours discuter, mais le demeurer, le persister, et en particulier dans les périodes de grandes difficultés pour la foi, telles que nous les vivons aujourd’hui.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

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26/11/2015

Déjà et pas encore

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MCB

La tension entre déjà et pas encore est une particularité de la foi chrétienne. Nos célébrations et nos fêtes sont imprégnées de ces tensions.

A Noël nous chantons : Christ le Sauveur est né.

A Pâques nous proclamons au monde : Dieu a ressuscité Jésus des morts.

A l’Ascension : Il est assis à la droite de Dieu le Père.

A la Pentecôte : Il nous a envoyé l’Esprit saint.

D’un côté nos regards se tournent sur ce qui est déjà arrivé et, parallèlement, nous devons constater que ce qui est déjà arrivé ou annoncé n’a pas encore atteint la plénitude.

D’un autre côté, nos célébrations non seulement nous renvoient à ce qui est déjà arrivé mais encore suscite en nous l’espérance de ce qui n’est pas encore là.

Ainsi à Noël nous célébrons la naissance du Christ mais en même temps nous exprimons notre espoir de la venue définitive du Sauveur.

Fêter Pâques n’est pas seulement pour nous remémorer la résurrection de Jésus crucifié; nous célébrons le dépassement de la mort et la résurrection de tous les  défunts.

L’Ascension n’est pas seulement un événement unique du passé; cette fête exprime aussi le désir que Celui qui est assis à la droite de Dieu soit parmi nous pour l’éternité.

La Pentecôte est bien là pour nous rappeler les langues de feu de l’Esprit saint descendues ‚sur tous les frères et les soeurs’, mais la fête nous conforte dans l’attente d’être tous saisis et comblés par le feu de l’Esprit saint.

Pendant la cérémonie de l’eucharistie ce mystère est bien résumé :

Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus,

nous célébrons ta résurrection,

nous attendons ta venue dans la gloire.

En plus concis, cet appel très répandu dans l’Eglise ancienne :

Maranatha !

Ce qui pouvait se traduire par

Notre Seigneur arrive !

ou

Viens,  Seigneur Jésus !

(voir Première lettre aux Corinthiens 16,22 et Apocalypse 22,20)

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

 

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